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DE L'AFFINITÉ EN GÉNÉRAL

tons les corps, et toujours il est proportionnel à la force avec laquelle la pression agit sur eux. Mewton a fait voir qu'il fallait une force d'un certain nombre de kilogrammes pour rapprocher deux verres à la distance d'environ

0. 031 de millimètre l'un de l'autre; qu'une force beaucoup plus grande deviendrait nécessaire pour rendre cette distance encore moindre *, et qu'au-delà d'un certain terme , aucune pression quelconque ue pourrait opérer un plus grand rapprochement. Il existe donc une force qui s'oppose au contact réel des corps , dont l'action augmente en raison inverse de quelque pouvoir ou fonction de la distance, et qu'aucune puissance ne peut vaincre. Boscovicli a démontré qu'un corps qui se meut, communique une partie de son mouvement à un autre corps avant qu'il le touche effectivement. Ou en peut conclure , autant que cela nous est connu, qu'il n'existe poiut de contact réel dans la nature, et que, par conséquent , les corps agissent toujours les uns sur les autres à distance. Et puisque même l'impulsion ou la pression sont un exemple de corps agissant entre eux à distance , on ne peut pas s en servir avec plus d'avantage pour expliquer l'attraction, que delà supposer une force inhérente aux corps. Nous devons donc nous contenter de considérer l'attraction comme une puissance incounue, qui fait tendre les corps les uns vers les autres , qui agit constamment et Uniformément dans tous les temps, dans tous les lieux , et qui tend toujours à diminuer la distance entre les corps, à moins que leur rapprochement ne soit empêché par l'action de quelqu'autre force de puissance égale.

6. Le changement aue l'attraction produit sur les corps d« dtumort*. est une diminution de la distance qui les sépare. Or les distances entre les corps sont de deux sortes; elles sont ou trop petites pour être apercevahles par nos sens, ou ussezpandes pour être facilement reconnues et appréciées. Dans le premier cas, l'effet de l'attraction ue doit pas se manifester d une manière sensible, tandis que dans l'autre le changement de distance est visible. Ainsi les attractions des corps, eu ce qui nous concerne , -se divisent naturellement en deux classes ,

1. ° celles qui s'exercent à des distances sensibles; a.° celles qui ont lieu à des distances imperceptibles. La première classe d'attractions ne s'applique évidemment qu'à ceux des corps qui sont eu masses de grandeur sensible; daus la

6 d* l'affinité £N général.

seconde, les attractions doivent se borner aux molécules des corps , parce que ce n'est qu'à I égard de ces molécules seulement que la distance qui existe entre elles est inappréciable.

t. A«îe«dUt*n- 7« H a été prouvé que l'intensité des attractions de la «• KoubUi. première classe varie selon la masse et la distance des corps attirans. Elle augmente avec la masse de ces corps, mais elle diminue en raison de ce que la distance qui les sépare est plus considérable. Ainsi nous voyons que dans les attractions de cette sorte, chaque molécule du corps attirant agit , puisque la somme de la force attractive est toujours proportionnelle au nombre de molécules dans les corps qui attirent. Comment se fait-il que l'action de cette force s'affaiblisse à mesure que la distance devient plus grande ? C'est ce qu'il fions est impossible d'expliquer ; mais l'effet est certain , et il est presque incompatible avec la supposition que l'impulsion est la cause de l'attraction. On a constaté que le mode de cette variation dans les effets de l'attraction de la première classe était dans tous les cas la raison inverse du carré de la distance.

8. Les attractions de la première classe doivent donc être aussi multipliées qu'il y a de corps situés à des distances sensibles ; mais il a été reconnu qu'on pouvait toutes les réduire à trois espèces différentes, savoir: i . la gravitation; a. l'électricité ; 3. le magnétisme. Newton a fait voir que l'attraction de la première espèce appartient à toute la matière, autant qu'il nous est possible de l'examiner, et que par conséquent elle est universelle. Les deux autres ne sont que partielles , et ne se rapportent qu'à de certaines séries de corps , tandis que le reste de la matière n'en éprouve aucun effet. Car on sait bien que tous les corps ne sont pas électriques, et qu'il existe à peine d'autres corps, doués de la vertu magnétique, que le fer, le cobalt, le nickel et le chrome.

