‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 60 sur 149 · IV. C aa · texte numérisé non relu

IV. C aa

338 ri^ûTjLriojf.

entière à l'étude de la végétation ; mais leurs saccds n'oni pas été jusqu'à présent en raison de leurs efforts. Personne n'a encore pu découvrir cet o^e/i/ toujours si actif, qui produit tant de merveilles , ni parvenir à le saisir sur le fait dans ses opérations; et les pUlosophes n'ont pas été plus heureur dans les essais qu'ils ont faits pour reconnaître par quels moyens ces opérations ont lieu. On est cependant parvenu k la connaissance d'un grand nombre de faits curieux et intére»-' sans. J'essaierai , dans les sections qui vont suivre , de les rassembler et de les classer de manière à faire voir comment ils dépendent les uns des autres , et peut-être à déduire les conséauences qui dérivent évidemment de cette dépendance mutuelle.

SECTION PREMIÈRE

. De la Germination.

piaatM I . Les naturalistes ont prouvé, par un très-grand nombre

'î^ïwi^* d'observations et de faits aifférens , que toutes les plante»

1)roviennent de semences. Les prétendues exceptions à cette oi générale ont disparu , Tune après l'autre , à mesure que nos connaissances sur les végétaux se sont étendues : et il ne reste pas aujourd'hui une seule objection qui, à cet égard, mérite la plus petite attention. La dernière tentative qu'a faite Girtanner* pour faire revivre la doctrine de la génération équivoque, ne vaut pas même la peine qu'on s'y arrête; parce qu'il est impossible de concilier ses conclusions avec les ex-

Eériences de Sennebier sur la substance même qui sert de ase à sa théorie. Semence» Toute SEMENCE cst comooséc dc troîs partîcs , savoir : les ^cSSÏ^Se?.* cotylédons^ la radicule et i&plumule. Ces parties sont ordinairement renfermées dans une enveloppe.

Cotylédon. Ou peut disccmer aisément ces trois parties dans la fève de marais ou de jardins ; car cette semence est d'une dimension si grande, que tous ses organes sont extrêmement dis* tincts. En enlevant les enveloppes extérieures de la fève y qui sont au nombre de deux , et qui varient en épaisseur

f Ann. de Chim. XXXIV, 35.

GBBlflNiTIOir. 339

dans^ leurs diffîreiites parties, on trouve oue cette semeoce se divise Ëicilement en aeux lobes, i-peu-près de la même gros- 1 seur et de la même forme. Chacan de ces'i lobes s'appelle co/;^/é'^/i (fig. ci-contre).^ Les cotylédons de la fève sont donc au nombre de deux.

Près de cette partie des lobes , qui est contigue à ce que Ton Ra4ieti«. appelle Vœil de la fève, il v a un petit corps rond et blanc (£) qui sort d'entre les deux lobes, ce corps s'appelle la radicule.

A la radicule se trouve attaché un autre petit corps rond(c) w«»«^« situé entre les cotylédons, et qui en est tellement couvert, qu'il est nécessaire qu'ils soient séparés pour qu'on puisse le •voir. Ce corps est appelé la plumule.

L'apparence et la forme de ces trois parties varient beaucoup dans les différentes semences , mais elles existent dans toutes. La figure et la grosseur de la semence dépendent

Îrincipalement des cotylédons. C'est ce qui a évidemment eu à l'égard de la fève, et il en est de même aussi relative* ment à toutes autres semences. Le nombre des cotylédons Yarie dans différentes semences. Quelques-unes, comme celles du froment , de l'avoine , de Torge et de toute la famille des graminées, n'ont qu'un cotylédon. Il en est qui en ont trois, d'autres six, comme les semences du cresson des jardins ; mais dans la plupart, comme dans la fève, il n'y en a que deux.

2. Lorsqu'on place une semence dans des circonstances GermioatioofavoraUes à la végétation , elle change bientôt d'apparence.

La radicule est convertie en racine, et s'enfonce dans la terre, tandis que la plumule s'élève au-dessus, et devient tronc ou tige. Lorsque ces chahgemens ont lieu, on dit que la semence germe ^ et le procédé lui-même a été appelé germination. Les semences ne germent pas également et indifféremment dans tous tes climats et dans toutes les saisons. La germination ne dépend donc pas uniquement de la semence , mais quelque cause étrangère doit y contribuer aussi.

3. C'est un fait bien connu, que les semences ne germent ^^ i^ûîSdité. pas sans le concours iH humidité ^ car celles qui sont gardées

dans un lieu parfaitement sec , ne végètent pas du tout , sans

Îuepour cela leur faculté végétative soit détruite, \leau est onc essentielle à la germination. Trop d'eau, cependant, n'est

34(> VÉ^lTATlOSr.

pas moîos préjudiciable k la plupart des semences , que !■ sécheresse absolue. Les semences des plantes aquatiques, à*la-vérité, germent et végètent très-bien dans Teau; mais !• plupart des autres semences , si on les garde dans ce liquide au-oelà d'un certain tems , se pourrissent et finissent par être entièrement détruites.

