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CHAPITRE IV

De P Analyse minérale.

AnaWtt L'art d'analysT les minéraux a fait, depuis ces dernières

3o anuées, d'etonnans progrès. Avant cette époque, qui n'est pas très-reculée , on eut regardé comme très-difficile, peutêtre même comme impossible, de séparer cinq ou six substances intimement combinées, de les isoler les unes des autres, dfen déterminer les proportions, même de découvrir la présence et de reconnaître te poids d'une substance, ne formant que les 0,002 du composé. Mais la science est aujourd'hui parvenue au point de rendre ces opérations faciles , et de donner même à leurs résultats un degré suffisant d'exactitude.

Commencé* Margraff, de Berlin , entreprit le premier l'analyse des p.r Mirgraif. mj„éraux. Ses essais furent à-la-vérite très-imparfaits; mais ils suffirent pour faire sentir de quelle importance était cette nouvelle application de la science. Les chimistes s'en occupèrent , ei bientôt on vit ce nouvel art porté à un haut deçrc de perfection par le génie de Bergman et de Schécle.

Cependant les méthodes que ces chimistes célèbres employèrent, quoique d'un très-grand intérêt, si l'on considère surtout l'état ou se trouvait alors la chimie, étaient souvent trop incertaines pour pouvoir être suiviesdans fous les cas avec con- Perfectioonée ^aQce* Klaproth en saisit les défectuosités, il s'appliqua avec par xuproiii. cette persévérante sagacité que rien ne fatiguait, à y remédier;

il parvint à corriger ce qui était inexact, et à suppléer à ce qui manquait encore aux méthodes analytiques. Il inventa de nouveaux procédés, découvrit des instrumens nouveaux, et c'est à ses travaux plus qu'à ceux de tout autre chimiste qu'il faut attribuer le degré de perfection auquel l'analyse des mi- Et «•tre«. néraux est parvenue. Il est d'autres chimistes, cependant, qui contribuèrent efficacement aussi à ce perfectionnement , et 1 on doit surtout citer parmi eux Vauquelin , dont les analyses le disputent, en exactitude, en génie et par le nombre, à celles de Klaproth. Berzelius s'est aussi fait particulièrement distinguer, depuis peu, comme analyste.

Je donnerai, dans les sections suivantes, un exposé oV* méthodes analytiques actuellement en usage. Mais avAct

ANALYSE MINÉRALE. 6Bj

d'entrer en matière, je crois convenable de faire précéder cet exposé des observations qui suivent.

Avant de procéder à l'analyse d'une substance minérale , ^ il faut la réduire en poudre impalpable. Lorsque la pierre est de Jjjj^j un très-dure, on peut la faire chauffer au rouge, et en la pion- n£!ÏÏt* géant alors subitement dans l'eau froide, "ce qu'on appelle étonner la pierre, elle se fend et éclate dans tous les sens. Si par cette première opération, elle n'est pas divisée en fragmens assez petits, ou la réitère. Pour soumettre alors ces fragmens à la pulvérisation , on les pile d'abord dans un mortier d'acier poli, creusé en forme cylindrique, avec un pilon de même matière, et remplissant exactement toute la capacité du mortier pour éviter que rien ne s'en échappe.

Lorsque la pierre a été ainsi broyée, il faut en prendre un poids déterminé, de 5 grammes, par exemple, que l'on réduit ensuite en poudre la plus fine possible. On y parvient plus facilement en n'opérant à-la-fois que sur de petites quantités qui n'excèdrnt pas 5 décigrammes. On se sert ordinairement, à cet effet, d'un mortier d'agate d'environ i décimètre de diamètre et 4 à 5 centimètres de profondeur, ayant un pilou de la même matière. La poudre est aussi fine que possible, quand elle est douce au toucher, qu'elle se pelote , et qu'elle forme gâteau sous le pilon. 11 faut alors la peser avec exactitude, et avoir soin de tenir note de l'augmentation de poids qu'elle acquiert toujours dans cette opération. Cette augmentation est due à une certaine quantité de la substance du mortier qui s'en est détachée pendant la trituration , et qui s'est mêlée avec la pierre réduite en poudre. Aussi, après avoir terminé l'analyse, il faut soustraire du poids des principes trouvés , une quantité correspondante à la poudre qui a pu s'être détachée du mortier. Si ce mortier est d'agate ou de caillou , c'est sur la silice seule qu'il faut déduire l'augmentation de poids.

11 faut avoir un creuset d'argent pur ou de platine , pou- v . vaot contenir environ i5o centimètres cubes d'eau, et garni chimiques, d'un couvercle du même métal.

Les capsules , qui servent aux dissolutions , évaporatbns , etc. , doivent être de verre ou de porcelaine. Les dernières étant moins sujettes à se briser, sont plus économiques. Vau- <juelin les préfère pour ses opérations. Ce sont des sections de sphère vernies en dedans et en dehors, excepté vers la

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ANALYSE MIKÉHALE

partie qui se trouve immédiatement exposée à l'action du fers. On se sert ordinairement eu Angleterre de capsules de Vedgewood dont la couverte est tr.ês-mince, et qui ne se fendille pas si facilement que celle des porcelaines françaises ; mais il pourrait se faire que ces capsules ne résistassent pas aussi bieu à Faction dissolvante de quelques réactifs.

SECTION PREMIÈRE

De l'Analyse des terres et pierres f .

ComPo»ijion Dans l'état actuel de la science de l'analyse, on ne re-

de» pierre», couualt dans les pierres simples proprement dû>s, que la présence de six espèces de terres qui , sont : la silice, /alumine , la zircone, la Racine , la chaux et la maçoés»e ; et celle de cinq oxides métalliques , savoir : les oxides de fer , de manganèse, de nickel, de chrome et de cuivre*. On trouve même rarement plus de .quatre ou cinq de ces substances combinées ensemble dans la même pierre. Nous supposerons cependant , pour éviter toute répétition inutile, quelles entrent toutes daus la composition du minéral doot nous allons donner l'analyse.

Méthode II faut prendre cinq ou dix grammes de la pierre que décomposition Ion veut aualyser , et oui doit avoir été préalablement réduite

de. pierre.. en p0Udre fine. On mêle cette poudre avec trois fois son poids de potasse pure , et on humecte le tour d'un peu d'eau. Oa chauffe d'abord doucement le creuse! d'argent ou de plailnequi contient le mélange, et on agite continuellement pour éviter le gonflement de la matière, ainsi que la perte qui s'en ferai* si elle passait par-dessus le bord du creuset. On augmente le feu dès que toute l'eau est vaporisée , et l'on tient encore pendant une demi-heure le creuset à une chaleur rouge.

Si le mélange contenu dans le creuset entre complètement en fusion, et qu'il paraisse liquide comme de l'eau, on peut dès-lors être assuré que la silice est le principal élément

1 Voyez le Mémoire nue Vauriuclin a publié sur le xncrnr sujet. Ann. de Chim. XXX ♦ o&.

» Labariic a aussi été trouTéc dans nue seule pierre, la staurolite; mais sa présence dans les pierres est si rare , que Ton peut à pew espérer de Py rencontrer. On donnera dans la suite la mdbotic «ju t. convient de suivre pour Vy découvrir.

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