ACIDES NOUVELLEMENT DECOUVERTS. JJ
l'huile empyreumatique qui l'empêchent de cristalliser, et misa l'état de puroté, est blanc, inodore et d'une saveur acide assez forle. 11 se fond à i3o° centigrades ; au-dessus de cette température , il se volatilise et se condense en un liquide qui se solidifie par le refroidissement. Il en résulte une masse cristalline , qui présente à sa surface des aiguilles très-déliées. Mis sur les charbons ardens , il se fond et se volatilise eu répandant des vapeurs blanches et piquantes.
L'acide pyromuciqtie n'attire pas l'humidité de l'air. Il rougit fortement le tournesol: il est beaucoup plus soluble dans l'eau bouillante que dans l'eau froide; et l'alcool le dissout plus abondamment que l'eau.
Cet acide se combine avec les différens oxides métalliques, et forme, avec la plupart de ces bases, des sels solubles susceptibles de cristalliser.
M. Houtou-Labillardière a trouvé cet acide composé de
En poids. Eq volume.
Charbon 52,u8 571 Composiiioa.
Oxigène 45, 806 120
Hydrogène.... 2,111 *.... o, 84
Acide ménispermique.
M. Boullay , dans son premier travail sur le menispermum cocculus , y avait reconnu , par l'analyse , la présence d'un acide végétal , qu'alors il qualifia d'acide malique; mais, dans ses nouvelles recherches sur cette substance, dont il a rendu compte à la Faculté des sciences de l'Université de Paris , il a reconnu à Cet acide , dont il a plus particulièrement examiné la nature , les propriétés : i°. de ne pas troubler l'eau de Prep.- été>. chaux; 20. de former avec la barite un sel peu soluble; 3°. de précipiter en gris le nitrate de mercure , en jaune foncé le nitrate d'argent, l'hydrochlorate d'étain en jaune, et l'hvdrochlorated'or eu rouge brun; \*. de ne produire aucune action sur la dissolution du sulfate de protoxide de fer; mais de déterminer instantanément, dans celle du sulfate dedeutoxide, un précipité vert très- foncé et très- abondant ; 5°. de former dans la dissolution de sulfate de magnésie un précipité considérable ; 6°. enfin , de ne pouvoir être converti en acide oxalique par l'action de l'acide nitrique.
* Ann. de Chim. et àe Phys, IX , 365.
774 ÀPPENDIX.
M. Boulîav croit pouvoir conclure de ces propriétés, que dans leur ensemble, elles ne lui paraissent appartenir à aucun acide connu, et que l'action de celui-ci sur la dissolution de sulfate de fer , et sur celle de sulfate de magnésie doit suffire pour le faire distinguer. Il fait d'ailleurs observer , que s'il produit plusieurs effets analogues à l'acide malique avec leque l il avait d'abord confondu cet acide, il en diffère évidemment sous des rapports essentiels.
C'est donc, suivant M. Boullay,un acide végétal nouveau, qu'il désigne provisoirement sous le nom d'acide ménispermique , de celui de la substance dont il l'a relire, et parce qu'il lui paraît probable qu'on le retrouvera dans les autres espèces de ménispermes.
liECMERCifEs nouvelles sur quelques Acides anciennement connus.
A\cide Sorbique.
M. Vauquelîn avait fait, en 1817, ^es expériences sur l'acide découvert précédemment par M. Donovan , qui, pour le distinguer de l'acide malique avec lequel il est toujours accompagné, en plus ou moins grande quantité, dans, les vég-' faux , lui avait donné le nom d'acide sorbique, comme l'ayant trouvé plusabondammeul dans le fruit du sorbier desoiseleurs. L'objet du travail de M. Vauquelia sur cet acide , était de pouvoir l'étudier sous un plus grand nombre de rapports , et de vérifier la découverte de M. Donovan. Pour remplir ce but. M. Vanqnelin prépara du suc de sorbier , en examina ]à nature; et après avoir obtenu l'acide sorbique d'après le procédé indiqué par 1M. Donovan , mais en le modifiant pour avoir l'acide pur et sans couleur, il rechercha les propriétés de cet acide et en fit l'analyse. Les résultats de ces expériences donnèrent lieu à M. Vanqnelin d'annoncer que les propriétés reconnues à l'acide sorbique par M. Donovan , et sur-tout celle que présente sa combinaison avec l'oxide de plomb, étaient bien propres à lui faire penser que c'était un acide nouveau , mais qu'elles laissaient quelque chose à désirer; que les propriétés ajoutées par son travail, en confirmant l'opinion de M. Donovan sur le point principal , rendaient I histoire de cet acide un peu plus complète, et prouvaient
ACIDES ANCIENNEMENT CONNUS. ^~'j
que le fruit du sorbier ne contient pas d'acide malique, comme l'avaient pensé Schéele et M. Donovan.
