‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 205 sur 228 · Deuxième Partie · texte numérisé non relu

Deuxième Partie

Des Lois du Refroidissement.

On sait que lorsqu'un corps se refroidit dans le vide , sa

J02 ÀPPENDIX.

chaleur se dissipe entièrement sous forme rayonnante, et que lorsqu'il est placé dans l'air, ou dans tout autre fluide, son refroidissement devient alors plus rapide , parce que la perte occasionnée par le fluide s'ajoute à celle que produit le rayonnement. Il est donc indispensable de distinguer ces deux effets ; et comme ils sont assujétis à des lois différentes, il est nécessaire de les étudier isolément ; c'est ce que nous avons fait en nous occupant successivement du refroidissement dans le vide et dans les gaz. Mais nous ne pourrons donner de cette partie de notre travail qu'une analyse fort abrégée , la plupart des méthodes dont nous avons fait usage reposant sur des considérations mathématiques trop étrangères au plan général de cet ouvrage.

Pour arriver à découvrir la loi élémentaire du refroidissement , c'est-à-dire , celle que suivrait un corps de dimensions assez petites pour qu'on put supposer à chaque instant tous ses points à la même température , c'eût été inutilement compliquer la question, et peut-être la rendre insoluble, que d'observer d'abord la marche du phénomène dans les solides, puisque l'on embrasserait alors un élément de plus, savoir, la distribution intérieure de la chaleur qui dépend de la conductibilité. Etant ainsi forcés d'avoir recours aux liquides , le thermomètre à mercure lui-même nous a paru l'instrument le plus approprié à ce genre d'expérience; mais comme il est nécessaire , quand on opère à de hautes températures , de donner au corps qu'on observe un volume assez considérable pour que son refroidissement ne soit pas trop rapide , il fallait, avant tout, examiner quelle influence peut avoir sur la loi du refroidissement la masse plus ou moins grande du liquide contenu dans le réservoir du thermomètre : il n'était pas moins important de rechercher si cette loi dépend de la nature du liquide , de la nature et de la forme du vase dans lequel ce liquide est renfermé : cette discussion préliminaire a été l'objet d'une série d'expériences dont nous allons faire connaître les résultats.

Dans ces expériences, comme dans toutes celles qui les ont suivi , nous avons déduit de chaque série d'observation les vitesses de refroidissement correspondantes aux diverses températures du corps sur lequel nous opérions. Par vitesse de refroidissement , nous entendons le nombre de degrés donl la température du corps s'abaisserait durant une

minute , si le refroidissement était uniforme pendant cette minute. Ce nombre diffère, mais extrêmement peu, de la perte réelle de température pendant le même temps ; car la vitesse de refroidissement diminue pendant toute sa durée, quelque courte qu'elle soit. Cette petite différence était déterminée dans chaque cas par le calcul.

Dans la loi du refroidissement proposée par Newton , les vitesses devraient rester proportionnelles aux excès de température du corps sur celle du milieu environnant. Cette relation si simple est fort loin de se vérifier, surtout dans les températures élevées. Il était même possible de supposer que la loi réelle du refroidissement ne serait pas la même dans tous les cas. C'est ce que les expériences préliminaires dont nous parlons rendent évident. Elles prouvent que la nature du liquide conteuu dans le thermomètre, sa masse,

Îîourvu qu'elle n'excède pas de certaines dimensions , enfin a forme du vase qui lui sert d'enveloppe, n'ont aucune influence sensible sur la relation qui existe entre les températures et les vitesses de refroidissement , mais qu'il n'en est pas de même de l'état de la surface par laquelle s'opère la déperdition de la chaleur. Cet élément est donc le seul auquel on doive avoir égard dans la recherche de la loi générale du refroidissement.

La pièce principale de cet appareil est un grand ballon de Appareil cuivre à parois très-minces et noircies intérieurement. Le col saillant de ce ballon est fermé par une plaque de verre usée avec soin sur les bords même de l'orifice qu'elle doit fermer. Cette plaque est percée à son centre d'une ouverture circulaire dans laquelle on introduit à frottement un bouchon qui porte la tige du thermomètre dont on veut observer le refroidissement. L'échelle de cet instrument commence immédiatement au-dessus du bouchon , et sa boule se trouve au centre du ballon. Enfin , celui-ci est plongé jusqu'à une petite distance de ses bords dans une grande cuve cylindrique pleine d'eau, où il est invariablement retenu par de fortes traverses. Cette eau peut d'ailleurs être échauffée ou refroidie à volonté. Voici maintenant la marche suivie dans chaque expérience.

