DES POISSONS
et temps.
Total
Oxigéue
Azote
Acide carbonique.
nô.g
go, B 33,7
I otal
Oxigene
Azote
Acide carbonique.
Total
Oxigène
Azote
Acide carbonique.
iôo,9
ai,o
Total
Oxigène
Aiote
Acide carbonique.
MV
total
Oxigène
Azote
Acide carbonique.
Total
Oxigène
Azote
Acide carbonique.
Total
Oxigene
Azote
Acide carbonique.
lo3,7 73,4
io.i,<) 67,1
Trois tanches pendant5heur.
10 minutes.
Sept tanches pendant G heu-
Sept tanches pendant 8 heures.
Une tanche
pendant 17
heures
Trois tanches pendant ^-heures et demie.
Trois tanches pendant 5 heures.
Deux tanches pendant 7 heures*.
La quantité d'air obtenue Je l'eau de Seine s'élevait, terme moyen, aux o,o2y5, ou un peu moins des 0,028 de son volume. Le terme moyen de l'oxigène , que cet air contenait, était des o,3io, les volumes étant exprimés en centimètres cubes.
11 paraît , d'après ces expériences, que la respiration des poissons diffère considérablement de celle de tous autres animaux. L'oxigène n'est pas simplement converti en acide carbonique, ainsi que cela a lieu pendant la respiration des hommes et des plus grands animaux; mais une portion en est absorbée et introduite dans le système. Une portion d'azote est aussi absorbée. La quantité de l'air consumé par les
* Les nombres , dan* cette table , indiquent des centimètres cubes.
RESPIRAT 10 y.
poissons est extrêmement petite, lorsqu'on la compare à celle consumée par les animaux terrestres. C'est ce que fait voir la table qui suit , dans laquelle les volumes de l'air absorbé et de l'acide carbonique produit dans une heure, sont établis en pouces cubes anglais ( i6,3y centimètres cubes).
Il résulte de cette table, en la comparant avec les faits établis dans une partie précédente de cette section, que dans un temps donué, un homme consume 5oooo fois autant de gaz oxigène qu'une tanche. Cependant la présence de ce principe est également indispensable à l'existence de l'un et de l'autre.
II. Essayons actuellement de déterminer les changemens cfcmg?raeB'a produits sur le sang par la respiration. Tout le sang est ,,;.',.. porté du cœur aux poumons, il circule à travers les vaisseaux de cet organe; et, pendant cette circulation, il est exposé à l'influence de l'air que l'animal inspire continuellement dans les poumons. Or, cette action produit sur le Sang certains changemens, qui ont été en partie énoncés par Priestlev, Cigna, Fourcroy, Hassenfralz, Beddoes,
Watt, et surtout par Davy. Ces changemens, autant qu'ils ont pu être constatés , présentent les phénomènes qui suivent ; i.° le sang acquiert une couleur rouge plus vive, et le chyle disparaît-, 2.0 il perd une portion de carbone; 3.° il émet de l'eau.
1 . On sait depuis long-temps , que le sang qui coule dans les veines est d'une couleur pourpre rougeâlre foncée, tandis que celle du sang artériel est d'un rouge écarlate vif. Lower remarqua que la couleur du sang veineux était convertie dans la couleur du sang artériel pendant son passage à travers les poumons. On ne peut pas distinguer, à sa couleur blanche, le chyle dans le sang après qu'il a passé à travers les poumons. II se produit alors deux changemens sur l'aspect du sang ; 10. il acquiert une couleur d'un rouge vif; 2.0. le chyle disparaît totalement. Lower lui-même eut connaissance que le changement était produit par l'air , et Mayow essaya de prouver qu'il avoitlieu par l'absorption d'une partie de l'air. Mais les physiologistes ne commencèrent à présenter quelque explication satisfaisante des phénomènes de la respiration, qu'à partir de l'époque où le docteur Priestley eut découvert que le sang veineux acquérait une couleur écarlate . lorsqu'on le mettait en contact avec le gaz oxigène; tandis, que dans les mêmes circonstances, le gaz hydrogène en donnait une rouge foncée au sang artériel -, ou, ce qui est la même chose, que le gaz oxigène donnait instantanément au sang veineux la couleur du sang artériel ; et qu'au contraire , le gaz hydrogène donnait au sang artériel la couleur du sang veineux. Action Le sang est un fluide de nature si compliquée, qu'il n'est
^tur^e^ul" Pas facile de déterminer quels sont les changemens qu'y produisent divers gaz, lorsqu'on l'expose à leur action hors du corps ;etlors même qu'on y parviendrait, on n'a aucun moyen de prouver que les effets de ces corps gazeux sur le sang coagulé 5 sont les mêmes que ceux qu'ils produiraient sur le sang dans son état naturel , circulant dans les vaisseaux de l'animal vivant. Voici les faits qu'on a pu reconnaître. 1. Oxigtn». 1-°H paraît, d'après les expériences de Priestley, Girfanner et Hassenfratz, que lorsqu'on expose le sang veineux à l'action du gaz oxigène, en le tenant renfermé avec ce gaz , il prend à l'instant même une couleur écarlate. Davy n'aperçut aucune diminution sensible dans ie volume du gaz.
