Armais of Phiïosophy, rj.° LXXIII
a Aau. de Chim. et de Plivs. IV, 4a«
MÉTAUX ANCIENNEMEHT C0HKVS. J$l
lorsqu'il les présente ; et enfin , d'examiner si la matière colorante du caméléon appartient véritablement au manganèse, ou si c'est une substauce étrangère unie à son oxide, et faisant partie de la mine qu'on emploie.
Dans ces vues, MM. Chevillot et Edwards ont soumis à l'analyse le caméléon minéral que Schéele avait obteuu, en combiuant de l'oxide de manganèse pur préparé par euxmêmes,avec la potasse. Ils ont ensuite formé du caméléon avec des proportions différentes d'oxide de manganèse et de potasse, et ils ont observé que dans la formation de Cette combinaison , il se fait une absorption de gaz oxigèue; que la proportion où cette absorption est la plus grande est celle de parties égales, et que la couleur verte du caméléon est d'autant plus intense, que le composé se rapproche davantage de cette proportion.
Lorsqu'on jette dans de l'eau la combinaison consistant particulièrement en parties égales d'oxide noir de manganèse et de potasse pure , il se forme une dissolution rouge qui , séparée du précipité par la décanta: ion, et évaporée rapidement, donne des cristaux pourpres plus ou moins foncés en couleur, de i4 jusqu'à 18 millimètres de longueur, ayant une saveur d'abord sucrée, et ensuite amère et astringente. Ces cristaux à l'état neutre et inaltérables à l'air , sont doués de la propriété colorante à un haut degré.
En comparant les propriétés de ces cristaux avec celles du caméléon rouge, ôbtenudirectementparlefeu, MM.Chevillot et Edwards ont été amenés , sur la nature intime de ces corps, aux considérations suivantes. L'oxigène absorbé doit-il être rapporté à l'oxide noir de manganèse, ou à la potasse? Dans le premier cas, le caméléon pourrait être un manganésiate de potasse ; dans le second, ce serait une combinaison de peroxide de potassium et d'oxide noir de manganèse.
Par suite de leurs recherches sur le caméléon minéral, et après avoir reconnu que ce corps est formé d'oxide noir de manganèse , d'oxigène et de potasse , quelle que soit sa couleur, MM. Chevillot et Edwards ont examiné l'action , sur l'oxide noir de manganèse, des alcalis autres que la potasse, et déterminé ceux qui peuvent former des espèces particulières de caméléon; ils terminent tout ce qu'ils ont fait connaître, jusqu'à présent, sur le caméléon minéral dans le cours de leur examen de ce corps, par annoncer qu'il est très-probable
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que les cristaux pourpres, dont ils ont parlé , sont un manganésiate de potasse neutre, et que l'oxigène, qui a été absorbé dans la formation du caméléon, s'est fixé sur l'oxide de manganèse; que les dissolutions de caméléon dans l'eau donnent, par l'addition de quantités croissantes d'une dissolution d'oxide métallique alcalin , les nuances des anneaux colorés du troisième ordre , en descendant du pourpre au vert ; que les cristaux pourpres de manganésiate de potasse , sont un des corps qui agissent le plus puissamment sur les corps combustibles, par l'oxigène qui s'en sépare facilement; et lorsque leur dissolution dans l'eau se décompose, c'est par le moyen d'un corps qui lui enlève de l'oxigène *.
Platine.
D'après les dernières expériences faites par M. Vauquelin sur le sulfure de platine , il a cru pouvoir conclure des résultats qu'il en a obtenus, i.° qu'il paraîtrait y avoir deux sulfures de ce métal , dont l'un contient une fois et demie autant de soufre que l'autre ; 2.0 que ce n'est pas un simple sulfure qui se forme lorsqu'on précipite une dissolution de platine par l'hydrogène sulfuré 3 mais un composé d'oxide de platine hydrosulfuré.
Ce chimiste s'étant également livré à quelques expériences sur l'hydrochlorate et sur l'oxide de platine , annonce qu'il lui paraît vraisemblable que les hydrochlorates de platine sont des combinaisons d'oxide de ce métal avec l'acide hydroclilorique. 11 fonde ses conjectures à ce sujet , sur ce que , lorsqu'on chauffe ces hydrochlorates , il s'en dégage du chlore ; tandis qu'on ne connaît aucun chlorure véritable qui se décompose au feu. En décomposant ce sous-hydrochlorate bien sec , dans un appareil où le chlore puisse être refroidi à mesure qu'il se développe, il dépose de 1 humidité en quantité, sensible; ce qui n'arriverait pas si ce n'était qu'un chlorure. Il suit delà, qu'il y aurait deux bydrochlorates contenant le même oxide, mais des quantités différentes d'acide , et deux sous-hydrocblorates, dans lesquels le platine est différemment oxigéné ; enfin , que le mercure ne serait pas un moyen certain pour connaître la quantité d'oxigène de l'oxide de platine contenu clans l'hydrochlorate ordi-
f Ami. ,1e Clam, el de Phys. IV, 387 , et VIII, 337.