La gomme gutteesl le produit du stertulia-urens, arbre
^ Lfirls y Na«maiiii's Chem. p. aSa.
flttt.
QQJIIUB. 40
qn croit dans llodostan ' ; et, comme elle a beaucoup de ressemblance avec la gomme adragante , on l'apporta eu Aogleterre ^ en cpantités considérables, pour la substituer à celled ; mais les tentatives à cet égard furent sans succès. La seule description de cette gomme , oue je connaisse , est celle donnée par M. Cowie , dans nn des volumes de la Société des Arts *. Elle est en gouttes ou en petits morceaux à crosses rides , sans odeur , sans saveur , et le plus ordinairemeot transparens. Mise dans Tean , die se forme à la longue en une pulpe ou gelée comme la gomme adragante ; mais si on la broie bien dans un mortier^ et qu'on la fasse bom'Uir dans Peau pendarit i5 minutes en agitant continuellement, elle se dissout en totalité. Une cuillerée a thé de cette emdre, donne à Teau la consistance du sirop de capillaire, ans rinde on s'en sert pour la peinture des toiles. On la fait aussi entrer «ians la comj^sition de certains vernis , et c'est un des ingrédiens d'un médicament renommé dans le pays pour le traitement des chevaux '•
7. UBarrovir, et d'autres probablement aussi, ont ob-' puntn - «cn^«^ toutes les plantes qui fournissent de la gomme ont ^u^*^S°^
One écorce astringente ^; On a cité dans la première partie ,
dfc cette section presque tous les arbres connus qui' fournis- . ^
seof de /a gomme.
8. La gomme est un aUraent nutritif, qboique d'après les' VMfttlexpériences de Magendie, elle ne paraisse pas pouvoir par ^ elle - même entretenir la vie -, mais on Tenlploie i^ement comme td , excepté lorsqu'elle est \ l'état de mucilage. On
s'en sert fréquemment aussi comme d'une pâte et pourdonner de fapprèt \ la toile. Les fabricans de toiles peintes l'em- I^oîent en grandes cpianthés pour donner à le^rs couleurs le degré de consistance nécessaire. C'est par la même raison qu'on la fait entrer dans la composition de Tencre. En médecine die forine la base de beaucoup de mixtions*
• Kozbnrg , NTch<ds<m*8 Jonrn. VU , 3ox. » TfichoUon't Journ. VII , 3oi.
> Cowie , PHcbolson's \hià, 4 Tratels in Soath ACrica.
SO PARTIES CONSTITVAirrC» DX5 VLAlXTti.
SECTION V
Du Muqueux.
Les substances auxquelles je donne le nom de muqueux^ ont été considérées jusqu a présent comme des variétés de gomme. Mais les expériences du docteur Bostock ont fait "voirque leurs propriétés diffèrent assez de celles de la gomme, pour mériter une place séparée copame principes végétaux particuliers. Ces substances sont extrêmement nombreuses , comme existant dans les racines, les feuilles et les graines d'une grande variété de plantes. On ne les trouve jamais, ou que trés^rarement séparées spontanément ; mais on parvient à les extraire des plantes qui les contiennent , et on peut les obtenir ainsi assez pures. Comme il n^en a été encore examiné jusqu a présent qu'un petit nombre d'espèces , et que nous' sommes incertains jusqu a quel point leurs propriétés s accordent , nous les rapportons toutes à une seule , par analogie, niiimciw ^^ muqueux, que fournit la graine de lin, est un des plus *éî CS!^* purs. Le 4iM;:teur Bostock l'obtenait en faisant infuser de ces l
f;raines dans dix fois leur poids d'ean. Cette infusion avait ; a consistance du, blanc de IVBttf, et les qualités visqueuses \ du mucilage dé gomme arabique , et elle lui resseml»lait par sa saveur, et^on aspect. Lorsqu'on la mêle avec de l'alcopl, Ifi muqueux est^preapité en flocons blancs; mais le liquide ne devient poiut opaque et laiteux comme le mélange du mucilage de gomme arabique avec TalcooL L'acétate de plomb donne li^eu à un précipité copieux dense. Le suracé* tate de plomb et Thydrochlorate de peroxide d'étain , donnent de l'opacité ao liquide et le précipitent aussi. Le nitrate de mercure oecasionne un précipité trés-léeer, taudis que Thydrochlorate d'or, le sulfate de peroxide de fer et la potasse silicée ne produisent aucun effet sensible quelconque-. L'infusion de noix de.galle ne fait çpt^ouver au Uquide aucun changement '^.
