GAZ ACIDE CARBONIQUE
cela paraît extrêmement probable. S'il en est ainsi , la vapeur wiera des 0,0166 aux o,oo33 de l'atmosphère. Dalton suppose que la quantité moyenne de vapeur tenue en dissolution à-la-fois dans l'atmosphère, peut s'élever aux o,oi4a environ de son volume *.
SECTION III
Du Gaz acide carbonique.
Ce fut le docteur Black qui constata l'existence du gaz acide carbonique comme partie constituante de l'atmosphère, immédiatement après qu'il eut reconnu la nature de ce fluide particulier. En exposant à l'air un alcali pur ou une terre alcaline, ces substances s'y convertissent par degrés en un carbonate en absorbant du gaz acide carbonique. Ce fait , connu depuis long-temps , devait rendre indubitable l'existence du gaz acide carbonique dans l'atmosphère, dès qu'on se fut assuré que la différence entre un alcali pur et son carbonate ne provenait que de la présence de cet acide. Les alcalis et les terres alcalines ne sont pas les seules substances qui absorbent le gaz acide carbonique par leur exposition à l'air; plusieurs des oxides métalliques ont aussi cette propriété ; et c'est par cette raison qu'on les trouve si souvent dans la nature à l'état de carbonates ; c'est ainsi que la rouille est toujours saturée d'acide carbonique.
Ce n'est pas seulement près de la surface de la terre que le 11 «« »rouv« gaz acide carbonique forme une partie constituante de J'at- * uaSuil?"* masphère , mais il y existe encore aux plus grandes hauteurs auxquelles il ait été au pouvoir de l'industrie humaine de s'élever. Saussure le trouva dans l'air au sommet du Mont- Blanc, point le plus élevé de l'ancien continent, couvert éternellement de neige, et qui n'est point exposé à l'influence des végétaux ou des aoiraaux.En exposant à l'air libre, sur cette montagne, de l'eau de chaux étendue d'un poids égal au sien deau distillée , il se formait au bout d'environ deux heures une pellicule à sa surface , et de petites bandes de papier humectées de potasse pure acquéraient la propriété de faire
♦ PLU. Mag. XXIII, 353.
COMFOSITÎOir *■ L*AT£0S*PBis r c.
effervescence arec les acides par leur exposition pendant une heure et demie dans le même lieu ». Or, cette élévation n'était pas de moins de 477 6 mètres au-dessus du niveau de la mer. Humboldt a plus récemment encore reconnu l'existence de ce gaz dans de l'air pris par Garnerin à la plus grande élévation à laquelle ce physicien soit parvenu en ballon ». 11 résulte évidemment de ces faits que fa présence de l'acide carbouique dans l'air ne dépend point du voisinage de la terre. s« quantité. On parvient difficilement à séparer le gaz acide carbonique de l'air, et par conséquent il n'est pas aisé de déterminer d'une manière exacte ta quantité relative qu'un volume donné d'air en contient. H paraît, d'après les expériences de Humboldt, que cette proportion varie des o,oo5 à o,oi.
Les résultats des expériences de Dahon donnent une quantité beaucoup plus petite. Il trouva que, si après avoir vidé à l'air un vaisseau de verre rempli avec 6,6 kilogrammes d'eau de pluie , on y verse 8 grammes d'eau de chaux, et que fermant alors l'orifice du vase, on l'agite pendant un temps aufhsant, l'eau de chaux se trouve être justement saturée en totalité de l'acide carbonique existant dans l'air renfermé dans Je vaisseau; mais cette quantité d'eau de chaux, en mesures, exige, pour être saturée, yo mesures de gaz acide carbonique ; d'où il conclut que r*air ne confient qu'environ les 0,00071 de son volume d'acide carbonique *.
Cependant il résulte d'expériences préalablement faites par Cavendish, que l'eau de chaux n'est pas capable de dépouiller entièrement l'air de son acide carbonique. H en retient encore une portion , qui ne peut lui être enlevée , que par un lait de chaux , ou que par des lavages successivement répétés avec des doses nouvelles d'eau de chaux. D'où il suit que la quantité d'acide carbonique dans l'air doit être beau* coup plus considérable que ne fa trouvée Dalton. Je ne sais pas bien exactement ce qu'il entend par eau de chaux justement saturée, à moins que cela ne signifie qu'alors elle refuse d'absorber rien de plus du gaz. Dans ce cas, toute la chaux est tenue en dissolution par l'acide. Il doit être diffioile de s'assurer du point exact de saturation dans le sens de cette
• Saussure, Voyages. IV, 199, » Journ. de Pfays. XLVN, aoa.