Si». Le même changement de couleur a lieu lorsqu'on
expose le sang à l'influence de l'air atmosphérique. Dans ce cas, il se forme une certaine quantité de gaz acide carbonique, et il disparaît une quantité de gaz oxigène exactement égale en volume ; en tenant compte toutefois de la petite quantiie d'acide carbonique , qu'on suppose être absorbée par le sang lui-même.
3.e Le sang veineux, exposé à l'action du gaz azote, reste s. Aïoie. sans altération daus sa couleur; et il n'en résulte aucune diminution sensible dans le volume du gaz.
4-e Si l'on expose le sang veineux à l'action du deutoxide/,. Deutoxid. d'azote, il prend une couleur pourpre foncée, et il y a *^Kabsorption des 0,126 environ du gaz.
5.e Par son exposition à l'action de l'oxide nitreux,le sang 5 0xi(!e •veineux devient d'un pourpre plus vif, sur-tout à la surface, nitrsl"<et une portion considérable du gaz est absorbée.
6.e Le sang veineux prend une couleur rouge brunâtre, B Ac,[!t plus foncée qu'à l'ordinaire , lorsqu'on le soumet à l'action du f«*«««n* gaz acide carbonique , et le gaz éprouve une légère diminution de volume..
7-e Le gaz hydrogène carboné donne au sang veineux une ». Hydrogèn* belle couleur rouge, d'une nuance plus foncée que celle que Lalbonelui fait prendre l'oxigène , ainsi que le remarqua , pour la première fois, le docteur Beddoes ; et en même-temps, il y a absorption d'une petite portion du gaz. Le docteur Watt l'ut le premier qui découvrit que ce gaz a la propriété d'empêcher, ou au-moins de retarder la putréfaction du sang '.
8.° Le docteur Priestley reconnut que le sang artériel, s*»g*rtériel mis en contact avec le gaz azote , ou avec le saz acide car- ,.,„ "en,llJ,0
\-j t \j u une couleur
bonique , prenait peu à-oeu la couleur foncée du sang vei- p'.us fo
' T ii • 1 f ■ 1 / • 1 p.V lesgai.
lieux 2. 11 observa aussi que le sang artériel acquérait la cou- *> leur du sang veineux, lorsqu'il était placé dans le vide ; d'où "* ■ li! ' il suit, que cette altération de couleur est due à quelque changement qui s'opère dans le sang lui-même, et qui est indépendant de tout agent extérieur 3.
Le sang artériel acquiert bien plus rapidement une couleur beaucoup plus foncée , si on le laisse en contact avec le gaz
• Davv's Researchrs . p. 3So.
2 Priestley, III , 363.
3 Ibid. , et Ann. de Chim. \\ , -269.
* Fotircroy, Ann. de (Jliim. Vil , 1J9.
fée
nzatoiM
hydrogène placé au-dessus de lui4. Il est donc probable, que la présence de ce gaz accélère et augmente le changement , qui aurait eu lieu sur le sang sans aucun agent extérieur.
