‹ Système de chimie (volume 3)Chapitre 97 sur 149 · Les calculs intestinaux. 4» Les calculs biliatt · texte numérisé non relu

Les calculs intestinaux. 4» Les calculs biliatt

5« Les calculs urinaires.

6» Les calculs des goutteux.

L'examen de ces différentes substances fournira autant *de sujets pour les sections suivantes.

• SECTION PREMIÈRE

Des Os, CoquiUes, et Croûtes.

On entend, par o*^ ces substances dures, solides, bien con- o,,otqutc'f«t. nues, auxquelles les corps des animaux doivent leur consistance, leur forme et leur force ^ et qui constituent , dans les plus gros animaux, la charpente ou espèce de fondement sur leouel tout le reste est batk Dans Tbomme , dans les quadrupèdes et dans beaucoup d'autres animaux , les o^ sont situes au-dessous des autres parties, de sorte ou'à peine y en « • t - il qui soient exposes à la vue \ mais les testacéa

SoO PÂRTIIS DES AirilIâVX.

et les UmàçoDs ont le corps reconrert d'onè enveloppe diire^ évidemment indispensable k leur conservation. Ck)mme ces enveloppes, connues sons le nom de coquilles^ sont indabitablement de nature osseuse, je les comprendrai dans cette section. Par cette même raison, il ne conviendrait pas d'en exclure les coquilles et œufs, et ces couvertures de certains animaux, connues sous 1q nom de croûtes, tels que le homard, par exemple, ou'on distingue par le nom de crustacés. Les substances soliaes qui appartiennent à la classe de corps ordinairement désignés par la dénomination de zoophytesy peuvent également bien être comprises dans cette section; mais comme ces différentes substances, quoiqu'appartenant au même çenre, se distinguent néanmoins .par des propriétés particulières, je traiterai séparément decnacune délies. I. Os.

Les 05 sont la partie la plus solide des anii^aui. Leur contexture est quelquefois dense, et d'autres foi§ eUe est cellulaire et ppreuse, suivant la situation de Tos. Les os sont blancs, /l'une structure lamelleuse: ils ne sont pas susceptibles d'être ramollis ni rendus flexibles par la chaleur. Leur pesanteur spécifique varie dans différentes parties. Elle est, pour les dents desenfans, de a,oB33^, et de 3,3727 pour les dents des adultes. On doit avoir su de tout ten^ps, sans doute, que lesos sont combustibles^ et que lorsqu'ils spnt suffisamment brûlés, ils laissent une substance blanche poreuse qui est insipide, qui absorbe l'eau et conserve U forme au corps Hbtoirt. osseuxl La nature de cette substance embarrassa beaucoup les chimistes des premiers temps.Beccherobserva, qu'étant exposée à une très-forte chaleur, elle éprouvait une sorte de fusion et prenait une apparenceanalogue à celle delà porcelaine. On la considéra depuis comme nne terre particulière, à laanelle on avait donné le nom de tense animale ou terre des 05. Quelques chimistes supposèrent que cette terre n^était autre chose que la chaux ; mais la différence entre ces deux substances était trop bien marquée pour que cette opinion pût prévaloir. On savait depuis long-temps que lès os bouillis dans Peau fournissent une substance géladneusp ; on s'en était même servi pour la préparation de la colle -forte. 11 était donc évident qu'ils contenaient de la gélatine. On avait observé de plus,

* Pepyf I Fox oa the t^eUi , p. 99.

os, GQQtlLLlS ST CâOUTSS. 5ot

otie tons les acides avaient la fHropr iété de ramoDir les os en aissolvant leurs principes terreux et gélatineux, et qu'alors ib ressemblaient au cartilage. Ces faits , qui doivent avoir été connus à une époque très-reculée , suffirent pour fournir aux chimistes quelques données sur la détermination des parties constituantes des os.

Scbéek ydans sa dissertation sur le spath fluor, publiée en 1771 f.anmmça que la partie terreuse des os est h phosphate 4e chaux*. Cette découverte fut le premier et le plus grand pas ùdt vers la connaissance chimique de la composition des os. Berniard, Bouillon, et Rouelle y ajoutèrent depuis de nouveaux faits ; mais c'est à Hatcbett * j à Fourcroy et Vauqoelin ^, et àBerzelius^, que nous devons les recherches les plus exactes qu'on ait publiées jusqu'ici sur les os des animaux , et les analyses les plus complètes de ces substances.

Les os se composent prindpalement, de sels terreux , de ^j^^^^taiSie»; graisse , de gélatine , et de cartilage.

I. Pour obtenir les seb terreux il faut ou calciner foSi.scuurreox: jusqu'au blanc, ou le faire macérer pendant assez long-temps dans, des acides. Dans le premier cas , les seb restent à l'état d'une substance blanche cassante ; dans le second , ib sont dissous , et peuvent être ensuite séparés de la dissolution par des prédpitans convenables. Ces seb terreux sont au nombre de quatre ; 1*. Le phosphate de chaux , qui les constitue pour la plus grande partie. 09. Le carbonate de chaux. 3». Le phosphate de a^agnésie , que Fourcroy et Vauquelin ont découvert dans les os de tous les animaux inférieurs qu'ils examinèrent , mais dont ib ne purent jamais reconnaître la présepce dans les os de l'homme; cepenaant Berselius annonce que ce phosphate y existe aussi. 4^. Le sulfate de chaux , que Hatcbett y a trouvé en très-petite portion, et qui se forme, suivant Berzelius , pendant la calcination.

Pour évaluer les proportions de ces substances, on petit faire dissoudre des os calcinés dans l'acide nitrique ou dans l'acide bydroclilortque. Pendant la dissolution il se dégage du gaz acidç carbonique'. Si lorsqu'elle est opérée, oa verse dans

' Cette décoaTcrte appartenait à l'assessenc Galm du Fahlun , qui cependant ne Tannonca jamais lui-même.

' Phil. Traos. 1709. ^ Ann. de Cfdm. XLVII, 344.

4 Afhandlin^T , I, igS.

* Hatcbett, Phil. Trans. 1799, pw Ja?.