L'eau de la cuve étant portée à la température convenable, et le thermomètre engagé dans la plaque de verre étant chauffé presque à l'ébullitioa du mercure , on le transpor-

dtstiné n:jx expériea .; .

^34 ÀPPENDÏX.

tait rapidement dans le ballon ; on descendait alors sur sa tige une cloche usée par le bas, et munie dans le haut d'un robinet qui communiquait par un tube de plomb à la platine d'une machine pneumatique, au moyen de laquelle on enlevait l'air contenu dans l'appareil. Si le refroidissement devait avoir lieu dans le vide , l'expérience pouvait commencer aussitôt. Si l'observation devait se faire dans l'air ou dans un gaz y il fallait , après avoir fait le vide , laisser rentrer la quantité convenable d'air ou de gaz à travers un tube plein de muriate de chaux, pour exclure toute humidité.

Enfin, les recherches préliminaires dont nous avons parlé ayant fait connaître l'influence de la nature des surfaces sur la loi du refroidissement , il était indispensable d'étudier cette loi pour divers états de la surface des thermomètres; mais il fallait aussi que ces surfaces n'éprouvassent aucune altération aux plus hautes températures auxquelles elles seraient exposées. Les deux seules qui aient complètement rempli cette condition sont les surfaces vitreuses et argentées. Aussi toutes nos expériences ont-elles été faites d'abord en conservant au thermomètre sa surface naturelle, puis eu la recouvrant d'une feuille d'argent très-mince. Ces deux espèces de surface jouissent , comme on le sait, de pouvoirs rayonnans très-différens , le verre étant un des corps qui rayonnent le plus , et l'argent celui de tous qui rayonne le moins. Les rapports que présentent les lois de refroidissement de ces deux surfaces sont d'une telle simplicité , qu'il est hors de doute qu'elles s'appliquent à tout autre corps. Du refroidis-- La loi du refroidissement dans le vide a été déduite d'obdansTe vide servations nombreuses faites dans des circonstances trèsvariées. Nous avons été dirigés dans cette recherche par une remarque qu'il est d'autant plus important de faire connaître, qu'il ne paraît pas qu'elle se fût jusqu'ici présentée à l'esprit d'aucun physicien.

Cette remarque consiste en ce que la vitesse de refroidissement d'un corps ne dépend pas seulement de l'excès de sa température sur celle des corps environnans , mais encore des températures absolues elles-mêmes. Ainsi le même corps qui, échauffé à ioo° se refroidit avec une certaine vitesse dans mie enceinte à o° , se refroidit plus vite s'il est porté à 200° dans une enceinte à ioo° -, son refroidissement deviendrait plus rapide encore si on réchauffait à 3oo° et que l'en-

MESURE DES TEMPÉRATURES, ETC. ^3îT

ceinte fût amenée à 2000, et ainsi de suite. Ce fait , qui peut se déduiredu calcul , est pleinement confirmé parl'expérience. En déterminant les vitesses de refroidissement du même thermomètre pour des excès de température constans; mais l'enceinte étant successivement de plus en plus échauffée , nous avons reconnu que ces vitesses augmentent et qu'elles suivent une loi très-simple, qu'on peut énoncer de la manière suivante:

La vitesse de refroidissement d'un corps dans le vide , pour un excès de température constant, croît en progression géométrique , quand la température de l'enceinte croît en progression arithmétique. Le rapport de cette progression géométrique est le même pour tous les corps, quel que soit l'excès de température que l'on considère.

De celte première loi on conclut par le calcul la loi suivante, qui représente avec la plus grande exactitude les résultats de l'expérience.

Lorsqu'un corps se refroidit dans une enceinte vide et entretenue à une température constante , la vitesse du refroidissement , pour des excès de température en progression arithmétique , croît comme les termes d'une progression géométrique diminués d'un nombre constant.

Les deux lois que nous venons de faire connaître peuvent être réunies dans une formule algébrique très-simple. En désignant par V la vitesse du refroidissement et par T et t les températures du corps et de l'enceinte , on a :

V = M.a,(aT-i).

