Le tannin, et beaucoup de solides animaux et végétaux
Dans les huit premières classes d'hvdrates établies dans cette liste , la proportion de l'eau srmt)le être déterminée , ou à-peu près ; mais il ne paraît pas qu'il en soit ainsi à l'égard des deux dernières classes.
On a appelé dissolution des corps solides dans l'eau , les t. Diwolutiouï combinaisons delà seconde espèce que l'eau forme avec ces corps. Les corps que ce liquide dissout ne sont pas en aussi grand nombre que ceux avec lesquels il forme des hydrates. Ce sont ceux, à l'exception du soufre, contenus dans la liste
Erécédente, la plupart des oxides métalliques, des terres, eaucoap de sels, et presque toutes les combinaisons terreuses, bans ces combinaisons il y a un minimum de proportion d'eau nécessaire pour opérer la dissolution du solide; mais au-delà de cette quantité indispensable, celle du liquide peut être augmentée à volonté.
2. L'action de l'eau sur les corps solides a été expliquée Entiratiep d'une manière très-lumineuse par Bertbollet*. Ce liquide ad* 4* évidemment de l'affinité pour tous ceux des corps avec les- «*i««>u<i«». quels il peut se combiner; mais l'affinité est mutuelle; et on peut tout aussi convenablement considérer le solide comme agissant sur le liauide, que d'attribuer cette action au liquide sur le solide. Elle s'exerce réciproquement et daus le même temps; mais, par chacun de ces corps, avec une force qui sera proportionnelle à sa masse. Or une circonstance particulière de l'action des liquides sur les solides, c'est qu'elle ne peut avoir lieu qu'au point de contact, ou au-moins tout près de ce point. Il importe donc alors fort peu , en ce qui
* Statique chimique. I, 35.
IO.i LIQUIDÉS.
concerne la masse, que l'action sur le solide s'exerce par une grande ou une petite quantité du liquide, puisque dans l'un et l'autre cas, les points de contact, et par Conséquent la sphère d'activité du liquide sont les mêmes.
Lorsqu'un corps solide, alors, est plongé dans un liquide pour lequel il a de l'affinité , Faction est toujours limitée à une très-petite portion, quelle aue puisse être la quantité de ce liquide. 11 s'ensuit que le liquide n'est pas d'abord caable de détruire la cohésion du solide. Celui-ci s'en imihe, s'y combine, tandis que de nouvelles portions du liquide viennent en contact et commencent à exercer leur action. Si l'affinité entre le solide et le liquide est faible, la combinaison n'a lieu que jusqua ce que la force d'affinité soit tellement diminuée par la quantité d'eau déjà unie, quelle ne soit plus capable de vaincre celle de cohésion des molécules du solide. Alors ces deux forces restent nécessairement stationnaircs, et le composé continue d être solide. C'est ainsi que, par sou action sur d« tels solides qu'elle ne peut dissoudre, Veau n'est capable de former qu'un hydrate.
S'il existe une erande affinité entre l'eau et le solide, de nouvelles doses de ce liquide continuent de se combiner avec les atomes du solide, et ces atomes sont ainsi séparés de plus en plus loin les uns des autres ; mais à mesure que cette distance s'accroît, la force de cohésion va toujours en diminuant, tandis que le liquide, par l'augmentation de sa masse, devient capable d'agir avec une énergie d'autant plus grande. La cohésion du solide sera donc graduellement détruite; ses molécules se trouveront placées à de trop grandes distances les unes des autres , et dispersées également à travers le liquide-, et c'est cet effet produit qu'on a appelé la dissolutiou du solide.
Si on ajoute une nouvelle quantité du solide après qu une portion en a été ainsi dissoute par le liquide, cette dose additionnelle le sera de la même manière. Mais au moyen de cette portfon du solide ajouté, les molécules du solide dissous se trouveront rapprochées entre elles dans le liquide, leur masse s'accroîtra relativement à celle du liquide, elles agiront donc avec plus de force sur lui; d'où il suit que le liquide n'en pourra exercer qu'une plus faible sur les nouvelles porrious du solide. Eu continuant d'en ajouter ainsi jusqu'à ce que l'action du liquide soit assez affaiblie pour ne
COMBINAISON DES LIQUIDES AVEC LES SOLIDES. Io5
pouvoir plus vaincre la force de cohésion du solide, alors il refusera d'en dissoudre davantage toute quantité quelconque. Lorsqu'un liquide , dans sa dissolution d'un solide, est arrivé à cepoint , on le dit saturé de ce corps. Si l'on supposait c|ue la dissolution continuât d'avoir lieu, les molécules du solide dissous se trouveraient rapprochées de si près les unes des autres, que leur force de cohésion l'emporterait sur celle de l'aflinité du liquide pour elles : ces molécules céderaient donc en partie à cette force de cohésion, et il se reformerait une nouvelle portion du solide. La saturation d'un fluide ne résulte donc pas alors de ce que son affinité pour le solide est satisfaite , mais de ce quelle n'est pas supérieure à la force de la tendance à la cohésion des molécules combinées. Or, lorsqu'un liquide est saturé d'un solide, si ou parvient, par un moyen quelconque, à enlever une portion de ce liquide , la force de cohésiou des molécules du solide devra reprendre la supériorité; il en résultera qu'elles s'uniront et formeront de nouveau des corps solides jusqu'à ce que leur nombre soit assez diminué pour que leur attraction mutuelle se trouve encore une antre fois contrebalancée par l'a l tin i té du liquide. C'est ainsi que Vévaporation des liquides donne lieu à la cristallisation des corps qu'ils tiennent en dissolution.