^^^^ Le docteur Bostock obtint des graines de coing et de la ▼tfi^iét. racine de Pbyaciqthe , des dissolutions de muqueux qui ma*
> Bostock , Kicholson*« Joam. X VUI , Si.
IHtestMDI les propnétët ci-dcdsiis tv«€ ^nelqvts anabces de difCérence. Le iniM|iieiix des grâioes de coing était coa«> plé par le9 acide» et par la plupart defr tels mëtiiUiques , et k muqneox proTeùiut de loyacimbe , était précipice par riiifmion de noix de galle. <]îes dîiTérences éuient proba* bleinem does à la présence de corps étrangers , tels que la*> BiidoD, le gluten, etc. , avec lesqueb il arrive cpie dans ces cas le mumieux est mêlé , et dont nous ne connaissons aucua moyen de le séparer complètement.
Le muqueux est contenu dans les racines et les feuillet d'un très-grand nombre de plantes. Presque toutes Ie^X2çi|%£^ bulbeuses et les feuilles charnues eu fournissent. Telles que , tar exemple , les racines de Vhy^tcinthus nonscriptus et de althea officinalis ; les feuilles de ïalthea et de la malva* silpesfrisj de beaucoup de fucus ^ et du plus grand nombre deslicbens ; les graines du Im , du coing, du fénogrec, etc. Les bulbes de l'hyacintbe contiennent une asset grande ^mité de muqueux pour qu'étant desséchées , on pinsse Va employer pour remplacer la gomme arabique. Ce fut ^IViOBas WiHis ' qui le premier fit connaître ce &ît. 11 .trouva, depois, qu'on pouvait aussi substituer à la gomme ênbiqae^ pour tous les cas on on eo fait usage , les racines de le sqaiUe printannicre , du lis blanc y de la grande contioade et dn saiep *. On peut extraire de la ulopart des Ijdiens fibreux un muqueux qu'oti pourrait également em» pk^er dans tous les cas où l'on a i se servir d'une dissolution dégomme. Georgi publia ce fait, qu'il avait reconnu le pre* mier , dans une dissertation sur ce sujet , insérée dans les Mémoires de rAcadémie de Pétersbourg, pour 1779'; les expériences de Georgi furent répétées, en les variant, par Amoreux , qui fit connaître , en 1787 ^ , le résultat de set essais.
• Pbn. Mag. XV, i8o3.
• fficholsoo's Joam. IX, a33.
• Les lichens qu'il employa éuicDt les farmae€us, gUmettè^ phy* $od€s €t pulmomariuM. . , . ^
» VAcadénde de Lyon proposa pour sujet de prix , tn 1786 , une ^bsettBtion sar le» liofieiM. £U« approuva , et fit publier eo 178^, ltê> ■trms mémotrea de Willemet, Amoreux et Uottman. Les lictiena «Éaminës par Amoreux, et qu'il reconnut être susceptibles de fournie île la gomme, étaient les pulmonarius , prunûitri^ islandicus ^ tmuu f capcraUis fraxineus» Son mémoire , p. 96.
5* ÏAltTlËS CDNSTITUAHTBS OT5 VLARTËS. *
Hbflfami ^itMTva aussi de la gomme en aboodaD<te dasf beaucoup de licheDS '. Lord Dnodooaid imagina ,Ue pre* nier, d'appliquer cette découverte à quel<^'oD|et d'utiUté. Lorsque durant la dernière guerre, fe prix de la gomme devÎDt trèsnélevé , ce lord suggéra aux imprimeurs anglais en calioots y.Fidée de substituer les lichens à la gomme, et ils en firent un très-grand emploi.
La qualité mUdlagineuse des fucus on varechs, parait être encore supérieure à celle des lichens , quoique le mucilage qu'on en obtient ne réussisse pas aussi bien.
