Des mines d argent
L'analyse des mines d'argent a toujours été considérée comme étant très-importante, sous le double rapport de la grande valeur du métal et de la quantité considérable qu elles eu contiennent.
i. Pour analyser l'argent natif, il faut le faire dissoudre dans l'acide nitrique. S'il contient de Por , ce métal teuïçLt reste à l'état d'une poudre noire dont on prend le poids, uaul' après l'avoir fait sécher. On décompose alors le nitrate d argent par l'hydrocblorate de soude y et l'on obtient du chlorure d'argent qui, lorsqu'il est bien desséche, indique les 0,70 d'argent. La présence du cuivre peut se reconnaître à la couleur bleue verdâtre de la dissolution, e$ à la couleur bleue foncée qu'elle prend , lorsque l'on y ajoute de l'ammoniaque. Ou peut d'ailleurs obtenir le cuivre, soit en le précipitant au moyen d une laine de fer, soit en suivant les procédés qui seront indiqués ci-après. Quand la mine contient de l'arsenic , on pent en estimer fa proportion en la pesant avant et après la fusion , puisque l'arsenic est vola~ tilisé par la chaleur. On peut encore faire dissoudre la mine, comme il a été dit plus, haut., dans l'acide nitrique qui acidifie l'arsenic. Après la séparation de l'argent, on, peut précipiter l'acide arsenique au moyen du nitrate de plomb. Ar
1 . L'alliage d'argent et d'antimoine doit être traité par m»"»o-ui.
* Voyez les Mémoires pnblie's à ce sujet, et qui ont été indiqués dans le premier volume de cet ouvrage, a l'histoire particulière de chaque métal.
Sulfure
Argent âDlimonié.
^04 AUllYSE MIHÉmtK.
l'acide nitrique, qui dissout l'argent et oxide l'antimoine. On estime la auantité d'argent, ainsi que nous lavons déjà indiqué. Ou fait dissoudre l'oxide d'antimoine dans l'acide hydrochlorique, et on en sépare l'antimoine en le précipita ut au moyen d'une lame de fer
3. L'acide nitrique étendu, qui dissout l'argent sans presque attaquer le soufre, peut servir pour analyser le sulfure d'argent. La dissolution dans cet acide étant opérée, on fait sécher le résidu , on le pèse et on fait brûler le soufre. La perte de poids donne le soufre. Le résidu, s'il y en a, est du sulfure non décomposé et on le traite, comme d'abord. On précipite l'argent par de lhydrochlorate de soude. Si la dissolution contient encore d'autres métaux , on peut en déterminer la nature , comme il a été dit plus naut -, mais comme, dans cette opération, une partie du soufre se trouve toujours acidifiée, il faut précipiter l'acide formé par du nitrate de barite. 100 parties du précipité séché indiquent environ i4,5 parties de soufre*.
4. Klaproth analysa l'argent antimonié de la manière suivante. Il en fit bouillir 100 parties avec de l'acide nitrique étendu. Le résidu bien lavé et séché, était de 16 parties, qui furent traitées par l'acide hydro-cbloro- nitrique. On obtint un nouveau résidu de i3 parties, de manière que i3 parties avaient été dissoutes; 12 de ces parties étaient du soufre, qui après avoir été brûlé ne laissa qu'une partie de silice. La dissolution acide hydro-chloro-nitrique ayant été étendue d'une grande quantité d'eau, laissa déposer un précipité de i3 parties (ou 10 parties d'antimoine pur ), et ce précipité avait toutes les propriétés de l'oxide d'antimoine; car il ne commença à se réduire en vapeur qu'à la chaleur rouge ; mais élevé à cette température, il se volatilisa sous la forme d une fumée grisâtre. Ce précipité représentait 10 parties <f antimoine métallique.
La dissolution nitrique était verte. L 'hydrochlorate de soude y produisit un précipité du poids de 87.75 parties, équivalant à 65,8 1 parties d'argent pur. Après la séparation de ce chlorure d'argent, on essaya la liqueur, en y versant du sulfate de soude ; mais il ne s y forma pas de précipité ;
1 Klaproth, III. 17S.
à'*r% mi noir.
Analyse des mines* }ro5
d'où Von peut conclure qu'elle ne contenait pas de plomb. Eu y versant de la soude en excès , on y détermina la formation d'un précipité gris, du poids de 5 parties. Ce préci* pité mis sur des charbous ardens , exhalait une forte odeur d'arsenic. Ayant été redissous dans l'acide nitrique, les suU fures alcalins précipitèrent la dissolution en un brun sale, et l'hydrocvanate alcalin eu un hydrocyanate de fer, qui par la torréfaction devenait attirable à l'aimant. Klaproth en conclut que les 5 parties étaient une combinaison de fer et d acide arsenique.
La dissolution nitrique dans laquelle on avait versé un excès d ammoniaque, était bleue ; il y avait par conséquent lieu de croire qu'elle conteuait du cuivre. Pour en déc ouvrir la présence, Klaproth satura la liqueur avec de l'acide sulfurique, et y plongea une lame de fer bien poli ; mais la quantité de cuivre précipitée sur le fer était si petite, quil ne fut pas possible de la recueillir
5. L'argent noir peut être analysé comme il a été indi- mîo* qné au n.o a. On sépare le cuivre, s'il s'en trouve dans cette mine, au moyeu d'une lame de fer, et on estime la quantité d'acide carbonique qui se dégage, soit en chauffant la mine,
soit en la faisant dissoudre d^ns l'acide nitrique.
6. Vauquelin employa la méthode suivante , pour analy* 3 Mine ser la mine d argent rouge -, il ht digérer 100 parties de cette
( mine dans 5oo par ies d'acide nitrique étendu d'eau *. Le résidu insoluble lavé et séché pesait 4^06 parties. Ce résidu traité par l'acide hydrochlorique, ne laissa que i4,66 parties €ja\ se trouvèrent être du soufre. En ajoutant une grande quantité d'eau à la dissolution hydrochlorique , il s'y forma un précipité blanc pulvérulent , du poids de ai, 25 parties ; et ce précipité était de l'oxide d autimoine. Il restait encore à examiner la dissolution nitrique. L'acide hvdrochlorique y forma un précipité de chlorure d'argent, du poids de y 1 ,66 parties. La liqueur acide qui le surnageait, essayée par les réactifs , fut reconnue pour ne contenir aucune autre substance en dissolution *.