‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 153 sur 228 · Hydrochlorate de soude. 6. Phosphate de soude · texte numérisé non relu

Hydrochlorate de soude. 6. Phosphate de soude

Les parties salines ne s'élèvent qu'à environ 0,01 de la totalité, ou même probablement beaucoup moins.

Le mucus contenu dans les larmes a la propriété d'absor- propriété? ber peu-à peu l'oxigène de l'air : il. s'épaissit , devient vis- du muclUsequeux et acquiert une couleur jaune. 11 est alors insoluble dans l'eau, et il v reste long-temps en suspension sans être altéré. Lorsqu'on verse en quantité suffisante du chlore dans l'humeur des larmes, il s'y forme un précipité floconneux jauue, absolument semblable à ce mucilage épaissi Le chlore perd son odeur particulière ; d'où il paraît probable que de l'oxigène s'est uni au mucilage. La propriété qu'il a d'absorber l'oxigène, et d'acquérir des qualités nouvelles, explique les changemens que l'humeur des larmes éprouve lorsqu'elle a été exposée pendant long-temps à l'action de l'air, comme elle l'est chez les personnes affectées d'une fistule lacrymale a.

2. Fourcroy et Vauquelin examinèrent aussi le mucus duruncus du nei nez -, ils le trouvèrent composé précisément des mêmes principes que les larmes-, mais comme ce fluide est plus exposé à l'action de l'air que celui des larmes, son mucilage, dans la plupart des cas, éprouve plus ou moins de ce changement tjui résulte de l'absorption de l'oxigène. C'est de là que proviennent la plus grande viscosité et la plus grande consis-

« Fourcroy et Vauquelin, Journ. de Phys. XXXIX, 25g. * lbid. p. 257.

f>j8 PARTIES DÈS ANIMAUX.

tance du mucus nasal ; de même que c'est par cette raison aussi , qu'il acquiert une grande consistance dans les temps froids , pendant lesquels l'action de l'atmosphère est aidée par l'action plus grande des parties *.

D'après l'analyse de Berzelius , les parties constituantes du mucus nasal sont, savoir :

Eau 9^3,7

Mucus 53,3

Hydrochlorate de potasse et de soude.. 5,6

Lactate^de soude, avec matière animale. . 3,o

Soude 0,9

Albumine et matière animale soluble dans l'eau , mais insoluble dans l'alcool, avec

une trace de phosphate de soude 3,5

Le mucus nasal, plongé dans l'eau, s'imbibe assez pour devenir transparent, et en le faisant sécher entre des feuilles de papier brouillard, il perd à-peu-près toute l'humidité dont il s'était chargé. On peut reproduire ces effets à volonté; mais le mucus acquiert peu-à-peu une couleur jaune. Il ne perd point sa nature mucilagineuse , lors même qu'on l'a fait bouillir dans l'eau. 11 se dissout dans l'acide sulfurique étendu. L'acide nitrique le coagule d'abord; mais, si on le laisse pendant quelque temps en digestion dans cet acide , il finit par s'y dissoudre , et il en résulte un liquide d'un jaune clair. L'acide acétique le rend dur , sans le dissoudre, même dans l'eau bouillante. L'alcali caustique lui donne d'abord de la viscosité , mais il finit par le dissoudre en un liquide clair. Le tannin le coagule 3.

On avait pu supposer que la matière expectorée des pou- Matière moos et des bronches, était de nature mucilagineuse; mais d'après les expériences du docteur rearson sur cette matière, qu'il examina avec autant de soin que d'habileté *, il ne paraît pas qu'il en soit ainsi. Le docteur Pearson distingue sept espèces différentes de matière expectorée. i°. L'espèce ayant l'apparence de gelée demi-transparente, d'une teinte bleuâtre,

• Fonrcroy et Vanquclin, Joum. de Phys. XXXIX, i5ç). ' Annals of Fhilosophy, II, 382.

1 Berzelius , ibid.

* l\-urson, ou expectorated «natter. Phil. Trans. 1809.