M est un coefficient constant dans un même corps et qu'il faut déterminerdans chaque cas. La valeur dea est au contraire la même pour tous les corps. En supposant les températures T et t exprimées en degrés centigrades, on trouve a = 1 ,0077.

Cette formule satisfait à tous les résultats de nos expériences dans le vide. Nous l'avons même appliquée à des observations queDelaroche avait faites par un procédé fort différent du nôtre, et nous lui avons trouvé la même exactitude. On ne peut donc pas douter que les lois précédemment rapportées ne représentent rigoureusement la marche du refroidissement dans le vide pour tous les corps et à toutes les températures.

Les lois du refroidissement dans le vide étant connues , Du refroid ;«erien c'est plus simple que de séparer du refroidissement total Sa^"

^36 AJPPEXDÏX.

d'un corps environné d'air nu de tout autre gaz , la portion de l'effet due au contact du fluide. Il suffit évidemment pour cela , de retrancher des vitesses de refroidissement réelles , celles qui auraient lieu si > toutes choses égales d'ailleurs , le corps était placé dans le vide. C'est par ce moyen que nous avons pu mesurer l'énergie du refroidissement produit par le seul contact des gaz , et telle qu'elle s'observerait immédiatement si les corps pouvaient être privés de la faculté de rayonner.

La première question que nous avons examinée avait pour objet de rechercher si les modifications de la surface des corps, qui exercent sur le rayonnement une si puissante influence , apporteraient aussi quelque changement dans les pertes de chaleur occasionnées par le contact des fluides. Cette comparaison a été faite successivement pour l'air et pour l'hydrogène , et le résultat auquel elle a conduit est d'une telle simplicité qu'il n'est pas douteux qu'il ne se vérifie dans tout autre fluide. Ce résultat fournit la loi suivante :

Les pertes de chaleur dues au contact d'un gaz sont , toutes choses égales d'ailleurs , indépendantes de l'état de la surface du corps qui se refroidit.

Ce premier principe étant établi, nous avons pu , dans le cours de nos expériences, nous dispenser de faire varier la surface du corps que nous observions. Nous nous sommes alors attachés à étudier toutes les circonstances qui, dans l'air et dans les gaz , modifient la faculté que ces fluides possèdent d'enlever par leur propre contact une partie de la chaleur qu'abandonnent les corps qui y sont plongés. Nous avons été ainsi conduits à diverses lois d'une extrême simplicité et qui satisfont avec une grande précision aux résultats de l'expérience. Ce sont ces lois que nous allons rapporter.

En examinant d'abord l'influence de la température de l'enceinte on trouve que :

La vitesse de refroidissement d'un corps , due au contact seul d'un gaz , dépend , pour un même excès de température , de la densité et de la température du fluide ; mais cette dépendance est telle, que la vitesse du refroidissement reste la marne , si la densité et la température du gaz changent de manière que V élasticité reste constante.

Il suit, de là qu'on peut , dans la recherche de la loi du refroidissement produit par les gaz, n'avoir égard qu'à leur

MESURE DES TEMPERATURES, ETC. font

élasticité. La manière dont cet élément modifie le pouvoir refroidissant est exprimée dans la loi suivante :

Pour un excès de température quelconque , mais constant, le pouvoir refroidissant d'un même gaz varie en progression géométrique , lorsque sa force élastique varie elle-même en. progression géométrique. Si l'on suppose le rapport de cette seconde progression égal à a , le rapport de la première sera 1,366 pour l'air , i,3oi pour l'hydrogène , \ ,fô i pour r acide carbonique, et i,4x5 pour le gaz oléftant. On peut encore énoncer cette loi d'une autre manière. Le pouvoir refroidissant d'un gaz est , toutes choses égales d'ailleurs , proportionnel à une certaine puissance de la pression. L'exposant de cette puissance , qui dépend de la nature du gaz , est o,4 5 pour l'air t 0,3 1 5 pour l'hydrogène , 0,5 17 pour l'acide carbonique , o>5oi pour le gaz olé/iant *.

Reste enfin la relation entre les excès de température et les vitesses de refroidissement dues au contact d'un fluide. Cette relation se trouve être la même pour tous les gaz et sous toutes les pressions. La voici :

La vitesse de refroidissement due au seul contact d'un fluide varie en progression géométrique , l'excès de température variant lui-même en progression géométrique. Si le rapport de la seconde progression est 2 , celui de la première est 2,3 5 j quelle que soit la nature du gaz et sa force élastique.

