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LIVRE III

DES MINÉRAUX

0*a donné le nom de minéraux à tous les matériaux sosies dont notre globe se compose, et Ton a désigné sous le titre de minéralogie la branche de la chimie qui traite de ces corps. Us ont dû, sans doute, attirer dans tous les temps 1 attention des hommes , puisque c'est d eux seulement qu'on retire les métaux, les pierres et autres objets semblables dont on ne peut se dispenser de faire usage. Cependant ce n'est que très- récemment qu'on a trouvé le moyen de reconnaître les parties composantes de ces substances, ou du-moins qu'il a été possible d'en donner une description 'qui put être entendue. Les anciens ne nous ont rien transmis d'important sur ce sujet. La science de la minéralogie a été entièrement créée depuis 1770, et elle s'avance actuellement avec une rapidité étonnante vers sa perfection. On décrit e* on analyse chaque jour des minéraux nouveaux ; on en forme par- tout des collections, et les relations de voyages, qui en annoncent des découvertes , se succèdent sans interruption^ Le résultat de ces travaux et de ces recherches , a été la connaissance de cinq nouvelles terres et de huit métaux nouveaux; et, eo outre , d'un grand nombre de minéraux utiles , auparavant inconnus, ou auxquels on avait négligé de faire at* tention.

La science de la minéralogie, en tant qu'elle se rapporte * celle de la chimie, se compose de trois objets différens qui eo constituent l'ensemble ; savoir : i.° la description des propriétés et des parties composantes des minéraux; a.* l'exposé des combinaisons diverses que forment ces corps, ou des composés minéraux, ainsi qu'on les a nommés; 3.# l'art de l'analyse des minéraux. C'est dans cet ordre que nous

a8û DES MINÉRAUX.

traiterons de chacune de ces trois branches de la science. Mais comme dans leurs descriptions, les minéralogistes ont adopté un langage technique, il convient, pour rendre plus intelligible ce Traité des minéraux., de le faire précéder de quelques observations sur cette nomeuclature.

CPAPITRE PREMIER.

De la Description des Minéraux \

RiEir ne parait, au premier aperçu, plus facile que de décrire un minéral, et cependant cette tâche a bien ses dif- .fioultés. Les descriptions minéralogiques des anciens sont si vagues et si peu exactes qu'où n'y peut reconnaître beaucoup des minéraux auxquels elles se rapportent, et par conséquent leurs observations, quoique bonnes en elles-mêmes , sont souvent pour nous entièrement perdues. Jl est évident que pour ^distinguer un minéral de tout autre, il faut faire mention, soit de quelque propriété qui lui est particulière, soit d une réunion de propriétés qui ne se rencontrent point ensemble dans aucun autre minéral. Il faut que ces propriétés soient décrites en termes d'un sens tellement clair qu'il soit impossible de se tromper sur les véritables caractères qu'ils désignent. La moindre ambiguité, à cet égard, entraînerait de la confusion et de l'incertitude. Or, pour arriver à ce degré nécessaire de précision dans la description des minéraux , il est indispensable d'affecter à la désignation de chacttue de leurs propriétés un terme particulier dont la signification soit parfaitement entendue. La science de la minéralogie doit donc avoir un langage qui lui soit propre ; c'est-àdire, qu'elle doit avoir, pour chaque propriété minéralogiqne, un terme consacré à la dénoter -, et chacun de ces termes doit être susceptible d'une définition exacte. C'est an célèbre Werner de Freyberg que la minéralogie doit son langage, et c'est par la publication de son Traité sur les caractères extérieurs des, minéraux , qu'il fut connu pour la première fois*

Werner avait pour objet de trouver une metbode de description des minéraux à l'aide de laquelle chaque espèce put être facilement reconnue par ceux qui étaient familiarisés avec

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