Cktinr. 4* 0° s^î^ ^u^^î T^^ l^s semences, quoique pourvues d'une quantité convenable d'eau , ne germent pas si la température est au-dessous d'un certain degré. On n'a jamais pu, par exemple, faire germer une semence au degré de la congélation ou au-dessous : et cependant ce degré de froid n'altère pas la faculté végétative des semences; car il en est plusieurs qui végètent tout aussi bien après avoir été gelées ^ ou après avoir été gardées dans de l'eau dacée. On en peut donc alors conclure, qu'un certain degré de chaleur est mdispensable à la germination des semences; et chaque espèce de plante parait avoir un degré de température, qui lui est particulier, auquel ses semences commencent à germer; car, à cet égard, chaque semence a sa saison , et cette saison varie avec la température de Tair* M. Adanson trouva que des graines , semées à la même époque en France et dans le Séné** gai, sortaient toujours plutôt de terre dan^ ce dernier pays,, et où le climat est plus chaud qu'en France '• tt> oxieèB«. 5. Quoique placées dans une température convenable, et suffisamment pourvues d'humidité , les semences ne germeront

Sas, si elles sont entièrement privées d'air atmosphérique. [. Ray trouva que des graines de laitue ne germaient pas dans le vide fait sous le récipient de la machine pneumatique^ maisqu'ellescommençaientàvégéteraussitôt qu'on introduisait FairMIombergfitsur le même sujet un grand nombre d'expériences, qui furent publiées dans les mémoires de l'académie française pour 1693.. Il trouva, que la plupart des semences qu'il soumettait à l'expérience, refusaient de végéter dans le vide de la machine pneumatique. Quelques-unes cependant germèrent : roaisBoyle, Muschenbrock etBoerhaave,qui firent successivement des expériences du même genre , prouvèrent^ de la manière la plus évidente, qu'aucune j^nte ne végète dans le vide ; et que dans ceux des cas mentionnés par Honw

• Encyc. méthod. , pfaTtîol. régit, iî4»

BKJlXINATIOir. 34^

berg , le vide D*était pas parfait. Il s'ensuit donc (|tt'aucune semence ne germe sans cju'il n'y ait accès de l'air atmosphérique, ou de quelque gaz qui en ait les propriétés. C'est par cette raison que les semences ne germent pas à une certame profondeur au-dessous de la sur&ce de la terre.

Schéele reconnut que les fèves ne germaient pas sans la présence du gaz oxigène : Achard démontra depuis, que le gaz oxigène était absolument nécessaire à la germination de toutes semences; et qu'aucune ne germera dans le gaz «ZQte, dans le gaz hydrogène, ni dans le gaz acide carbonique , à moins que ces gaz ne contiennent un mélange de gaz oxigène. Ces expériences ont été confirmées par celles de M. Gough , deCruicksbanks et de beaucoup d'autres savans '• U en résulte donc que ce n'est pas tout l'air atmosphérique quî est nécessaire k la germination des semences, mais seulement l'oxigéne qu'il contient.

De plus, Humboldt s'est assuré que les semences végé'taient plusrapidement dans le chlore, ou quand elles en étaient arrosées ; et l'on sait que celte substance est connue par sa facilité à décomposer l'eau , et à mettre l'ôxigène en liberté. Le chlore parait même augmenter la forcé végétative des semences. On a gardé pendant long- temps à Vienne phisieurs semences, qui avaient constamment refusé de germer, mais qui, lorsqu'on les traita avec le chlore, végétèrent promptement *.

6. La lumière a aussi une influence considérable sur la ger- ^«^j^^^^ mination des semences. Ingenbousz trouva que les semences ^'^ * '^''^

{germaient toujours plus promptement dans l'obscurité que orsqu'ellesétaient exposées à la lumière '.Sennebier répéta ses expériences , et en obtint les mêmes résultats * ) mais Tabbé Bertholia, si connu par ses travaux ayant pour objet de prouver l'influence de l'électricité sur la végétation , fit des objections contre les conclusions de ces naturalistes; et il

' Carraclori a v<mla , à-Ui*¥ériië , prouTcr que Uf semences couimencent à germer sans oxi&éne. (Ann. de Chim. XLVIII, 1.88.) Mais Sanssure nous apprend que rean dans laquelle on trempe les •emences dbms ces cas , tient en disaolutioii assex d^oxigène pour laire commencer la germination , maïs non nas assez pour qu'elle pais«te conttnaer. ( Recherches chdmiqucs sur la végétation , p. 3. J

• Jonni. dePhys. XLV1£,63.