Par le repos. 9-" Si on laisse le sang artériel en contact avec du gaz oxigène , il acquiert peu-à-peu la même couleur foncée qu'il aurait prise dans le vide , ou en contact avec le gaz hydrogène -, et après que ce changement a eu lieu , l'oxigène ne peut plus rétablir la couleur écarlate *. Ce n'est donc que sur une partie du sang que l'oxigène agit ; et lorsque cette partie a subi le changement qui occasionne la couleur foncée , le sang n'est plus susceptible d'être affecté par l'oxigène. Et par io.eHasseufralz ayant fait passer de la vapeur de chlore
8 chlore- dans du sang veineux , le sang fut décomposé sur-le-champ , et prit une couleur foncée presque noire -, avec l'acide hydrochlorique, la couleur du sang n'éprouva aucune altération*. Théorie a* ^e docteur Priestley, le premier des chimistes moder-
de Priestiey. nes qUj porta son attention sur la respiration , conclut de quelques-unes de ses premières expériences , que le sang , en traversant les poumons , donnait du phlogistique à l'air, que cet air était expiré chargé de ce principe; et que, par conséquent,l'objet de la respiration était d'enlever au sang le phlo- Modifté« gistique. Bientôt après, Lavoisier détermina avec plus de pré-
Pm Lavoisier. cjsjon les cliangemens que l'air subit pendant la respiration-, et il établit aussi une théorie pour l'explication des phénomènes de cette fonction , en la fondant sur ce que tous les changemens produits sur l'air inspiré se faisant dans les poumons , c'était là que toutes les nouvelles substances expirées se formaient. Suivant lui , le sang n'absorbe pas d'air dans les poumons-, mais il abandonne de l'hydrogène et du carbone, qui, en se combinant avec l'oxigène de fair inspiré , produisent de l'eau et de l'acide carbonique. Laplace, Crawford, Green et Girtanner , adoptèrent cette théorie avec une petite modification. Elle ne diffère , en effet, que dans son développement, de l'hypothèse première du docteur Priestley, que l'objet de la respiration est la séparation du phlogistique du sang ; car si l'on substitue l'hydrogène et le carbone au phlogistique , les deux théories s'accordent parfaitement. Lavoi-
» Fourcroy, Ann. de Cdim. IX, aG8.
■ Ibid.
RESPIRATION. 6gi
sier n'essaya pas de prouver la vérité de la sienne ; il chercha seulement à faire voir que Poxigène absorhé correspond exactement avec la quantité d'oxigène, contenu dans l'acide carbonique et dans l'eau, émis.
Lagrange proposa depuis une théorie bien différente. Sui- Théorie vant lui, le gazoxigènequi disparaît, se combine avec le sang de L'ëraBselorsqu'il passe à travers les poumons; et au moment où cette combinaison s'opère, il se dégage du sang une certaine quantité de gaz acide carb'onique et d'eau, qui sont rejetés avec l'air expiré. Hassenfratz adopta cette théorie , et en donna le développement Mais comme la quantité d'acide carbonique formé est exactement égale au volume de l'oxigène qui disparaît, il s'ensuit que cet oxigène doit être converti en acide carbonique dans les poumons , car l'oxigène , lorsqu'il est changé en acide carbonique , n'éprouve pas sensiblement d'altération dans son volume. Il faut donc alors que le sang émette dans les poumons jusqu'à 6^0 grammes environ de carbone par jour, et c'est , je le conçois, tout ce qui a lieu dans les poumons. La vapeur aqueuse est, à-la-vérité , sécrétée sans doute du sang pour se mêler avec l'air inspiré; mais la sécrétion se fait probablement dans des organes appropriés. Par la perte de carbone , le sang veineux est converti en sang artériel. C'est précisément la même chose qui arrive lorsqu'on expose le sang veineux à l'air.