SECTION VL
De la Gelée.
rr^paraUos; Si Tou exprime le suc des mûres , des groseilles et de beaucoup d'autres fruits parvenus à leur état de maturité, et qu'on le laisse pendant quelque temps en repos, il se coagule ^ en partie , en une substance molle et tremUante bien connue sous le nom de gelée. Si après avoir décanté la partie qui n'a pu se coaguler, on lave le coagulum avec une, petite quantité d'eau, on obtient une gelée qui se rapproche de l'état de pureté»
Propriétés. Dans cet état, la gelée est presque sans couleur , à moins <iu'elle ne conserve la teinte ae la matière colorante particur lière du fruit. Elle est d'une saveur agréable et d'une con* fiistance tremblante. Elle se dissout i peine dans Teau froide, mais très-facilement dans l'eau chauae ; et par le refroidis* sèment, cette dissolution se prend de nouveau sous forme de gelée *. Si Ton fait bouillir pendant long-temps la disso- Intiou , elle perd la propriété de se gélatiniser en refroidissant, et devient analogue au mucilage'. C'est par. cette raison qu'en faisant de la gelée de groseilles , ou toute autre gelée , si la quantité de sucre qu'on ajoute ne sufSt pas pour absorber les parties aqueuses du fruit, et que par conséquent il devienne nécessaire de faire bouillir long-temps le b'quide pour le concentrer , le mélange perd souvent la propriété
* HofiTmati^s Memoirs , p. aS et sntfantes.
• Vauquelin, Aaxt. de Ghîm. VI» 98a« î Ihid. V, 100.
•liii; UL3CINS. 53
4e se prendre en gelée , et en conséquence la geUe est qianqoée*.
La gelée se combine facilement avec les dcalis. L'acide nitri^e la convertit en acide oxalique , sans ancun dégage* ment sensible de gaz asote * ; lorsqu'on la desséche , elle devient transparente ^ A la distiUation elle foomit beanconp d'acide acétique, une petite (piantité d'huile , et à peine 00 f ammoniaque \
La gelée existe dims tous les fruits acides , teb «foe les oranges^ les cûroos, les groseilles, etc. Si on laisse lea sucs de ces fruits se convertir en gelée, et qu'on les^ verse alors sur un tamis, l'acide filtre peu-a-peu à uavers, et se sépare ainsi. On lave ce qui reste sur k tamis avec uapen d'eau froide, et oo le iait sécher. Ce résidu diminue peu-à^^ea de folame, et il se durcit en nue masse transparente et cas* santé ayant ta plupart des propriétés de la gomme. Peut-étre|, alors, la gelée n'est-elle-antre chose oue de lagooune en état de coiabinaison avec un acide végétaL
SECTION VIU
Khprotk fit mention ,. pour la première fois , en i9o^^ de VkuMm cette substance qu'il trou^adans une exsudatiotispontanéede tonne ^ Ette fiu observée , en i^io, par Beraeuus dans ses expériences sur l'écerce du pins, et Le ^mn^uioa ^ tlfiit rendu confite, le lo décembre iSia, à la bociété* Royale de Londres, d'une suite d'expériences sur Texsudatien provenaot deronne^qne Klaproth avoit exaounée. Ces expériences avaient été faites par Smidison, dontlapfédsion est bien connue '. Denx ou trois )oors avant le lo décembre , favais &it insérer dans le premier numéro» des Annale cf Fhiiùsophy, une suite d'expériences sur une exsudation de " fenne commun, recueillie à Pljrmoutb par M. Coulson*. Le
' Vanoudin. Aon. de CIûa* V. ^oa.
» /Ai57vi,a8a.
» ibià. V, lo*. V * nid, VI, ^86.
V Cchlen'R Journ. IV, Sao.
.•Aftandiingîi», m,347.
IPWl. Trans. i8i3. p. 64.