' Expériences sur les végétaux , II.

4 Mcm. physico- chimiques 4 III 2 34 1.

H% VÉoiT^txoir.

Affirma qaela différence dans la germination des semences 4 l'ombre et à la lumière, était dae, non pas k ce fluide lui-même, mais bien à la différence de Thumidité dans les deux situations^ Cette humidité s évaporait plus promptement des semences exposées à la lumière, que de celles qui étaient à Fombre. 11 ajouta que , lorsqu'on avait soin de tenir les semences également humides, celles qui étaient frappées par les rayons da soleil germaient plus vite que celles qui étaient à l'ombre "• •Mais lorsque Sennebier répéta ses premières expériences, en employant tous les moyens possibles pour conserver une humidité égale daus les deux cas^ il trouva constamment que les semences germaient plus promptement à l'ombre *. On en peut donc conclure, que la lumière nnit à la germination , et que c'est upe des raisons pour lesquelles on recouvre les se* mences avec le sol où elles doivent se développer. Mais il y a lieu de croire, d'après les expériences récentes de Saussure, que k-lumière n'est nuisible qu'à raison de la chaleur qu'elle produit; car lorsqu'il intercepta les rayons directs du soleil , «ans empêcher cependant le contact de la himière , la germi^ sation'des semences ne fat pas sensiblement retardée ^.

7. On a vu ainsi que les semences ne germent point ians le concours de t humidité, de la chaleur et de foxrgène. Maintenant il nous reste à examiner de quelle manière ces corps affectent la semence, et quels sont les cbangemens qu'ils y opèrent.

^h«AotAèticl On avait déjà observé, que toutes les semences ont un on c»ramluon. plusieur» cotylédons. Ces cotylédons contiennent une certaine quantité de matière farineuse: «massée là pour servir de nourriture à l'embrjon plante , aussitôt qu'il commence à en avoir tèsoin. Il faut cependant que cet aliment subisse quelque préparation avant qu'il puisse être approprié, parla plante, à la rornftation ou au perfectionnement de ses organes. Il est probable que tous les phénomènes que nous remarquons dans la germination j consistent dans les cbangemens cnimîques" qtd sont produits dans cet aliment, et dans le développement, qni en résulte, des organes de la plante.

dîdfi^^rlK)- Lorsqu'une semence est placée dans des circonstances fa-

Hique.

« Jours. dcPhys. inSg,- décembre.'

* Encjxl. méth. , pnysiol. végét. p. ii^.

* Rechercbcs chimîqnes Sur la végëtation , p. 33.

OSRMllTATIOV. 34'

Yorables, eUe s'imbibe peu-à-pea d'humidité, et dégage aussitôt après uoe certaine quantité de gaz acide carbonique, lors même qu'il n'y a pas présence de gaz oxigène '. S'il n'y a pas de gaz oxigène présent, le dégagement cesse bientôt, et il D^y a point de germination*, mais si le gaz oxigène est là, il s'en convertit une portion en gaz acide carbonique. 11 parait, d'après les expériences de Saussure , que si ou laisse germer des semences dans une Quantité déterminée de gaz oxigène on d'air atmosphérique, le volume du gaz n'est pas altéré , l'acide carbonique formé étant ^al à l'oxigène qui a disparu* n s'ensuit que dans ce volume l'acide carbonique contient exactement la totalité de l'oxigène consumé *. Ainsi la semence n'absorbe pas d'oxigène; ou au moins, si elle absorbe oxîfèn» de ce principe, elle n'en retient rien , puisque la totalité s'en ^* **^^^**'"*' d^ge en état de combinaison avec le caroone. La quantité d'oxigène ainsi convertie en acide carbonique par la germination des semences y est en quelque sorte proportionnelle au poids de la semence ; mais il y a des semences qui en exieent plus que d'autres. Dans les expériences de Saussure, le iro-' ment et l'orge consommaient, à poids égaux, moins d'oxigène que les pois, et ceux-ci moins que les fèves et les haricots. La quantité d'oxigène consumée par le froment et par l'orge s élève entre un millième et un deux millième de leur poids; et cette quantité, pour les fèves et haricots, peut être d'un centième de leur poids ^.

Des expérienoes semblables furent fdites par le docteur Woodboose ♦.

' - Une paraît pas qu'il y ait décomposition d'eau dans l'acte de la germination, au moins rien ne prouve évidemment qu'il en soit ainsi. Il ne se dégage ni gaz hydrogène ni gaz oxigène ; et au-lieu de décomposition d'e&u . il ne serait pas surprenant Qu'il s'en formât une portion par lunion de ses parties constituantes, l'hydrogène et l'oxigène, existant préalablement ^ns la semence. Lorsque Saussure fit sécher des semences

■ Gongfa y Manoh. Mcm. IV, 3i4* CraickshaiilLS , RoUo qn di^belcs^ p. 45a.