Je présume que la conversion du chyle en sang se fait chyle roman dans les vaisseaux sanguins. En effet , le sang est un fluide qui eo sa"g éprouve continuellement une suite de changeinens. Il s'ensuit qu'il n'est conservé dans une nature semblable qu'au moyen de matière nouvelle qui afflue continuellement, et qui, continuellement , est transformée en sang. D'après les observations les plus exactes qui aient été faites jusqu'à présent , il paraît, que le chyle et la lymphe ne contiennent point de fibrine; et cependant, c'est cette dernière substance qui constitue une partie essentielle du sang. Cette fibrine est employée à réparer la dissipation que font les muscles , qui , comme parties les plus actives du corps, ont très-probablement besoin de la plus fréquente restauration. Elle sert sans doute aussi à d'autres objets utiles. La quantité de fibrine dans le sang , doit alors diminuer continuellement , et par conséquent il doit s'en former constamment de nouvelle. Mais les seules substances qui puissent contribuer
à cette formation , sont le chyle et la lymphe , et elles ne contiennent ni l'une ni l'autre la fibrine. Il doit donc s'opérer une décomposition continuelle du chyle et de la lymphe dans les vaisseaux sanguins , et une formation nouvelle non interrompue de fibrine. Il peut s'y produire aussi d'autres substances ; mais on est certain qu'il faut que celle-ci s'y forme , puisqu'elle n'existe pas préalablement. Or , l'un des principaux objets de la respiration, est sans doute de faciliter cette décomposition du chyle etlaformation complète du sang. 11 est impossible de dire de quelle manière le chyle , ou une partie du chyle se convertit en fibrine : nos connaissances à cet égard sont encore trop bornées pour qu'elles puissent nous rendre capables de dévoiler le mystère qui enveloppe cette opération ; mais nous pouvons voir au-moins, qu'il faut que la partie du chyle qui doit se convertir en fibrine abandonne une portion de son carbone ; d'où il suit , qu'à mesure que la formation du sang s'avance , le carbone s'accumule de plus en plus dans le liquide ; de manière que si l'excès n'en était pas enlevé, le procédé s'arrêterait , et probablement le tout entrerait en putréfaction. On en peut donc alors conclure, qu'un desgrands objets de la respiration est de soustraire ce carbone , par la formation de facide carbonique. Comment cela s'opère-t-il? c'est ce que nous ne pouvons pas , quant à présent , expliquer ; mais le fait n'est pas douteux.
Mais la soustraction du carbone n'est pas le seul avantage chaleur qui résulte de la respiration : la température de tous les animaux en dépend. On sait depuis long-temps , que ceux des animaux qui ne respirent pas ont une température de très-peu supérieure à celle du milieu dans lequel ils existent. Ce cas est celui des poissons et de beaucoup d'insectes. L'homme, au contraire, et les quadrupèdes qui respirent, ont une température beaucoup plus élevée que celle de l'atmosphère : la température de l'homme est d'environ 3j° centigr. Les oiseaux, qui respirent proportionnellement une plus grande quantité d air que 1 homme , ont une température de 3q à 4o° centigr. Il a été prouvé que la température de tous les animaux est proportionnelle à la quantité d'air qu'ils respirent dans un temps donné.
Ces faits semblent devoir suffire pour démontrer que la chaleur des animaux dépend de la respiration. Cependant- ou
tuitaale.
RESPIRATION. 6(p
n'avait fait aucun essai pour expliquer la cause de la température des animaux qui respirent, avant que la doctrine du docteur Black, sur la chaleur latente, fût connue. Ce savant , dont les découvertes ont servi de base à toute la partie scientifique de la chvmie , vit tout d'un coup la lumière que sa doctrine répandait sur cette partie de la physiologie ; aussi l'appliquat-il de bonne heure à l'explication de la température des animaux.
Suivant lui, une partie de la chaleur latente de l'air in- Théorie du spire devient sensible; et par conséquent la température des docle^ B*»«fa poumons , et du sang qui les traverse , doit s'élever ; et le sang, ainsi échauffé, communique sa chaleur à toutes les parties du corps. Cette opinion était ingénieuse , mais susceptible d'une objection sans réplique ; car, s'il en était ainsi, la température devrait être plus grande dans les poumons que dans toute autre partie du corps, et diminuer proportionnellement à mesure que la distance aux poumons augmente, ce qui ne s'accorde pas avec les faits. La théorie fut en conséquence abandonnée par le docteur Black luimême ; il ne lit du-moins aucun effort pour la soutenir.
