III. Calculs biliaires
H se forme quelquefois dans la vésicule du fiel , ou dans hjs!u; le conduit qui sert de passage à la bile dans le canal intestinal , des corps durs qui bouchent entièrement ce passage.
1 Ami. du Mus. d'Hisl. nat. IV, 335.
3 Mém. d'Arcueil, II, ^8.
Divisibles en
i|U»tre classes
On a donné à ces concrétions le nom de calculs biliaires ou pierres de fiel. Ces calculs fixèrent naturellement l'attention des médecins, parce qu'ils s'étaient bientôt assurés qu'ils produisaient la maladie appelée jaunisse. Aussi ces calculs furent-ils analysés et décrits par plusieurs chimistes; et Haller réunit dans le sixième volume de sa Physiologie, tous les laits recueillis sur leur nature jusqu'en 1764 .Depuis cette époque Vicq d'Azyr a publié un traité sur ces calculs-, et Poulletier de la Salle, Foincroy, Gren et Saunders ont découvert relativement à ces substances , plusieurs faits nouveaux. Thénard les a soumis à l'analyse chimique*.
On peut ranger dans quatre classes les calculs biliaires examinés jusqu'ici avec attention.
1. La première comprend ceux qui sont de couleur blanche, et qui ont une structure cristalline , éclatante et lamelleuse. Ils consistent en adipocire.
2. Ceux de la seconde espèce sont polygones , et leur couleur est d'un brun grisâtre léger; ils ont une enveloppe formée de couches minces et concentriques. Dans leur intérieur il se trouve une matière qui est ou cristallisée , ou ayant l'apparence du miel coagulé. Ils sont composés principalement d'adipocire; mais ils contiennent une petite portion de matière brune , considérée comme étant la matière de bile un peu altérée.
3. Les calculs de la troisième classe sont de couleur brune , et on les suppose composés de matière de bile altérée.
4- La quatrième classe renferme tous ceux de ces calculs qui ne s'enflamment point, mais qui se consument peu-à-peu lorsqu'on les expose à une chaleur rouge.
Nous allons examiner séparément chacune de ces classes de calculs biliaires.
Premièi i. Haller fit connaître la première espèce des calculs
bje'aucm" biliaires, daus un mémoire qu'il publia en 1749- Walther y ajouta depuis des faits nouveaux; et enfin Vicq- d'Azyr en donna une description très- exacte. Le calcul de cette espèce est presque toujours de forme ovale, gros quelquefois comme un œuf de pigeon, mais le plus communément de la grosseur d'un œuf de moineau. On en trouve rarement plus d'un à-lafois, lorsqu'il est de cette espèce, dans la vésicule du fiel. Il
* Mem. d'Arcueil , 1 , 5g.
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est de couleur blanche ; et lorsqu'on le casse , il présente une structure lamelleuse cristalline, en plaques ou stries brillantes et blanches comme le mica. 11 est doux et onctueux au toucher-, quelquefois sa couleur est jaune ou replâtre. On y observe toujours un noyau de bile épaissie1. Sa pesanteur spécifique est inférieure à celle de l'eau. Gren en trouva un dont la pesanteur spécifique était de o,8o3 8.
Lorsqu'on l'expose à une chaleur de i3^° centigrades3, ce calcul cristallisé se ramollit et se fond ; mais il cristallise de nouveau , aussitôt que la température s'abaisse. 11 est complètement insoluble dans l'eau ; mais l'alcool le dissout facilement à chaud. A la température de y5° centigrades, ce liquide en prend les o,o5 de sou poids; mais à la température de i6° centigrades, il en dissout à peine quelque portion sensible. Par le refroidissement de l'alcool, la matière se dépose en lames brillantes , semblables au talc ou à l'acide borique 4. Il est soluble dans l'huile de térébenthine 5. Par la fusion , il acquiert un aspect huileux, et exhale l'odeur de la cire fondue. Lorsqu'on le chauffe subitement, il s évapore en totalité sous forme de fumée épaisse. Il est soluble dans les alcalis caustiques, et la dissolution a toutes les propriétés d'un savon. 11 se dissont aussi dans l'acide nitrique ; mais il en est précipité par l'eau dans un état d'altération 6 ; et en effet, il s'en sépare en plus grande partie , à mesure que le liquide refroidit ; il nage à la surface comme des gouttes d'huile , et semble avoir été mis à-peu-près à l'état d'une résine par l'action de l'acide7. Fourcroy, qui examina le premier cette matière particulière des calculs biliaires , lui donna le nom iïadipocire, à cause de sa ressemblance, et avec la graisse, et avec la cire. Chevreul ne put réussir à la convertir en savon.