Postérieurement à ce travail de M. Vauquelin sur l'acide sorbique , M. Houtou-Labillardière , frappé de l'analogie qui existe entre les propriétés de cet acide et celles de l'acide malique , s'était aussi occupé d expériences , dont les résultats l'avaient porté à penser que ces deux acides pourraient bien ne différer l'un de l'autre, que par des matières étrangères , mélangées à l'aride malique , qui en modifient les propriétés réelles; et que l'acide découvert pnr M. Donovan , et obtenu sous forme de cristaux, était l'acide malique pur. En effet, M. Hou:ou-Labillardière a annoncé, dans une note lue à la société de pharmacie de Paris, le i5 mai 1818, que l'identité des deux acides lui avait été démontrée par les expériences dont il y rend compte. Après avoir sursaturé par du lait de chaux, le suc de joubarbe, et fait évaporer aux o,j5 la liqueur filtrée, elle déposa un sel blanchâtre, pulvérulent , peusoluble; après avoir convenablement lavé ce sel avec de l'alcool faible , il le traita avec de l'eau qui se chargea de tout le malate de chaux. Avant alors ajouté à cette dissolution du nitrate de plomb neutre, il s'y forma uu précipité de malate de plemb , qui ayant été lavé et convenablement traité par l'acide hvdrosuifurique, donna une dissolution incolore d'acide malique. Cette dissolution évaporée en consistant •' d'un liquide sirupeux, laissa déposer, au bout de quelques jours, des cristaux blanchâires, semblables à ceux que produit l'acide sorbique. Ces cristaux jouissaient d'ailleurs . comparativement, de toutes les propriétés qui caractérisent l'acide sorbique.
M. Braconnot avant fait aussi, de son côté, une suite d'expériences sur la nature de l'acide malique, dont il rendit compte à la société des sciences de Nancy, le 1 1 juin 1810, fut amené par leurs résultats, à la même conclusion de l'identité des acides malique et sorbique.
Il parait donc ne devoir plus être douteux aujourd'hui, que i'acide de la joubarbe et celui des pommes ne soit le même que celui du fruit du sorbier. Ainsi l'acide découvert dans ce fruit, par M. Donovan , qui lui a donné le nom d'ac'de Sorbique , n'est autre chose que l'acide malique de Schéele , mais dans un plus grnnd état de pureté*.
* Ann. de Clum. el de Phîys. \ 1 , 'Ji~j et VJII, ifo et 2-jo-
Jj6 APPENDIX.
Acide Rheumique.
M. Thomson , en faisant mention , vol. 1 i, page 1 88 de cet ouvrage , de l'acide que M. Henderson annonçait avoir retiré du suc de la tige de la rhubarbe ( rheum rhaponticum\ remarque que les caractères et la nature particulière de cet acide, auquel M. Henderson avait donné le nom d'acide rheumique, ne lui paraissant qu'imparfaitement établis, et doutant de la réalité de quelques propriétés qu'il lui attribue , il ne s'est déterminé à en parler, que pour suggérer aux chimistes l'idée de le soumettre à un examen plus approfondi.
