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AUTRES CORPS DANS L'ATMOSPHÈRE

ticulièrement attiré l'attention. Ces corps sont connus sous la dénomination de matières de contagion.

Il a été reconnu et établi de tout temps qu'il existe dans des lieux divers une différence sensible dans la nature de l'atmosphère relativement à ses effets sur le corps humain. Ainsi quelques localités ont été renommées comme contribuant efficacement au maintien de la bonne santé , tandis que d'autres ont été signalées comme pernicieuses à la constitution humaine. On sait que, dans les excavations et les mines, l'air est souvent dans un état tel qu'il suffoque presque instantanément ceux qui essaient de le respirer. Quelques localités sont recherchées dans des cas d'incommodités particulières. Il est bien connu que ceux qui fréquentent les appartenons de personnes attaquées de certaines maladies , deviennent extrêmement disposés à prendre l'infection ; et dans les prisons ou autres lieux à grands rassemblemens 9 dès qu'il se manifeste des maladies, elles y font ordinairement de grands ravaees. On a supposé que, dans tous ces cas, les funestes effets de l'air résultent de l'action d'une matière nuisible qu'il tient en dissolution.

La présence de cette matière pernicieuse se distingue aisé- M*titr« ment dans beaucoup de circonstances par l'odeur particulière et désagréable qu'elle communique à lair; et il n'est pas douteux qu'elle diffère selon les maladies qu'elle communique, et la substance d'où elle provient originairement Morveau essaya dernièrement d'en reconnaître la nature; mais il ne tarda pas à se convaincre combien les moyens d'essais cbimi-ques, jusqu'à présent en usage, étaient iosullfisans pour cette recherche. U a cependant fait voir, de manière à n'en pouvoir plus douter, que la matière malfaisante qui s'exhale des corps putrides est d'une nature composée; qu elle est entièrement détruite par certains agens et particulièrement par ceux des corps gazeux qui cèdent facilement leur oxigène. Il exposa de l'air infecté par des corps putrides a l'action de diverses substances , et il en jugeait l'effet par la faculté qu'elles avaient de détruire l'odeur fétide de l'air. Il obtint de ses expériences a ce sujet les résultats suivans.

i. Les corps odorans, tels que le benjoin, les plantes aromatiques, etc., ne produisent aucun effet quelconque, a. Il en est de même des dissolutions de myrrhe, de ben* join, etc., dans l'alcool, quoiqu'on les agitant dans l'air iu-

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2l6 COMPOSITION DE L* AT UO$ VHktZ.

fecté. 3. L'acide pyroligoeux est également sans aucune action. 4* La poudre a caooti , brûlée dans l'air infecté, en déplace une portion ^ mais ce qui en reste conserve encore l'odeur fétide. 5- L'acide sulfurique est sans effet*, l'acide sulfureux affaiblit l'odeur, mais il ne la détruit pas. 6. Avec le vinaigre l'odeur diminue; mais l'action de ce liquide est lente et incomplète. 7. L'acide acétique agit instantanément, et fait disparaître entièrement l'odeur de 1 air infecté 8. Les vapeurs d acide nitrique, dont l'emploi fut essayé poor la première fois par le docteur Carraichael Smith, sont également efficaces. 9. Le gaz acide hydrocbJorique , que Mor veau reconnut aussi et indiqua le premier edmme agent convenable, produit les mêmes bons effets. 10. Mais ragent le plus

Suissant à cet égard est la vapeur de chlore, moyen proposé abord par Cruikshanks,et employé actuellement avec le plus grand succès en Angleterre, sur les vaisseaux et dans les hôpitaux militaires.

Il y a donc ainsi quatre substances qui ont la propriété de détruire la matière contagieuse de l'air et de le puritier; mais on ue peut pas se procurer l'acide acétique en quantités suffisantes et dans un état de concentration convenable pour être employé avec avantage. L'usage de l'acide nitrique peut présenter quelque inconvénient à raison du deutoxide d'azote qui l'accompagne presque toujours. Le gaz acide bydrochlonque et le chlore n'offrent point ces inconvéuiens, et le dernier mérite la préférence, à raison de ce ou'ilagit avecnlus A 'énergie et plus de rapidité. Tout le procédé consiste alors à mêler ensemble deux parties d'hydrochlorate de soude avec une partie de peroxide de manganèse, de placer ce mélange dans un vaisseau ouvert dans l'appartement infecté , et de verser dessus deux parties d'acide sulfurique. Les vapeurs de chlore s'exhalent immédiatement , se répandent en abondance dans l'appartement, le remplissent et détruisent la contagion. On peut , an-lieu d'hydrochlorate de soude et de peroxide de manganèse, se servir pour le même objet da chlorate de chaux, qui se vend dans le commerce pour l'usage des blanchisseurs.

PIERRES QUt TOMBENT DE L'ATttOSPnEnE. 32?

SECTION V

Des Pierres qui tombent de V atmosphère.

Rien ne prouve davantage combien l'état de la science de la météorologie est encore imparfait, que la découverte de phénomènes auxquels on ne peut pas même assigner une cause conjecturale qui présente le moindre de^ré de probabilité. On a observé de tout temps dans IVino^phére des corps lumineux, qu'on a appelés météores, g.'nbts de fat y etc. ; et beaucoup de ces corps ont été décrits par des témoins oculaires. Un des plus remarquables de ces uié' cures fut celui qui apparut en 178J. Il était très-lumineux, et Kiudm n'avait pas moins de 900 mètres de diamètre. Il traversa l'Angleterre et une grande partie du continent de l'Europe avec la plus grande vî'esse, à la hauteur d'environ dix mynamètres au-dessus de la surface de la terre*. Presque tous les météores observés se ressemblaient entre eux Ils étaient lumineux, à une grande élévation, ils avaient un mouvement très- rapide, et disparaissaient promptement. Leur disparition était ordinairement accompagnée d'une forte explosion semblable à uti coup de tonnerre ; et on assurait presque toujours , qu'il en tombait sur la terre des corps pierreux pesans. Mais quoiqu'il eût été publié de temps en temps des réots bien authentiques de la chute de pare.ls corps, on n'y avait pas donné une grande confiance, et l'attention des physiciens ne fut réellement éveillée sur la nature de ce phénomène qu'à l'époque où parut la dissertation du docteur Chladni, sur ce sujet, en 1791- Deux ans après, M. King présenta une collection encore plus complète d exemples tant anciens que modernes, dont plusieurs présentaient un tel degré d'évidence qu'il n'était pas possible d ' .s'y refuser. Ces deux dissertations produisirent un grand eÔ'et : mais l'idée qu'il était réellement tombé des pierres d«î l'atmosphère, paraissait si extraordinaire et si contraire à ce que nous connaissons de la constitution de l'air , qu'on hésita à l'adopter ou qu'on refusa d'y croire. Sur ces entrefaites, M. Howard prit une marche différente pour mieux éclairer le sujet. N an -seulement il recueillit tous les rapports nou-

* Carallo's Descrin lion of il. Phil. Traaa. 1784*

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