CHAPITRE IV
De la Décomposition des Corps animaux.
La rapidité avec laquelle les corps animaux se décomposent , et l'odeur fétide et dégoûtante qui accompagne cette décomposition, ont été considérées depuis long-temps comme un de leurs caractères les plus remarquables. Cette destruction spontanée a reçu le nom de putréfaction. Elle a été l'objet de l'attention des chimistes. Beccher et Stabl décrivirent avec exactitude les phénomènes qui l'accompagnent, et les circonstances qui sont nécessaires pour qu'elle ait lieu. Boyle et Beale ' firent sur ce sujet plusieurs observations très-curieuses. Nous devons à sir John Pringle quelques expériences très-importantes sur la manière de retarder la putréfaction *. Celles de Macbride n'ont pas été moins intéressantes , quoiqu'il en ait tiré des conséquences erronnées. Crellet Priestley présentèrent à ce sujet des faits très-curieux; mais ce furent Bertbollet et Lavoisier , qui essayèrent les premiers de déterminer les vrais changemens qui ont lieu, et de reconnaître la manière dont les nouveaux produits qui se manifestent pendant la putréfaction sont formés. Cependant malgré toutes les recherches de ces chimistes célèbres, et de plusieurs autres, nous sommes encore loin de pouvoir suivre les changemens compliqués qui ont lieu pendant la putréfaction , et de les expliquer d'une manière satisfaisante.
1 Phil. Trans. IV, 1 ~.V'.
? Ibid. XL\ I, 480/ etc.