503 PARTIES DES AKIMAUX* *

la liqueur 4ti l'aoïmoiua^ pore ^ le phosphate ^e duox et le phosphate de magnésie se précipitent à fétat d*ane jpoudre fine qui se dissout fadlemeiit et saDs effervescence daos les acides nitrique ethydrochlorique* Le nitrate de barite produit ^suite dans cette dissohition un petit précipité insoluble dans Tacide hydrochlorîque , et qui consiste par conséquent dans du sulfate de barite. Son poids indique la quantité d'acide sulfurique oui se trouve dans les os, d'où l'on peut estimer la quantité de sulfate de chdux cp'ils contiennent K Le carbonate d'ammoniaque précipite le carbonate de chaux pur "* Uatchett reconnut ces trois principe constîtoans dans tous les os de «piadrupèdes et de poissons qu'il examina» Le carbonate excède à peine les o,ao du phosphate, ei la proportion du sul&te est encore plus petite, Comme celle du phosphate de chaux varie , non-seulement dan3 différens animaux, «nais encore dans des os divers du même anioiel, et de plus dans le même os selon l'âge y on ne peut Texprimer en nombresd'une manière précise. Ce fat par une roédiode trèssimple que Fouroroy et Vauquelin parvinrent à découvrir le phospifâte de magnésie, et à en estimer la quantité. Ils traitèrent les os , préalaMement calcinés et réduits en poudre , avec une quantité égale en poids d*acîde sulfuf ique , et ils laissèrent macérer le mélange pendant cinq ou six fours. Alors, il fut étendu d'eau, édulcdre er filtré. On ajouta su liquide ' fikré deVammonkque en excès , qui prédpfea un n^iange de fdiosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien. Ik firent bouillir ce précipité dans de la potasse ^ qui décomposa le sel magnésien , et nissa un mélanee de magnésie et de phosphate de chaux. En traitant ce mélange par de l'acide acétique bouillant , la magnésie fut dissoute , et laissa le phosphate de chaux. L'acétate de magnésie fut décompose par le carbonate de soude ; et le carbonate de magnésie ainsi obtenu se dissout en entier dans Tadde sulforîque '• ^ ». Graisse. ^' ^a proportioB de graisse que les os contiennent varie beaucoup. En les cassant en petits morceaux , et en les faisant bouillir pendant quelque temps dans Teau ^ Proust en obtint la graisse , qui vint nager à la surface du Uquide. Le

' Hatohelt, Pha. Xrans. 1799, p. Sa;.

* Ann. de Chim. XLVII , a47^

os, coqviLLss ir CBovtrBS; $o3

poids s'en élevait , suivant loi , aux 0)^5 de celoi des os employés '. Cette proportion parait excessive ; oo ne peut guère en rendre rjiison qu'en supposant que la graisse retenait encore de l'eau.

3. On sépare la gélatine par les mêmes moyens que la s. G^utk*. graisse , c'est-à-dire en cassant les os en petits morceaux , et en tes faisant bouillir pendant assez long-temps dans l'eau. Ce liquide dissout la gélatine , et en prend lui-même su£Ssamment le caractère par la concentration. C'est par cette raison que les os sont d'un emploi si avantageux pour la confection des^ tablettes de bouillon dont la base est la géla« tine concrète , et aussi pour la préparation de la colle-forte. Par ce procédé, Proust obtint des os pulvérisés environ les o,io de leur poids de gélatine. Ce diimiste célèbre s'est donné bien de la peine pour convaincre de l'avantage de l'emploi des os pulvérisés dans la préparation des soupes et bouillons. Cadet de Vaux a publie une suite d'expériences dont Fobjet est de prouver que les os ainsi réduits en poudre , fournissent autant de bonne soupe qu'une quantité de viande égale à 5 fois leur poids*. Mais le docteur Yonng ayant répété cette expérience, il a'en obtint pas ces résultats invraisemblables'.

. 4- Lorsqu'on a séparé des os leur gélatine en* les faisant ^(^^i^^e, bonilh'r dans l'eau, et leurs sels terreux en les faisait macérer dans des acides étendus, ce qui reste est une sidistance molle , blancbe, élastique, conservant la forme des os, et connue sous le nom de cartilage. Il parait , d'après les expériences de Hatcbett , que cette matière a les propriétés de 1 albumine coagulée* Comme cette subsunce , elle^ devient cassante, et demi-transparente par la dessication ; elle se dissout facilement dans Tacide nitrique cbaud, et se convertit en gélatine par l'action de Tacide nitrique étendu ; car elle est alors solttble dans Teau chaude : elle se prend en gelée par le refroidissement , et l'ammoniaque la dissout en s^ colorant en orangé foncé. Comme l'albumine coagulée , cette matière forme un savon animal avec les alcalis fixes ^. Berzelius a

' Jonrn. de Phys. LU , 257.

• Joam. de Chim. IV, q5. Journ. of Um royal instit. 11^ iS.

» Jbid. p. a5.

4 PbO. Traïu. 1800.

5o4 BAmTlES DX8 ÀVIKÂIKX.

troaré me son poids s'élève aox o^ environ , dn poids totftl de Vos.

Cette substance cartilagînense est la pof tion de l'os qoi a été formée la première. De là résulte la mollesse de ces parties dans les jeunes animaux. Le phosphate de chaux se dépose ensuite par degrés, et donne à l'os la solidité nécessaire. Ce sont la graisse et la gélatine , et sur-tout la première de ces substances, qui rendent Tos assez fort et assez dur pour résister ; car quand on les lui enlève , il devient cassant Les proportions relatives du phosphate de chaux et du cartilage , varient beaucoup dans les diflférens os et dans les animaux divers.

Merat-Guillot publia, en 1800, une analyse comparative des os d'un grand nombre d'animanx*. Mais Berzelîus a trouvé que ces résuJuts étaient entièrement inexacts; les différences qui existent entre la composition des os de divers animaux , sont beaucoup plus petites que celles indiquées par la taUe <|e JVIerat-Guitlot. Celle qui suit présente la composition des os humains calcinés, d'après l'analyse de Beraelius.

Phosphate de chaux 81,9

Fluate de chaux 3,o

Chaux. io,o

Phosphate de magnésie 1,1

^ou'le 2,0

Acide carbonique. ••• « a,o

100 parties d'os frais sont réduites par la cakination à 63 parties.