Si l'affinité entre l'eau et le solide n'est pas suffisante pour altérer en aucune manière la cohésion des molécules du solide , il n'y aura point de combinaison de l'eau avec ce corps , elle ne fera que mouiller sa surface; et si l'affinité de l'eau pour le solide est encore plus faible que celle réciproque des molécules de ce liquide, alors il n'humectera même pas la surface du corps. Telle est, en raccourci , l'explication qu'a donnée Berthollet de l'action réciproque de l'eau et des solides.
3. La combinaison de l'eau avec les corps solides présente Combinai»»»! les phénomènes ordinaires des combinaisons chimiques : aug- chiauîu#mentation considérable de densité, et ordinairement dégagement de calorique C'est dansles hydrates que l'eau semble être à l'état d'union la plus intime; ces corps sont les plus denses, et la chaleur qui se dégage pendant leur formation est considérable. La dissolution des hydrates dans l'eau a souvent lieu plutôt avec expansion qu'avec condensation. Il y a eu conséquence production de froid, et la combinaison
du nouveau composé est beaucoup moins intime que celle de l'hydrate avant sa dissolution.
Il a été fait beaucoup d'expériences pour parvenir à déterminer la densité des dissolutions des solides dans l'eau. Mais comme on n'avait pas toujours observé ia distinction entre les solides purs et les hydrates,, les résultats n'en sont pas aussi satisfaisans qu'ils auraient pu l'être. Celles faites par le docteur Watson 1 et par Hassenfratz * , me semblent devoir mériter le plus de coi fiance. Le docteur Watson repandit d'abord un grand jour sur ce sujet en donnant 1 explication de la nature réelle de la dissolution et des cbangemens de densité qui l'accompagnent. Ses expériences font clairement voir la différence entre les hydrates et les solides purs dans la densité résultant de leur dissolution dans l'eau. On doit à Hassenfratz la série la plus abondante de faits qtn ait encore été publiée jusqu'à présent. Il opéra sur des substances pures aans uu état déterminé, de manière à rendre ses expériences comparables. Il employa généralement des hydrates -, mais il a fait voir de la manière la plus évidente la différence qui existe entre les hydrates et les solides purs lorsqu'ils sout dissous dans l'eau. Les faits les plus importons reconnus par cez deux physiciens sont les suivans : d^chluï 4- Lorsque les corps soudes forment un hydrate par leur union avec l'eau, l'augmentation de densité est quelquefois très-considérable, et il se dégage alors une grande quantité de calorique. Hassenfratz essaya cette union de l'eau avec la chaux dans des proportions diverses, et il s'assura de la
r sauteur spécifique après chaque addition d'eau. On a formé table qui suit du résultat de ces expériences curieuses sur trois differens échantillons de chaux variant dans leur pesanteur spécifique. Le poids de la chaux employée était jours ioooo.
» Phil. Traos. 1770 , et Chemical K<*ays. V, 43.
■ Aon. de Cbim. XXVII, 116 j XXVHl, 3,eta82;XXXI
SÉRIES 1 dtt
QUANTITÉ d'e*o «joutrc à 1* eliâaji.
PESANTEUR •plvifique lu compowL
PESANIEUR
1 pacifique par l« calcul
DITFÉREKCE.
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1,4^92 1,3941 i, ïb4b 1 ,5o38
-+- 796 + ôo4
i,36oa 1,3397 i,3 1 28
9°4 -+ i384 — 34oi
Ces expériences furent faites en pesant d'abord séparément le composé, puis dans un flacon rempli de mercure ; le poids de mercure déplacé donnait le volume du composé. Les premiers nombres dans chacune des séries indiquent la pesanteur spécifique de la chaux employée. On voit, par ces tables, que les premières additions d'eau augmentent réellement la pesanteur spécifique de la chaux y et que par conséquent elle a dû diminuer de volume par la combinaison. La troisième colonne indique la pesanteur spécifique qui serait résultée de la combinaison de l'eau avec la chaux , si elle avait eu lieu sans aucun changement quelconque dans la densité. La dernière coloune présente l'excès de la pesauteur spécifique réelle sur celle déduite du calcul , ou sa diminution. Ainsi, il paraît que l'hydrate de chaux est spécifiquement plus pesant que la chaux pure. La densité diminue à mesure que la proportion de l'eau augmente, jusqu'à ce qu'à la fin le composé, réduit à l'état d'une poudre fine et humide, detienne plus léger que l'eau *.
* Celle diminution de la chaux au-dessous de la densité* de l'ean , Boaobsunt l'explication qu'en donne Hassenfratt, fondée tarie pria-
Hjiraie d »iu. L'alun fournit un autre exemple satisfaisant de l'intensité de cette espèce de combiuaison , qu'on a désignée par le nom d'hydrate. L'hydrate d'alun n'est autre chose que le sel en cristaux. Dans cet état, sa pesanteur spécifique, ainsi que Ta déterminé Hassenfratz, est i,7<;65 ; mais lorsque le sel a été dépouillé de son eau par la calcination, cette pesanteur spécifique est réduit** à 04229; et par conséquent la densité est devenue quadruple par la combinaisou avec l'eau. La table qui suit présente l'augmentation de densité dont ce sel est susceptible dans ses diverses combinaisons avec l'eau jusqu'à 1 état d'hydrate. La quantité d'alun calciné était toujours 1000.
Proportion d'eau.
Pesanteur
spécifique du composé.