METAUX NOUVELLEMENT DÉCOUVERTS
lui soit propre. Les sels à base d'alcali ont un goût salé faible, mais pur comme celui des hydrocblorates et des phosphates. Les séléniates,à base de terre ou d'oxide métallique, ont un goût <jui dérive de leur base, comme dans leurs combinaisons avec d'autres acides. A la suite de ces observations sur les combinaisons de l'acide sélénique avec des bases, M. Berzelius examine et expose les propriétés d'un grand nombre de séléniates, en les établissant, suivant les cas, dans leurs divers états de neutres , de biséléniates et de quadriséléniates. C'est ainsi qu'il présente successivement les séléniates des alcalis fixes et de l'ammoniaque , les séléniates de barite , de stronliane , de chaux, de magnésie , d'alumine , de glucine , dyttria et de zircone; puis les séléniates de zinc , de manganèse, durane oxidé, de cériuui oxidé , de cérium oxidulé , de fer oxidulé , de fer oxidé , de cobalt , de nickel , de plomb, de cuivre oxidulé, de cuivre oxidé, de sous-séléniate de cuivre oxidé , les séléniates d'étain oxidé , de mercure oxidulé , de mercure oxidé , et d'argent. Cependant , de tous ces séléniates , M, Berzelius fait observer qu'il n'en a point produit d'autres que ceux à base d'alcali.
Le séléniure d'hydrogène , ou gaz hydrogène sélénié , a , î\^c°~ comme le gaz acide hydrosulfurique , la propriété de se combiner avec des bases et de former ainsi des hydroséléniates. On les obtient le plus facilement en faisant dissoudre du séléniure de fer dans de l'acide hydrochlorique, et en faisant passer le gaz dans un appareil de Woulf, dans lequel les bases sont dissoutes ou mêlées avec de l'eau. Le gaz hydrogène sélénié s'absorbe bien plus vite et bien plus complètement que le gaz acide hydrosulfurique, et il s'en perd moins que de ce dernier.
Les hydroséléniates solubles ont le goût, et aussi à un certain degré l'odeur de sulfure alcaliu ; et ils peuvent être confondus, par ces caractères , avec les hvdrosulfatcs ; mais ils s'en distinguent par une couleur rouge ou orangé foncée. Les hydroséléniates produisent sur la peau , des taches qui , selon l'intensité de la dissolution, sont noires, brunes ou jaunes, et qui ne se laissent point enlever par l'eau. Toutes les dissolutions métalliques sont précipitées par les hydroséléniates à base d'alcali. Les précipités qui se forment dans les sels de zinc, de manganèse , de cérium, et probablement aussi d'uraDe, sont des hydroséléniates : ils se décomposent par l'accès de l'air,
Pïrlit-s consti.uanits.
et leur couleur rouge pâle devient en même-temps plus foncée. Les sels des autres métaux sont réduits en séléniures métalliques, et les précipités qu'ils produisent sont noirs ou d'un brun foncé , et susceptibles de prendre le brillant métallique.
Les hydroséléniatesse décomposent par le contact de l'air, et le sélénium se dépose, à fétat de pureté, de ceux qui ont un alcali pour base. Si la décomposition se fait lentement et en repos dans un vaisseau qui soit plus haut que large, le sélénium se dépose, en végétations cristallines, sur la partie du verre qui est tournée vers la lumière.
D'après l'analyse de l'acide sélénique par M. Berzclius, tet acide contient, savoir :
Sélénium 71,261 100,00
Oxigèue 28,73g 4o,33
On peut déduire, de quelques expériences, dont M.Berzelius rend compte, que l'acide sélénique contient deux atomes d'oxigène sur un de sélénium ; et alors un atome de sélénium pèserait 4fp59 1 , un atome d'oxigène étant supposé peser 100.
On pourra juger, par cet extrait des mémoires danslesquols M. Berzelius présente l'exposé de ses recherches sur le sélénium, que ce savant ne laisse rien à désirer relativement aux propriétés de ce nouveau métal , à ses combinaisons , son oxidation, et à tous les faits intéressais qu'il peut offrir*.
Cadmium.
M. Stromeyer a découvert, en 1817, dansunoxide j:iune de zinc qui avait été soumis à son examen par M. Hermann, chargé de l'inspection des pharmacies du Hanovre, un métal auquel il a proposé de donner le nom de cadmium. Prop :é.éj. Ce métal nouveau ressemble à letaiu par sa couleur , son éclat, sa mollesse, sa ductilité, et le cri qu'il fait entendre lorsqu'on le ploie. Use fond et se volatilise un peu avant le zinc. Il conserve son brillant à l'air ; mais il se change, par la chaleur, en un oxide jaune orangé qui n'est point volatil, et qui se réduit très-aisément. Cet oxide ne colore point le borax.