D après l'analyse de Fourcroy et Vauquelin, les os de bœuf aont composés de

Gélatine solide 5i,o

Phosphate de chaux 37,7

Carbonate de chaux 10,0

Phosphate de magnésie i,î

« An. de Cbim. XXXIV, 71.

» Gehien't Journ. Seconcf Séries , III> 1.

• Ann. da Chim. XLVU, aSa.

OS^ eOQViLXiS BT GROOTlBS. SoS

Cette compositioD des os de bœuf est, suivant l'analyse de Berzelius , de

Cartilage 33,3o

Phosphate de chaux 55,35

Flnate de chaux 3,oo

Carbonate de chaux 3^85

Phosphate de magnésie ' a,o5

Sonde , avec un peu d^hydrochlo-

rate de soude 2,4S

Fourcroy et Vauquelin obtinrent des os calcinés de die* Taux, de moutons , de poulets et de poissons environ les Oy33 de leur poids de phosphate de magnésie.

L'émail des dents est le setd des os examinés jusqu'à pré* sauûL sent , qui soit entièrement dépourvu de cartilage. Lorsqu'on fait macérer dans des acides étendus la râpure d'os , il ne reste que le cartilage qui n'a pas été dissous ; mais Hatchett ayant traité de la même manière la râpure d'émail des dents, le tout fut dissous sans laisser de résidu*. Selon Fourcroy «t Vauquelin , l'émail des dents est composé de

Phosphate de chaux • ..•,.. 72,9 Gélatine et eau ». 27,1

Mais l'analyse la plus complète des dents est celle faite par M. Pepys, et ses résultats s'accordent parfaitement avec ceux de Hatchett. L'émail des dents est formé, suivant lui, de

Phosphate ie chaux 78

Carbonate de chaux. 6

Eau et perte. . • 16

Berzelius ne put cependant trouver deux pour cent de matière combustible dans l'émail de la dent '•

' IHar kenien , H , ia8.

• Phil. Ttâiis. i7«),p.3ii8.

» Mém.dcriDst. Il,a84.

4 Fox on tbe teelb , p. 06.

* View of animal Ghemistr/» p. 78,

5oS FÀRTII9 915 ANIMAUX.

D'après l'analyse de Pepys, oa voit qae la dent est com* posée ainsi qu'il suit ' :

An«Ir>e

de la a«dt.

Phosphate de chaux.

Carbonate de chaux.

Cartilage , .

RAGiins

de la dent.

DlHT

des

adultes.

PâKHiiai

dent

des enfans.

ao

la

Perte

Total

'lOO

Il résulte de cette analyse , que la dent contient plus de phosphate et moins de cartilage que Tos , et rémail plus de phosphate que là dent.

Osfostiiei. Hatchett ftt-aussi des recherches sur les os fossiles dïi rocher de Gibraltar. Il trouva qu'ils consistent dans du phosphate de chaux sans cartilage ou partie animale moRe. Leurs interstices étaient remplis de carbonate de chaux ; de sorte

3u'ils ressemblent parfaitement à des os brûlés. Us doivent onc, alorS) avoir subi Faction de quelque agent étranger; car la putré&ctiqn , ou le séfour dans la terre , ne détruisent pas promptement la partie cartilagineuse des os. Hatchett mit aans de Tacide hydrochlorique un humérus humain , pris à Hyth^', dans le comté de Kent, et qu^on disait provenir d'un tombeau saxon ; il trouva que le résidu cartilagineux était à-peu-prés aussi abondant que dans un os d'homme mort depuis pefù de temps. D'après les expériences de Morichini*, de Klaproth' , et de Fourcroy et Vauquelin ♦, il

' Fox on the leeth , p a6.

• Phil. Mag.XXin,a65.

* Gehien's Journ. IH, 53$. 4 Pbil. Mag. XXV, 765.

OS^ C0QVILLI8 ET CllOVTES. Soj

parait ipe TÎToire fossile et les dents des uiimatix contiennent souvent nne portion de floate de chanx. Morichini et Gay-LusÀc cherchèrent à prouver qne ce sel existait même dans rivoire nouveau , et mie l'émail des dents en était prèsqu'entièrement composé *. mais les expériences de Wollaston, de Brande * , de Fourcroy et Vauquelin ^ démontrent qu'il n'existe aucune portion d'acide fluorique dans ces substances quand elles sont nouvelles. Cependant Berzelius a annoncé qu'il avait séparé de dents fraîches , les o,o3 de floate de chaux , et qu'il en avait reconnu aussi dans les os, à-peuprès dans la même proportion. Il assure même qu'il s'en trouve dans l'urine ^; et comme ses expériences paraissent avoir été faites avec le plus grand soin , il est proDable que les résultats qu'il en a obtenus sont exacts*.

//. jDes Coquilles.

Je comprends sous le nom de coquilles toutes les enveloppes osseuses des différentes espèces de coquillages. Nous devons presque tout ce que nous savons sur ces substances aux dissertations importentesrde Hatcbett. D'autres chimistes avaient biea à «la -vérité observé un petit nombre de faits isolés; mais ces expériences présentent un aperçu systéma* tique des principes constituans de toute la classe.

Les. coquilles, ainsi que les os, sont composées de sels calcaires unis à une matière animale molle ; mais dans les coquilles la chaux est principalement combinée à lacide carbonique, tandis qne dans les os c'est à l'acide phosphorique qu'elle est unie. Ainsi le principe qui prédomine dans les coquilles est le carbonate de chaux , et dans les os c'est le phosphate de cette base. Telle est la différence caractéristique dans leur composition.

Hatcbett a divisé les coquilles en deux classes. Dans la Diviser* première sont celles d'une coatexture ordinairement com-*»*""''*"*^ pacte , ressemblant à la porcelaine , et ayant une surfiice emaiUée , souvent agréablement bigarrée. Ou distingue ces coquilles par le nom de coquilles porcelaines, A cette classe appartiennent les différentes espèces de voluta , oyprœa , etc. Les coquilles rangées dans la seconde classe sont ordinaire-

« Phil. Mag. XXIII, î65. • Wicbolson's Journ. XIII, aiG. » Phil. Mag. XXV, a66. 4 Gehicn's Joarn. VI , 5gi.