Celte loi peut encore s'énoncer en disant que la quantité de chaleur enlevée par un gaz est, dans tous les cas , proportionnelle à l'excès de la température du corps élevé à la puissance 1,233.

On voit par ces diverses propositions , et par celles qui ont été établies à l'égard du ^onnement, que la loi totale du refroidissement, qui se composerait de toutes ces lois partielles, doit être très-compliquée. Aussi n'est-il guères possible de l'énoncer autrement qu'en langage mathématique , et c'est sans doute à cette extrême complication qu'il fdiit attri-

* En prenant pour unité le pouvoir refroidissant île l'air à Li presra ■»io:i 0,^6, ceux de l'hydrogène et do l'aride carbonique à la même pression , sont j. \~< cto.uGj. Ces rapports changeraent.avcc i'cl.*tjcitc des gaz.

buer le peu de succès des tentatives faites à ce sujet par les physiciens qui nous ont précédés. Mais aujourd'hui que toutes les circonstances dont le phénomène dépend ont été discutées, et que les relations qui lient entre eux les élémens de la question sont connues, il n'est aucun problême dont on ne puisse immédiatement trouver la solution. Nous avons donné des exemples d'applications de ce genre dans la comparaison que nous avons faite d'un refroidissement du même corps dans le même fluide , mais sous deux états différens de sa surface , et dans celle du refroidissement d'un corps dans deux fluides différens. Nous montrons que , dans le premier cas , le rapport des vitesses de refroidissement diminue d'abord à mesure que la température s'élève -, mais que , passé un certain degré , ce rapport augmente et converge vers une certaine limite. Dans le second cas, au contraire, le rapport des vitesses diminue après avoir augmenté, et il se rapproche de plus en plus de l'unité , soit qu'on considère des excès de température très-petits ou très-grands. Ces résultats du calcul , que l'expérience confirme pleinement , servent en outre à montrer l'inexactitude des principes qui ont servi de base aux recherches de MM, Leslie et Dalton sur le sujet que nous venons de traiter.

Expériences sur les combinaisons du soufre avec les alcalis, et particulièrement avec la potasse.

M. Vauquelin, en se livrant à cet important travail , s'était proposé de résoudre la question de savoir dans quel état se trouvent les alcalis et les terres dans leurs combinaisons avec le soufre. Ce chimiste reconnut, ainsi que M. Berthollet l'avait annoncé bien des années auparavant, que lorsqif après avoir formé du sulfure de potasse à une haute température, on le dissout dans l'eau, il y a production d'acide sulfurique ; mais M. Berthollet avait pensé que cet acide provenait de la décomposition de l'eau *, tandis que M. Vauquelin regarde comme probable que l'acide sulfurique se forme aux dépens de l'oxigène de la potasse, à une haute température. Il se fonde dans cette conjecture, sur ce que, lorsqu'on chauffe jusqu'au rouge , un mélange de carbonate de potasse bien desséché

* Ann. de Chiui. XXV, a3g et a6g.

COMBINAISON DU SOUFRE AVEC LES ALCALIS. j3q

et de soufre, le sulfure qu'on obtient, étant dissous dans l'eau, produit une quantité de sulfate dont l'oxigène est justement égal à celui de la potasse employée.

D'un autre côté, M. Gay-Lussac, qui avait examiné depuis plusieurs années ce qui se passe dans la dissolution par l'eau d'un sulfure fait à une douce chaleur, s'était assuré qu'il ne se forme jamais dans ce cas, de l'acide sulfurique, mais seulement des acides sulfureux , ou hyposulfureux , et qu'on n'obtient ainsi qu'un sulfite ou hyposulfite *. INI. Gav-Lussac induit de ce résultat, différent de ceux obtenus par MM. Berthollet et Vauquelin , qu'il faut nécessairement que, dans leurs expériences,l'acide sulfurique sesoit forméàlahaute température à laquelle le sulfure a été exposé; et, en effet, à une température peu élevée, le soufre se combine avec les alcalis sans les décomposer, et forme des sulfures d'oxide. Quand on dissout ces derniers dans l'eau, il peut arriver qu'ils ne se décomposent point, ou qu'jls se changent en hyposulfites d'oxide , et en sulfures métalliques , ou bien en hyposulfites et en hydrosulfates d'oxide. A une température élevée, les hyposulfites ne pourraient se former, car ces sels se décomposent aisément par la chaleur, et on obtiendrait des sulfates et des sulfures.