L'intensité de ces trois espèces d'attraction augmente comme la masse des corps attirans, et diminue comme le carré de la distance s'accroît. La première s'exerce à la plus grande distance à laquelle il nous est connu que les corps sont séparés. On n'a pas déterminé l'étendue d'action de la seconde, l'électricité; mais pour la troisième, le magnétisme, elle est an-moins du demi-diamètre de la terre. Tous les corps possèdent la propriété de gravité , puisque c'en est une universelle de la matière ; mais ou a supposé que les deux

DE L'AFFINITÉ EN GÉNÊH Al» ?

antres espèces d'attraction dérivent de deux ou trois fluides subtils, qui sout partie constituante de tous ceux des corps qui obéissent aux attractions de l'électricité et du magnétisme. Cela peut être ainsi ; mais rien ne Ta encore prouvé, et il ne paraît guère possible de le démontrer.

9. La force absolue de ces attractions dans des corps ne peut se mesurer que par celle qui serait nécessaire pour eu contrebalancer les effets , ou que par l'espace, qu'en vertu de Pactiou seulement de ces attractions , des corps parcourent dans un temps donné. En comparant les différens corps sur lesquels la gravitation agit, ou trouvera que la force absolue de leur teudance les uns vers les autres , est la même dans tous les cas où leurs distances et leurs masses sont les mêmes; mais il n'en est pas ainsi à l'égard des corps électriques et magnétiques. Dans ces corps, les forces appelées électricité et magnétisme , eu vertu desquelles ils s'attirent entre eux , sont extrêmement variables Jors même que la masse et la distance sont les mêmes. Quelquefois l'effet de ces forces est à peine sensible , et dans d'autres cas, il est d'une très-grande intensité. La gravité est donc d'une force inbérente aux corps, tandis que celles de l'électricité et du magnétisme ne le sont pas ; circonstance qui rend extrêmement probable l'opinion qu'elles dépendent de fluides particuliers. En considérant la force absolue de ces trois puissances entre elles, il paraîtrait que, toutes choses égales d'ailleurs , les deux dernières surpassent la première en énergie; mais comme il n'est pas possible d'évaluer par comparaison leur intensité relative, elle n'est pas connue. 11 s'eusuit que ces diverses attractions,

3u m M|u assujetties aux mêmes lois de variation, sont d'espèces ifférentes.

10. On a distingué par le nom ^affinité , les attractions». Affinité; qui s'exercent entre les corps à des distances insensibles , et

S 11 se bornent par conséquent aux molécules de la matière, n a plus généralement restreint la signification du terme attraction aux cas où cette force ajn't à distance sensible. Mais il y a deux espèces de particules de la matière ; elles sont ou homogènes ou hétérogènes. Par molécules homogènes , on entend désigner celles gui composent le même corps ; ainsi toutes les molécules du ter sont homogènes. La dénomination de molécules hétérogènes s'applique à celles qui entrent dans la composition de corps différens ; ainsi une molécule de fer et une molécule de plomb sont hétérogènes.

8 de l'affinité en général.

L'affinité homogène porte les molécules homogènes k tendre les unes vers les autres , et les maintient à des distances insensibles. C'est en conséquence par l'effet de cette force que les corps sont presque toujours à 1 état d'union , de manière à former des masses de grandeur sensible. On désigne ordinairement cette espèce d'affinité par le terme cohésion , « et quelquefois par celui adhésion , lorsque c'est seulement

J>ar leurs surfaces que les corps s'attachent les uns aux autres, -.'affinité homogène est une propriété presqu'universelle ; autant qu'il a été possible de lè reconnaître , il n y a que le calorique et la lumière qui en Soient dépourvus. Affhii* C'est par l'affinité hétérogène que les molécules hétéro- , *te,-o5cne. ^nes sc p0rteDt les unes vers les autres, et qu'elles sont maintenues entre elles à des distances insensibles ; c'est donc de cette force que résulte la formation de nouvelles particules intégrantes composées d'un certain nombre de particules hétérogènes. Ce sont ces nouvelles particules intégrantes , qui , se trouvant ensuite unies par cohésion , forment des masses de corps composés. Ainsi une molécule intégrante d'eau est formée de molécules d'hydrogène et d'oxigèue, qui se pressent entre elles, et sout maintenues à une distance insensible par affinité hétérogène; et une masse d'eau est com* posée d'un nombre indéfini de molécules intégrantes de ce fluide , poussées les unes vers les autres par affinité homogène. L affinité hétérogène est, autant que nous en pouvons juger, universelle; c'est-à-dire, qu'il n'existe aucun corps dont les molécules ne soient pas attirées par les molécules de quelque autre corps ; mais les molécules de tous les corps ont-elles de l'affinité pour les molécules de tous les autres corps ? C'est un point dont il u'est pas en notre pouvoir de nous assurer, quoique le fait soit extrêmement probable, et qu'on l'ait généralement considéré comme établi.

