Sable
MlKÉRAtrX COMPOSÉS.
i. La couche d'argile est d'environ 10 mètres d'épaisaeur *, niais elle varie dans cette dimension en (Jifférens endroits. Elle contient des couches irès-tninces de sable, et on y trouve une espèce de matière bitumineuse, qui brûle au feu en émettant une odeur semblable à celle de houille.
a. La pierre calcaire diffère dans son aspeci; mais c'est, pour la plus grande partie, une espèce de roe-sfone remplie de petits coquillages. C'est la pierre qu'on employé à Paris pour bâtir. Elle est d'abord très-tendre ; mais elle se durcit par son exposition à l'air. Elle est sujette à se réduire en poussière, ce qui donne lieu à l'état de dépérissement qui se lait remarquer dans plusieurs des édifices publics de cette capitale. Il se rencontre une pierre à-peu-près semblable dans les environs de Bath, et elle y est eu usa^e comme pierre à bâtir. Il n'est pas invraisemblable , d'après ces circonstances, qu'il n'existe dans les environs de Bath des formations semblables à celles de Paris.
3. Sur la pierre calcaire repose une couche de plâtre d'environ 5 mètres d'épaisseur, appelée par les ouvriers masse basse. Elle est mêlée, ça et là , de marne et de schiste tenace. Elle contient aussi des couches minces de sélénite.
4. La masse basse est recouverte par une couche de marne et de schiste tenace, d'environ 5 mètres d épaisseur.
5. Sur cette couche repose la 2.0 couche de plâtre d eoviron 5 mètres d'épaisseur, appelée masse du milieu. Elle est divisée en plusieurs lits, dont quelques-uns consistent dans du plâtre ordinaire, d'autres dans de la sélénite, appelés grignards par les ouvriers, et re jetés par eux.
6. La masse du milieu est recouverte par uoe cooebe de schiste tenace, et de marne d'environ 7 mètres d'épaisseur; cette couche, à Montmartre, contient une couche mince d argile bigarrée, en espèce de terre à foulon. A Menilmootant cette couche est remplacée par de la menilite ; il t'y trouve des crevasses, souvent remplies de sélénite lenticulaire.
7. Sur la couche précédente est une couche de plâtre d 'environ 16 mètres d'épaisseur. Cette couche est appelée par les ouvriers, masse haute. Elle se divise en un certain nombre de couches. Celle-ci est partagée à Ménilmontaoc en colonnes irrégulières, semblables à celles qui se présentent •i communément dans les montagnes basaltiques et de pierre verte. Çette couche contient un grand nombre de tubercuki
FORMATIONS d'alLUVION. 6y$
siliceux comme des agates , souvent creux en dedans et remplis de plâtre.
8. Sur la masse /saute repose une couche de marne et de schiste tenace, d'environ ai mètres depaisseur, et trésdistinctement stratifiée-, elle contient des pétrifications de végétaux.
9. Cette couche précédente est recouverte par une couche d'argile verdâtre d'environ 5 mètres d'épaisseur. Elle contient du sulfate de strontwne très-impur en masses tuberculeuses qui forment des couches minces comme celles de pierre à fusil dans de la craie. Cette couche contient aussi des cristaux réguliers de sélénite.
10. Sur cette couche en est une de marne d'environ 5 mètres d'épaisseur. Elle est régulièrement stratifiée, et dans sa partie la pins basse, il se trouve une grande variété de Coquillages d'huitre commune.
1 1 . La couche la plus élevée de toutes , qui couronne les monticules dans les environs de Paris, consiste dans du sable fin contenant en abondance des coquillages marins. Quelquefois ce sable est agglutiné , constituant une espèce de grès ; quelquefois il devient assez dur pour être employé comme meule de moulin. D'autrefois il contient des masses d'une espèce d'argile ferrugineuse. 11 s'y trouve du mica en abondance. Cette couche a 17 mètres environ d'épaisseur.
C'est principalement dans les couches de plâtre qu'ont été trouvés, en grand nombre, les os fossilles et les débris des animaux dont nous devons spécialement la description à M. Cuvier *.
classe iv. — Formations d'alluvion.
Les roches d'alluvion constituent la grande masse de la surface de la terre. Elles ont été produites par l'action graduelle des eaux de pluie et de rivière sur les autres roches, et on peut les considérer comme des formations trèsrécentes , ou plutôt comme des dépôts des débris terreux et pierreux charriés par les eaux, dépôts qui continuent toujours d'avoir lieu. On distingue les alluvions en deux espèces : Dedtu*iortei celles qui ont eu lieu dans les vallons des contrées montagneuses, ou sur les plateaux élevés qui se rencontrent souvent
♦ Journ. depbys. LXV 1,309.
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dans des montagnes, et celles déposées sur les plaines.
La première espèce consiste dans le sable, le gravier, etc., qui constituaient les parties les plus solides des montagnes environnantes, et qui restaient en place quand les parties les moins consistantes furent emportées par les eaux. On y rencontre quelquefois le même genre de miues qui se trou* vaient dans les montagnes d'à leu tour. Les mines d'or et d etain sont particulièrement celles qu'on y exploite quelquefois par le lavage de la terre d'alluvion. On trouve aussi sur les plateaux des montagnes des couches de glaise.
La seconde espèce des dépôts d'alluvion , qui est celle que Ton trouve dans les plaines, contient de la glaise, de 1 argile, du sable, de la tourbe, et du tuf calcaire. On y rencontre aussi de la terre et de la houille brune contenant du succin, du bois ebarbonné , du bois bitumineux, et des mines de fer limoneuses. Le sable renferme quelques substances métalliques, et entr'autres de For en paillettes. Les couches deluf calcaire sont un dépôt chimique d'une grande étendue. Elles contiennent des plantes, des racines , des mousses, des ossemens d'animaux , etc. , que le dépôt calcaire a incrustés. Le sable et l'argile renferment souvent du bois pétrifié, et aussi des squelettes entiers de quadrupèdes.
