Sulfure de carbone
6. En excluant le mercure de cette liste , alors tous les liquides connus seraient des composés. Les différences entre leurs pesanteurs spécifiques seraient aussi très-peu considérables comparativement à celles qui existent entre les gaz et les solides. On a établi, dans la table qui suit , les pesanteurs spécifiques respectives des liquides à la température de 1C0 ceotigr. celle de l'eau étant supposée = 1 ,000.
Liquide». Pctaoteor «pacifique.
Eau ),ooo
Ethers, de o,63a à 0,900
Pétrole, de 0,730 à 0,878
Huiles volatiles, de . . . 0,792 à 1,094
Alcool o*794
Huiles fixes, de 0,913 à 0,968
Sulfure hydrogéné. ... »
Sulfure de carbone. . . . 1,272
Acide nitrique i,583
Acide sulfurique i,885
T hospbure de soufre. . . »
Bi-chlorure d'étain. ... »
Mercure 1 3,568
7. Cette différence, dans la pesanteur spécifique des liquides, doit provenir de celle qui peut exister soit dans la deusité des atomes dont ces liquides sont formés, soit dans la distance des atomes qui constituent chaque liquide. Elle est probablement due à Tune et à l'autre île ces causes, mais c'est la dernière qui agit le plus puissamment.
b\ Il a été démontré que les molécules des liquides doivent leur état de fluidité à leur combinaisoo avec le calorique, et qu'elles sont toutes des counmsés du calorique avec une base solide. Ces molécules diffèrcot essentiellement de celles des gaz eu ce qu'elles manquent de cette élasticité que produit Ui répulsion mutuelle qui existe eutre les molécules
Leur ici f »péci£quc.
des gaz. Les molécules des liquides, au-lieu de se repousser ont entre elles une certaine cohérence qui s'oppose à leur plus grande séparation. Cette force de cohésion est en rapport avec la densité des liquides et avec la difficulté de les convenir en vapeurs ; et en effet, elle semble dépendre de ces deux choses. On peut concevoir avec Boscovich que les atùmes des liquides sont placés dans la limite entre l'attraction et la répulsion. Leurs atomes ne peuvent être forcés de s'approcher de plus près entre eux, sans éprouver une répulsion de l'augmentation d'action du calorique combiné ; ces atomes ne peuvent être séparés davantage sans éprouver une attraction résultant de l'action diminuée du calorique combiné, comparée à celle des molécules attirantes. Les distances des atomes sont tellement réglées que les forces d'attraction et de répulsion qui agissent à-la-fois sur eux se contre-balancent l'une et l'autre; tandis que la forme de ces atomes est telle qu'ils peuvent se mouvoir librement entre eux sans altération dans ces distances. C'est ce qui constitue réellement leur état de fluidité.
La plupart des liquides contiennent Yeau comme ingrédient ; c'est par elle aussi que beaucoup de corps solides sont rendus liquides ; mais on n'a pas prétendu ojue la présence de l'eau lut essentielle à la fluidité ainsi qu ou Ta fait relativement à l'état gazeux des corps.
SECTION IL
De VActio7i des Liquides entre eux.
L'action que produit le mélange des corps liquides varie selon la nature des substances qui le coraposeot. i . Quelquesuns se dissolvent entre eux dans toute proportion quelconque ; ainsi que cela arrive à l'égard du plus grand nombre des gaz, lorsqu'on les mêle ensemble. 2. Quelquesuus s'unissent dans de certaines proportions déterminées. 3. D'autres, qui ne paraissent avoir aucune action sensible les uns sur les autres, se séparent de nouveau après leur mélange, quelqu'exact qu'il soit. 4- EnGn il eu est qui se décomposent réciproquement. Nous allons considérer ces différens modes d'action.
ACTIOîf DES LIQUIDES ENTRE EUX. 90*
i . Les liquides qui peuvent se mêler ensemble en toule pro- Liquide* portion, et qui uue fois que ce mélange est opéré ue peuvent mé^™™'*™ plusse séparer spontanément, sont , savoir : proporuon.
( Alcool.
Eau avec < Acide ni tri crue.
( Acide sulfurique.
Alcool avec Etlier.
Acide sulfurique a vos . . Acide nitrique.
( Pétrole.
Huiles fixes avec 1 Huiles volatiles.
( Huiles fixes.