* An», cle Chini. et de Phys. Tom. VU, p. iQt)i et tom. IX, p. 1G0 , aa5 et 33}.
MÉTALX N0UVE1.LEMESIT DECOUVERTS. j40
Il se dissout très-bien dans les acides , et forme des sels incolores , d'où il est précipité en blanc par les alcalis. L'acide hydrosulfiirique le précipite en jaune comme l'arsenic
Le zinc le précipite à L'état métallique.
Sa pesanteur spécilique, à la température de 20° centigrades, est de 8,6o5o'.
Sirii/m.
M. Vest a prétendu avoir retiré de la mine de nickel de Schladminget , qui contient beaucoup d'arsenic, un peu de cobalt et de 1er, un métal auquel il avait donné le nom de sirium. 11 annonçait que ce métal avait les propriétés suivantes :
Les oxides ne pouvaient se réduire que lorsqu'ils sont à l'état combinaison avec l'arsenic. Us étaient blancs, ninsi que leurs combinaisons avec les acides. Le précipité formé dans ces dissolutions salines était blanc avec le ierrocyanate de potasse , blanchâtre avec l'infusion de noix de galle , et noir avec l'acide hydrosulfiirique. Ce précipité noir, qui se dissout très-facilement dans les acides, ne se formait que dans les dissolutions qui ne contenaient point un excès d'acide. L'oxide ne se fondait pas, même à une chaleur de plus de i5o degrés de Wedgewood : il restait blanc, avec ou sans le conctact de l'air*.
MM. Les rédacteurs des Annales de Physique et de Chimie, avaient émis des doutes sur l'existence de ce métal , parce que les caractères que l'auteur de sa découverte l'ai attribuait leur avaient paru très-incertains. Ces doutes n'étaient que trop fondés. M. Faraday , préparateur pour la chimie , dans l'institution royale à Londres , vient de s'assurer qu'un fragment de sirium , remis par M. Vest à sir H. Davy, et envoyé par ce dernier à M. Hatchett, a été reconnu pour être, non pas un métal particulier, mais bien un composé de nickel , de soufre , de fer et d'arsenic. Le docteur VV. H. Wollaston a fait aussi des expériences sur une portion du même échantillon, et il le considère comme un sulfure , dont le métal principal est le nickel , avec une petite portion de fer, de cobalt et d'arsenic 3.
• Ann. de China, et de Pins. VIII , too.
• Ibid. VIII , 110, et IX", io5.
», Mid.X, i-x-); ajoura, of Sc'eacç and Arts, etc. VI, 112.
minéral.
75o APPENDIX.
Nota. On vient encore d'annoncer la découverte d'un métal nouveau, par M. Lampadius , qui lui a donné le nom de T^odanium *.
Recherches et observations nouvelles sur quelques-uns des Métaux anciennement connus.
Manganèse.
Caméléon M. Chevreul, dans un travail sur le manganèse, essaya le premier de donner l'explication de la cause des changemens de couleur que présente le caméléon minéral. Il av;iit observé que ce corps , en passant plus ou moins lentement du vert au rouge, présente une série de couleurs qui sont dans l'ordre des anneaux colorés , c't;st-à-dire j le vert , le bleu , le violet , l'indigo , le pourpre et le rouge. Il avait également remarqué, que non-seulement l'eau froide ajoutée au caméléon produit ces couleurs, mais encore l'acide carbonique libre , le carbonate de potasse et le sous-carbonate d'ammoniaque; et enfin, l'eau chaude, qui produit même ces changemeus avec plus de rapidité que l'eau froide. Suivant lui, la dissolution verte de caméléon est la combinaison de la potasse caustique avec l'oxide de manganèse ; et la dissolution , qui est devenue rouge par 1 acide carbonique , est une combinaison triple de potasse , d'oxide de manganèse et d'acide carbonique. La proportion de l'eau , qui tient ces combinaisons en dissolution , ne semble pas avoir une influence sensible sur leur coloration. Mais en faisant ainsi passer les couleurs du caméléon du vert au rouge, on peut au contraire changer le rouge en vert par une addition de
f)otasse caustique. M. Chevreul a reconnu , de plus , qu'avec e vert et le rouge, mêlés dans des proportions variées , on pouvait produire toutes les nuances intermédiaires2.
MM. Chevillot et Edwards, qui se sont également occupés d'un travail sur le manganèse , ont eu principalement pour objet d'étudier la combinaison des oxides natifs de ce métal avec la potasse; de rechercher la composition intime du caméléon , considéré indépendamment de ses différentes nuances de couleur , les modifications dans sa composition