' Ibid. Second Séries, lU. Abu. de Chim. LXl » a3«.

5o8 PAATI£$ DIS AVlUàVX^

ment recouvertes d'an &ri épidémie, au-dessous duquel se irouve la coquille en couches , et elles sont entièrement composées de la substance connue sous le nom de jiacre de péris*. C'est pourquoi ces coquilles (»it été distinguées par la dénomination de coquilles nacre de perle, La coquille de la moule iPeau douce ^ la haliotis iris ^ la ^rbo olearius^ etc* ^ sont des exemples de cette seconde classe. Les coquilles de la première de ces classes contiennent une très*petite propor-* tion de matière animale molle. Dans celles de la seconde , il sy en trouve en très-grande quantité. On voit par conséquent qu'elles diffèrent extrêmement entre elles dans leur composition.

. PorœUiae. 1. Lorsqu'ou cbauffe au rouge les coquilles porcdaine , elles pétillent et perdent la couleur de leur surface ématUée. Elles ne répandent ni fumée ni odeur; leur forme ne s'altère pas ; elles deviennent d'un blanc opaque , avec des teintes partielles d'un gris pâle. Ces coquilles , lorsqu'elles sont frai* ches, se dissolvent dans les acides avec effervescence et sans laisser de résidu; mais si elles ont été brûlées, il reste toujours un peu de cbarboo. La dissolution est transparente; l'ammo*" niaque ou l'acétate de plomb n'y produisent aucun précipité, et par conséquent elle ne contient pas en proportion sensible du phosphate ou du sulfate de chaux. Le carbonate d'ammo* niaque y occasionne un précipité abondant de carbonate de chaux. Ainsi les coquilles porcelaines consistent en carbonate de chaux, auquel sert de liaison une petite portion de matière animale soluble dans les acides, et qui, par conséquent, ressemble à la gélatine*. ipateUts. Hatchett examina des patelles apportées de Madère. Comme les coquilles porcelaine, elles étaient composées de carbonate de chaux. Mais en les exposant à une cnaleur rouge , elles répandirent une odeur de corne ; et lorsqu'il les fit wssoudre dans les acides , il resta une matière demi-liquide et gélatineuse. Les patelles contiennent donc moins de carbonate de chaux , et plus de gélatine que les coquilles porcelaine. Leur gélatine est aussi de nature plus visqueuse.

* ' p'r?e* ** a. Lorsqu'on expose à une chaleur rouge les coquilles

< Hérissant, Mem. Par. 1766» p. aa. Hatchett, Pbil. Tnns. 1799, 317.

• Hatchett, Phil. Trans. »799#p. 317.

08^ OOQVHAIS ST CKOVTIS. 5oQ

Dscre de parle ^ elles péâkot , noir&seDt et répandent une odear f<Hrte et fétide. ÉQes s'exfoUent , et deviennent en partie d'an cris foncé j et en partie d'on beau blanc. Plongées dans les acides , eUes £uit Sabord fortement effervescence; mais cette effervescence dinnniie par degrés , )U8<|a'à ce qu'à la fin le dégagement de bulles d'air devienne à peine sensible. Les addea ne se chaînent que de la cbaux , et laissent des substancesInembraBeuses^minces^qoi conservent encore la forme de la coaiûlle. On voit par les expériences de Hatchett , que ces^memoranes ont les propriétés de Falbnmine coagulée. Les Dt nembrao* coquilles nacre de perle sont donc composées de couches *^^^^^ alternatives d'albnmme coagulée , et de carbonate de chaux , comnaençant avec répiderme , et se terminant avec la dernière membrane formée. Les animaux <|tti habitent ces coquilles augmentent leur demeure par l'addition d'une couche de carbonate de chaux, garantie par une membrane nouvelle ; et comme chaipe couche additionneile excède en étendue celle cpû était précédemment formée, la coquille devient plus forte à mesure qu'elle s'aggrandit '.

Qumque cette structure soit, en général, celle des coquilles nacre de perle, il y a cependant une différence considérable entre la pr(^rtion des parties constituantes et la consistance • /

de la partie albummeuse. Quelqae»mnes , telles que la coquille d'huître ordinaire, se rapprochent beaucoup des patelles, parce que la portion albumineuse est petite, et que sa consistance est presque gélatineuse; tandis que dans d'autres, tdles que la haliotis iris , la turbo olearius , la vraie nacre de perle , et une espèce de moule d'eau douce analysée par Hatchett, les membranes sont distinctes , minces, compactes et demi-transparentes*. La nacre de perle contient :

Carbonate de chatix 66

Membrane. • 34

11 se forme, dans quelques-unes de ces coquilles, une concrétion globuleuse bien connue sous le nom de perle. Cest une belle substance d'une couleur blanche bleuâtre, irisée et . brillante. Elle est composée de couches concentriques alter-

Ptrle.

« HatcheU, Phil. Trans. 1709, p. 3 17.

5lO Fi^ETIfiS 918 âlf»âUX. >

Dativement fbnnées d'une membrane mÎDoe et èe caHbmilc de chaux. L'aspect irisé est éTideoiineiit dû à la atrooture lamelieuse'^* de tècht II^^^6^' recooout que la substatice qu'on appelle os dt *' sèche est absolument semblable dans aa compositioQ à la nacre de perle.

En comparant ensemble les rësnliats de ces anales de^ coquilles et des os , Hatchett reconnut que les coquilles por* celaines ont une ressemblance, frappante avec rémail des dents , et que les coquilles nacre de perle ont le même rap port avec la matière des dents ou avec los ; il T a pourtant cette différence , que dans l'émail, et dans Tos de la dent, le sel terreux est le phosphate de chanx, tandis que dans les coquilles c'est le carbonate de cbanx pur.

///. pes Croûtes.