• Joarn. ât Phys. XLIX ,' gi.

'RedieroUes, p. i3.

^11 essaya les semences du sea mays, de Papiuin petroselinum , de la laeiuca saUva^ de la cucurbita citruUa , du pbaseolus sativus , du sisymbriam salivum, da raphanos sathra. Elles cbaDgérenl Poùf^ne en acide carbonique* I(icfaobon*» Jouro. Il, ^i.

344 VÉôitATlGfW.

À uDe certaine température avaot la germination, et qu'après la germination il les eut ramenées au même point de dessicauon , il trouva constamment oue la diminution de poids ëtaîtplusgrandequ'ellenedevaitlêtrc.Cestainsiquejipois, qui aesséchés à 26** centigrades, pesaient ensemole environ 1 3 grammes, ayant été introduits avec cinq fois leur poids d'eau dans un vase plein d*air atmosphérique, et renverse peo* dant deux jours sur du mercure, germèrent et prodoisireat 74 centimètres cubes d'acide carbonique. U les retira, et les fil sécher lentement à la même temj ératnre; et pendant la dessicatîon, elles convertirent 74 centimètres cubes de plus d Qîigènc en acide carbonique. Or ces i48 centimètres cubes

d'acide carbonique contiennent 0,1 10 de carbone. Lorsqu'on évapora à siccité Peau dans laquelle les pois avaient germé,

^ gram.

Î'me laissa 0,048 de matière mucilagînensc. Ainsi les pois, par eur germination et'Ie dessèchement , ne durent perdre que

gram* gr«m.

0,1 58, laissant un résidu de ia,842- Mais lei^^r poids n'était que de i2,»36 , il y avait donc une perte de 0,606, 00, en

gram. gram.

déduisant les o,i6ë , de o,44^ au-delà de ce dont on pouvait rendre compte au moyeu du mucilage pris par l'eau, et par Tacide carbonique formé. On est donc forcé de supposer que cetre perte est due à Je Teau. Cette eau, suivantes expériences de Saussure, semble être formée, ou mise en libeiké, pendant la dessication d«s semences; car la quantité en augmentait toujours en ^proportion 4e ce que cette dessicatiMi s'opérait plus lentement *.

Kourrrture ' PlusicuTS semeuces acquièrent par la gerounation une sa-^ lo'^cotPitdôn*. vcûr sucrée. On en a conclu, que le mucilage qu'elles oon* tiennent est converti es matière saccharine. On voit qu'il y a diminution de carbone par la germination; et à moins de formation d'eau, il doit y avoir augmentation proportionnelle d'hydrogène et d'oxigène. U est évident , d'apros le procédé de- préparation de la drèche, qu'il y- a* production de chaleiur

Fendant la germination. J'ai vu les radicides d'orge, lorsqu'oà avait laissée sans la remuer sur le plauçher à U drècke ^

♦ Saussure 4 Recherches chimiquci sur la Tég<ftatîtjn , p. 17.

GumrNATiôtf. 34^

ponsser dans une seule nuit de i3 millimètres, jet h température s'être élevée à 38* centigrades.

Tous ces phénomènes ne paraissent être que le résultat de changemens chimiques qui s'opèrent ; au moins n'avons- Dous aucune raison de conclure qu'il il y intervienne aucun autre agent , puisque le foin, lorsqu'il est imbibé d'humidité, présente à-peu-près les mêmes phénomènes. Il y a dégagement de gaz acide carbonique, absorption de gaz oxigène, et production si abondante de chaleur, que le foin s'enflamme souvent , et il s'y forme en méme*temps une certaine quantité de sucre. Il faut attribuer à un changement partiel analogue la saveur généralement beaucoup plus sucrée dans le vieux foin que dans celui nouvellement récollé. Or, nous n'avons aucune raison de supposer qu'il réside dans le foin , aucun des agens particnliers aux substances végétales, puisque toute végétation et toute faculté de végéter sont évidemment détruites.

Lorsque la matière &rineuse dans les semences des végétaux est convertie en «ucre, il se manifeste dans le cotylédon un ^rand nombre de vaisseaux. Ou peut se faire une idée assez exacte de leur distribution par l'inspection de la ligure. Oa S eut à-la-vérité découvrir ces vaisseaux ans beauGoop de semences avant que la germination commence; mais ils deviennent beaucoup plus distincts après qu'elle a fait quelques progrès. Grew, Malpîghi er Hedwig ont démontré qu'il en sortait des ramifications , qui- passaient dans la radicule et qui ^e distribuaient à travers chacune de ses parties. Elles transmettent évidemment à la radicule la nourriture qui 3e prépare dans les cotylédons; car Bonnet et Sennebier ont reconnu, par expériences, que si l'on coupe les cotylédons, même après que les phénomènes ci-dessus décrits ont eu complètement lieu , la germination cesse sur-le-champ. La o, ^ • . matière alimentaire est donc transportée des cotylédons dans »^« ^**^''"^' la radicule; celle-ci augmente en dimension, prend la forme d'une racine, s'enfonce dans là terre et devient bientôt capable d'extraire la nourfitnre nécessaire à Tacrbissement futur de la plante. Mais alors même que la radicule de la plante est devenue une racine parfaite , la plante cesse de

irioéTÀ'Tioïr.

