DÉCOMPOSITION DES CORPS ANIMAUX
Condition» On sait depuis long-temps , que la putréfaction n'a jamais ne"o"u'r" l'eu dans celles des substances animales qui ne sont composées * putréfaction. q,)e de deux ou de trois principes , telles que les huiles, les résines et le sucre ; il faut toujours qu'elles soient d'une nature plus compliquée ; et peut-être même , dans tous les cas, un mélange de deux, ou d'un plus grand nombre de corps composés , est-il nécessaire pour une prompte décomposition. Mais , quelque compliquées que puissent être les substances animales, elles ne se putréfient pas sans présence d'humidité ; car les substauces animales desséchées ne sont pas susceptibles d'altération. Il faut aussi un certain degré de chaleur. On peut garder pendant long -temps les corps animaux à la température de la congélation , sans qu'ils se décomposent. En général, plus la température est élevée, plus la putréfaction est rapide , pourvu que la chaleur ne soit pas assez forte pour réduire le corps animal à l'état de dessîcation. On a remarqué aussi que la putréfaction avance plus rapidement en plein air ; mais quoique cette circonstance modifie la décomposition , elle n'est pas absolument nécessaire.
Putréfaction Si , ces conditions étant observées , on abandonne la matière animale morte à elle-même, sa couleur devient par degrés plus pâle , et sa consistance diminue : si c'est une partie solide, telle que la chair , elle se ramollit, et il en exsude une matière séreuse , dont la couleur change promptement ; la contexture de la partie devient lâche,, et son organisation est détruite -, elle acquiert une odeur désagréable : la substance s'affaisse par degrés , et elle diminue de volume -, son odeur devient fortement ammoniacale. Si la matière est contenue dans un vaisseau fermé , les progrès de la putréfaction parvenue à ce degré semblent se ralentir ; il ne se manifeste d'autre odeur que celle alcaline piquante. La matière fait effervescence avec les acides , et verdit le sirop de violettes. Mais si la communication avec l'air est rétablie, l'odeur urineuse se dissipe , et elle est remplacée par une odeur particulière putride et des plus insupportables , qui se répand avec une sorte d'impétuosité. Cette odeur, qui continue pendant long-temps , et qui pénètre par-tout , affecte les corps des animaux vivans à la manière d'un ferment, capable d'altérer les fluides. Cette odeur est corrigée , et comme enchaînée par l'ammoniaque; mais lorsque cet alcali s'est volatilisé, la
dans l'air.