* AooaU ol Philosopby, I^ a3«
JI4 l^AHTIBS COKSTltÙAfttES t>ÈS FLAKTES.
résditt de mes expériences se rapprocbait de très-près de celui des expériences de Smithson;etce8 résultats faisaient voir que fulmine ne jonissait pas des propriétés extraordinaires que Klaproih lui avait attribuées. J'examinai depuis des variétés d'nhmne provenant du cbéne, du charme et du maronnier dinde, et je fus assez heureux pour recevoir du docteur Leach un échantillon de cette substance à l'état de pureté *•
p« l'écorce. Il parait, d'après les observations de Berzelios , que Fui-* mine forme une partie constituante de l'écorce de presque tous lesarbres.Si l'on fait digérer l'écorce d'abord dans l'alcool, et ensuite dans l'eau froide, on peut obtenir l'ulmine presque pure en mettant en digestion l'écorce ainsi traitée , dans de Veau chaude , tenant en dissolution du carbonate de potasse *• Les propriétés de Fulmine sont les suivantes :
propriétét. 1. Sa coulcur ost le brun foncé I presque noir. Elle est presque insipide et inodore.
2. Elle se dissout lentement et en petite quantité seulement, dans l'eau et dans Falcool. La dissolution est d'un brun yiie et sans saveur. La dissolution aqueuse d'ulmine est difficilement précipitée par aucun des sels ui^talliques, exceptés le nitrate de peroxide de mercure et Facétate de plomb. Ces sels occasionnent l'un et l'autre, dans cette dissolution, i en flocons bruns. La dissolution d'ulmine, dans 1 précipitée en i>nin foncé par les sidCates de fer et
3. Lorsqu'oo verse une dissolution faible de carbonate de puasse sur de Fulmine , il se produit immédiatement une dis*» solution d'un brun foncé. L'ulmine , telle qu'elle exsude de Forme , e^t preique toujours accompagnée d'une certaine quantité dr carbonate de potasse; c'est par cette raison qu'elle se dissout si facilement dans Feau.
Cette dissohtion , en supposant que le carbonate de po* tasse soit dans la proportion des o^feo du poids de Fulmine ^ est de coukm- brune. Elle n'est pas du tout mucilaginense ou gluante, et elle ne peut servir, comme la dissolutten de gomme dans Feau, à coHer ensemble des morceaux de pa-
1>ier. La dissolution aquense d'ulmine n'est précipitée ni par a gélatine, ni par la teinture de noix de galle ou Fhydrocjanate de potasse. Le sulfate de fer y occasionne un pi éci*-
lomb. Ces sels l 1, unprécipité \ is l'alcool, est \ et de cuivre. >
Ansalt of Philosophj, 11, 1 1 , ^'î, 3916. Jkùl, il, 314.
iiATttiiis coidiAinrtfl. 55
pité «boBdaaf ) brao dans qQek|aes cas et vert dans d'à L'acide nitrique doone lieu à un précipité bran roogefttre ea satorant la potasse oui tient rultnine en dissolution. L'alcool d'j produit point ae précipité ; mais Tuloune est précî* C'tée par tous les acides. Dans cet état elle est de couleur àb iffle ; mais après «{u'eUe a été séchée , eUe n'est seoiiblemeni soluble iti dans l'eau ni dans l'alcool.
4 L'oluioe, lorsqu'elle est chauffée se boorsonffle, prend feu , mais eUe ne fond pas. L'odeur qu^elIe exhale n'a pa$ b moindre ressemUance avec ceHe de caramel.
L'olmine semble avoir été confondue jusqu'à présent, par krdttmistes, arec Vea^tmaiff. Dans beaucoup de cas, elle a passé pour du tannin.
SECTION VIIL
JDes Matières colorantes^
l«s principes colorais des Tégétaux sont en si grand
,' nombre, et avec tant de propriétés diverses , qu'ils forme-
' Ttmtwk suite une partie très^tendue de la cnîmîe végé-
taie, mais jusqu'à présent on en a obtenu si peu à l'état isolé^ ^
pour les soumettre i un examen cbimiaue, qu'on essaierait en
▼ain de donner une description particulière de cbactm des
grincipes coloraos des végétaux ; je me bornerai donc i ne ire mention que de ceux des principes suivans , dont les propriétés ont été plus spécialement recherchées»
/. Polychroîte.