Huiles volailles arec. . \ [^Volalilei;
a. Lorsque ces liquides sont rais en contact ils se pénètrent mutuellement, peu-à-peu et lentement; et à la longue chacun deux se distribue également à travers le mélange ; de manière qu'en prenant Une portion quelconque du mélange, on le trouvera contenir des proportions égales de l'un et de l'autre des liquides mè\és. La différence de pesanteur spécifique n'est point un obstacle à ce mélange uniforme, quoiqu'elle influe considérablement sur la durée du temps nécessaire pour qu'il s'opère complètement. Si c'est le liquide le plus dense qui se trouve placé le plus au-dessus, Je mélange est très-prompt ; il sera excessivement lent s'il est le plus au-dessous; il pourra, dans beaucoup de circonstances, s'écouler des semaines ou même des mois avant qu'il se soit entièrement effectué. L'agitation produit en quelques minutes uu mélange sensiblement égal ; quoiqu'il y ait lieu de croire qu'il n'est pas d'abord aussi intime qu'il le devient par la suite. C'est ce que prouve l'opacité partielle ou le Iroublede la liqueur à l'instant du mélange de l'eau avec l'alcool, de l'eau avec l'acide sulfurique. Ou a même avancé que la deusitc d'un mélange d'acide sulfurique et d'eau augmentait un peu après avoir été gardé pendant quelques purs ; mais je ne me suis poiut aperçu que cet effet eut lieu sur deux liquides bien agités en les mêlant, quoique ma balance soit assez délicate pour indiquer une augmentation d'un o7ooooo5.
3. Le mélange de deux liquides, uue fois qu'il est compiè- Le ma™**
. " , , ° . i» • • 7 • i * forme uo evat-
tement opère, soit par 1 agita lion, soit par uu long contact , p0<éi»nu>*«nt.
g6 LIQUIDES.
{jrésente tous les caractères d'un composé homogène, et ces iquides ne peuvent plus être ensuite séparés l'un de l'autre. Cette loi générale n'est pourtant pas saus quelques exceptions , quoique je présume qu'elles ne sont qu'apparentes. Lorsqu'on met des esprits ordinaires dans de grands vaisseaux, il est bien connu que la portion du liquide qui se trouve à la partie supérieure du vaisseau est souvent d'une pesanteur spécifique moindre que cej(le qui est vers le fond. Si, dans le vaisseau , on met une boule de verre soudée d'uBe pesanteur spécifique à-peu^près égale à celle de tels esprits, elle s'arrête toujours à une certaine profoudeur particulière dans le liquide ; d'où il suit que la portion au-dessus de la boule est plus légère qu elle, tandis que celle au-dessous est plus pesante. On ne s'est pas bien exactement assuré si cette différence dans la pesanteur spécifique a lieu lorsque les esprits ont été bien agités ; je n'ai pas remarqué une semblable séparation dans de l'alcool fort. Si elle a toujours lieu dans de l'alcool faible, elle indique une disposition dans ce liquide à ne s'unir à l'eau que daus de certaines proportions. On assure l'avoir aussi observée dans l'acide suifurique: je pré* sume que c'était dans de l'acide suifurique du commerce, qui tient toujours en dissolution, eu plutôt en suspension, nés substauces salines qui se rassemblent souvent en quantités sensibles au fond d'un grand vaisseau rempli de cet acide, i.'anion 4* L'union des liquides entre eux n'a jamais lieu sans déga- » liquide* «t gement de calorique et sans qu'il en résulte un certain degré
arec rn pagure O #T 1 » •/» i »•
de t uieur euu Je condensation ; car la pesanteur spécifique du mélange est toujours plus considérable que celle moyenne des deux liquides séparément. Il y a production très-considérable de chaleur par le mélange de Veau avec les acides suifurique ou nitrique , de même que par celui de ces acides entre eux. Le dégagement de calorique est très-sensible aussi lorsqu'on mêle de l'alcool et de l'eau ; mais dans les autres cas, on ne l'a pas observé. L'effet de la condensation semble être inséparable de celui du calorique dégagé , quoique d'après les expériences faites jusqu'à présent il ne paraisse pas que ces deux effets soient proportionnels l'un à I autre. Ils varient suivant les quantités des liquides mêlés; mais on a trouvé que ces quantités étant égales, la condensation des mélanges semble toujours être la plus grande , tandis qu'il n'en est pas toujours de même à l'égard du calorique dégagé. Ainsi c'est dans U