Feaille* «éminalM.

végétet si on retranche les cotylédons , ainsi qae Sennebîcr s'en est assuré par expérience^ Il en résulte donc encore <]|ue les cotylédons sont absolument nécessaires à la végétation de la plante.

Les cotylédons prennent alors l'apparence de feuilles, qui se montrent au-dessus de la terre, et forment ce qu'on ap« pdie \es feuilles séminales de la plante. Après cela la p&mule augmente peu-à-peu en dimension; elle s'élève au-dessus du sol ; elle se déploie en branches et en feuilles. Les feuilles séminales périssent bientôt après , tombent , et la plante continue de passer par tous les procédés de la végétation, sans leur assistance.

Comme il ne parait pas qu'il y ait aucune communiciation entre les cotylédons et la piumuie , il doit s'ensuivre que la nourriture passe de la radicule dans la plumuIe : et l'on voit effectivement que la plumule ne commence à végéter que lorsque la radicule a pris un certain accroissement, ruisque la plante cesse de végéter , même après la conversion de la radicule en racine , si on lui enlève les cotylédons avant que la plumule soit développée, il s'ensuit que la radicule ne sumtpas par elle-même pour que la végétation se maintienne, et que les cotylédons continuent encore d'y contribuer ea partie. On a aéjà vu* en quoi consiste cette part. qu'ils ont au soutien de la végétation, ils préparent l'aliment â^tmé i ,a „uurr»ur. '^ nourriturc de la. plante; La racine, alors, est d'.ellc-,même *«vïy?rililfu insuffisante pour remplir cet . objet. Lorsqtie leq cQtylé- "^"'^' ^ons prennent la forme de feuilles séminales , il est dair que .lottte la nourriture qui y était originairement dépo3ée pour le soiitien de la plante embryon est épuisée , et cependant ik continuent d'être aussi nécessaires qu'auparavant. Il faut donc qtt^îls reçoivent la matière alimentaire qui est imbibée par les radines ; qu'ils lui fassent subir quelques cbangemens qui la rendent propre à la végétation, et qu'ils la renvoient de nouveau pour être transmise à la pluAmlie.

M. Bonnet s'est assuré par un grand nombre d'expériences, répétées par Sennebier avec les mêmes résultats, que si on retranche les cotylédons après que la plumule a acquis une certaine grosseur, qui doit être au moins de deux millimètres , la plante ne cesse pas de végéter, mais qu'elle oMxr nue de le faire en restant toujours très-petite : sa grandeur, comparéei à cdle d^une plante, à laquelle on n'a pas enlevé

Digèrent U Dourriturtt

KUTRITIOK DES PI.AVTE8. 34^

les cotylédons, n'est que Idans le rapport de it h y.

Lorsqae la plumule s'est complètement développée en feuilles, on peut enlever les cotylédons sans nuire à la plante, et ils périssent d'eux-mêmes très-promptement. Il parait^ alors , que cette nouvelle fonction des cotylédons est rem* plie ensuite par la partie de la plante qui s'élève au-dessus de la terre.

Noms venons de tracer les phénomènes de la germination autant que les connaissances actuelles ont pu les faire découvrir. Les faits sont évidens ; mais la manière dont ils sont produits nous est encore cachée. On ne saurait expliquer ni comment la nourriture entre dans les vaisseaux, ni par quels nx)Tens elle est transportée dans les différentes parties cle la plante. On ne sait pas davantage comment cette nourriture est déposée dans chaque organe, ni par

ri procédé elle y est employée à faire augmenter en jension les parties déjà formées , ou a en produire de nouvelles. Ces phénomènes n'ont aucune analogie aVec ceux de la mécanique ou de la chimie, mais ils ressemblent exac^ tement à ce qui se passe dans l'organisation et la nourriture des animaux, lu appartiennent donc par conséquent à cette branche difficile de la science connue sous le nom de physiologie*

SECTION IL

De la Nutrition des Plantes.

