La constitution des liquides
a. La combinaison des liquides entre eux.
SECTION PREMIÈRE
De la Constitution des Liquides.
Difioitîon. Un corps fluide est , suivant Newion , celui dont les parties cèdent à toute force quelconque qui leur est imprimée, quelque faible qu'on la suppose, et se meuvent ainsi facilement et librement entre elles*. On a fait d^s objections contre cette définition ; mais on ne lui en a pas substitué de meilleure* Les fluides ont été partagés en deux classes-, dans la première, on a rangé ceux qui sont élastiques ou qui, diminuant de volume en raison de la pression qu'ils éprouvent, le reprennent aussitôt dès que cette force cesse d'agir sur eux. La seconde classe se compose des fluides non élastiques ou dé ceux dont le volume ne diminue pas sensiblement par la pressioo. On a appelé air, owgaz , les fluides de la première classe, et on a donné le nom de liquides à ceux de la seconde.
i. Ainsi donc un liquide est un fluide qui ne manifeste pas sensiblement d'élasticité, dont les parties obéissent à la plus légère impression, et se meuvent eutre elles: mais nous ne connaissons pas de corps qui soit parfaitement liquide. Les molécules de tous ceux de cette nature opposent une résistauce sensible à une force qui les presse , ou ont un certain degré de viscosité.
eau» On a fait peu de progrès dans la recherche de la cause réelle de fluidité. Quelques physiciens ont supposé que les atomes des liquides consistent dans des sphères d'une ténuité extrême, parfaitement polies : mais cette hypothèse ne suflirait pas seule pour rendre raison des propriétés mécaniques des liquides. D'autres ont cousidéré la différence qui existe entre les solides et les liquides, comme provenant de ce qne les molécules de ces derniers corps sont toujours en mouvement , taudis que celles des corps solides sont constamment en repos; mais cette opiniou ne s'accorde pas davantage avec les phénomènes.
* Fluidum est corpus, otnn es eu jus pattes cf<îunt^vî coicnmque illaUe, et teilcndo fncilf' moventur inlcr se. Priucipia. Lib. il, iccl. 5.
d« Qualité.
CONSTITUTION DES LIQUTUIS. . ()1
Il est bien évident, qu'à raison de la facilité avec laquelle les molécules des liquides se meuvent entre elles, ces corps ne doivent éprouver que peu ou point de résistance de la part de leurs propres molécules; tandis que la propriété que toutes ces molécules ont de se réunir en gouttes, démontre qu'elles agissent toutes les unes sur les aulres , et s'attirent entre elles. Il s'ensuit , que la forme de ces molécules doit être telle qu'elles puissent se mouvoir librement entre elles sans qu'il en résulte d altération dans leur action réciproque; ou, ce qui est la même chose* dans leurs distances relatives entre elles. Or, il a été prouve en mathématiques que cette propriété appartient aux sphères. On en a donc dù conclure, que les molécules des liquides sont de forme spbérrque , et que la viscosité résulte du défaut de sphéricité parfaite.
2. Les propriétés mécaniques les plus importantes des liquides dépendent de cette mobilité de leurs molécules, en vertu de laquelle elles propagetit la pression dans tous les sens ; mais la considération de ces propriétés appartient à la science de l'hydrostatique et -.V l'hydraulique.
3. Il v a cohésion entre les molécules des liquides, comme coht»fon entre celles des solides, et cette force varie considérablement d" ,,<iiud"dans différens liquides. C'est ainsi que la cohésion du mercure
est beaucoup plus considérable que celle de l'eau. Si cette cohésion entre les molécules des liquides ne s'oppose point à leur séparation comme elle produit cet effet à l'égard de celles des solides , c'est qu'à raison de la mobilité de ces molécules sans aucun changement dans leurs distances relatives, elles obéissent à l'action de la gravitation en glissant les unes sur les autres , de manière que le nombre de celles qui supportent la cohésion , diminue continuellement jusqu'à ce qu'il devienne trop faible pour résister à la force opposante. La force de cohésion des liquides n'empêchant pas le mouvement des molécules dont ils sont composes, elle n'est point un obstacle à la combinaison de ces corps avec d'autres, â moins seulement que l'effet de cette combinaison ne fût d'altérer les distances relatives des molécules du liquide ou la forme de ces molécules.
4- Quoique les liquides ne soient pas sen^blement coin- LcjiiquidM primés , comme les gaz , par l'application d'une force exte- (om^!ib\t*. Heure ou par leur propre poids , on s'est cependant assuré qu'ils éprouvent une certaine diminution de volume qui peut
être rendue appréciable au moyen d'un appareil convenable. Dans une suite «Inexpériences sur ce sujet, M. Canton trouva que des liquides soustraits à la pression de l'atmosphère éprouvaient une certaine expansion, et qu'ils étaient proportionnellement comprimés lorsque cette pression atmosphérique était doublée. La table qui suit indique l'augmentation de volume qu'éprouvent plusieurs liquides essayés par ce savant, lorsque la pression de l'atmosphère est soustraite en les plaçant dans le vide, ou leur diminution de volume lorsqu'ils sont soumis à la pression d'une atmosphère double*.
Mercure o,ooooo3
Eau de mer o,oooo4o
Eau de pluie 0,0000.46
Huile d'olive '. . . o,oooo48
Alcool » 0,000066
Ces expériences sont susceptibles sans doute de quelques objections; mais, tout considéré, il serait difficile d'en expliquer les résultats sans supposer la com possibilité des liquides; lorsque, surtout, Zimmerman en a obtenu de semblables de quelques-unes des expériences qu'il a répétées eu opérant d'une manière différente.
5. Les liquides pris individuellement sont en grand nombre ; mais comme beaucoup d'entre eux constituent «les classes de corps qui jouissent de propriétés semblables, on peut les considérer collectivement, et sons ce point de vue ils sont peu nombreux. On a formé la table suivante de la liste de tous les liquides rangés dans l'ordre de leur composition.
I, Simple,