CHAPITRE IIL
De la Végétation*
Il ne suffirait pas sans doute d'avoir fait connaître les différentes substances contenues dans les plantes , et dont elles sont composées , si on ne s'attachait pas à examiner encore comment ces substances sont produites , et à essayer de tra- ' cer les opérations diverses dont l'ensemble constitue la végétation. Mais on ne doit pas s'attendre a trouver^ci tout ce qui nous resterait à exposer sur ce sujet. Les merveilles que présentent les végétaux n'ont encore été que très-imparfaitement observées. Parmi les organes des plantes, il en est beaucoup qui sont trop petits pour pouvoir être saisis par nos sens ; et à peine en peut-on suivre complètement une seule fonction. La multiplicité des changemens qui s'opèrent continuellement et à-la-fois dans les végétaux , la grande variété de substances différentes, et même opposées, qui cependant proviennent des mêmes insrédiens , et presque dans le même lieu , sont autant de phénomènes qui frappent d'étonnement Pobservateur;de même, aussi. Tordre et l'habileté avec lesquels chaque chose est conduite ne doivent pas moins le confondre. Il nV a jamais deux opérations qui se nuisent ; il n'y a ni discordance , ni irrégularité , ni trouble \ tous les moyens sont coordonnés ; tout ont est facilement rempli. Ces phénomènes sont trop admirables pour échapper à notre observation , et ils sont trop importans pour ne pas réclamer toute notre attention. Aussi plusieurs savans, également distingués par leur génie et leur sagacité, ont-ils consacré leur vie presque toute
* Gehlen^s Joam. VI , 91.