MÉTAUX NOUVELLEMENT DÉCOUVERTS
supérieures; elle dépose du sélénium, et fiait par se décomposer entièrement. L'acide nitrique, ajouté en très-petite quantité, ne décompose pas le gaz hydrogène sélénié; car après douze heures, l'eauconserve encore sa propriété de précipiter des sels métalliques. Ce gaz s'évapore moins facilement de l'eau que le gaz acide hydrosulfurique; c'est par cette raison, que l'eau qui en est imprégnée n'a qu'une faible odeur, lors même qu'elle contient la moitié de son volume de gaz hydrogène sélénié. Ce dernier gaz paraît être beaucoup plus soluble dans l'eau que le gaz acide hydro-sulfurique.
L'eau imprégnée de gaz hydrogène sélénié , précipite toutes les dissolutions métalliques, même celles de fer et de zinc, lorsqu'elles sont neutres. Les précipités, à l'exception de ceux de zinc, de manganèse, et de cérium, qui oDt une couleur de chair, sont noirs ou bruns, et prennent un brillant métallique, lorsqu'on les touche avec l'hématite polie.
Le gaz hydrogène sélénié se décompose aisément par le concours de l'eau et de l'air. Si le gaz vient en contact avec un corps humide , l'humidité l'absorbe, l'oxigène de l'air le décompose , le sélénium se dépose, et le corps humide se colore en rouge de cinabre.
Le gaz hydrogène sélénié est dangereux à respirer. Il produit d'abord uue odeur entièrement semblable à celle du gaz acide hydro-sulfurique; mais à peine l'a-t-on sentie, qu'une sensation à-la-fois piquante, astringente et douloureuse, se répand sur tous les endroits que le gaz vient de toucher. Cette sensation a beaucoup d'analogie avec celle causée par le gaz fluorique silice; mais cette dernière est très-peu de chose en comparaison des effets du gaz hydrogène sélénié.
Le sélénium et le soufre à l'état liquide, peuvent être Avec le SOQrre mêlés ensemble dans toutes proportions, et il en résulte un,'t°£h°saprbo^. sulfure de sélénium. On peut également produire le phosphure de sélénium , en faisant tomber un morceau de sélénium dans du phosphore fondu. Quant au séléniure de carbone , M. Berzelius annonce qu'il n'a point eu l'occasion d'examiner si le sélénium et le carbone se laissent combiner; mais quelques phénomènes qu'il a pu observer lui font présumer qu'une telle combinaison existe en effet. Il pense qu'elle doit être analogue au sulfure de carbone , et que , comme lui , elle doit former des composés avec les bases salines.
Avec is cire Le sélénium peut aussi se combiner avec de la cire fondue, *' % Js!"1" aJ'nsi qu'avec les huiles grasses ; mais cette combinaison du métal avec les huiles volatiles ne peut avoir lieu. Une dissolution de sélénium dans l'huile d'olive, parait être de couleur orangé et claire, lorsqu'on la voit par la lumière transmise ; mais elle semble rouge par la lumière réfléchie. A la température ordinaire de l'atmosphère, cette dissolution prend la consistance d'un onguent, et perd sa couleur au moment où elle se congèle; mais en faisant fondre cette matière congelée , la couleur se rétablit. La combinaison n'a aucune odeur particulière ; et selon toute apparence, le sélénium ne fait que se dissoudre dans l'huile, sans que celle-ci éprouve de décomposition.
Avec j-oxigène. ^e sélénium a peu d'affinité pour l'oxigène. Si l'on chauffe le métal dans l'air, sans qu'il soit touché par un corps brûlant, il se volatilise ordinairement sans altération ; mais s'il est touché par la flamme, ses bords prennent une couleur bleue d'azur très -pure, et il s'évapore, en répandant une odeur très-forte de chou pourri. La substance odorante est un oxide osïde gazéiforme de sélénium, que M. Berzelius annonce cepenvVs.icmni: dant n'avoir pu obtenir isolé, et sans mélange d'air atraoi rop.iéiéî. sphérique. Ce gaz oxide n'est que très-peu soluble dans l'eau. Le liquide prend l'odeur du gaz , mais il n'acquiert aucun goût. L'oxide de sélénium ne paraît pas être susceptible de combinaison avec les acides. Il ne se combine pas non plus avec les alcalis caustiques par la voie humide, mais leurs dissolutions en prennent l'odeur comme l'eau seule. Cet oxide se produit aussi, lorsqu'on fait dissoudre du sulfure de séléuium dans de l'acide hydro-chloro-nitrique. a- icie Si l'on chauffe du sélénium , introduit dans une boule de
verre de 27 millimètres de diamètre, où il n'ait point assez d'espace pour se volatiliser et se disperser: et si, par cette boule, ou laisse passer un courant de gaz oxigène , le sélénium s'enflamme dès qu'il commence à bouillir, et brûle avec uue flamme dont la lumière est faible et blanche vers la base, mais verte ou d'un vert bleuâtre à la sommité et sur les bords supérieurs. Le gaz oxigène est absorbé, et il se sublime de l'acide .sélénique dans les parties froides de l'appareil. Le sélénium se consume complètement sans résidu. Le gaz oxigène en excès prend ordinairement l'odeur du gaz oxide de sélénium.
