‹ Systême de chimieChapitre 77 sur 260 · PIE1RKS QUI TOMBENT DE L ATMOSPHERE · texte numérisé non relu

PIE1RKS QUI TOMBENT DE L ATMOSPHERE

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a3o COMPOSITION DE l'at mosphere*

a. Les co ps pierreux, lorsqu'on les trouve après leur chute, sont toujours chauds. Ils s'enfoncent ordinairement 4'uik tr^ùi» à quelque profondeur dans la terre ; leur poids diffère depuis quelques décagrammes jusqu'à beaucoup au-delà de cent kilogrammes. Ils sont communément arrondis , et toujours recouverts d'une croûte noire. Dans beaucoup de C*s, ils répandent une forte odeur de soufre. La croûte noire consiste principalement , d'après l'aualyse de M. Howard , dans un oxide de fer. , T««r S. La surface extérieure de ces pierres est raboteuse, tompoutioa. LoTSqu*p||rs sont brisées , elles paraissent, à rinlérieur , d'une couleur grise cendrée et d'une texture grenue , semblable à celle d'un grès grossier. Vues au microscope, on y distingue aisément quatre substances différentes dont la pierre se compose ; i.° in grand nombre «le petits corps sphériques, de grosseurs diverses , depuis celle d'une tète de petite épingle jusqu'à celle d un pois. Ces globules sont de couleur grise tirant sur le brun. Us ont une texture compacte ; ils peuvent rayer le verre, et ils donnent de faibles étincelles avec l'acier; 2.0 des fragmens de pyrites, de forme indéterminée, de couleur jaune roûgeâtre , grénus , et se réduisant facilement en une poudre de couleur noire; 3.° des graius de fer à l'état métallique , disséminés comme les pyrites à traveis la pierre; 4*° les trois substances qu'où vient de désigner sont unies entre elles par une quatrième substance de consistance terreuse et tellement molle qu'on en peut aisément séparer les trois antres substauces avec la pointe d'un couteau, et même avec l'ongle. La pierre elle même peut s'emietter aisément sous les doigts. La couleur de celte espèce de ciment est grise ». La proportion et la dimension de ces diverses parties constituantes des pierres varient considérablement dans différens échantillons ; mais elles ont toutes entre elles une ressemblance frappante. Leur pesanteur spécifique varie de 3,552 à i 4,281 ».

Umr «»iy»o 4- O'après l'analyse que M. Howard a faite de ces pierres duarçae. avec beaucoup de précision et d'adresse, et don les résultats se sont trouvés pleinement confirmés par celles de Vauquelin et de fcaproth, on voit que la croûte noire consiste dans un

1 Donrnon, Phil. Trans. 1802.

» Ibid.

MERRÏS QUI T0MBFNT DE l'aTMOSPHÈRÏ. a3l

composé de fer et de nickel , en partie à l'état métallique, et eo partie à celui d'oxide. Les pyrites consistent en fer, nickel et soufre. Les grains métalliques sont du fer combiné avec environ les o,33 de son poids de nickel , et les corps globuleux jaunes disséminés dans ces pierres sont formés de silice, de magnésie, de fer et de nickel. Le comte de Bournon a observé que ces globules ressemblent à la chrysolite de Werner, et que leur analyse chimique correspond exactement à celle que Klaproth a faite de ce minéral. Le ciment terreux se compose des mêmes substances que les corps globuleux , et à-peu-près daus les mêmes proportions. Mais il paraît nécessaire de présenter ici les résultats de quelques-uues des analyses de ces pierres , tels qu'ils ont été annoncés par les savans à qui nous en sommes redevables. Lne pierre tombée à Bénarès, dans les Indes orientales, analysée par M. Howard » lui a donné, savoir :

Pour les substances contenues dans les pyrites ,

2,0 Soufre.

io,5 Fer.

1,0 Nikel.

2,0 Matières terreuses et étrangères.

Pour les corps sphériques ,

5o,o Silice.

j5,o Magnésie.

34»o Oxide de fer.

2,5 Oxide de nickel.

iot,5

Pour le ciment terreux ,

48,o Silice.

18,0 Magnésie.

34,0 Oxide de fer.

2,5 Oxide de nickel.