On entend par croûtes ces enveloppes ossetœs qui constituent toute la surface extérieure des crabes , des homarda et d'autres animaux marins semblables. Hatchett les trouva partiti composées de trois ingrédiens, savoir : |o. Une substance «>iuUtaantM. cartilagineuse ayant les propriétés de l'albumine coagulée, ao. Du carbonate de chaux* 3<> Du phoephate de chaux. Les croûtes se distinguent esseuliellemeat des coqniUes par la présence de cette dernière sid>stance, et des os, par un grand excès de carbonate de chaux i^lativement au phosphate de Entre ^^^^^ ^^^^' ^^^^ ^^^ croûtes partiopeut des propriétés et roquiuet et ot. des principes des coquilles et des os, et sont j par conséquent, intermédiaires entre ces deux substances. Les coques des œufs de poule se rapportent aussi à la classe des croûtes , car elles contiennent du phosphaie et du carbonate de^chanx ; néanmoins le ciment animal y est en quantité beaucoup moindre. Il est très-probable , d'après les expériences de Berniard et de Hatchett , que les coquilles des limaçons sont aussi composées des mêmes principes, puisque ces chimistes y trouvèrent du phosphate ae chaux.

Hatchett examina aes croûtes de crabes , de homards , de crevettes et d'écrevisses. Lorsqu'il les plongea dans de l'acide nitrique étendu, elles donnèrent lieu à une légère effervescence^ et furent peu -à- peu réduites en un cartibge blanc

"^ Mefat-GuiUot, Aao. deChim. XXXIV, 71.

0$, COQVILLBt ET C&OUtlS. Ail

umoàtre mon et élastique, <|m consenre k forme de la croûte. La dissdutioQ donna un précipité par l'acétate de plomb. L'ammomaque en prodnistl un de phosphate de chaux , et le carbonate aammoniaque tro précipité encore plus abondant de carbonate de chaux. Hatchett ayant examiné les croates oui recourrent diverses espèces ^oursins, il trouva qu'elles étaient composées des mêmes prindpes que les autres. Quelques espèces de poissons étoiles fournirent dn phosphate de chaux, d'autres n'en donnèrent point. Ainsi l'enveloppe de cette classe d'smimanx paraît être intermédiaire entre la coquille et la croûte.

L'analyse de Merat-GuiMot s'accorde avec ces observa- j^nMkf-. lions de Hatchett. La croûte du homard lui fournit :

Carbonate de chaux ^. • • . 60

Phosphate de chaux i4

Cartilage 26

Cent parties de coquilles d'oeufs de poules contiennent: ^^^^

Carbonate de chaux 89,6 ***~*-

Phosphate de chaux • . • • . 5,7

Cartilage *.., 4i7

100,0* ly» Des Zoophites.

Plusieurs des substances appelées zoophUes ont la 'dureté et Taspect d*nne coquille ou d'unos , et conséquemment on peut les rapporter à cette classe. D'autres , à-la< vérité , sont molles , et appartiennent plutôt à la classe des membranes ou des cornes ; mais on n'en a examiné qu'un trèspetit nombre. On trouve même à peine des expériences chimiques publiées sur ces intéressans sujets , si nous en exceptons la dissertation si recommandable de Hatchett , insérée dans les Transactions Philosophiques, pour 1800, que j'ai eu si souvent occasion de citer. H résulte de cette dissertation , et de quelques expériences de Merat-Guillot , que les zoophites durs sont principalement composés de trois prindpes , 1 .0 d'une substance animale de la nature de l'ai- compoiiHo bumine coagulée , mais qui varie dans sa consistance ; elle est quelquefois gélatineuse et presque liquide , et quelquefois

• Merat-Guillot , Ann. de Chim. XXXIV, 1t. ; Vaii^ii«Uii, ibid. XXIX , 0.

et

511 FARTlC^ Dt» AKlUkVté

de la consistance ^n cartilage -, 2.* de carboBale de d^uiX ; 3.0 de phosphate de chaux.

Divi»<««ii Dans certains ^oophites la matiéns animale est en très* quatre ciuMi. petite quantité, et le phosphate de chaux y manque totale* ment Dans d'autres , la nratiére animale est abondante , et le sel terreux est le carbonate de chaux pur ; il eo est où la matière animale est en grande proportion , et dont le sel , donnant de la dureté y est un mélange de carbonate et de phosphate de chaux ; et il s'eo trouve qui sont presqu'eD« tièrement dépourvus de sels terreux. Ainsi il y a quatre classes de zoophites. La première ressemble aux coquilles - porcelaine , la seconde aux coquilles natte de perle, la troisième aux croûtes , et la quatrième à la corne. i.Compo*^ I* Lorsqu'on plonge le madrepqra virginea dans l'adde ^*îSr^^ nitrique élendu \ il'fait une vive effervescence et se dissont de géutine. promptemcnt. Quelques particules gélatineuses flottent dans la disseluHf)»^ qui est d'ailleurs transparente et sans couleur. L'ammoniaque n'y produit point de précipité ; mais le carbonate d'ammoniaque en occasionne un très 'abondant de carbonate de chaux. Ainsi çettej substance est composée de carbonate de chaux et d*uq peu de matière animale. Leszoo* phites indiqnés ici fournissent à-{ieu-près les mêmes résultats, savoir : ""'

Madrepora. . Muricata.

Labyrintbica*

MiUepora. . • Ca}ru1ea,

• •:. ; . • Alcicomis.

Tnbipora. • . • Musica.

•.Dei*rbo«nt ^- Lorsqu'ou plougc le maifrepor-i TûOTea dans de Taclde •tmn^mie ■•f'^^rique affaibli , il y a également effervescence; mais après que tonte la partie soluble par cet acide a été enlevée , il reste une membrane qui conserve entièrement la forme primitive du madrépore. La substance dissoute est de la chaux pure. Ce madrépore est donc composé de carbonate de chaux €ft d'une substance membraneuse qui , comme dans les coquilles nacre de perle, retient la forme du madrépore. On obtient i-peu-près les mêmes résultats des

Madrepora • • • Fascicnlaris.

Millepora. . . • Cellulosa.

FasciaUs*

Tmncaui.

Irishyppurig.»

OS,'€OQVILL£$ ST cmovTis» 5i3

Les sobstaïu^es suiTanus , analysces par Merat-GuiDot , appartieMneniipar leor composidoo à cette classe, quoiqu'il soit diffidie de dire quelles étaient les espèces de zoophites qu'il examina. Par corail rauge il entendait probablement le

Ei^nia nobilis, quoiqu'on sache, d après Tanalyse de i^ett , que cette substance contient aussi du phosphate.

Corail blano. Corail ronge. Coralia* arricolé*.

