‹ Systême de chimieChapitre 86 sur 260 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des Eaux minérales»

t%m mîBPmie» ^N a désigné par la dénomination d'eaux minérales toutes expliqué*», les eaux qui diffèrent de l'eau ordinaire par une odeur particulière, par leur saveur, leur couleur, etc. , et qui , à rai-

• Mém. Par. 1778 , p. 69.

» Nicholson's Journ. XX, a5. Le» parties constituantes du sulfate de chaux et du sulfate de barite ayant été établies par le docteur Marcel, d'après l'analy se fautive de Chenevix, il y aura une petite erreur dans la

Quantité du sulfate de chaux ; mais la proportion de ce sel , contenue ans l'eau, est si faible, que Terreur peut être considérée comme étant de très -neu d'importance. Je n*ai pas fait mention de l'analyse de Klaproth, oui présente moins d'exactitude que celle de Marcel. Auuals of Philos ophy. I, 36.

eaux minérales. zfaj

son de ces propriétés, ne peuvent servir aux usages de l'économie domestique. On rencontre plus ou moins fréquemment ces eaux , formant dans différentes parties de la terre des puits, des sources ou des fontaines. Leur température est quelquefois la même que celle du sol qu'elles traversent ; d'autres fois elles sont chaudes, et même dans quelques cas, jusqu'au degré de l'ébullition. Beaucoup de ces sources minérales fixèrent l'attention dès les premiers âgos ; et elles furent recherchées par les personnes affligées de maladies , pour en faire usage comme remède , soit intérieurement , soit à l'extérieur. Mais ce ne fut que vers la fin du dix-septième siècle qu'on essaya de reconnaître la composition de ces eaux, ou de découvrir quelles pouvaient être les substances d'où dérivaient leurs propriétés.

On peut considérer Boyle comme étant le premier qui ait j*"**^. indiqué la manière d'examiner l'eau. 11 y constata d'abord l'existence de l'air, et proposa un certain nombre de moyens d'essai à l'aide desquels on put établir des conjectures relativement aux substances salines tenues en dissolution dans l'eau examinée. Dominique Ducloà ayant entrepris , en i665, l'analyse des eaux minérales de France, il y employa presque tous les réactifs recommandés par Boyle, en y en ajoutant également lui-même plusieurs autres. Eu 1680, Hierne publia une suite d'expériences sur les eaux minérales de Suède. Bientôt après de nombreux perfectiounemens fureut introduits dans l'art de l'analyse des eaux par Régis, Didier , Burlet et Homberg ; et en 1726 Boiddoc conseilla le moyen de précipiter par l'alcool plusieurs des substances salines contenues dans l'eau. Mais ce ne fat qu'après la découverte de l'acide carbonique par le docteur Black , au'on commença à faire de grands progrès dans la recherche de la composition des eaux minérales. Les premiers chimistes qui s'occupèrent de cet objet avaient été arrêtés dans leurs travaux par la présence de cet acide subtil qui existe si fréquemment dans les eaux , et qui agit comme dissolvant à l'égard de beaucoup de terres , et même de substances métalliques. Mais la nature de cej. acide ayant été reconnue , l'art de l'analyse des eaux minérales marcha à grands pas vers son plus grand degré de perfectionnement ; et la savante dissertation de Bergman sur ce sujet, publiée en 1778, y contribua principalement. Depuis cette époque, les travaux

a5o suri*

de Gioanetti, Black, Klaproth, Westrumb, Fouxeroy, Brezé , Kirwan , et de beaucoup d'autres cbimistres distingués , ont encore successivement ajouté de nouveaux moyens à ceux déjà acquis; de sorte que malgré la difficulté du sujet, il n'est peut-être pas de branche de la chimie qui ait fait plus de progrès , ou qui ait été poussée plus loin que celle de la connaissance des eaux minérales. Eu effet, le docteur Murray d'Edimbourg a publié dernièrement une formule générale, applicable à l'analyse des eaux minérales, et qui simplifie considérablement l'opération de l'analyse. sob*tanc«« Un peut évaluer à 38 le nombre des différentes substances adecô'imrt«>dont on a jusqu'à présent reconnu la présence dans les eaux minérales , et toutes ces substances peuvent se réduire aux quatre principales divisions suivantes.

1. L'air et ses parties composantes, l'oxigène et le gaz azote, a. Les acides. 3. Les alcalis et les terres. 4* Les sels.

i Air. I. i . L'air existe dans la plupart des eaux minérales ; sa proportion n'excède pas les o,o357 du volume de l'eau.

2. Ce fut Scbéele qui reconnut le premier la présence du gaz oxigène dans les eaux minérales. Il y est ordinairement en petite quantité ; et il ne peut s'y trouver en même -temps avec le gaz acide hydro-sulfurique ou le fer.

3. Le docteur Pearson découvrit pour la première fois le gaz azote dans l'eau de Buxton. Il fut trouvé depuis par le docteur Garnet dans les eaux de Harrowgate , et par M. Lambe dans celles de Limington.

a. Arides. H. Parmi les acides , on n'eu a encore trouvé <jue quatre existant dans les eaux sans y être à l'état de combinaison ; el excepté ceux qui peuvent s'y trouver unis à une base , ces quatre acides sont les acides carbonique , sulfureux , borique, et le gaz acide hydro-sulfurique.

i. Ce fut le docteur Brownrigg qui signala le premier la présence de l'acide carbonique dans l'eau de Pyrmoat. C'est l'ingrédient le plus ordinaire des eaux minérales ; cent parties d'eau contiennent généralement de six a quarante parties de ce gaz acide. Suivant Westrumb, cette proportion du gaz acide carbonique dans l'eau de Pyrmont est de 187 parties sur 100 d'eau, ou de presque le double du volume de l'eau.

a* On a trouve l'acide sulfureux dans plusieurs eaux minérales chaudes d'Italie, qui sont dans le voisinage des volcans»

EAUX MINÉRALES. *5l

3. Oo a remarqué la présence de l'acide borique dans quelques lacs en Italie.

4* Le gaz acide hydro-sulfurique constitue l'ingrédient le plus remarquable de celles des eaux minérales qu'on distingue par la dénomination OC hépatiques ou sulfureuses,

III. La soude est le seul alcali non combiné qu'on ait jusqu'à s. Alcali» «t présent rencontré dans les eaux minérales ; de même que

la silice et la chaux sont les seuls corps terreux qu'on en ait retirés.

i . Le docteur Black trouva la soude à nu dans les eaux minérales chaudes de Geyzer et de Rykura eu Islande; mais le plus généralement la soude est combinée avec l'acide carbonique.

a. Bergman observa le premier la présence de la silice dans les eaux. Elle fut reconnue depuis par Black dans les eaux minérales de Geyzer et de Rykum , et dans celles de Carlsbad parKlaproth. Hassenfratz la trouva dans les eaux de Pougues,etBrézé dans celles de Lu. On en a obtenu de beaucoup d'autres eaux minérales.

3. On a annoncé l'existence de la chaux non combinée dans quelques eaux minérales ; mais cette assertion n a été confirmée par aucune expérience exacte.

I V. Parmi les sels , il ne s'est jusqu'à présent rencontré dans 4- s«u. les eaux minérales que lessul/ates, nitrates, hydrochlorates, carbonates, et les hydrosulfates dont lenumération suit ;

Savoie :

t. Sulfates. de soude.

a. d'ammoniaque.

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