Le docteur Crawford , qui considérait tous les change- .
mens produits par la respiration comme ayant lieu dans les d« Cr»wfo«î. poumons, expliqua l'origine de la chaleur animale presque exactement de la même manière que le docteur Black. Suivant lui, le gaz oxigène de l'air se combine dans les poumons avec le carbone fourni par le sang. Pendant cette combinaison , l'oxigène abandonne une grande quantité du calorique avec lequel il était combiné ; et ce calorique suffit , nonseulement pour maintenir la température du corps, mais aussi pour emporter l'eau nouvellement formée à l'état de vapeur, et pour élever considérablement la température de l'air inspiré. Ainsi, selon Crawford, tout le calorique qui maintient la température du corps, se développe dans les poumons. Sa théorie était donc susceptible de la même objection que celle du docteur Black ; mais Crawford la prévint ainsi : il trouva q'ie le calorique spécifique du. sang artériel était i ,o3oo , tandis que celui du sang veineux n'était que o,8()2,8. De là il conclut, qu'à l'instant où le sang veineux est converti en sang artériel, son calorique spécifique augmente, et qu'il exige par conséquent une quantité additionnelle de calorique pour maintenir sa température aussi
(>g \ FONCTIONS DES ANIMAUX.
élevée qu'elle l'avait été, tandis que le sang était veineux*. Celte addition est si grande, que tout le nouveau calorique développé y est employé. Ainsi donc , la température des poumons doit nécessairement rester la même que celle des autres parties du corps. Pendant la circulation , le sang artériel est converti par degrés en sang veineux; par conséquent son calorique spécifique diminue, et il doit donner de la chaleur. C'est par cette raison que la température des extrémités du corps ne diminue pas.
Insuffisante. Mais cette théorie, toute ingénieuse et plausible qu'elle est, n'a pu se maintenir, d'après les résultats de recherches subséquentes. John Davy a fait voir que la différence entre le calorique spécifique du s;mg artériel et du sang veineux est beaucoup plus petite que le docteur Crawford ne l'avait estimée. Suivant lni , le calorique spécifique de ces deux liquides est , savoir :
Sang artériel °iS1^
Sang veineux o,go3
Delaroche et Berard ont reconnu que le calorique spécifique du gaz oxigène et du gaz acide carbonique diffère beaucoup moins que Crawford ne l'avait supposé. Suivant eux, le calorique spécifique est pour l'un et l'autre de ces gaz, savoir :
Gaz oxigène o,8848
Gaz acide carbonique. . . . 0,8280
Or, d'après des différences si peu sensibles, il serait difficile d'admettre l'application qu'en fait le docteur Crawford, pour servir d'éclaircissement à sa théorie. Mais, les objections les plus fortes contre cette théorie , sont celles qui résultent des expériences de M.Brodie. Il trouva, que lorsqu'on maintient artificiellement la respiration dans les poumons d'animaux auxquels on a coupé la tête, la proportion ordinaire de gaz acide carbonique est formée, et la circulation continue à-peu près comme elle a habituellement lieu. Cependant, la chaleur diminue plus rapidement dans ces animaux sans tète que dans un animal mort , dans lequel on
* Il est probable que la véritable pensée »le l'auteur était : pour maintenir sa température plus élevée qu'elle ne Pavait clé , ett
Note 'Hit Traducteur.
ACTION DES REINS. 6o,5
c'a pas maintenu artificicllementla respiration *. M.Brodie conclut de ces expériences, que la production de la chaleur animale est due à l'action du cerveau , et non pas à la respiration. Je considère ces expériences comme ayant entièrement détruit les bases sur lesquelles la théorie du docteur Crawford était établie. Mais je suis disposé à penser, que M. Brodie a poussé beaucoup trop loin les conséquences qu'il en a tirées , lorsqu'il s'imagine qu'il n'existe aucun rapport entre la respiration et la production de chaleur animale. Le fait seul, que tous les animaux qui respirent régulièrement, sont à sang chaud-, tandis que les animaux amphibies et les poissons sont à sang froid, me semble établir de la connexité entre la respiration et la chaleur, quoique nous ne puissions pas expliquer de quelle manière la chaleur se développe.
SECTION III
De l'Action des Reins.
On est fondé à supposer , d'après ce qui vient d'être dit, que le chyle et la lymphe se convertissent en sang pendant la circulation ; mais, outre les poumons et les artères, il est un autre organe dont la seule fonction est de produire aussi dans le sang un changement quelconque, /qui le rende plus complet, et plus propre aux différens objets auquels il est appliqué. Cet organe a reçu le nom de rein.