11. Les chimistes supposèrent d'abord que lorsque deux corps hétérogènes, en s'unissant ensemble, forment un troisième corps, les deux corps constituons sont eux-mêmes entièrement détruits. Ainsi lorsque l'acide sulfurique et la potasse sont mêlés ensemble, l'acide et l'alcali disparaissent l'un et l'autre, et le s«»l , qu'on distinguait autrefois par la dénomination de tartre vitriolé , est produit. On s'imaginait que l'acide sulfurique er la potasse étaient détruits l'un et l'autre, et que le tartre vitriolé était forme de leurs ruines. \.^\\ .iï>n (Jette opiuion fut réfutée, en 1G77, par Mayow, dans le

de l'affinité en général: 9

1 4«" chapitre de son Traité de salnitro et spiritu nilro'aëreo. «*• l'anîo» dou- II observait que le sel ammoniac est un composé d'acide ué*P*rWajrcw' muriatique et d'ammoniaque ; et pour preuve que ni l'acide ni l'alcali ne sont détruits dans ce composé, il faisait voir qu'on pouvait les reproduire, l'un ou l'autre, à volonté. Eu traitant le sel ammoniac par la potasse, l'ammoniaque était séparée ; et en employant l'acide sulfurique, on obtenait l'acide muriatique. Mayow fit remarquer en même -temps que, dans leur action l'un sur l'autre , les corps suivent certaines lois fixes et générales. L'alcali volatil est séparé de tous. les acides par les alcalis fixes. L'acide nitrique est dégagé de la potasse par l'acide sulfurique, qui s'unit à l'alcali, et forme avec cette substance, le tartre vitriolé. Les acides dissolvent les métaux ; mais lorsqu'on ajoute de la potasse à la dissolution , le métal est séparé, il se précipite ; tandis que l'alcali, en prenant sa place, s'unit à l'acide. Le soufre et la potasse s'uuissent ensemble; mais les acides précipitent le soufre, en le remplaçant dans l'union avec la potasse. De même aussi , lorsque le soufre étant uni à un métal, on fait digérer le sulfure dans nu ac ide , le métal se combine avec l'acide, et le soufre est mis en liberté*.

1 2. Les observations importantesde Mayow furent portées beaucoup plus loin encore par Geoffroy l'aîné, en iyiS.ll <lc Geoffroy, considérait comme constant l'ordre suivant lequel des corps sont séparés l'un de l'antre par un corps donné. Ainsi les métaux sont séparés des acides par les terres absorbantes ; les terres absorbantes sont dégagées de leur union avec les acides par les alcalis volatils , tandis que ceux-ci le sont par les alcalis fixes. Geoffroy forma, eu conséquence, la table ni suit, présentant Tordre de séparation de corps les uns es autres par une substance donnée. À la tête de chaque colonne est écrit le nom de la substance avec laquelle les corps é numéros dans la coloune se combinent ; au-dessous du nom de cette substance sont rangés tous les corps capables de s'unir avec elle. Le corps qui sépare tous les autres est placé le plus haut, et celui qui est séparé par tous les autres est le plus bas , et les autres corps ont été établis dans Tordre de leurs séparations. Ainsi, dans la première colonne, les alcalis fixes enlèvent aux acides tous les corps placés audessous d'eux. Les alcalis volatils les séparent tous, à Tex-

* Mayow, de Sal-nitro, p. îi3i.

10 »E L'AFFIKITt BIT GÉNÉRAL.

ception des alcalis fixes. Les terres absorbantes dégagent les métaux, et les métaux sont séparés par tous les autres corps dans la colonne *.

ACIDES

ACIBB

muriaiique.

ACIDE

nitrique.

AC1DB •ulfuriqua.

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