MATIÈRES COLORANTES
pité abondant , brun dans quelques cas et vert dans d'autres. L'acide nitrique duune lieu à un précipité brun rougeàtre en saturant la potasse qui tient 1 ulinine en dissolution. L'alcool n'y produit point de précipité ; mais Fulmine est précipitée par tons les acides. Dans cet état elle est de couleur de buffle ; mais après qu'elle a été séchée , elle n'est sensiblement soluble ni dans l'eau ni dans l'alcool.
4- L'ulinine, lorsqu'elle est chauffée se boursouffle, prend feu , mais elle ne fond pas. L'odeur qu'elle exhale n'a pas la moindre ressemblance avec celle de caramel.
L'ulmine semble, avoir été confondue jusqu'à présent, par les chimistes, avec Xextractif. Dans beaucoup de cas, elle a passé pour du tannin.
SECTION VIII
Des Matières colorantes*
Les principes colorans des végétaux sont en si grand nombre, et avec tant de propriétés diverses , qu'ils formeront par la suite une partie très-étendue de la chimie végétale. Mais jusqu'à présent on en a obtenu si peu à l'état isolé, pour les soumettre à un examen chimique, qu'on essaierait eu vain de donner une description particulière de chacun des principes colorans des végétaux ; je me bornerai donc à ne faire mention que de ceux des principes suivans , dont les propriétés ont été plus spécialement recherchées.
/. Polychroïte.
Cette substance, qui constitue la matière colorante du crocus sativus ou safran, est celle qu'Hermsbtaedt considéra comme de l'extractif pur. Ses propriétés furent examinées, en ioi i, par Bnuillon-Lagrange et Vogel*, qui lui donnèrent le nom de polychroïte , à raison des différentes nuances de couleurs qu'elle est susceptible de prendre.
On obtient cette substance lorsqu'après avoir évaporé , Ptf.antie»; jusqu'à consistance de miel, une infusion de safrau dans l'eau, on fait digérer le résidu de l'évaporation dans de l'alcool d'une pesanteur spécifique de 0.800 ; on filtre la dissolution et on lévapore à siccité. La masse sèche est la polv-
* Ann. de Chim. LXXX, 186.
chroïte à l'état de pureté. Les propriétés de cette substance sont les suivantes.
Pro riéiés ^a couleur est d un jauDe intense. Exposée à l'air , elle attire l'hum dite et y devient un liquide visqueux. Elle est très-snluble dans l'eau et dans l'alcool ; mais elle est insoluble, ou se dissout à peine dans l'éther sulfurique.
La dissolution aqueuse de cette substance, exposée aux rayons solaires, devient incolore, et la couleur jaune ne peut plus être rétablie; d'où il suit que la polychroïte est détruite, ou au -moins qu'elle est altérée, dans sa nature , par l'action dus rayons solaires.
Lorsqu'on verse de l'acide sulfurique dans une dissolution aqueuse de polychroïte , la liqueur prend une couleur bleu indigo foncé qui passe par degrés au lilas. Le même changement est produit par l'acide sulfurique dans la dissolution alcoolique de cette substance.
L'acide nitrique donne une couleur verte aux dissolutions aqueuse et alcoolique. L'addition d'un peu d'eau fait disparaître ces couleurs , et lorsque la proportion d'acide est augmentée , il s'y manifeste d'autres nuances.
Le chlore détruit entièrement la couleur de ces liquides. Le sulfate de fer y produit un précipité d'un brun foncé; l'eau de chaux, un précipité jaune ; et l'eau de barite, un précipité rouge. Le sous-acétate de plomb donne lieu à un précipité de couleur de safran. L'acétate de plomb n'en produit aucun ; mais avec le nitrate de mercure, il se précipite une poudre rouge.
La polychroïte est insoluble dans les huiles.
Cette matière colorante donne à la distillation une eau acide, une huile d'un jaune citron , à laquelle succède une huile plus colorée, et presque brune. Il se dégage en mêmetemps des gaz acide carbonique et hydrogène carboné. Lorsqu'on calcine le charbon qui reste, avec de la potasse, il &e forme une portion d'acide hydrocyanique.