Le sang passe en très-grande proportion à travers les reins ; il y a même tout lieu de conclure , que très-fréquemment la totalité du sang les traverse. Ces organes séparent l'urine du sang, pour être évacuée ensuite comme n'étant d'aucune utilité à l'animal.
Les reins sont indispensables au maintien de la viedel'ani- Action des reim mal; car il meurt très-prornptement lorsqu'une maladie quelconque les empêche d'effectuer leurs fonctions: donc le changement qu'ils produisent sur le sang est un changement nécessaire pour lui donner la qualité qui convient aux usages auxquels ils est destiné.
Puisque 1 excrétion de l'urine a immédiatement lieu , il est
* PJÙl, Trans. 1B12, p. 3^8.
Change l.i
rAiùrç uu sang
évident que le changement opéré par les reins ne se réfère qu'au sang. Ce changement n'est pas simplement la soustraction d'une certaine quantité d'eau et de sels , accumulés dans le sang -, mais il se produit certainement un changement chimique, soit sur tout le sang, soit au-moins sur quelque partie importante du sang ; car il se trouve dans l'urine deux substances, l'urée et l'acide urique, qui n'existent pas dans le sang. Ces deux substances se forment donc dans les reins; et, comme elles sont rejetées après leur formation , sans aucune autre destination , il est évident qu'elles i;e sont pas formées dans les reins pour leur propre utilité. Il faut donc , alors , que quelque partie du sang se décompose dans le rein, et qu'il en résulte une ou plusieurs substances nouvelles ; l'urée ainsi que l'acide urique doivent s'y produire en même-temps, en conséquence de l'action combinée des affinités qui déterminent le changement opéré sur le sang ; et ces deux substances étant inutiles, elles sont rejetées avec une certaine quantité d'eau et de sels. 11 est très-probable que ces derniers corps étaient nécessaires pour amener les changemens qui se font dans les artères et dans les reins, et que ces changemens une fois effectués , leur utilité cesse.
On ignore absolument quels sont les changemens que les reins font éprouver au sang; mais il est évident qu'ils sont d'une grande importance. Si la méthode d'analyse des substances animales était assez perfectionnée pour admettre des conclusions exactes , on pourrait répandre beaucoup de lumière sur ce sujet , en soumettant séparément à l'analyse une certaine portion de sang tiré de la veine émulgente et nue autre portion tirée des artères , et en déterminant d'une manière précise par quels caractères particuliers ces deux espèces de sang diffèrent l'une de l'autre.
SECTION IV
De la Transpiration.
Nous avons vu que les principaux changemens que le sang éprouve, au-moins autant que nous avons pu jusqu'à présent les reconnaître , ont lieu dans les poumons' dans les reins , ei dans les artères. Dans les poumons, il se dégage du sang une certaine quantité d'eau et de gaz acide carbonique-, et
transpirte.
dans les reins, l'urine est formée et s'en sépare. Il paraît aussi qu'il est rejeté quelque chose du sang pendant qu'il circule dans les artères, au-moins à travers ceux des vaisseaux qui avoisinent le plus la surface du corps; car il est de fait qu'il s'émet continuellement certaines substancesdes peaux desanimaux. Ces substances sont connues en général sous le nom de matière transpirable ou transpiration. Elles ont beaucoup de ressemblance avec ce qui est émis dans les poumons ; ce qui rend probable que l'une et l'autre de ces excrétions sont dues à la même cause; savoir, la décomposition produite dans le sang par les effets de la respiration.