LARMES ET MUCUS. 5jg

qu'on crache dans l'état de santé. 2.0 La matière ayant l'apparence de mucilage transparent , qu'on expectore si abondamment dans les catarrhes des bronches. 3.° La matière très-visqueuse, épaisse, opaque, de couleur jaune paille, ou blanche , dont la toux provoque l'expulsion dans une grande variété d'affections pulmonaires et bronchiales , spécialement dans les cas d'affections tuberculeuses. 4° La matière puriforme , sécrétée sans division de continuité , ou rupture de la surface de la membrane bronchiale,cc qui arrive très-communément dans les cas de consomptions pulmonaires. 5.°La matière qui consiste dans des masses visqueuses opaques, avec fluide transparent ; ou la seconde espèce, ci-devant établie, avec parties des troisième et quatrième espèces. 6',» Pus provenant de vomiques des tubercules, y." Pus provenant de vomiques par simple inflammation "du poumon.

11 paraît, d'après les expériences du docteur Pearson, que les parties constituantes des cinq premières deces espèces sont à-peu près les mêmes. Elles ne varient principalement que Composition. dans les proportions des ingrédiens. Elles consistent tontes dans de l'eau tenant en dissolution une certaine quantité d'albumine, ou oxide animal (ainsi que l'appelé le docteur Pearson ) susceptible d'être coagulée par la chaleur et par les réactifs chimiques ordinaires. Cette albumine est combinée avec de la potasse * , qui la neutralise; elle s'élève quelques fois aux o,o83 et même au 0,1 de la matière expectorée ; et dans la plus petite proportion, elle n'est jamais audessous de celle des 0,022. La proportion ordinaire varie des 0,06 aux o,o5. Celle de la potasse est entre les o,5o et les o,y5 d'une partie , sur 1000 de la matière expectorée.

La matière expectorée donne des traces de soufre, et peutêtre aussi de phosphore ; elle contient les substances suivantes, savoir : i.° Hydrochlorate de soude , variant de un et demi à deux et demi sur 1000 de la matière expectorée. 2.0 Phosphate de chaux , environ une demi-partie sur jooo. 3.° De l'ammoniaque , unie probablement à de lacide phos-

* Le docteur Pearson pense que l'alcali qui existe dans les fluides animaux n'est pas la soude, ainsi qu'on l'avait supposa jusqu'à présent, mais la potasse. Il a reconnu que c'est cette espèce d'alcali qui se trouve dans le sang , dans le fluide de l'hydropisie , dans lu pus. dans le liquide des vesicatoires , dans l'urine et dans le mucus nazal.

phorique. 4-°Un phosphate , vraisemblablement de magnésie, 5.° Carbonate de chaux. 6.° Un sulfate. y.° Matière vitrifiable , probablement de la silice. 8.° Oxide de fer. Ces six dernières substances s'élèvent à peine ensemble à une partie sur î ooo de la matière expectorée»

La proportion de la matière saline, et de l'albumine , dans la matière expectorée, varie beaucoup dans différentes circonstances. En général, plus cette matière est épaisse, et plus la quantité de matière saline est petite. Au contraire, la matière expectorée la moins épaisse est souvent imprégnée de sels, spécialement d'bydrochlorate de soude, à un haut degré ; elle a une saveur salée et chaude très-distincte.

SECTION XVIII

De la Liqueur du Péricarde.

Cette liqueur lubrélie lecœur. Le docteur Bostock l'examina ; elle provenait du péricarde d'un enfant mort subitement*.

Elle avait la couleur et l'aspect du sérum du sang. Par l'évaporation à siccité , elle laissa un résidu égal aux 0,077 environ de son poids. Exposée à la chaleur de l'eau bouillante , elle devint opaque et filante. Le perchlorure de mercure y produisait un précipité très-abondant avant l'ébullition ; mais, lorsqu'après l'avoir fait bouillir et évaporer à siccité , le résidu était redissous , la dissolution n'éprouvait plus aucun changement par l'action de ce sel. Ces expériences prouvent que la liqueur du péricarde contenait de l'albumine. Lorsqu'elle eut été saturée avec le perchlorure de mercure , l'infusion de noix de galle n'y produisit aucun effet ; ce qui indique qu'il ne s'y trouvait point de gélatine. Elle fut abondamment précipitée parle sous-acétate de plomb, après même qu'on l'eut fait Douillir jusqu'à siccité , et que le résidu eut été redissous dans l'eau -, le nitrate d'argent indiqua la présence de l'acide hydrochloriquc. D'après ses expériences , le docteur Bostock considère cette substance comme étant composée, savoir :

* Nitlolson's Journ. XIV, itf.