Cette substance, qui constitue lamatièrecotoTanteduc/ncor sativus ou safran , est ceHe qu'Hermsbtaedt considéra comme de l'extractif pur. Ses propriétés furent examinées, en i8f i, par Bouillon-Lagrangeet Vogel^, qui lui donnèrent le nom de poljchrofte , à raison des différentes nuances de couleurs qu'elle est susceptible de prendre. «
On obtient cette substance lofsqn'aprjs avoir évaporé > M/Amioa. jusqu'à coBsisiancede miel, «oe infusion de safrén dans Feaiil, fi^ fait digérer h résidu de Févaporation dans de Paicool Yme pesanteur spécifique de o,SkH> } od fihre la dissolt}* 0^ et on révapore à siccité. La masse sèche est la poly-
.♦ Aon. de Cliim.'LXXX, 188.
56 PAUTiis coiraTiTUAirrss i^ES ^lantss.
cbroïtè k Vital de pureté. Les propriétés de cette sidbtance sont les suivantes.
ffhwriétéi. Sa couleur est d*uD jaÙDe intense. Exposée à Tair , elle attire l'humidité et y devient un liquide vis({ueiix. Elle est trés-soluble dans Teau et dans l'alcool ; mais elle est insoluble, on se dissout à peine dans l'éther sulfarique.
La dissolution .aqueuse de cette substance, exposée aux rayons solaires, devient incolore, et la couleur jaune ne peut plus être rétablie; d'où il suit que la polychroïte«st dé* truite, ou au-moins qu'elle est altérée, dans sa nature , par l'action des rayons solaires.
Lorsqu'on verse de l'acide sulfurique dans une dissolution aqueuse de polychroïte , la liqueur prend une couleur Ueu indigo foncé qui passe par degrés au lilas. Le même changement est produit par racide sulfurique dans la dissolution alcoolique de cette substance.
L'aade nitrique donne une couleur verle aux dissolutions aqueuse et alcoolique. L'addition d'un peu d eau fait disparaître ces couleurs , et lorsque la proportion d'acide est auemeutée , il s'y manifeste d'autres nuances.
Le chlore détruit entièrement ' Le sulfate de fer y produit un ] de chaux, un précipité jaune ;
rouffe. Le sons-acétate de plomb donne lieu à un précipite de couleur de safran. L'acétate de plomb n'en produit aucun ; mab avec le nitrate de mercure, il se précipite une poudre rouge.
La polyçhroite est insoluble dans les huiles.
Cette matière colorante donne a la distillation une eau acide, une huile d'un jaune citron , à laquelle succède une huile plus colorée, et presque brune. H se dégage en mêmetemps des gas acide carbonique et hydrogène carboné. Lors- .qu'on ealcine ie charbon ^i reste , avec de la potasse , il se forme nne'portion d'acide hydrocyaniqoe.
//. Mématine,
Cette sul^tance est la matière colorante de Xhmmatùxyon campechianium ou bois de çampèche , si universellement connu comme substance tinctoriale. Les propriétés de cette, matière colorante furent reconnûtes, en 1 81 a, par Chevreuil qui lui donna le nom sous Ijequel nous la désignons ici*^. # • - * ,
♦ Ann.d^Chim. LX?(XÎ, 12S,-
MATISftIS COLORAKTXS. SiJ
On peut 8ç procurer f béautine en procédant «ioâ qu'A '
soit.
Or ftttdigérer pendant qiie1<{iie8 heoresleboisdecampècfae €0 poiidre , avec de Fean , à la température de 5o oegrés centigrades ; on filtre dors la lN|neur , et après m'elle a été évaporée à siccité, on met pendant on jour entier te résidu en digestion dans de l'alcool d'nne pesanteur spédfioue de 0,837. Après avoir filtré cette liqueur alcodique, on la ooncentre par éraporatimi; on y ajoute alors un peu d'eau ; et PeTaporation étant poussée encore un peuplas loin , on abandonne L liqueur i elle-même. D s'j dépose en grande quantité des cristaux d'bématine , qui, étant lavés à l'alcool et séchés, peuveot éûre considérés comme étant l'hématine à l'eut de pureté.
L'hématine, aÎDsî préparée, est en petits cristaux brillans, i**^"^^ de couleur d'un blanc rougeatre, légèrement astringente , . wnère , et d'une saveur acre.
