VEINES 0» PILONS
Roche à
base de gneiss.
bC es
Roclie base de gneiss.
Il arrive quelquefois que le nombre des couches dont se compose le tilou excède de beaucoup celui dont on vient de parler. Werner a donné la description d un filon qui se trouve dans le district de Freyberg, dans lequel le spath ealc;i ire forme le milieu, et qui de chaque côté de cette couche centrale n'a pas moins de i3 couches de substances différentes arrangées dans le même ordre
Presque toutes les substances minérales qui se trouvent dans les masses des roches, se rencontrent dans les filons. Il s'en présente quelquefois qui- sont remplis avec différens corps pierreux bien connus, tels sont les filons de granité, de porphyre , de pierre calcaire, de basalte, de wacke, de pierre verte, etc. \ On en rencontre souvent aussi qui sont composés de quartz, d'argile, de fedspath , etc.
Le charbon de terre, l'hydrochlorate de soude, et presque tous les métaux se trouvent de même en filons. II en est qui sont remplis de cailloux roulés, comme celui qu'observa Werner à Joachimsthal 3 ; d'autres contiennent de Ja glaise 4 ; et il s'y rencontre même quelquefois des pétrifications. Le baron de Born a douné la description d'un porpite pétrifié qu'il observa dans un filon de cinabre compacte, en Hongrie; et M. de Schlottheim communiqua à Werner un fait du même genre, mais plus remarquable encore. On trouve dans une montagne calcaire en Thuriuge, des filons de marne, de j3 à i5 centimètres d'épaisseur, qui contiennent des pétrifications tout-à-fait différentes de celles qui ont été observées dans la pierre calcaire. Les pétrifications qu'on trouve dans la marne sont des cornes ctammon , des térébrates et des turbinites , tandis que celles de la roche calcaire sout des
CUQtlCUL* >t.
* NoutcIIc Théorie de la formation des Filons, p. 100.
* lltid. p. c3.
» Ihid. p. 8r.
* Ibui. p. 8a.
trochites. H existe, dans le voisioàg , «les couches de marne, dans lesquelles on trouve les mêmes pétrifications que dans
les iil<»n> *.
3. On rencontre très-souvent des filons qui se croisent dan? la même r<*che. Dans ce cas, on peut suivre l'uu des deux filons traversant l'autre sans interruption, et le coupant en deux ; tandis que l'autre se sépare toujours , et disparaît au point d'intersection.
a«TwTie 4- Tels sont les principaux faits connus sur la nature et la i"uer' structure de- liions. Werner suppose qu'ils doivent leur ori- 1 gineà de> fissures formées dans les roenes. et que ces vides se sont ensuite remplis peu- à-peu par les substances minérales déposées lentement par les eaux , tandis qu elles couvraient les roches où se trouvent les filons, et qu'ils forent remplis dans le même temps que se déposaient les différentes formations. Werner, dans son Traité des filons, a cité à l'appui de cette théorie un grand nombre de faits. Après avoir beaucoup étudié la structure des filons, et les apparences qu'ils présentent, il a démontré qu'ils ressemblent parfaitement aux fissures par leur forme et leur direction ; et que comme ils contiennent des pétrifications et des minéraux altérés par l'action de l'eau , il faut de toute nécessité qu'ils aient été remplis par la partie supérieure.
D'après cette théorie, les filons sont donc de formation
f>lus récente que celle des roches qui les contiennent ; et orsquedeux filons se croisent, il est évident que c'est celui de formation plus récente qui traverse l'autre sans interruption, les fissures qui donnent naissance au filon nouveau n'ayant dû avoir été formées qu'après l'entier comblement du premier filon. Lorsque des filons diflerens contiennent les mêmes substances minérales rangées dans le même ordre, il couçoit qu'ils ont dù être remplis en même temps, et il considère de semblables filons comme appartenant à la même formation. Quand au contraire les iilous diffèrent entre eux à cet égard, on doit les rapporter à des formations différentes. Werner déduit les époques relatives de la formation des filons de la comparaison de leur position respective ; et il détermine d'après cela l'ancienneté relative des
* Werner, Nouvelle Thcoiiedc la tonna ti On detGloos, p. S8.
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différentes substances minérales qui se rencontrent en filons, comme il avait fixé les époques auxquelles se sont formées les roches qui composent les grandes classes des formations décrites dans le chapitre précédent. Mais il faut consulter l'ouvrage même de Werner pour connaître les conclusions importantes qu'il tire de sa théorie des filons.
Je terminerai cette légère esquisse de sa gcognosie par deux tables qui indiquent les différentes formations dans lesquelles se trouvent les mines et les composés pierreux les plus importons , sans distinguer si elles s y rencontrent eu couches ou eu filons.
Table de Pierres,