‹ Systême de chimieChapitre 12 sur 260 · MELANGE DES GAZ · texte numérisé non relu

MELANGE DES GAZ

III. Gaz qui se mêlent sans éprouver de changement; mais qui, en les traitant particulièrement , peuvent être rendus capables de se décomposer mutuellement.

Oxigène, avec les gaz hydrogène carboné, phosphore byhydrogéué , hydrogène percarboué, acide hydro-sullurique, cyanogène et aminouiac.

Hydrogène, avec acide carbonique , deutoxide d'azote, protoxide d'azote, acide sulfureux , etc.

2. Lorsqu'on met ensemble dans le même vaisseau deux Ton» i#( gsi on un plus grand nombre des gaz indiqués dans cette table,** "îwatot.1*" chacun d'eux s'étend également à travers tout l'espace, de manière à y être partout d'une densité égale. Chaque portion dn mélange contient exactement la même proportion de chacun des gaz Lorsque les gaz se sont ainsi étendus égalemeut dans la capacité du vaisseau, le mélange continue toujours d'être sensiblement uniforme, quelle que soit la différence de pesanteur spécifique des gaz mêlés. Le pins pesan< ne gagne pas plus la partie inférieure du vaisseau que le plus léger ne s'élève vers le haut.

Cest an docteur Priestley que nous devons la première suite d'expériences sur ce sujet. Il introduisit dans le même vase cylindrique de ïair ordinaire et de l'acide carbônione, de l'hydrogène et dn deutoxide d'azote, du deutoxide d azote et de l'acide carbonique, des gaz oxigène et hydrogène, des acides sulfureux et fluosilicique,' et après avoir abandonné ces gaz au repos pendant un joui* entier, il retira avec précaution une portion dn mélange a la partie supérieure et au fond du vase; et il les trouva , sous tous les rapports, à-peu-près dans le même état*. * x

l! restait à examiner si deux gaz, lorsqu'ils Sorit simple- Lorsqu'au »m ment mis en contact, le plus léger étant place au-dessus, ctr le plus pesant au-dessous, sont susceptibles de se mêler d'euxmêmes et sans agitation. C'est ce que Dalfon a dernièrement cherché à reconnaître. Il introduisait chacun des g: z qu'il voulait essayer, dans un flaron fermé avec un bouchon de liège percé, et les flacons furent ensuite joints ensemble au moyen d'un tube de verre d'environ a. 5 cent, de long, sur environ 1,3 inillim d'ouvertnrc.11 remplit d abord le flacon infé-

* Pri«$t|ey, on Air. II, 4f s.

mi»

36 CAf.

rieur d'acide carbonique, et il mit successivement dans le flacon plus élevé, de l'air atmosphérique, des gaz hydrogène, azote et deutoxide d'azote. L'effet, dans tous ces essais, fut le même. Eu examinant au bout d'une heure de repos, l'air du flacon supérieur, il ne s'y trouva pas sensiblement d'acide carbonique; mais au bout de trois heures il en contenait une très grande proportion. 11 continua à s'assurer ainsi de demiheure en demi-heure de letat du mélange dans le flacon supérieur, et toujours il y reconnut la présence d'acide carbonique. 11 remplit alors ce flacon supérieur de gaz hydrogène et celui inférieur d'air, atmosphérique d'abord, et ensuite de gaz oxigène. Le résultat fut le même. Après un ou deux jours, il trouva les gaz répandus dans l'un et l'autre des flacons. Il opéra avec le même succès sur les gaz deutoxide d'azote et hydrogène, les gaz azote et hydrogène, azote et oxieène *.

Ces expériences furent répétées avec beaucoup de soin par Berthollet. Son appareil consistait dans deux petits ballons de verre garnis chacun d'un robinet. La capacité du premier ballon était de a6 centimètres cubes, et celle du second d'environ 28 centimètres cubes. Ces deux ballons étaient réunis par un tube de 5 millimètres de diamètre, et de a6,5 centimètres de long. Les expériences se faisaient dans une cave ou la température était e^ale. Les robinets furent tenus fermés pour empêcher toute communication entre les vaisseaux, jusqu'à ce qu ils eussent acquis exactement la même température. On les ouvrit alors avec les précautions convenables pour qu'il n'en pût résulter aucun changement dans la température. A la nn de l'expérience, après avoir fermé les robinets, on examina les gaz dans chaque vaisseau. On a formé la table qui suit, du résultat de ces expériences.