Une pierre tombée dans le comté d'York , dépouillée autant que possible de ses particules métalliques , donna &

?3a composition de l'atmospbèk e.

M. Howard, sur 100 parties qui en furent soumises à l'analyse , savoir :

jr5 Silice.

ôj Magnésie.

48 Oxide de fer.

2 Oxide de nickel.

L'excès de poids était du à l'état d'oxidation des corps métalliques.

Des pierres tombées à Laigle en France , en i8o3 , produisirent à l'analyse qui en fut faite par Vauquelin et Fourcroy , sur cent parties , savoir :

54 Silice.

36 Oxide de fer.

9 Magnésie.

3 Oxide de nickel.

2 Soufre.

1 Chaux.

io5«

On a présenté, dans la table qui suit, les résultats des analyses les plus remarquables qui aient éré faites de pierres semblables depuis la publication du mémoire de M. Howard, sur ce sujet.

Fer 29,00* 17,60' 23,oo4 »*

Nickel o,5o o,4o » »

Chrome » » * 2

Oxide de fer » 25, 00 » 3 1,00

Soufre 3,5o 3,oo » »

Silice 43,oo 38,oo 48, 5o 33, 90

Magnésie 22,00 i4,25 2,00 32,oo

Chaux o,5o 0,75 9,50 »

Alumine 1,26 1,00 i4,5o »

Magnésie o,2D » *> »

« Phil. Mag. XVI , 3oa.

• KJaprolh. V, a5a. La pierre tomba à Lissa , en 1808.

• Ibid. p. 255. La pierre tomba à Smolcosk , en 1807.

• Ibid. p. 361. La pierre tomba à Stannern , en 1808.

1 Vauquelin , Ann. de Chim. et Phys. I, 53. La pierre tomba à Langres, en i8i5.

PIERRES QUI TOMBENT DE l'aTMOSPHÈRE. a33

Stromeyer a dernièrement annoncé la découverte du cobalt dans le fer météorique du Cap-de-Bonne-Espérance*.

II résulte évidemment des analyses qui précèdent , qu'il y a plusieurs espèces différentes de pierres météoriques -, de manière qu'en les arrangeant suivant leur composition , on pourrait les diviser au-moins en trois ou quatre espèces. Il est à remarquer que les métaux qu'on a trouvés dans ces pierres, sont le fer , le nickel , le chrome et le cobalt ; or ces métaux constituent la totalité des métaux magnétiques.

5. Les expériences de M. Howard, ainsi confirmées par Con'i»c»ur«« celles d'autres savans, et appuyées sur l'évidence historique jelir 'J'^,,^ la plus recommandable ^ ayant démontré que ces corps pierreux tombaient bien réellement du ciel, on devait naturellement s'attendre à toutes les tentatives qui seraient faites

I)our rendre raison de ce phénomène. Mais le sujet est cnveoppé d'une telle obscurité, et la science de la météorologie a fait si peu de progrès, qu'il n'a pas encore été émis jusqu'à présent d'opinion à cet égard qui présente le plus léger caractère de probabilité. On supposa d'abord que les corps dont il s'agit provenaient d'éruptions volcaniques*, mais la distance immense à laquelle sont les volcans des lieux où ces corps ont été trouvés, et la non-existence des pierres toutes semblables dans les productions volcaniques, rendent cette opinion insoutenable. Cbladni s'efforça de prouver crue les météores d'où ces pierres tombaient, étaient des corps ilottans dans l'espace qui ne se rattachent à aucun système planétaire, qui sont attirés par la terre dans leur course, et embrases par la rapidité de leur mouvement à travers l'atmosphère; mais une semblable théorie paraît tellement dénuée de tout fondement qui pnisse la faire admettre, qu'on serait tenté de penser que le docteur Chladni lui-même n'v croit pas. La^ place mit en avant la probabilité que ces pierres étaient lancées sur notre globe par les volcans de la lune; mais les météores ui accompagnent presque toujours leur chute , et la vitesse e leur mouvement horisontal sont de trop fortes objections contre cette opinion. La plupart des physiciens considèrent avec M. King et sir William Hamilton , ces corps comme des concrétions formées dans l'atmosphère. Cette hypothèse est sans contredit la plus probable de toutes ; mais dans l'état

* An nais of Philosophy. IX, afo.

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