Les plantes , après qu'elles ont germé, ne restent pas stationnairds,' mais elles augmentent continuellement de volume. Chaqae saison , par exemple , ajoute considérablement à la

Eosseur d'un arbre. La racine pousse de nouveaux jets, et 5 anciens deviennent plus grands et plus étendus. La même augmentation a lieu dans les branches et dans le tronc. En examinant ce phénomène de plus près, on trouve qu'une nouvelle couche de bois , ou plutôt d'aubier * a été ajoutée

' Encycl. mélhod., pbjsiol. Y^gét. {i*

* Lorsqu'on examine le bois ayec attention , on trouve cju'il-n'*cst pas le même dans tonte son épaisseur. La partie placée immédiatement sons l'écorèe est plos molle , plos blanche et plus succulente ^« let autres j et c'est par cette raison qu^elle a été panicuUère-

348 vioBTATi.oir.

à l'arbre daos toutes ses parties, etoae cette addition ae^ justement lieu au-dessous de Técor ce. On trouve aussi qu'une couche d'aubier a pris Tappacence du bois proprement dit oi^i parfait* Outre cette adaition de fibre végétale, il s'est

Sroduit un grand nombre de feuilles, etl'arbre pousse des eurs , et donne des semences, L«fl pUBtM n résulte de toutes ces observations, qu'il se manifeste con- *^ aoii^rir. tiutteUeffient dans les plantes une grande quantité de matière nouvelle ; et comme il serait absurde de supposer qu'elles puissent créer une matière nouvelle, il faut bien qu'elles la reçoivent de Vextérieur par quelque conduit. L^ plantes, alors , ont donc besoin de nourriture comme les animaux. Mais quelle est cette nourriture ? et d'où peuvent- elles la tirer? On ne peut répondre à ces questions, qu'en considérant attentivement les substances que les végétaux contiennent , et en examinant celles de ces substances qui sont nécessaires à leur végétation. Si l'on pouvait y réussir complètement , on acquerrait beaucoup de lumières sur la nature des sols et des engrais , et sur quelques-unes des questions les plus importantes en agriculture. Mais nous nous trouvons encore à présent bien loin d'être en état d'approfondir le sujet.

jun 1 . D'abord , il est certain que les plantes ne végéterajent

""""" pas sans eau ; car toutes les fois qu'elles en sont entièrement

E rivées, elles se dessèchent et périssent. De là, l'avantagée ien connu des pluies, des rosées, et des arrosemens artificiels de la terre. L'eau est donc alors au moins une partie essentielle de la nourriture des plantes; mais comme il y en a beaucoup ç^ui croissent dans l'eau pure , on peut mettre en question si Teau n'est pas la seule nourriture des plantes. Cette opinion fut admise aès long-temps, et il fut fait des ex^ périences nombreuses pour en démontrer la vérité. On peut même dire que cette hypothèse était celle généralement adop* tée dans lé i7.« siècle -, et que quelques-uns de ceux qui contribuèrent le plus à l'avaucemeut de la physiologie végétale, dan? le i8*' siècle, l'avaient embrassée. Ses partisans les plus zélés furent Van-Helmont, Boyle, Bonnet, Duhamel etTillet.

.ment désignés par le nom â^albumum ou auhusr. Le bois parfait est plus biun , plus duc et plus dense que Tanbier , et les co.uches aug* Mentent en densité, à mesure «ju^e&es s'approcbeot da centre.

irUTRITIOir »S8 PIiAKTBS. 34)

Van-Helmont planta un saule^ qui pesait ^,267^ dans un vmatmoÊt^

kilofi la MttU

Tase de terre contenant 90,687 de terre desséchée préala-"**"j£S!*'** blement an four, et bnmectée arec de Teau de pluie. Il enfonça ce vase dans la terre , et il arrosait son saule tantôt a^ec de Feau de ploie, et tantôt avec de Tean distillée. Au

bout de cinq ans, il pesait 76.858 , et la terre dans laquelle 3 était planté , après avoir été desséchée de nouveau , ne je trouva avoir perdu que 5y grammes de son premier poids '•

n y avait donc eu une augmentation de y^Sgi , et cepen« dant il s'ensuivait que le saule n'avait pris que de Teau pure; on en avait donc pu conclure que Feau pure suffisait à ta nourriture des plantes. Mais Bergman fit voir en 1773 * Tînauffisance de cette expérience pour décider la question. Il fit connaître, d'après les expériences de Margraff , que Teau de pluie employée par V an-Helmont , contenait autant de terre qu'il en pourrait exister dans le saule au bout de cinq

années; car, suivant les expériences de Margraff, 453^^9 d'eau de pluie contiennent à-pen-près 65 milligrammes de terre '• L'accroissement du saule ne prouve donc nulle* ment que la terre contenue dans les plantes se forme aux dépens de Teau. De plus, ainsi que l'a remarqué Kirvan ^, le vase de terre devait avoir souvent absorbé, de la terre environnante, de l'humidité imprégnée d'une sunstance quet conque contenue daus la terre ; car, ainsi que l'ont fait voir Haies* et Tillet ^, les vases de terre, qui ne sont pas recouverts d'un venus vitreux, transmettent trcs-facilement Thumidîté. On ne peut donc tirer aucune conclusion de cette m»» mb» expérience ; et en effet , toutes les substances que le saule ^«"***«*^ contenait, excepté l'eau, avaient pu provenir de l'eau de pluie, de la terre dans le vase, et de l'humidité absorbée du sol environnant.