* Pkil. Mag. XXIV, 8.

HÉLANGI DES GAZ. %J

Vaiueaa

de vert*.

Gas employé*.

Temps.

Gai trouve" s dans chaque v«i»>eau.

| Av ide carbonique, f ' " (43>a6 dudit.

| Hydrogène . . .1 143 acide carbonique. Acide carbonique, f 1 dudit.

Acide carbonique, f hearci' ^56 dudit.

Acide carbonique, f * «eures. ^5^3 Judit.

'el5^:::::H SÏT

Hydrogène , . . .1 , , t5o otigene. r»-.:-' « / *ï heures. < - , T.

Acide carbonique, f a^ *0arM- i 60 dudit.

Azote. . 1 4 heur€.,i35 acide carbonique. Acide carbonique, j T \6i dudit.

Oxiçcne. ia4 acide carbonique. a • 1 1 > 3i heures. < ~ ' , * Aciuc carhonique. J T ( 00 dudit.

Acide carbonique, f ]our»' \5o dudit.

On pcul avec fondement conclure de ces expériences que tous les gaz se mêlent intimement, et indépendamment de toute agitation, lorsqu'ils sont mis en contact, et qu'une fois a cet état de mélange il n'est plus possible d'en opérer la séparation.

3. Lorsque deux ou un plus grand nombre de gaz sontUvoiuweo'c » mêlés ensemble , le volume n'est pas sensiblement altéré. p** * Deux gaz, chacun du volume de 33 centimètres cubes , auront encore après leur mélange, un Yolume de 66 ceim-

mètres cubes; chacun de ces gaz paraissant occuper justement le même espace que lorsqu'il était séparé. La vérité de celte observation est trop bien connue daus la pratique de la chimie pour exiger quelqu'explicatinn particulière, u pMaDtem A. La pesanteur spécifique de semblables mélanges est précisément le terme moyen de celles des gaz mêles ensemble, calculées d'après les proportions dans lesquelles chacun d'eux y entre. Ce fait dérive évidemment de celui que nous venons d'énoncer, il est aussi familier que lui à tous les chimistes expérimentateurs.

5. Tels sont les phénomènes du mélange des substances gazeuses entre elles. On en a donué deux explicatious différentes.

e^uR? r* ^ar ^ Prem|èr(N esl l'explication ordinaire, on considère d;» ud emL les gazconmte exerçant tous réciproquement entre eux une afmcuemtut |]„jjè* en vertu de laquelle ils se mêlent et sont maintenus dans cet état de mélange ou d union; ce mélange supposé est en réalité une combinaison, pouvant être comparée à celle de l'alcool et «le l'eau, de l'alcool et de Pélher, qui s'unissent lentement lor>qu'ou les met en contact, mais qui, une fois qu'ils sont unis, ne se séparent 'plus. Celte force d'affinité étant très- faible, cl!e ne produit pas de changement sensible dans le volume ou la pesanteur spécifique du composé. Cest par cette raison que Berlbollet », qui a traité ce sujet en grand avec cette profondeur de génie et cette sagacité qui le distinguent, a donné à cette combinaison le nom de dissolution* suppôt L» seconde explication du mélange des gaz fut proposée «Tfl!lT.ïa~ pour la première fois par Dalton, qui publia une des plus ingenieuses dissertations sur ce sujet daus le cinquième volume des mémoires de Manchester. Suivant lui, les molécules d'un fluide élastique n'exercent ni attraction ni répulsion entre elles, c'est-à-dire, qu'elles sont complètement dépourvues d'élasticité les unes à l'égard des autres; et par conséquent , l'action mutuelle de ces iluides est soumise aux lois des corps non élastiques*.

La première de ces opinions , quoique la plus générale* ment admise, présente à une discussion rigoureuse plusieurs difficultés. Dans tous les autres cas de combinaison chimique

1 SlaUquc chimique. I, i~\ el {87.

• Manchester'* Mcm. V, 5jî.

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