IV. a
354 * TioiTiTioir*
Tait une pins grande proportion de terre calcaire qae dana les plantes cranitiques. C'est ainsi qœ le pinus abieg f le proauit de chacon de ces deux sols , donna les proportion^ suivantes de corps fixes.
Sol fnaiiiqM: 6olc«laUr«;
Potasse 3,60 > e
Snirates et hydrocUorates alcalins. 4,24 ) * " * *
Carbonate de chaux 46,34 65
Caii>onate de magnésie • 6,77 o
Silice i3,49 ^
Alumine lifiS 16
Oxides métalliques. io,5a. o
99 fi^ 94'
Ainsi on ne peut pas douter, que la nature du sol sur lequel les plantes v^ètent, n'influe considérablement sur la proportion de matière terreuse qu'eUes,contiennent ; mais les jJàntes tirent-elles du soi la totabté de ces pnncipes fixes , ou sont» elles susceptibles de les former, jusqu'à un certain point, par des facultés végétatives qui nous sont inconnues? Ce sont des
Ïiiestions sur lesquelles il n'a point été définitivement statué, es expériences de Saussure nous porteraient à croire, que toutes les terres qu'on trouve dans les plantes sont absorbées du sol ; tandis que celles de Scfarader semblent prouver qu'il s'en forme une portion par la végétation, lors même que les plantes sont placées de manière à ne pouvoir tirer aucun principe fixé du sol^ur lequel elles croissent.
L'académie de Berlin proposa , pour sujet de prix , de déterminer la proportion des parties constituantes terreuses des, déférentes espèces de blé, et de s^assurer si ces parties terreuses se forment par les procédés de lavégétation. Schrader , pharmacien de Berlin , rempoita le prix, et l'académie
Imblia , en 1800, le résultat de ses expériences. Il analysa es semences dix/roment, du seigle , de Yorge y de Yapoine, et il s'assura de la proportion de terre que chacune d'elles contient. Il examina de la même manière la paille du seigle *• ^^^^^ Après avoir déterminé ainsi la proportion de terre que ces
• Phil. Mag. yill, i85. Joura. dePhjs. LU, 27. Vojres la Tabl^ cl^inoinérationa imprian^e dans cerolame, p. 317' et suit. » oA Ton trouve lo résultat de toutes les expe'rieaces^de Saussure.
» Qn a doDoe' daus ce vdujne» p. 216; le résultat de ces analjtctv
RUT&ITlOir DCS PLANTES. 355
semenced cbmetiaieot, Schrader essaya de les faire croître dans quelque miUeu qui ne pût leur fournir aucun ingrédient terreux quelconque. Ses tentatives furent pendant long-temps infructueuses; car chacune des substances dont il se servait contenait plus ou moins de terre , et , par con<^' âéquent, n'était pas propre à ses essais. Il trouva à la fin que le soufre en fleurs pouvait être employé avec avantage , comme ne contenant aucune matière terreuse quelconque, et les semences y germant bien et y poussant parfaitement bien leurs racines j lorsque ces fleurs de soufre étaient convenablement humectées d'eau. Après le soufre j ce fut avec les oxides «f antimoine et de zinc qu'il réussit le mieux. Les semences furent alors plantées dans une botte contenant du soufire, qu'il plaça dans un jardin, à une distance qui pût les garantir de toute poussière et de la pluie, mais en y laissant un libre accès à la lumière et à l'atr, et u les arrosa avec de l'eau distillée. |1 trouva que les blés qui avaient poussé ainsi , contenaient plus de matière terreuse qu'il n'en existait dans les semences qui les avaient produits '. Dans ce cas alors, il paraîtrait
3 d'il y aurait eu formation de matière terreuse , à moins que e concevoir qnll en pouvait exister une quantité suffisante flottant dans l'air pour fournir tout ce qu'on en avait trouvé. Depuis la pubLcation de son mémoire , qui a remporté le prix , Schrader a publié d'autres expériences stir le même sujet. Il y fait mention des essais de Saussure, et des résultats qu'il obtint des végétaux croissant sur des sols calcaires et granitiques ; et il porta particulièrement l'attention des chimistes sur le fait établi par Saussure , que les plantes qui végètent dans un sol calcaire , qui ne contenait que peu ou point de silice , fournissaient cependant une portion considérable de cette terre ". Einhof trouva aussi dans ies cendres â'ùn pinas sylvestris ^ 0,65 de chaux, et cependant, l'arbre avait végété sur un sol qui ne fournissait aucune trace de la présence de cette terre. Il nous apprend aussi, qu'il a vu souvent les lichens pnmastri et cîliarîs couverts dans les mois d'août et de septetubre d'une croûte de carbonate de chaux , quoiqu'il ne ae trouvât point de chaux dans le voisi-
' L4SS exp^riencM à% BNweonot 9e trouyenl d'accord ayec cell4*s de Sbhrader \ mais elles n'ayaient pas «ta faites avec les mdoics pr^ cautions. Ano. de Chim. LXI, 187.