Les expériences de Duhamel et de Tillet ne sont pas plus concluantes ; de sorte qu'il est impossible , d'après elles ,

' Opéra Van Hdmont , p. to5. Complexionnm atqne mîslîonoin «tlemenialtoai figiDentum ', Sect. 3o.

• Opu»c. V, M. » Ibid. II , 1 5 et 19.

4 IrUh. T-aus. V, 160. « V^ga: StaL I. ^

• Mém. Par. 177a, p- ap.

35o YioiTATioir.

de décider k <{iiestioii , l'eau est-eDe on non la senle ooor* ritare des plaotes? MUa toutes les tentatives qui ont été &ites jusqu à présent pour élever des plantes avec de Peau parfaitement pure ont été infructueuses ; les plantes ne végètent que pendant un certain temps , et jamais leurs semences ne sont par£adtes. Hassenfratz, Saussure, et autres ^ ont fait des essais de ce genre , et sans plus dç succès. Duhamel trouva , qu'un chêne qu'U avait fait venir d^nn gland , par l'eau, croissait de moins en moins chaque année. Ou sait y aussi , que celles des racines bulbeuses, telles que les jacinthes , les tulipes , etc. , qu'on fait croître dans Teau ^ finissent par ne plus fleurir, et même par ne plus végéter, à moins qu'on ne les plante dans la terre tous les deux ans, surtout SI elles produisent annuellement de nouvelles racines bulbeuses , et que les anciennes périssent. On peut raisonnablement conclure de toutes ces expériences et de ces faits, que l'eau n'est pas la seule nourriture des plantes"^.

En effet , lom que l'eau soit la seule nourriture des plantes , il n'y a en général qu'une certaine proportion de ce liquide qui leur soit utile : en quantité trop grande il leur est tout aussi préjudiciable qu'en quantité trop petite. Quelques plantes, à-la-vérité, prennent leur accroissement dans l'eau , et ne végéteraient pas dans une autre situation; mais toutes les autres sont entièrement détruites si on les laisse audelà d'un certain temps dans ce liquide. Une proportion convenable d'humidité est nécessaire à la végétation de la plupart des plantes , et c'est une des raisons pour lesqtieUes les plantes exigent différens sols. Le riz , par exemple, veut un sol très-humide ; il ne réussirait pas dans les terrains où le froment croit avec vigueur ; et le froment , au contraire , pourrirait dans les terres à riz.

On doit donc , dans le choix d'un sol propre à la culture des plantes, considérer la quantité d'humidité qui cou* vient le mieux à celles que l'on veut y faire croître. Or, la

* Les expériences de Rraconnot , qui a essayé de proorer qao Teau est la seule nourritare des plantes , ne sont pas pins décisires. Ann. de Chim. LXI, 187. Il faisait croître des plantes dans du sable» et des oxiiles métalliques, au moyen de l'eau, et il trouva !qiie les plantes se composaient des parties constituâmes ordinaires , terreuses et alcalines de tous les Técetauz. Mais dans des expériences de cette nature , il est impossible acse prémunir contre tout canal ou conduit par 1« moyen duquel cet substances peuvent arrÎTçr aux plantes.

VUTRITIOK SSS PLAKTIS. 3Sf

^cheresse oa f hamidité d'an sol dépend de denx choses ; de la nature et des proportions des terres qui le composent , et de la quantité de pluie qui y tombe. Chaque sol contient an moins trois terres, la silice, la chaux et l'alumine, el ouelaoefois aussi la magnésie. La silice est toujours à l'état de sable. Or , les sols retiennent l'humidité plus ou moins long-temps selon les proportions de ces terres. Ceux qui contiennent la plus grande quantité de sable la perdent le plus promptement , et ceux dans lesquels se trouve la plus Çranae quantité d'alumine la conservent le plus long-temps« Le premier est un sol sec , le second est un sol humide. La chaux et la magnésie f<M>ment des sols qui tiennent le milieu entre ces deux extrêmes; elles rendent un sol sablonneux ,

1>las susceptible de retenir l'humidité, et elles diminuent 'humidité d'un sol argileux. Il est donc évident , qu'en mêlant ensemble dans des proportions convenables ces quatre terres, on peut se faire à volonté un sol de tout degré quel» conaue de sécheresse ou d'humidité.