Carbonate de chaux. 5o 53,5 49

Matière animale. ... 5o ../.••• 4^)5 5 1

loo ioo,o loo*

S. Lorsqu'on met le madrepora polymorpha dans de s.D« Placide nitrique afEciibli , sa forme ne change point ; il reste ■^JjJJJ;^^ une substance membraneuse dure , blanche et opaque , rem- «tawpiratpiMt* plie d'une gelée transparente. La dissolution acide donne , par l'ammoniaque, un léger précipité de phosphate de chaux. Le carbonate d ammoniaque y forme un précipité abondant de carbonate de chaux. Il est donc composé d'uàe sub« atance anioiaie en partie a l'état de gelée , et en partie à celui de membrane , durci par du carbonate de chaux , et par un peu de phosphate de chaux.

l^fituftmfoliacea^ traité de la même nmiiiè)*é, laissa une membrane réticuiaire fine , ayant les propriétés de' Tathumine coagulée. La dissolution contenait im peu de |)hosphate , de chaux , et donna beaucoup de carbonate de chaux '; lors- * qu'on la traita par les carbonates alcalins. Le coralina opwn^ tia y ainsi traité , fournit les mêmes consfituans , vec cette différence, qu'on ne pouvait découvrir de phosphate de chaux dans la coraline fraîche; mais la dissolution dé cora- Jine brûlée entonnait des traces, \2iris ochmcea présente les mêmes phénomènes , et il est formé des mêmes parties constituantes. Lorsquon le dissout dans l'acide nitrique affaibli, sdi matière colorante se dépose en une beHé perdre rouge , insoluble et inaltérable clans l'acide nitrique et dans l'acide hydrocblorique ; tandis que ces acides détruisent la matière coloraole an tublpora musical Leshrauchts de<et iris sont séparées par uiïe suite de nœuds, qui Sont des corps cartilagineux unis ensemble pkr une couche membraneuse. Il se trouve eÉ dedans de cette ctxicfae uùe ca^té ôo-

* Merat-Gaittot, Aun. deChto. XXXIY#7«.

5l4' FAETII8 DIS JLtXinJlLVX0 ,

nique remplie de matière terreuse ou coraline ; de sorte ^ pendant qu'elles sont fraîches , les brandies de l'iris sont susceptibles de beaucoup de monyemeot > car les noeuds servent d'articulations.

Lorsqu'on plonge dans l'acide nitrique affaibli le gorgonia nohilis , ou corail rouge , sa matière colorante est détruite; il y a effervescence , et la partie calcaire se dissout II reste une membrane extérieure tubulée de couleur jaune , qui renferme une substance gélatineuse transparente. La dissolution ne fournit que du canbenate de cbaux ; mais si Ton chaufiSr le gorgonia nobilis à une chaleur rouge , et qu'on le dissolve ensuite , la dissolution donne aussi un peu de phosf^te de chaux. Le corail rouge est composé de deux parties': d'une tige intérieure , qui est formée de matière gélatineuse et de carbonate de chaux ; et d'une enveloppe extérieure , ou écor-ce, consistant dans une m^braoe ourcie par des seU calcaires. Ces dçux parties sont colorées l'une et l'autre par une substance«qui n'est pas coi^ue.

^ Le gorgonia ceratophita consiste également dans une li^e et upe écorce. La tige est formée de cartilage durci principalement par du {^osphate de cbaux , et contenant un peu de carbonate de chaux; mais l'écorce consiste dans une membrane durcie presqu'entièrement par du carbonate de chaux. Le gorgonia flabellum est presque exactement semblable. L'écorce dugo/gonia smberosa donna de la gélatine par l'eaii bouillante : mis en macération dans des acides , il laissa une meipbrane moUe jaunâtre^ et l'acide avait absorbé un peu de phosphate de chaux ^t une grande quantité de carbonate de cette base* La tige contenait à peine aucun sel terreux*. En la faisant brûler, elle laissa un peu de phosphate de chaux. Traitée par l'eau, elle donna un peu de gélatine; mais elle consistait principalement dans une substauce de la natiirede Uc^rae ^ analogue i Palbuaûne coagulée* Le^orgonia, setQSifi , et le gprgohiA pectinata produisirent les méniQs pU$Domènes. ^ 4. Priodpaie. 4* I^^ gorgonia antiphates a , comme les autres espèce» lia Mbranc. ^^ gorgouîa , 1106 tlgQ dc la uature de la corne ^ mais il est dépourvu ti'écorce^ Il donne de la eélatioe , ^ l'aide de l'eau bo^illaote^ Par la macération dads l'adde nitrique il se ra^ mollit^ et présente des çouches.concentriqiiea.de membranes nûnces brunes et opaques.^ d'un a^ct bgQeux. £ ne coft-

COKRESi .OIIGLIS ET iCilLLE5. £l5

tient point de sel terreux. Il forme tvec la potasse un savon animal , et il a presque les propriétés de la corne.

Les tiges àesgorgonîaumbraculua^^t^'verrucosa^ ressem- Uent à celles du gorgonia antiphates ; si ce n'est au elles sont Tune etTaotre pourvues d'une écorce composée de membrane et de carbonate de chaux.

Les taitipJuUea ulex .et myriophyla ressemblent presque entièrement à la tige cornée du gorgonia autiphates.

Hatcbett fit des recherches chimiques sur plusieurs espèces d'épongés ; mais il les trouva , par l'analyse , toutes semblables dans leur composition. Ou peut donner comme exemples, les spongia cancel/ata , oculata, infundibullformis, paimata et officinalis. Elles consistent dans de la gélatine , qu'elles cèdent peu-à-peu à Feau , et dans une substance mince membraneuse cassante, qui a les propriétés de l'albumine coagulée. De là les effets qu'y produisent les acides et les alcalis.

Les alcfonium ficus , ashestinum et arhoreum ressemblent beaucoup par leurs parties constituantes à Técorce du gorgonia suberosa. Elles lo*iruissent à l'eau un peu de gélatine. EUesse ramollissent dans l'acide nitrique, et paraissent membraneuses. L'acide se charge du carbonate de chaux , et aussi d'un peu de phosphate, au-moins , lorsqu'on porte préalablement. la substance à une chaleur rouge.

