‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 10 sur 228 · II. lié mâtine · texte numérisé non relu

II. lié mâtine

Cette substance est la matière colorante de XhoomatoryoTi campechianium ou bois de campèche , si universellement connu comme substance tinctoriale. Les propriétés de cette matière colorante furent reconnues, en 1812, parChevreul, qui lui donna le nom sous lequel nous la désignons ici*.

+ Anu. dcCliim. LXXXI, 128»

MATIÈRES COLORANTES. 5j

On peut se procurer rhématine en procédant ainsi qu II P^p^at^»suit.

On fait digérer pendant quelques heures le bois de campèche en poudre, avec de l'eau, à la température de 5o demies centigrades ; on filtre alors la liqueur , et après qu'elle a été évaporée à siccité, on met pendant un jour entier le résidu en digestion dans de l'alcool d'une pesanteur spécifique de '.,837. Après avoir filtré cette liqueur alcoolique, on la concentre par évaporation; on y ajoute alors un peu d'eau : et I évaporation étant poussée encore unpeuplusloin, on abandonne la liqueur à elle-même. Il s'y dépose en grande quantité des cristaux d'hématine , qui, étant lavés à l'alcool et sèches, peuvent être considérés comme étant l'hématine à l'état de pureté.

L'hématine , ainsi préparée , est en petits cristaux brillans, ^t0^letéide couleur d'uu blanc rougeàtre, légèrement astringente, amère , et d une saveur acre.

L'eau bouillante dissout facilement l'hématine , et se colore en nu rouge orangé, qui passe au jaune par le refroidissement delà dissolution , mais qu'on fait reparaître en la chauffant. En évaporant cette dissolution , l'hématine cristallise. Si ou y ajoute un acide, elle est rendue jaune d'abord, puis rouge. Cependant l'acide sulfureux détruit, par degrés, entièrement la matière colorante , s'il reste pendant assez longtemps en contact avec elle. La potasse , la soude et l'ammoniaque font prendre à la dissolution d'hématine , une couleur d'un rouge pourpre , qui devient d'un bleu violet , si l'on ajoute de ces alcalis avec un grand excès; cette couleur passe ensuite aurouge brun , et à la fm , au brun jaunâtre. L'hématine est alors décomposée, et sa couleur ne peut plus être rétablie par l'addition d'acides. Les eaux de barite, de strontiane et de chaux , produisent les mêmes effets ; seulement elles précipitent peu- à- peu l'hématine de sa dissolution.

Si l'on fait passer un courant de gaz acide sulfurique dans une dissolution aqueuse d hématine , cette dissolution prend une couleur jaune, qui disparaît dans l'espace de peu de jours. Les oxides de plomb , d étain , de fer, de cuivre , de nickel , de ziuc, d'autimoine et de bismuth, s'unissent à l'hématine qu'ils colorent en Lieu avec une nuance de violet. Le peroxide

d'etain agit sur elle comme le font les acides minéraux. La colle forte la précipite en flocons rougeâtres. Autres espèces. Outre ces matières colorantes , il y en a plusieurs autres , telles que la garance, le tournesol, etc., qui mériteraient une description particulière. Mais comme ces substances n'ont pas encore été analysées, et que leur principe colorant n'a point été obtenu isolé , je pense qu'il est plus convenable d'en remettre l'exposé au chapitre suivant.

L'indigo, qui a été suffisamment examiné pour que les propriétés qui lui sont propres aient été reconnues , semble , à raison de sa grande importance , devoir être rangé comme un principe végétal particulier.

SECTION IX

Des Principes amers.

Plantes Parmi les substances végétales, il en est beaucoup dont la

Bui contiennent A « ■ i ■ - • 'i

le principe saveur est extrêmement amere , et c est par cette raison qu on les emploie en médecine, qu'on s'en sert dans les brasseries, etc. On compte, entre autres, comme substances amères, le bois du quassia amara et excelsa, les feuilles de Vhvmulus lupulus ou houblon, les racines de la gentiana lutea, ou gentiane commune, l'écorce et le bois du spartium scoparium ou genêt commun à balais; les fleurs et les feuilles de Y anthémis nobilis ou camomille ; et beaucoup d'autres substances. Ces corps doivent leur saveur amère à la présence de substances végétales particulières qui diffèrent de toute autre, et qu'on peut distinguer par le nom de principes amers. Plusieurs de ces substances particulières ont été, dans ces derniers temps, examinées et analysées ; et il n'est pas douteux qu'il y en a d'autres qui ne nous sont pas encore connues. Je décrirai dans cette section les substances végétales à saveur amère, qui paraissent avoir des qualités distinctes, et différer entr'elles par des propriétés bien caractérisées.

/. Quassine, ou principe amer de la quassia.

Expériences L'eau mise en digestion pendant quelque temps sur de

sur l'infusion » . ° r • * u ' »

4e quassia. la quassia , acquiert une saveur excessivement amere, et prend une couleur jaune; mais elle est inodore. Si l'on évapore à siccité à une douce chaleur l'eau ainsi imprégnée, ou

PRINCIPES AMERS. 5f>

obtient une substance jaune brunâtre qui conserve un certain degré de transparence. Elle continue pendant quelque temps d'être ductile, mais elle finit par devenir cassante. Je considérerai cette substance comme étant la quassine à l'état de pureté : si elle contient quelqu'autre principe étranger, ce ne doit être que dans une très-petite proportion.

J'ai recuijuu dans cette substance les propriétés suivantes: i . Sa saveur est excessivement amère , sa couleur est jaune brunâtre.

2. Quand on la chauffe, elle se ramollit, se boursouffle et noiri it; elle se consume alors sans beaucoup de flamme , et ne laisse qu'une très-petite quantité de cendres.

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