Mais , quelle que soit la nature du sol , son humidité dé* pend en général de la quantité de pluie qui y tombe ; s'il n'y pleut jamais, le sol reste sec, quelque propriété qu'il ait de retenir Thumidité; et si les pluies sont très-fréquentes , il faut que le sol soit très-poreux pour ne pas être constamment humide. Ainsi , la proportion des différentes terres dans un sol , doit dépendre de la quantité de pluie qui y tombe. Dans un pays pluvieux , le sol doit être perméable, et contenir une trés-erande proportion de sable ; et dans un pays sec, il faut qu'il retienne l'humidité , et par conséquent qu il cpntienne une plus grande proportion d argile.

2. Il a été complètement prouvé que l'air est nécessaire à Lm piantM la végétation des plantes. Les dernières expériences chimi- ^rïSirJdï^ ques ont aussi mis hors de doute qu'une grande partie , au i'at»o»ph*f«moins , de la matière carbonacée qu'elles contiennent , leur est fournie par latmosphère ; ainsi les plantes tirent de l'atmosphère , par absorbtion , trois articles de leur nutrition , savoir : Vacide carbonique , Xoxigène et X humidité ; mais il n'a pas encore été discuté jusqu'à quel point les plantes sont susceptibles d absorber l'acide carbonique , sans le secours du sol où elles végètent ordinairement.

Hassenfratz analysa les racines bulbeuses de quelques jacinthes , afin de recopnaître la quantité d'eau , de carbone

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€t dliydrogèoe , qu'elles contenaient En répétant pinsietar» fois l'analyse d'un certain nombre de ces racines , u parvint k déterminer les proportions de ces substances dims ua poids déterminé de la bulbe. Il examina^ de la même manière, les haricots et les graines de cresson. Il fit végéter dans l'ean pure un certain nombre de chacune de ces plantes , qu'il / avait préalablement pesées , afin de s'assurer de la quantité précise de carbone qu'elles contenaient. Les plantes furent placées ensuite dans des lieux didférens, les unes dans l'in* térieurd'appartemens, et d'autres en plein air. Elles prirent leur accroissement, et poussèrent des fleurs , mais elles ne produisirent point de semences. U les fit dessécher ensuite^ ayant soin de réunir à chaque plante toutes les feuiUes ou autres portions d'autre partie qui s'en étaient détachées pendant la végétation. En soumettant chacune des plantes à l'analyse chimique , il trouva que la quantité de carbone qu'elles contenaient , était un peu moindre que celle qui existait dans la bulbe ou dans la semence qui avait donne naissance à la plante '.

Ces expériences ont été répétées par Saussure avec un résultat bien différent. Ayant laissé végéter pendant quelque temps , dans de l'eau distillée , des jets de meiuKapiperUa, ils donnèrent une portion de carbone, à-peu-près double de celle qu'ils en contenaient originairement^. Alais, lorsqu'on répéta la même expérience dans un lieu où il n'entrait que très -peu de lumière, la proportion du carbone, au -heu d avoir augmenté , était un peu diminuée , ainsi que l'avait reconnu Hassenfratz. Il s'ensuit qu'il est probable , que le résultat obtenu par ce dernier n'était dû qu'à ce que la lu- Ma» en# mière manquait. On ne peut donc pas douter que les plantes, ** *"** '^' lors même qu'elles végètent dans l'eau pure , ne soient capables d'absorber leur nourriture de lair atmosphérique; mais comme dans cette situation , elles ne peuvent produire de semences parfaites , et qu'au contraire elles languissent

fiar degrés , et cessent de végéter, il est évident que Teau et air seuls ne leur suffisent pas.

3. La troisième, et la seule source qui reste aux plantes pour y puiser leur nourriture , est le sol sm: lequel elles

Ann. de Cbi'm. XIII , t8S. A ccberches chimiques snr b v^g^tatioD ; N.* LT.

RUTRITIOK SES UINTES; " 353

croissent Or^ ce sol est composé de. deux parties; de terrer pures, qui en constituent la base ,^ des débris d'animaux et végétaux, tpi y sont^joutés comme engrais.

La partie terreuse du sol sert à fournir un soutien à la plante, et à lui distribuer la quantité d'eau oui lui convient; mais comme toutes les plantes contiennent oes matières terreuses et salines , et que ces substances y sont constamment présentes , on ne peut plus se refuser à les considérer comme étant en quelque sorte une de leurs parties constituantes essentielles. Or, il y a lieu de croire que le sol sur lequel les plantes végètent, iàflue considérableQieot sur la proportion de ces matières terreuses et salines. Saussure fit croître des fèves dans trois circonstances différentes. Les unes furent arrosées avec de l'eau distillée -, les autres furent plantées dans du gravier et arrosées avec de Peau de pluie ; d'autres enfin furent mises dans un pot rempli de terreau , et placé dans un jardin. Lea cendres que ces différentes plantes fournirent se trouvèrent être respectivement dans les propor* lions suivantes '.

t. Celles alimentées avec l'eau distillée 5^9 li proponiom ,

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