HUMEURS DE LŒIL.

Eau 92,0

Albumine 5,5

Mucus 2,0

Hydrochlorate de soude o,5

Structure de l'œil.

SECTION XIX

Des Humeurs de l Œil.

L'oeil est un des organes du corps les plus délicats et les plus compliqués ; et cependant , c'est en même-temps celui dont la structure , et les usages de ses parties , sont, de presque tout autre quelconque des iustrumens de sensation , le mieux connus. Il est composé de plusieurs enveloppes concentriques , qui n'ont pas encore été soumises à l'examen chimique ; mais d'après les expériences de Hatchett sur des substances semblables , on peut présumer par analogie , qu'elles ont les propriétés de l'albumine coagulée. La partie intérieure de l'œil , est principalement remplie de trois substances transparentes , qui ont été appelées humeurs par les anatomistes; ces humeurs de l'oeil sont, savoir : \.°\ humeur aqueuse, placée dans la chambre intérieure de l'œil, immédiatement derrière la cornée *, i.°X humeur cristalline, le cristallin , ou lentille parce qu'il en a la forme; o\° ï humeur vitrée qui est derrière le cristallin , et qui occupe la plus grande partie de l'œil. Ou ne savait encore que très-peu de chose sur les propriétés chimiques de ces humeurs , lorsque Chenevix en publia l'analyse dans les Transactions philosophiques pour 1802. Depuis cette époque, il en a été aussi donné une analyse par Nicolas x et par Berzelius *.

I. La plupart des expériences de Chenevix furent faites, sur les yeux de mouton , comme étant ceux qu'il pouvait le plus facilement se procurer. Il essaya depuis les propriétés des humeurs des yeux d'autres animaux.

1 . L'humeur aqueuse de l'œil du mouton est un liquide Humeur aussi clair et aussi transparent que l'eau , ayant très-peu d'o- aqueusedeur ou de saveur lorsqu'elle est fraîche. Sa pesanteur spé-

Œil demouto» .

« Aan. de Chim. LUI, 3o~.

3 Armais of Philosopha, II, 385.

cifirjne est de 1,0090, à la température de 16.0 centigrades. Lorsque cette humeur est fraîche , elle altère à peine les couleurs bleues végétales *". Par son exposition à l'air , elle s évapore lentement , et devient légèrement putride; lorsqu'on la fait bouillir, il se forme un très-léger coagulum. Si l'on en évapore à siccité ïoo parties , elles laissent 8 parties de résidu. Le tannin y forme un précipité avant et après qu'elle a bouilli. Le nitrate d'argent y occasionne un précipite de chlorure d'argent; mais les autres sels métalliques n'y en produisent aucun. Ainsi il paraît que l'humeur aqueuse est de l'eau légèrement imprégnée , i.° d'albumine; 2.0 de gélatine; 3." d'hydrochlorate de soude; car Chenevix reconnut que l'acide liydrochlorique était en combinaison avec la soude. Nicolas y a découvert aussi un peu de phosphate de chaux.

Les parties constituantes de l'humeur aqueuse sont , d'après l'analyse de Berzelius , savoir :

Eau 98,10

Albumine trace.

Hydrochlorates et lactates 1,1 5

Soude, avec matière animale soluble

seulement dans l'eau °i7^

100,00 Hnmem 2. L'humeur vitrée a les mêmes propriétés que l'humeur

vitrée. aqueuse. Sa pesanteur spécifique est aussi la même , ou n'est que de très-peu plus grande. Elle est composée , suivant l'analyse de Berzelius , de :

Eau 98, 4o

Albumine o, îG

Hydrochlorates et lactates 1,42

Soude, avec matière animale soluble

seulement dans l'eau 0,02

100,00 3 . La lentille cristalline est solide; sa densité va en augmentant de la circonférence au centre. Elle est formée de couches concentriques , et elle est transparente. Sa pesanteur spécifique est de 1,1000. Lorsqu'elle est fraîche , elle a peu de saveur. Elle se putréfie très-rapidement.

* Nicolas trouva qu'elle verdissait la teinture bleue de mauve , faite à froid avec de l'eau distillée.