Tel est, en abrégé ^ l'exposé de la savante analyse des zoophites par Hatcbett.

SECTION II

I^es Cornes , Ongles , et Ecailles,

J'ai traité^ dans la dernière section, dé celles des

Sarties dures des animaux , qui sont inflexibles , incapables 'être ramollies par la chaleur, et qui contiennent une grande proportion de sels calcaires. Mais il est une antre série de

Earties dures qui sont très-élastiques , qui se ramollissent par chaleur, et qui ne contiennent qu'une très-petite portion die matière calcaire. On comprend ces substances sous les noms bien connus de cornes ^ à* ongles et S écailles > On devrait, à la rigueur, y joindre la quatrième classe des zoophltesy mais, dans l'état actuel de nos connaissances, j'ai pensé

Digitizêd by VjOOQIC

qu'il valait mieux ^assembler eu un seul point tout ce fffim savait sur ces derniers corps.

C'est par Hatchett que nous avons appris tout ce que nous savons sur les substances dont nous allons nous occuper. Les cbiniistes qui l'ont précédé avaient , i-la-vérité , fait sur elles un grand nombre aexpériences; mais ces essais n'étaient pas de nature à répandre beaucoup de lumière sur la composition de ces corps. '

Comtt. I . Les cornes sont ces substances bien connues attachées au front des boeufs, des moutons, et de plusieurs autres animaux. Elles ne sont pas très-dures , puisqu'on peut les couper au couteau, et les râper avec la lime; mais elles ne sont pas susceptibles d'être pilées dans un mortier. Lorsqu'elles sont en lames minces, elles ont un certain degré de transparence, et on les a quelquefois substituées au verre dans lesienétres. Lorsqu'on les cnauffe suffisamment , elles deviennent trèsmolles et très-flexibles , de sorte qu'on peut altérer considéra* blement leur forme. Ainsi, l'on peut parvenir par degrés à les mouler et à les travailler de diverses manières. On assure

Îue, portées à une haute température dans le digesteur de apin , elles se convertissent en une matière qui a toutes les propriétés de la gélatine.

Composée» Les corocs ne contiennent qu'une très-petite quantité de j u.^^^^.^^^ terreuse. Hatchett brûla 5oo parties de corne de bœuf , le résidu ne fut que de i ,5 parties , dont le phosphate de chaux ne formait pas les o,5o. Il en fut de même de yS> parties de corne de chamois, qui ne laissèrent que o,5 parties de résidu , dans lesquels le pnosphate de chaux n'était pas pour les o,5o *^, Les cornes sont principalement composées tfune substance membraneuse qui a les propriétés de l'albnmine coagulée^ il est probable aussi qu'il s'y trouve un peu de gélatine. On peut se rendre ainsi raison des produits qu'on obtient lorsqu'on soumet ces substances à la distillation.

Il faut pourtant faire exception , parmi les cornes, de celles du cerf et du daim. Les expériences de Schéele, de Rouelle, et de Hatchett, nous ont fait connaître que ces substances ont exactement les propriétés de l'os, et sont composéesdes mêmes principes , seulement la proportion du cartilage y est plus grande. Elles sont alors intermédiaires entre l'os et la corne.

♦ Phil. Traas. 1799, P* 33a.

À9 B«înbraa«.

COX^ICBS, OROIiSS XT iCAIX.LES. SlJ

La même remarque s'appUqae k nue corne fossiOe trouvée en France , et analysée deroièrement par Braconnot ; il la trouva composée de

Sable silîceax 4»o

Gélatine 4,6

Bitume 4^4

Ozide de fer. ,....% o^

Alumine 0,7

Phosphate de magnésie. 1 ,0

Eau. 1 1,0

Carbonate de chaux i,S

Phosphate de chaux 69,5

a. Les Ongles^ qui couvrent les extrémités des doigts, sont onglet, attachés à Pépiderme ,* et s'enlèvent avec lui. Hatchett s*est assuré que les ongles sont principalement composés d'une substance membraneuse, qui a les propriétés de l'albumine coagulée. Ils paraissent contenir aussi un peu de phosphate de chaux. L'eau les ramollit, et ne les dissout pas : mais ils se dissolvent facilement dans les acides et dans les alcalis concentrés , et s'y décomposent. Il parait aussi que les^ngles ont beaucoup de rapport avec la corne dans lenr nature et dans leur composition. On doit considérer comme ongles, les serres , les griffes , et aussi les sabots des animauk intérieurs , qui ne diffèrent en rien de la corne.

La substance qu'on appelle écaille de tortue diffère beau- Kcaiue coup des coquilles dans sa composition , et se rapproche bien ^^ **>'^"«* davantage de la nature de \ongle ; c'est par cette raison que je l'ai placée ici. Lorsqu'on a fait macérer pendant long-temps cette écaille dans de l'acide nitrique , elle se ramollit, et parait formée de membranes superposées , qui jouissent des propriétés de l'albumine coagulée. 5oo parties d'écaillé de tortue donnèrent, après la combustion, i parties de matière terreuse, consistant dans des phosphates de chaux et de soude , avec un peu de fer*.

3. Les écailles des animaux sont de deux espèces ; quel- Ectiiiet. ques-unes, comme celles des serpens et autres animaux amphibies, ont une ressemblance très-marquée avec la corne;

' Gehlcn'ft Journ. Second Séries , III , 49, • Hatchett, PhfU. Trtn», 1799, p. 33*.

5i8 Parties des a^imàde.

tandis que ceUes des poissoDs ressemblent beaucoup plus à la nacre de perle. La composition de ces deux espèces aécaS- Ëcaiiit '^* ^* très-différente.

ém poiMon, Lewenfaoeck avait remarqué que les écailles de poisson ntmbrlTe tt étaient formées de différentes lames membraneuses. Lorspko»ph* « qu'on les tient plongées pendant quatre a cinq heures dans 1 acide nitiique, elles deviennent transparentes y et parfaitement membraneuses. En saturant racide avec de l'ammoniaque, il se produit un précipiié abondant de phosphate de chaux *. D'où il suit, que ces écailles sont composées de couches alternatives de membrane et de phospnate de chaux. Cest à cette contexture qu'elles doivent leur éclat. Hatchett reconnut une composition semblable dans les protubérances

)>ointues de la peau du requin ; mais la peau elle-même ne ^^^ ui donna point de phosphate de chaux.