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MÉTAUX ?,Oi;VELLEMEN-T DECOUVERTS. ^ \S
L'acide nitrique n'a point d'action , à froid, sur le sélénium-, mais à laide delà chaleur, cet acide dissout le métal avec vivacité. La dissolution , évaporée dans une cornue , donne l'acide sélénique , qui se volatilise et se sublime sous la forme de longues aiguilles. Cet effet a lieu plus rapidement encore avec l'acide hydro-cldoro-nitrique, et il en résulte, comme dans le premier cas, l'acide sélénique; mais, dans celui-ci , il est à son plus haut degré d'oxidation. En faisant évaporer dans une cornue la dissolution hydro-chloro-nitrique de l'acide séléuique , l'acide nitrique et l'acide hydrochlorique distillent les premiers, et l'acide séléuique reste dans la cornue en une masse saline blanche , qui se sublime à une température plus élevée. L'acide ne se fond pas, mais il se rétrécit un peu au point de contact de la chaleur, et prend ensuite la forme gazeuse. Le gaz acide sélénique est d'un jaune foncé; il se coudense sur les parties froides de l'appareil , sous la forme d'aiguilles tétraèdres allongées , qui , dans une cornue un peu grande, peuvent avoir jusqu'à 54 millimètres de longueur et au-delà. Au moment où l'acide sélénique est retiré de l'appareil, il a un aspect sec , et un éclat qui lui est particulier; mais si on le laisse dans l'air, les cristaux s'attachent l'un à l'autre, et leur surface se ternit, sans cependant qu'ils deviennent humides. Cet effet résulte de ce que l'acide se combine avec l'eau de l'atmosphère. L'affinité de cet acide pour l'eau , s'exerce avec uue telle rapidité, qu'il est difficile d'en peser une portion sans qu'il attire assez d'humidité pour qu'il en résulte une altération sensible dans son poids. En chauffant alors l'acide, il perd son eau , qui distille long-temps avant que l'acide commence à se volatiliser.
L'acide sélénique a un goût pur , qui laisse sur la langue Prcp.iéiw. une faible sensation brûlante. A l'état de gaz , il a l'odeur piquante des acides en général , sans que rien distingue particulièrement la sienne. 11 se di>sont très-aisément, dans l'eau froide , et presque en toutes proportions dans l'eau bouillante. Une dissolution saturée d'acide sélénique dans l'eau , cristallise, par un refroidissement rapide , en petits grains , et par un refroidissement lent, en prismes striés. Les cristaux sont une combinaison de l'acide séléuique avec l'eau. Par une évaporation spontanée , la dissolution donne des cristaux acirulaires, rangés en étoiles. L'acide sélénique se dissout facilement . et eu grande proportion, daDS l'alcool. La
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distillant une dissolution alcoolique concentrée de cet acide , on obtient un produit qui a une odeur distinctement éthérée , entre celles de 1 ether nitrique et de l'éther sulfurique : il se réduit en même-temps un peu de sélénium; il reste dans la cornue de l'acide sélénique sec , coloré en rouge par le sélénium réduit. Si l'on distille ensemble de l'acide sulfurique, de l'acide sélénique et de l'alcool , le produit est d'une odeur insupportable , et il se réduit beaucoup de sélénium. se combine L'acide sélénique est un acide assez fort : il s'empare de
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l oxide a argent dans une dissolution de nitrate de cet oxide, et de l'oxide de plomb , dans les combinaisons de ce dernier oxide avec les acides hydrochlorique et nitrique. 11 déplace souvent , à raison de ce qu'il est moins volatil , les mêmes acides par la distillation, et s'empare des bases avec lesquelles ils étaient combinés; mais il est chassé , à son tour, par des acides plus fixes, tels que, par exemple, les acides sulfurique, phosphorique, arsénique et borique. Avec les alcalis , il ne donne point de sels neutres. Tous les séléniates neutres formés par d'autres bases , sont , ou insolubles ou très-peu solubles dans Peau. Dans les séléniates neutres, l'acide contient deux fois autant d'oxigène que la base, et sa capacité de saturation , c'est-à-dire la quantité d'oxigène qui se trouve dans une base, dont ioo parties de cet acide sont neutralisées , est 14,37.
L'acide sélénique donne en général des sels avec excès d'acide à deux différens degrés. Dans le premier, la base est combinée avec deux fois autant d'acide que dans le sel neutre, et ces sels sont tous très-solubles dans l'eau. Dans cette classe de sels que M. Berzelius appelle bisélèniates , l'acide contient quatre fois autant d'oxigène que la base. Dans les sels, au plus haut degré d'excès d'acide, que ce savant nomme tjuadriséléniates , la base paraît être combinée avec quatre fois autant d'acide que dans les sels neutres ; mais il fait observer que cette dernière détermination n'est établie par lui, que par une induction, tant d'après quelques expériences indirectes que par analogie.
D'un autre côté , l'acide sélénique ne donne que rarement des sels avec excès de base, et même seulement avec celles des bases qui sont connues par leur tendance à former des sous-sels. Le rapport, dans ces cas, entre l'acide et les bases, n'a pas été examiné par M. Berzelius.
L'acide sélénique ne donne aux séléniates aucun goût qui