On a fait beaucoup d'expériences pour déterminer la quan- Quantifé tite de matière qui transpire par la peau. C'est a Sanctonus qu'on en doit la première suite , et elle n'est pas la moins remarquable. Il continua ces expériences pendant au-moins 3o ans. Après s'être assuré de son propre poids, et de celui de ses alimens , tout ce qu'il perdait en poids en excédant de celui de ses excrémeas, il l'attribuait à la transpiration. Des expériences semblables furent faites depuis en France par Dodart ; en Angleterre par Keil ; en Irlande par Bryaii , Iloberston et Rye ; et dans la Caroline par Liuing. Haller recueillit le résultat de toutes ces expériences; mais elles ne donnent aucune évaluation précise de la quantité totale à laquelle la transpiration peut s'élever , puisque ces savansr n'ont pas fait de distinction entre la perte qui se fait par la peau , et celle qui a lieu par les poumons. Lavoisier et Seguin sont les seuls qui aient essayé de déterminer la quantité de matière qui transpire par la peau. Seguin fut ordinairement lui-même le sujet des expériences. Il se renfermait dans un sac de taffetas gommé , et parfaitement imperméable à l'air, et ce sac était exactement fermé au-dessus de sa tête. On avait fait à ce sac , au devant de la bouche de Seguin , nue ouverture dont on collait avec soin les bords tout à l'entour de la bouche au moyen d'un mélange de térébenthine et de poix : de cette manière tout ce qui se dégageait du corps était retenu dans le sac, à l'exception de ce qui s'échappait des poumons par la respiration. En se pesant dans une balance très-sensible au commencemunt de l'expérience , et après être resté pendant un certain temps dans le sac , il s'assurait de la quantité de matière enlevée par la respiration. Il se pesait ensuite sans cette enveloppe de taffetas gommé ,
698 fonctions des animaux.
et en se pesant de nouveau après le même espace de temps que dans la première expérience, il avait exactement ainsi la perte de poids occasionnée par la transpiration et par la respiration. En déduisant de la somme totale la diminution de poids indiquée par la première expérience , il déterminait la quantité de matière qui s'échappait par la transpiration dans un temps donné. On parvint à constater au moyen de ces expériences les faits suivans.
i. Le maximum de matière transpirée par minute, s'éle-
gram. gram.
vait à 1,700, et le minimum n'était que de o,583, ce qui
gram.
donne pour terme moyen par minute i,i4-i •> et pour 24 heures 164^ grammes. Cette quantité diffère moins qu'on ne devait s'y attendre du résultat des premières expériences faites par Dodart , Keil , Rye , etc.
2. La transpiration est augmentée par la boisson , mais elle ne Pest pas par l'aliment solide.
3. La transpiration est à son minimum immédiatement après le repas. Elle atteint son maximum pendant la digestion *.
La quantité de matière transpirée diffère considérablement selon les circonstances. On a reconnu, que c'est dans les temps chauds , dans les climats chauds , et après beaucoup d'exercice, qu'elle est la plus grande *, et l'on sait depuis long-temps qu'elle est en rapport avec la quantité d'urine évacuée. Celleci est très -petite, lorsque la transpiration est grande, et vice versa.
Substance» Il est difficile de déterminer la nature de la substance émise par la transpiration , parce quelle passe d une manière invisible , et en petites quantités à-la-fois. On a pourtant reconnu l'eau , le carbone , et une matière huileuse parmi les matériaux de cette évacuation; et il s'émet par fois aussi, à travers la peau, un acide, du phosphate de chaux, et même de l'urée.
si lape™ On a supposé que la peau absorbe l 'humidité de l'air;
absorbe ou non . ■ • rr *..*.,•/ n , , •
1 humidité, mais loin que cette opinion ait ete continuée par expériences , elles prouvent plutôt le contraire.
Ce qu'on a principalement allégué en faveur de la faculté qu'aurait la peau d'absorber, c'est la quantité d'humidité qui
* Fourcroy.
accompagne l'urine , évacuée dans certains cas ; évacuation qui excède non-seulement le volume de la boisson prise par le malade , mais même la niasse totale de sa boisson et de ses alimens-. Mais il faut se rappeler que dans le diabètes, maladie qui se rapporte à ces cas, le poids du corps diminue continuellement, et qu'en conséquence une partie doit en être constamment rejetée. Il est, en outre, presque impossible dans cette maladie de s'assurer d'une manière exacte de la quantité des alimens pris par les malades ; et dans ceux des cas où les observations ont pu se faire avec précision , et sans qu'il y eut lieu de soupçonner de mauvaise loi , on trouva que la quantité d'urine n'excédait pas celle des boissons '. Dans un cas de diabètes, rapporté avec beaucoup d'exactitude parle docteur Gérard , le malade avait été baigné régulièrement , pendant la première partie de la maladie , dans de l'eau tiède , et après , dans de l'eau froide. On le pesait avant et après le bain, et jamais on ne remarqua de différence sensible dans son poids a. Si , par conséquent , il y avait eu dans ce cas absorption , elle devait avoir été très-petite.