CLASSE V. — Formations volcaniques.
Les formations volcaniques se composent de deux espèces de roches, qui sont les roches pseudo-volcaniques et Us roches volcaniques proprement dites.
Pseudo-voie*. Les roches pseudo-volcaniaues consistent dans des rainéraux ouf et£ altérés par la combustion des couches de bouille environnantes. Le jaspe porcelaine , les scories terreuses, Y argile brûlée , la mine de fer argileuse scap if orme , et peut-être aussi l'argile d polir, sont les minéraux qui ont subi cette altération.
volcanique Les minéraux réellement volcaniques sont ceux qui ont été rejetés, par éruption, du cratère d'un volcan. Ces minéraux sont de trois espèces. 1 .Les substances qui, vomies à différentes époques, ont formé le cratère de la montagne, a. Les mttières qui sont sorties fondues du volcan, et oxû ont coule en suivant la pente du terrain de la montagne : elles forment les laves. 3. Leau que rejettent les volcans dans certaines circonstances, et qui contient des cendres et autres substance*
VEINES OU FILONS. 6j5
légères ; cette eau, en s'évaporant peu-à-peu , abandonne la matière-terreuse qu'elle tenait en suspension , et cette matière constitue le tuf volcanique. En Amérique il paraîtrait que toutes les élévations qui excèdent celle du Mont-Blanc sont composées entièrement de matière volcanique.
SECTION III
Des Veines ou Filons.
Ce sont, pour ainsi dire, des gîtes de substances miné- Nâlur# raies qui coupent les couches ou lits dont est composée la montagne dans laquelle ils se trouvent. Ces veines sont remplies de substances pins ou moins différentes de celles des roches qu'elles traversent. Ou peut s'en former une idée exacte, en supposant que la matière qui les compose s'est moulée dans les crevasses de la montagne qui les contient, Ct qui peut s'être entrouverte par une cause quelconque. Les •veines ou liions se distinguent des couches pat leur direction, qui est, ou perpendiculaire aux stratitications , ou formant au-rooios un angle avec elles.
Quelquefois les stratifications à travers lesquelles passent les 6 Ions ne sont simplement que séparées les uns des autres; " * de sorte qu'en coupant le filon en travers . on trouve sur l'un et l'autre de ses côtés les mêmes couches de la roche ; nais il arrive aussi quelquefois que les couches sur l'un des côtés du tilon sont plus basses que les couches correspondantes de l'autre côté, comme si une portion de la roche sur un des côtés du filon s'était un peu affaissée, tandis que 11 portion sur le côté opposé aurait conservé sa première position. Dans ces cas , le côté de la roche contre lequel le filon s'appuie , ou le plancher du filon , a toujours ses couches les plus élevées, tandis que celles de la portion de roche qui s'appuie sur le filon, et que Von appelle toit du filon, sont au contraire toujours les plus basses -, d'où il suit que ce sont ces couches qui paraissent s être affaissées. Un semblable changement de position dans les conehes d'une mon* tagne se désigne en Angleterre par le nom de shift.
il faut étudier les filons sous deux rapports. On doit exa-
€jG minéraux composés;
miner, i.° leur forme, 2.0 la uature des substances qui les composent.
j . Tous ceux des minéralogistes qui ont eu le plus de Leur forme, facilité d'observer avec soin la forme de filons , s'accordent à les considérer comme étant plus larges vers la partie supérieure, et comme diminuant peu-à-peu en dimension à mesure qu'ils s'enfoncent dans la montagne jusqu'à ce qu'enfin ils se terminent en une pointe, exactement comme s'ils eussent été originairement des fissures. C'est l'opinion d'Oppel, de Weener, et c'est bien celle aussi de tous les auteurs habitués par état à surveiller l'exploitation des mines. Il arrive , cependant , quelquefois que les filons s'élargissent dans différentes parties de leur course, et qu'en- . suite, eu se contractant, ils reprennent leur dimension primitive ; mais en général on les voit diminuer graduellement depuis leur origine jusqu'à leur extrémité inférieure.
2. Quelquefois ces liions sont vides, ou en partie, ou en totalité. Ils prennent alors le nom de jîssures; mais le plus ordinairement ils se trouvent remplis d'une matière qui diffère plus ou moins de celle oui constitue la roche à travers laquelle ils passent. Quelquefois le filon est rempli d'une seule espèce de substance minérale, de spath calcaire, de quartz, par exemple ; mais lorsqu'il est d'une certaine grandeur, il se trouve alors fréquemment rempli d'un grand nombre de substances différentes qui sont toujours disposées en couches régulières, parallèles aux côtés du filon, et ym suivent dans leur position un ordre très-symétrique. Le structure, centre du filon est formé dune espèce de minéral : el de chaque côté de cette couche ceutrale se trouvent placés clans le même ordre des lits de substances absolument semblables qui remplissent les deux parties latérales du filou. Voici un exemple de cet arrangement : le û\ou gregorius , à Freyberg, est composé de neuf couches ou lits. Le milieu du filon est formé d'une couche de spath calcaire ; de chaque côté de ce noyau se trouve une couche d'un mélange de différentes espèces de mines d'argent; vient ensuite de chaque côté une couche de spath brun ; puis après une couche de galène ; et enfin une couche de quartz qui touche des deux côtés aux parois du filou. On a tracé ici, pour en rendre la description plus intelligible , la position respective de ces dif férentes couches.