X^eaabooillante dissout facilement l'hématine, et se colore ; eûimtonp orangé, qui passe au jaune par le refroidissement ' delà dissotoiion , mais qu'op fait reparaître en la chauf&nt. £9 évaporant cette dissolution, Inématine cristallise. Si ODjajoote un acide, elle est rendue jaune d'abord, purs rooge. Cependant l'acide sulfureux détruit, par degrés, en- Chèrement la matière colorante , s'il reste pendant assez longtemps en contact avec elle. La potasse , la soude et l'am-^ moniaque font prendre à la dissolution d'hématine , une couleur d'un ronge pourpre , qui devient d'un bien violet, si Ton ajoute de ces alcalis avec un grand excès; cette couleur psse oksuite au rouge brun , et à la fin , au brun jaunâtre. L'hématine est alors décomposée, et sa couleur ne peut plus être rétablie par l'addition d'acides. Les eaux de barite, de strontiane et de chaux , produisent les mêmes effets ; seulement elles précipitent peu- à -peu l'hématine de sa dissokr** tion.
Si Fon fait passer un courant de gaz acide sulfurîque dans une dissolution aqueuse d'hématine , cette dissolution prend \ jpe copieur jaune ^ qui disparaît dans l'espace de peu de jours. Ul^ oxides de plomo , d'étain , de fer^ de cui vc^ , de nickel > dir«înc, d'antimoine et .de bismuth, s'uDissent à rhématine fnk colorent en bleu avec une nuance de violet. Le pcroxide
Sft pARTifis coifsnnriifTfis des plaittbs.^
d^étani Èi^it sur elle comme le font les acides mioeraox. La colle forte la précipite eo flocons rougeâtres. Antm «pècM. Outre ces matières cotorantes , il y en a plusieurs autres , telles ^ue la garance , le touroesol, etc., qui mériteraient ui» descriptioQ particulière*. Mais comme ces substances n'ont pas encore été analysées, et que leur principe colorant n'a poùn été obtenu isolé , |e pense qu'il est plus convenable d'en remettre l'exposé au chapitre suivant.
L'indigo, qui a été suffisamment examiné pour que les pro* priétés qui lui sont propres aient été reconnues , semble , k raison de sa grande importance , devoir être rangé comme un prindpe végétal particulier.
• SECTION IX-
J^es Principes aikers.
Fianitt Paemi les substauccs végétales, il en est beaucoup dont la ^ u priocip* saveur est extrêmement amere , et c est par cette raison qu on *^'' les emploie en médecine, qu'on s'en sert daos les brasseries , etc. On compte , entre autres, comme substances amèreS| V le bois du quassia amara et excelsay les feuilles de Vhumu*' \ lus lupulus ou houblon, les racines de X^gerUiana lutea, \ ou gentiane commune, l'écorce et le bois du spardum scopa* rium ou genêt commun à balais; les fleurs et les feuilles de \ anthémis nohilis OU camomille ; et beaucoup d'autres sub* stances. Ces corps doivent leur saveur amère à la présence de substances végétales particulières qui diffèrent de toute autre, et qu'on peut distinguer par le nom àe principes amers. Plusieurs de ces substances particulières out été, dans ces derniers temps, exammées et analysées ; et il n'est pas douteux qu'il y en a d'autres oui ne nous sont pas encore connues. Je décrirai dans cette section les substances végétales à saveur amère. qui paraissent avoir des qualités distinctes, et différer entr'elies par des propriétés bien caractérisées.
/. Quassine, ou principe amer de la quassia^
Ksp^riencef L'cau misc en digestion pendant quelque temps sur die
poreasicciteatioe douce cnaleur ieau ainsi impreg
obtient one substance jaune brunâtre qui conserve ud certaia degré de transparence. Elle coDtmue pendant quelque temps d'éU'e ductile^ nnais elle finit par devenir cassaote* Je considérerai cett« substance comme étant la quassine à Tétat de pureté : si elle contient quelqn'autre principe étranger , ce nt doit être que dans une très-petite proportion* J'ai reconnu dans cette substance les propriétés suivantes t I . Sa saveur est excessivement amère, sa couleur est jaune brunâtre.
3. Quand on la chaufTe, elle se ramoUtt , se boursouffle et noircit; elle se consume alors sans beaucoup de flammé ^ et ne laisse qu'une très-petite quantité de cendres.