M. Vauquelin, en poursuivant ses expériences sur l'hydrosulfate dépotasse, et sur le sulfite de cet alcali; sur les sulfures de potassium, de soude, de chaux et d'ammoniaque, a été amené, par les résultats qu'il en obtint, aux conclusions générales qui suivent, savoir :

i.° Les quantités de soufre, qui se combinent aux oxides alcalins, sont proportionnelles aux quantités d'oxigène auxquelles leurs métaux peuvent s'unir: ce qui établit une parité parfaite entre le soufre et les acides, à cet égard ;

2.0 La quantité de soufre dans les sulfures, excepté celui de chaux produit par la voie sèche , est absolument la même que celle de l'acide sulfurique dans les sulfates correspondans ;

3.° Le sulfure de chaux exerce sur le soufre une affinité moins grande que les autres sulfures, puisqu'en se dissolvant daus l'eau, il forme constamment un hvdrosulfure simple ; les autres donnent toujours naissance à des hydrosulfures

* Ann. de Chim. LXXVIII, 86,

y4<> APPENDIX.

sulfurés; ce qui dépend peut-être delà différence de fusibilité.

4° Le sulfure de soude, et sans doute celui de potasse, paraissent décomposer l'alcool, en absorbant l'oxigène et 1 hydrogène , et en mettant son carbone à nu ;

5.° Les doses de soufre prescrites par les dispensaires de pharmacie pour préparer les sulfures de potasse et de soude sont beaucoup trop petites , puisqu'elles ne sont que la moitié de celles des sous-carbonates -, tandis que ces doses doivent être à-peu-près égales pour obtenir des sulfures saturés.

6.° Il paraît résulter encore de mes expériences, la preuve de l'influence de l'acide hydrochlorique dans la formation du sulfure d'ammoniaque , à l'aide de son hydrogène.

7.0 Certains sulfates métalliques sont décomposés et convertis en sulfures par le soufre , à l'aide de chaleur ;

8.° Le charbon, à une haute température, décompose la potasse du sulfate de cette base , et convertit le sulfate de potasse en sulfure de potassium.

g.° Enfin, il est probable, mais non encore démontré, que dans tous les sulfures faits avec les oxides alcalins à une chaleur rouge, ces derniers perdent leur oxigène et sont unis au soufre , à l'état métallique , comme cela a lieu dans les autres sulfures métalliques.

On vient de voir que cette dernière conséquence, annoncée seulement comme probable par M. Vauquelin , a été démontrée évidente par les observations de M. Gay-Lussac *.

JS'Ii.TAux nouvellement découverts.

Sélénium.

M. Berzelius a découvert, sur la fin de 1817, un métal nouveau, en traitant une masse pulvérulente rougeâtre qui s'était déposée au fond de la chambre de plomb d'une fabrique d'acide sulfurique,oùl'on employait le soufre retiré à Fahluti, dans la Dalécarlie en Suède , des pyrites qui abondent dans la mine de cuivre de cette localité. M. Berzelius a donné à ce métal le nom de sélénium, dest'/J/ze^alune), à raison de son analogie avec le tellure, quoique par ses propriétés physiques, il se rapproche moins de ce dernier métal que du soufre.

* Aun. de Cliim. ei de Phjs. VI, p. 5 et 3ai.

MÉTAUX NOUVELLEMENT DÉCOUVERTS. j\ I

Le sélénium est de couleur grise avec un éclat métallique Propriétés. très-fort. 11 n'est pas dur; le couteau le raie facilement, et il se laisse aisément pulvériser. Sa poudre est d'un ronge foncé; mais elle s'agglutine lorsqu'on la broyé, et reprend alors la couleur grise, avec surface polie. Ce métal, lorsqu'il est réduit en couches extrêmement minces, est translucide avec une couleur rouge de rubis. Il se ramollit par la chaleur; à la température de l'eau bouillante, il devient demi-liquide; et à quelques degrés au-dessus, il se fond complètement; chauffé dans un appareil de distillation, il commence à bouillir à une chaleur qui n'est point encore lumineuse; il prend la forme d'un gaz jaune foncé, dont la couleur est moins intense que celle du soufre gazéiforme, mais plus foncée que celle de la vapeur de chlore. Ce gaz se condense, dans le col de la cornue, en gouttelettes noires, qui se réunissent en gouttes plus grosses, comme dans la distillation du mercure. Chauffé dans l'air, ou dans des vaisseaux assez larges pour que le gaz ne puisse être condensé par un air froid, il s'exhale en une fumée rouge, n'ayant point d'odeur particulière, produisant une poudre rouge de cinabre et donnant une espèce de fleur, ainsi que cela a lieu avec le soufre dans les mêmes circonstances.