> Gebten's Joom, 111 , 538.
356 TÉGÉTATIOir.
nage , et quoiqu'il n'y eût point d'autres plantes qui en fussent ainsi recouvertes *.
Saussure a observé avec beaucoup de justesse, que l'absorption de la matière terreuse ne dépend pas tant des terre» qui constituent la base du sol sur lequel les plantes véeètent, que de la portion de terre tenue en dissolution dans la partie liquide du sol. Cette observation donnera sans doute l'explication de plusieurs des faits déjà cités ; içais elle ne suffit pas pour détruire les expériences de Schrader, qui tendent directement à prouver qu'il se forme des terres par les procédés de la végétation.
lA sol coBtittt 4* I^^ plantes eontiennent toujours , outre les terres, une d«s sfU. certaine portion de matière saline. Celles qui végètent à une certaine distance de la mer contiennent de la potasse, tandis
Îue les plantes marines contiennent de la soude et de l'hyrochlorate de soude. Le phosphate 4^ chaux s'y trouve tou* jours , et le phosphate de potasse y existe irès-souvent II ▼ a des plantes qui contiennent des sels particuliers* Ainsi u existe ordinairement du nitrate de soude dans l'orge, et da nitrate de potasse dans les orties , dans le tournesol , etc. U Cet t%k parait, d'après les expérieuces qui ont été faites à ce sujet, '^'Tûnteï '** 4"® ^^* ^^^ particuliers contribuent à la végétation de certaines plantes. Celles qui croissent dans la mer ont besoia dliydrochtorate de soude, et elles languissent dans le sol où il ne s'en trouve point. La bourache, les orties, et la pariétaire , ne viennent bien que dans des sols qui contienl^ent du nitrate de chaux ou du nitrate de potasse j le gypse stimule la végétation de la luserne et du trène *.
Les sels ne sont donc pas sans action; et dans les cas ou, par une application convenable , ils provoquent à la végétation, ils paraissent être absorbés par les plantes qu'ils fortifient. Duhamel trouva que les plantes mannes faisaient peu de progrès dans les sols qui ne contenaient point d'hydrochlorate de soude. Bullion fit cr(4tre des semences de soleil sur un sol sablonneux , dans lequel on ne reconnaissait aucune trace de nitrate de potasse. En examinant ensuite les 1)lantes , on n'y découvrit folnt de nitrate de potassé , mais orsc|u'ou les eut arrosées avec nne dissolution nitreuse
• Gchlcn'sJourn.lII. 563.
* Saussure, Recherches, p. 26$.
KUTB.ITIOK DES PtAITTKS. 357
faible , la présence da sel s'y manifesta comme à Tordinaire.
Les expériences de Saussure nous apprennent que les u* pi«ou< plantes absorbent les dissolutions salines dans des propor- i,ffirJu» tions très-différentes, et qu'en général elles absorbent en plus p'<'p«;;;[^°"» ^' grande proportion celles qui sont les plus nuisibles à la végétation. Il fit dissoudre dans Veau les substances ci-aprfe , et en proportions telles que cb^que dissolution contenait le ceàtiéme ae son poids de la substance dissoute, excepté la dernière, qui contenait les o,o4-