Les écailles cornées des serpens ne sont composées que d'une membrane de la nature de la corne , et sont dépourvues de phosphate de chaux. Lorsqu'on les fait bouillir, elles ne donnent que de légères traces de gélatine. Les croûtes analogues à ta corne qui couvrent certains insectes et autres animaux paraissent être, d'après les expériences de Hatchett, a -peu -près de la même nature et composées des mêmes principes.

Ainsi ces substances semblent avoir beauconp de ressemblance entre elles , comme étant composées d'une membrane , que Hatchett regarde comme de lalbumine coagulée. Vauqnelin assure, cependant, quelles se dissolvent dans Teau , lorsque Ja température dans un digesteur est suffisamment élevée au-dessus du degré de PébuUition^et par cette raison , il les regarde plutôt comme une espèce de mucus à Tétat a>ncret que comme une albumine coagulée *•

SECTION IIL

JDes 3f use/es des Animaux,

Afr£s avoir examiné les parties dures des animaux , il nous reste à considérer la composition des parties molles ,

' Hatcbeit, Phil. TfMif. 1709,332.

* I^icboboD^ft Journ. XV, 147.

■ VSGLSS. 519

Tmrm lesqnelks les muscles occapeDt natorelleaieDt le premier rang , à raison de leur impoitaace.

Les parties musculaires des animaux sont connues dans ie langage ordinaire, sous le nom de cAoîn Elles constituent en très-grande partie Taliment de l'homme.

La chair musculaire est formée <fuo grand nombre de fibres ou de fils, ordinairement de couleur rougeâtre ou {blanchâtre; mais son apparence est trop bien connue pour qu'il soit nécessaire d'en donner aucune description. Elle n'a jcuoir*. pas été soumise jusqu'ici à une analyse chimique exacte. Thouvenel a publié , à-la- vérité , un mémoire très-intéressant sur ce sujet : et c'est à lui qu'on doit presque tous les faits connus relativement à la composition de la chair musculaire. Fourcroy et Vauqueliu ont fait aussi quelques expériences intéressantes sur ce sujet ; Hatchett ne l'a pas négligé dans se% dissertations importantes sur les substances animales ; et Beraelins a examiné le tissu musculaire aussi bien que toute ^vâre partie du corps àbimal^

Il est è peine possible de^séparer le muscle de tous les Mitres corps avec lesquels il. est mêlé. Souvent une certaine quantité de graisse y adhère fortement ; le sang le pénètre €B totalité y et chaque fibre est enveloppée d'une matière membraneuse mince particulière , que les analomistes distin-

Î;ttent par le nom de substance cellulaire. Ainsi*, par l'anayse du muscle , on ne doit pas s'attendre à connaUre exactement la composition des fibres musculaires pures, mais seidement celle d'ime fibre musculaire imparfaitement isolée d'mitres substances.

I • Lorsqu'on coupe un muscle en petits morceaux, et qu'on ^^^ ie lave bien dans l'eau, le sang et les autres liquides qu'il ^t'cM froide, contient V^n séparent , et même une partie de la substance qiusculaire est dissoute. Par cette opération, le muscle se convertit en une substance blanche fibreuse, qui conserve la forme première du corps. L'eau acquiert la couleur qui résuhe d'un mélange d'eau avec du sang. En chauffant, elle se coagule; on voit nager à la surface des flocons bruns , consistant dans de l'albumine combinée avec la matière colorante du sang; il se précipite aussi de la fibrine. Si l'évaporation est continuée , il se forme un nouveau prédpité a'albumine , et le tout finit par prendre la forme d une gelée. Eri . évaporant à siccité^ et en traitant ensuite par Talcoot, la

De Vwtt.

SaO |^À&tI£S DES AlflltAIJX.

gélatine ainsi formée reste non dbsoute , et avec die un pea de phosphate de soude et de phosphate d'ammoniaque. -Mais I alcooI'Se charge d'une matière extrtictive particulière, observée pour la première fois par Tbouvenel. On peut obtenit* cette matière en évaporant l'alcool à siccité. Elle est d'un bnin rougeâtre , ayant une saveur forte et acre, et une odeur aromatique. Cette matière est soluble dans l'eau et dans l'alcool ; et lorsque sa dissolution aqueuse est trés-poncentrée^ elle acquiert uoe saveur acide et amère.EUe se boursoufHe et . se fond sur les charbons ardens , eu répandant en même-temps UDe odeur acide et pénétrante. Elle attire l'humidité de l'air , et forme une effloresceuce saline. Dans une atmosphère chaude , elle devient aiere et se putréfie. Lorsqu'on la distille, elle fournit un acide , combiné en partie avec de l'ammoniaque. Elle consiste, suivant Berzelius, dans de l'acide lactique et du lactate de soude.

2. En faisant bouilUr pendant assez lone-temps dans l'eau, cbtude. le muscle ainsi traite avec de Teau iroide, il sen sépare wie nouvelle quantité des mêmes substtfDces. Use rassemble à la surface, sous forme d écume, dé falbumine Accompagnée de sraisse fondue. La liqueur, suffisamment concentrée par ievaporation, se prend en gelée. Lorsqu'après l'aiiw évaporée à siccité , on traite le résidu par l'alcool, il reste de la gélatine et des sels phospboriques , tandis que la matière extractive de Tbouvenel se dissout , et peut être obtenue par évaporation à siccité. Cest par ce procédé qç'on se la procure en quantité suffisante pour en faire l'exameit ; car l'eau froide n'en enlève au muscle qu'une très-petite portion.

Ptriie 3* Le muscle, ainsi traité par l'eau , reste à' l'état de fibres

îiupiubie. grises, insolubles dans l'eau, et qui , par la dessit^fSén, deviennent cassantes. Cette substance a toutes le^ propriétés de WJîhrine,

4. D'après ces faits, reconnus par Tbouvenel et par Fourcrojr*, il parait que les muscles sont principalement composés de 'fiDrinè, et que c'est à cette substance qu'ils doivent leur contexture fibreuse. Ils contiennent aussi :

FowrcrAy*

xuscLSs. 5ai

a» De IVilbamine. 5* Da phosphate de sonde.

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