Le sélénium n'est pas conducteur du calorique. On peut le tenir entre les doigts, et le faire fondre à la distance de 2 à 4 millimètres des doigts, sans s'apercevoir qu'il devient chaud. Il ne conduit pas non plus l'électricité. Sa pesanteur spécifique est d'environ /j,^2-

Le sélénium s'unit aux métaux. Il produit, avec la plupart yun;t M, d'entre eux, tout comme le soufre, le phénomène du feu, mais avec moins d'intensité; et si ce phénomène ne se manifeste pas avec tous , c'est qu'il en est plusieurs, dont la combinaison ne peut s'effectuer qu'à une température beaucoup plus élevée que celle de lébullition du sélénium. 11 en résulte que ce dernier métal s'évapore avant que le mélange soit porté à une chaleur assez intense pour opérer la combinaison en peu de momens; c'est ce qui arrive avec le fer et le zinc.

Les séléniures ont, pour la plupart, les mêmes caractères extérieurs que les sulfures correspondans. Leur aspect est en général métallique; et, à quelques exceptions près, ils sont plus fusibles que les métaux qu'ils contiennent. Ils se laissent

ratWJX .

?4a A PP EN DIX.

dissoudre par l'acide nitrique, quoique moins bien que les métaux sans sélénium. Il en est cependant quelques-uns, le séléniure de mercure, par exemple, qui ne sont presque pas attaqués par l'acide nitrique.

jEnproportions Les combinaisons du sélénium avec les métaux ont évidemment lieu en proportions définies; et le sélénium paraît , dans ce cas, se comporter de la même manière que le soufre. Le cuivre, par exemple, peut se combiner avec le sélénium dans deux degrés différeus , au maximum et au minimum. Pour avoir des séléniures au minimum , on peut se borner à chaufler les métaux avec un excès de sélénium, et en séparer l'excès par la distillation. Berzelius a formé les séléniures de potassium, de zinc , de fer, de cobalt, d'étain, de cuivre, de plomb, d'argent, de mercure, de bismuth, de palladium, de platine, d'antimoine et d'antimoine avec oxide de ce métal , de tellure et d'arsenic. L'or et le sélénium ne se combinent point par la chaleur. Le savant auteur de la découverte du sélénium a recherché et exposé les propriétés de chacun de ces séléniures.

s« combine Le sélénium se combine avec les alcalis, les terres et les

^Tes^'rTs1'3' oxides métalliques, tant par la voie humide que par la fusion.

ci oxides mé- Les séléniures alcalins sont d'un rouée de cinabre, ceux de

langues. . i a i° • -l •

bante et de chaux ont la même couleur , mais us sont insolubles. Les séléniures d'oxides métalliques n'ont point été particulièrement étudiés par M. Berzelius, qui ayant produit quelques-unes de ces combinaisons , s'est borné à ce motif de persuasion de leur existence.

A Si l'on verse de l'acide hydrocblorique étendu sur du sé-

ràjdrogene. léniure de potassium dans une petite cornue, ce séléniure se gonfle, devient rouge, et dégage avec effervescence, un gaz, qui est du séléniure d'hydrogène, ou du gaz hydrogène séléuié. En faisant passer ce gaz sous une cloche , dans de l'eau privée d'air par l'ébullition , le gaz s'y dissout bientôt complètement. L'eau ne se colore point d'abord ; mais au bout de quelques minutes , elle commence à prendre une teinte opale tournant au rouge, et elle dépose un peu de sélénium. Ce phénomène est dû à un reste d'air atmosphérique. La dissolution aqueuse du sélénieure d'hydrogène a un goût hépatique; elle rougit le papier de tournesol, et donne à la peau une couleur brune, qu'on ne peut enlever par l'eau. A l'air , cette dissolution devient rougeâtre dans les couches

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