HUMEURS DE l'oEÏL. 583

Elle estpresqu'entièrement soluble dans l'eau. La dissolution se coagule en partie par la chaleur , et fournit avec le tannin un précipité abondant , avant et après la coagulation. Elle ne donne aucune trace d'acide hydrochlorique. Sa composition est, suivant l'analyse deBerzelius , savoir :

Eau. 58

Matière particulière 55, cj

Hydrochlorates , lactates et matière

• animale, solubles dans l'alcool 2,4

Matière animale soluble seulement

dans l'eau avec quelques phosphates. 1,5 Portions de résidu de membrane cellulaire insoluble 2,4

100,0 La matière particulière du cristallin présente, à l'exception de la couleur , tous les caractères de la matière colorante du sang. Par la combustion, elle laisse un peu de cendre contenant une très-petite portion de fer. Lorsque sa dissolution dans l'eau est coagulée en la faisant bouillir, le liquide dans lequel le coagulums était formé, rougit la teinture de tournesol; il a l'odeur des humeurs des muscles , et comme eux , il contient de l'acide lactique libre '.

II. Les humeurs de l'œil de l'homme sont composées des œ; mêmes principes que celles de l'oeil du mouton ; la seule différence sensible consiste dans leur pesanteur spécifique;

celle des humeurs aqueuse et vitrée de l'œil humain est de i,oo53 , et celle de l'humeur cristalline est de 1,0790

III. Les humeurs des yeux du bœuf sont semblables dans œu de bœuf. leur composition à celles des yeux du mouton. La pesanteur spécifique des humeurs aqueuse et vitrée est de 1,0088;

celle de l'humeur cristalline est de 1,0765.

De ces expériences , Chenevix a tiré la conclusion probable , que la différence entre la densité des humeurs aqueuse et vitrée, et celle de l'humeur cristalline, est eu raison inverse du diamètre de l'œil , pris de la cornée au nerf optique.

Il trouva que le cristallin du bœuf pesait 2 grammes, et que lorsqu'on le taillait de mauière à le réduire à environ 3 g centigrammes dans le centre , la pesanteur spécifique était de

1 fterzelius, Aimais of Philosophy, II, 385. » Phil.Tr.ins. 1802, cl Phil. Mag. XVI, 268.

de l'homme.

^ IV. Chenevix ne fait aucune mention , dans son mémoire ,

des oheaux. des yeux d'oiseaux ; maisHumphry-Davy en publia une description succincte dans le premier volume du journal de l'Institution Royale. Il y établit que Chenevix reconnut les mêmes principes dans les humeurs des yeux des oiseaux , que dans celles des yeux d'autres animaux ; mais qu'il trouva en même temps la pesanteur spécifique de l'humeur vitrée

{)lus grande dans les oiseaux que celle de l'humeur cristaline1.

V. Léopold Gmelin a fait une suite intéressante d'expériences sur la couleur noire de la choroïde de l'œil. Il recueillit, de 5oo yeux de bœufs et de veaux , environ 5 grammes de cette substance. Sa couleur est d'un brun noirâtre. Elle n'a pas de saveur, et happe à la langue comme de l'argile. Elle est insoluble dans l'eau , l'alcool , l'éther , les huiles , l'eau de chaux et le vinaigre distillé. Elle se dissout à l'aide de la chaleur dans la potasse et dans l'ammoniaque , et les acides la précipitent de ces dissolutions alcalines. L'acide sulfurique la dissout , et la liqueur acquiert une couleur noire. Dans l'acide hydrochlorique , sa dissolution ne s'opère qu'imparfaitement. L'acide nitrique, en la dissolvant, fait passer sa couleur au brun roug< àtre. A la distillation , elle donne de l'eau, une huile brune et du carbonate d'ammoniaque. 11 se développe en même-temps des gaz , hydrogène carboné, oxide de carbone, azote et oxigène. Le résidu, dans la cornue, consiste presqu'entièremeut en charbon2.

SECTION XX

De la Synovie.

Dans le ligament capsulairc des différentes articulations du corps, il se trouve un liquide particulier, évidemment, destiné à lubréiier les parties , et à faciliter leur mouvement. Les anatomistes ont donné à ce liquide le nom de synovie.

On ignore si ce fluide est le même dans différens animaux , ou dans toutes les articulations diverses du même animal; il n'a encore été fait , à ce sujet , que très-peu de recherches.

* Jour il, of the royal Instit. I, 297. » Schweigger's Journ. X, 5o;.

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