a. Les calculs biliaires de la seconde espèce ont la forme £,euxt^e de polvsrones , ce qui provient probablement de ce an'ils e!Pèce *$**•
. i •■ ~ ' i ' r. . . i .• • i près semblable.
existent presque toujours, en certain nombre a-'a-lois, dans
■ Fourcroy, Ann. do Chim. III, 2jq.
» Ibid. V, i8fj.
3 Chevreul, Ann. de Chim. XCV, 7.
« Ibid. Ul, a 45.
5 Gren , ibid. V, 1S8.
3 ïourcroy, ibid\ III, 2J7.
- Bostock, Kicholson's Journ. IV, 108.
la vésicule du fiel. Ils ont le plus ordinairement trois angles obtus, et ressemblent un peu à deux tétraèdres surbaissés, appliqués base à base , dont les bords et les angles sont arrondis. Ces calculs varient considérablement dans leur pesanteur spécifique. Le docteur Bostock en examina un qui semblait appartenir à cette espèce, dont la pesanteur spécifique était de 0,900 *. La pesanteur spécifique moyenne de six que j'ai analysés, était de 1,061 , et ils gagnaient fous le fond de l'eau. Leur surface extérieure est lisse , et douce au toucher. Lorsqu'on les casse, ils présentent une croûte mince, composée de couches concentriques, alternativement cristallisées eu petits rayons inclinant vers le centre. Dans tous ceux que j'ai examinés, le noyau avait l'aspect de miel grenu.
Ces calculs ne diffèrent que très-peu, dans leur composition , de ceux de l'espèce précédente , puisqu'ils consistent presque entièrement en adipocire. Dans six que j'analysai , cette matière s'élevait au-moins aux o,g5 de la totalité. Le résidu était une substance brune rougeâtre , insoluble dans l'alcool. L'acide nitrique la dissolvait facilement ; il en résultait un liquide de couleur d'oeillet, que ne précipitait point l'ammoniaque. Sa dissolution s'opéra facilement en plus grande partie dans une lessive de potasse caustique , à l'aide de la chaleur. L'acide hydrochlorique précipita de la dissolution une matière verte foncée , d'une saveur amère , so* lubie dans l'alcool, fusible par la chaleur, et manifestant la plupart des propriétés du picromel. Le résidu , insoluble dans la potasse , était en flocons gris , et ressemblait à de l'albumine dans toutes celles de ses propriétés qu'il était possible de reconnaître; mais comme la quantité ne s'en élevait jamais à plus de 8 milligrammes , il était très-difficile de déterminer avec précision sa nature.
Troisième 3. Je n'ai jamais eu occasion de voir des calculs de la
«spei'e , de ma- ,.,,'. , . . . , ,
Htre jaune ai- vésicule humaine , appartenant a la troisième espèce, ou composes entièrement de matière ]aune altérée ; mais plusieurs de ceux que Thénard examina , étaient de cette espèce.
4- On a fort peu de connaissances précises sur la nature des calculs de la quatrième espèce. Le docteur Saunders
* Bostock, INicliolson's Journ. IV, i3G.
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bous assure en avoir trouvé plusieurs également insolubles dans l'alcool et dans l'huile de térébenthine! 11 en est quelques-uns qui ne s'enflamment point , mais qui deviennent rouges, et qui se consument eu cendre à la manière d'un charbon1, tlaller cite plusieurs exemples de calculs semblables3. Il est probable quils ne diffèrent pas de ceux de la 3.e espèce.
5. Les calculs de la vésicule du bœuf sont toujours de couleur jaune . et ils consistent dans la matière jaune de bile mêlée de traces de bile , qu'on eu peut séparer par l'eau -, lorsqu'elle leur a été enlevée par ce liquide, ces calculs sont sans saveur et insolubles dans l'eau ainsi que dans l'alcool. Les peintres en font usage, quoique leur couleur ne soit pas permanente , et qu'elle passe promptement au brun 3.