Il est bien connu que les bains froids appaisent beaucoup la soif. Ce fut, en y ayant recours, que le capitaine Blig parvint à conserver son monde frais et en bonne santé pendant son vovage très-extraordinaire à travers la mer du sud. On a considéré ce soulagement, éprouvé par l'usage des bains froids , comme étant dû à l'absorptiou d'eau par la peau ; mais le docteur Currieavait un malade dépérissant faute d'alimens, parce qu'une tumeur dans 1 œsophage lui ôtait toute possibilité d'en prendre , et dont la soif était toujours appaisée par le bain ; et cependant il n'y avait après le bain aucune augmentation sensible de poids , qui paraissait plutôt , au contraire , avoir diminué. Il ne paraît donc pas, que dans ni l'un ni l'autre de ces cas, il y eût eu absorption d'eau.
Seguin a, de plus, fait voir par une expérience plus décisive encore , que la peau n'absorbe pas l'eau pendant le bain. Il chargea leau d'un sel mercuriel, et il trouva que le mercure ne produisait aucun effet sur la personne qui se baignait , pourvu qu'aucune partie de la cuticule n'eût été offensée; mais lorsqu'on eut enlevé par le frottement une portion de la
• Rollo , on Diabètes.
• ibid. 11, 73.
cuticule , la dissolution mercurielle fut absorbée , et les effets du mercure sur le corps devinrent évidens. Il s'ensuit irrésistiblement, que l'eau, au-moins à l'état d'eau, n'est absorbée par la peau, lorsque le corps y est plongé , qu'autant que la cuticule a été préalablement enlevée.
On peut considérer cette expérience comme une preuve complète , qu'il n'existe rien de semblable à une absorption ayant lieu par la peau; et que, par conséquent, le gaz acide carbonique, dont la présence se manifeste lorsque le corps est si u peau plongé dans l'air, est dû à l'émission de carbone. Mais ou doit tressùbsunces, observer, que de ce qu'il est prouvé que la peau ne peut pas absorber l'eau , il ne s'ensuit pas qu'elle ne soit pas capable d'absorber d'autres substances , et particulièrement le gaz oxigène, qui est très-différent de l'eau. Il est bien connu que l'eau ne passera pas à travers une vessie, au-moins pendant quelque temps; cependant le docteur Priestley trouva que le sang veineux acquérait la couleur du sang artériel produite par le gaz oxigène, tout aussi promptement, lorsque ces substances étaient séparées par une vessie , que lorsqu'elles étaient en contact effectif. Il trouva aussi que des gaz renfermés dans des vessies, perdaient par degrés leurs propriétés. Il est clair, d'après ces faits, que le gaz oxigène peut passer à travers des vessies; et si cela a lieu, pourquoi ne pourrait-il pas aussi passer à travers la cuticule? Nous voyons, de plus , par les expériences de Cruickshanks , que la vapeur transpirée passe à travers du cuir, de celui même préparé pour garantir de l'humidité, au-moins pendant un certain temps. Il est possible alors que l'eau, lorsqu'elle est à l'état de vapeur , ou dissoute dans l'air , soit absorbée , quoique comme eau, à l'état d'eau, elle soit incapable de traverser la cuticule. Ainsi les expériences , qui ont été iaites jusqu'à présent sur l'absorption de la peau , ne suffisent pas pour prouver que l'air et la vapeur ne peuvent pas pénétrer la cuticule , pour peu qu'il y ait des faits qui rendent probable la supposition contraire.
Or, on ne peut nier que de tels faits n'existent. Je ne produirai pas, à-la-vérité, l'expérience de Van Mons comme en étant un de ce genre, parce qu'elle est susceptible d'objections, et n'est rien moins que décisive. Ayant à soigner \m malade, qui fut pendant plusieurs jours hors d'état de pouvoir prendre aucune nourriture, à raison d'une blessure