• Pl*il. Mag. XXUI.354.
AUTRES CORPS DANS l'aTMOSPH t Ri. **3
expression. On peut cependant conclure des expériences de Dalton , que le volume de l'acide carbonique dans 1 air n'excède pas de beaucoup le 0,00 1 de l'atmosphère ; mais cette proportion est susceptible de variation par différentes circonstances. Il doit se mêler constamment avec l'atmosphère des quantités immenses d'acide carbonique, puisqu'il est formé par la respiration des animaux , par la combustion et par plusieurs autres procédés qui ont continuellement lieu. En considérant, en effet, la quantité qui peut s'en produire ainsi chaque jour, il est étonnant que la proportion n'en augmente pas rapidement dans l'air ; et la conséquence d'une telle augmentation serait fatale, puisque de l'air qui contient 0,1 de cet acide, éteint la lumière et est nuisible aux animaux. Mais nous aurons lieu , par la suite, de conclure que ce gaz est décomposé par les substances végétales aussi rapidement qu'il se forme.
SECTION IV
Des autres Corps qui se rencontrent dans ï atmosphère.
Ok a vu, dans les trois précédentes sections , que l'atmo- cowp<*itî<m sphère se compose principalement de trois fluides élastiques A'i*unm^kt* distincts, l'air, la vapeur, et le gaz acide carbonique, unis ensemble par «fBmté chimique. Les proportions de ces trois fluides varient suivant les temps et les lieux, mais celle moyenne de chacun d'eux est de
98,9 Air.
1,0 Vapeur.
0,1 Acide carbonique.
Mais , outre ces trois corps, qu'on pent considérer comme Antr~ corp Constituant l'atmosphère, ou a soupçonné qu'il v en existait ^'VoÛJ. encore plusieurs autres. Je n'entends pas parler ici de la matière électrique) ou de la substance des nuages et des brouillards, et de ceux des autres corps qui nous paraissent être les agens actifs des. phénomènes de météorologie* Vais je me borne aux corps étrangers, qu'on a trouvés pas circonstance, dans l'air, oai dont on j s* soupçonné l'exis-
2*4 COMPOSITION DE l'aT MO S P H t R E.
teoce. Nous n'avons cependant jusqu'à présent que trèspeu de notions satisfaisantes sur ces corps, parce que nous manquons d'inst rumens assez délicats pour en constater la présence. Nous pouvons bien à-la-vérité reconnaître que plusieurs d'entre eux se mêlent réellement avec l'air, mais il n'est pas en notre pouvoir de rendre compte de ce qu'ils deviennent ensuite.
G*xbytiro6ène. i. Ou dit avoir trouvé du gaz hydrogène dans de l'air situé près le cratère de volcans, et il est très-possible que ce gaz existe toujours en très-petite proportion dans l'atmosphère; mais on ne peut s'en assurer que Jorsqu'on aura découvert quelque moyen de reconnaître la présence de ce gaz combiné avec une grande proportion d'air. 11 paraît, d'après les expériences de Humboldt et de Gay-Lussac , que l'air ne peut contenir au-delà des o,ooi de gaz hydrogène.
a. 11 se dégage souvent des marais, dans les temps chauds, du gaz hydrogène carboné en quantités considérables; cependant on n'eu a jamais reconnu la présence dans l'air ; de sorte que très - probablement il est ae nouveau décomposé par quelque procédé qui nous est inconnu.
3. Les plantes exhaleut pendant le jour du gaz oxigène. Nous aurons occasion de voir par la suite que c'est en vertu de la propriété qu'elles ont d'absorber et de décomposer le gaz acide carbonique. Or, comme cet acide carbonique est iormé aux dépens de Poxigène de l'atmosphère, et que cet oxigène est de nouveau rendu à l'air par la décomposition de l'acide, l'atmosphère se maintenant sans altération dans .sa nature, il est clair que ces deux procédés doivent se faire équilibre, c'est-à-dire que tout l'acide carbonique produit par la combustiou doit être décomposé, et que tout l'oxigène absorbé doit être mis de nouveau à l'état de liberté. C'est ainsi que le gaz oxigène, retournant continuellement à Pair auquel il a été soustrait, les parties constituantes de ce fluide doivent toujours conserver le même rapport.
4- H est probable que ta fumée ainsi que d'autres corps nui s'élèvent continuellement dans l'air par évaporation, se déposent de nouveau très - promptement, et ils ne peuvent par conséquent être considérés comme ayant la propriété de faire partie de l'atmosphère-, mais il est" une autre série de corps qui se combinent 'accidentellement à l'air; et qui, à raison de leur action puissante sur le corps humain , ont par-