C'est ce que M. J. L. Lassaigne a entrepris le premier. En suivant le procédé de M. Henderson , et après avoir projeté , dans le suc de la rhubarbe chauffé à environ 55° centigrades, du carbonate de chaux , en agitant continuellement jusqu'à cessation de toute effervescence , il reconnut avec surprise qu'un papier de tournesol , qu'il y plongea , rougissait : en vain ajouta-t-il du carbonate de chaux , il ne put parvenir à le saturer entièrement. Il conclut de cette circonstance, qui n'avait point été observée par M. Henderson, que le suc de la rhubarbe contient deux acides , l'un qui n'est pas de nature à être saturé par le carbonate de chaux , l'autre qui , en décomposant ce carbonate , forme avec sa base un sel insoluble. C'est sur ce dernier sel, qui devait contenir l'acide particulier, que M. Lassaigne porta son attention. Il ne put parvenir à le décomposer par l'acide sulfurique ; car, ainsi qu'il l'avait déjà observé , l'acide renfermé dans les tiges de la rhubarbe a plus d'affinité avec la chaux qu'avec l'acide sulfurique. 11 se détermina alors à faire bouillir le sel calcaire avec deux fois son poids de carbonate de potasse pur et trente fois son poids d'eau distillée ; et après avoir maintenu le mélange en ébullition pendant trois quarts d'heure, et filtré alors la liqueur , il la satura exactement par de l'acide nitrique pur, et fit bouillir, pour chasser le peu d'acide carbonique qui aurait pu être resté en dissolution. En mêlant ensuite la liqueur avec une dissolution d'acétate de plomb , il soumit le précipité blanc floconneux qui se forma, après l'avoir lavé à l'eau bouillante , et délayé dans l'eau , à l'action iVun courant de gaz hydrosnlfurique. La liqueur, séparée par îa fillration du sulfure de plomb, était incolore et d'une saveur très-acide. Ayant été évaporée et placée dans un lieu frais,
il s'y forma , au bout d'une demi-heure , de longs prismes transparens d'une saveur très-acide.
M. Lassaigne, en examinant la nature et les propriétés de cet acide, lui reconnut celles qui suivent, savoir: i°. 11 est propriété!, inaltérable à l'air. 20. 11 est soluble dans environ deux fois et demie son poids d'eau froide. 3°. Sa dissolution est précipitée par l'eau de chaux , en une matière pulvérulente , comme la dissolution d'acide oxalique. 4°- Les sulfate et hydrochlorate de chaux sont précipités par cet acide en une poudre blanche très-fine, comme avec l'acide oxalique. 5°. Les sulfate et hydrochlorate de cuivre donnent, par leur mélange avec cet acide, un précipité blanc bleuâtre pulvérulent, effet que produit l'acide oxalique avec ces mêmes dissolutions. 6°. Le nitrate d'argent est précipité en poudre blanche. 70. Le nitrate de mercure SMminimum est précipité enflocons blancs gélatineux. L'acide oxalique se comporte de même avec ces deux nitrates. 8°. Cet acide chauffé dans un petit tube de verre, fermé par un bout, s'est volatilisé presqu'en totalité à la partie supérieure du tube, comme cela a lieu avec l'acide oxalique. 90. Enfin, cet acide forme avec les alcalis et les oxides métalliques des sels qui ne dilfèrent en rien par leurs propriétés physiques et chimiques , de ceux formés par l'acide oxalique.
M. Henderson avait annoncé , comme propriété la plus remarquable et véritablement distinct ive de son acide, celle qu'il lui attribuait d'agir avec facilité sur le mercure à l'état métallique, et de le dissoudre avec effervescence; M. Thomson considérait cette propriété comme étant incompatible avec la nature des acides végétaux. Et en effet , m. Lassaigne, en faisant chauffer une dissolution concentrée de l'acide qu'il a obtenu du suc de rhubarbe avec du mercure retiré du cinabre , n'a jamais pu parvenir à dissoudre un atome du métal , quoique l'ébullition ait été continuée pendant long-temps.
Il paraît donc résulter évidemment des expériences de M. Lassaigne , que l'acide obtenu par M, Henderson n'était pas pur; qu'il ne doit pas être établi comme formant un acide végétal particulier, ainsi que ce chimiste l'a annoncé; mais qu'il jouit de toutes les propriétés de l'acide oxalique*.
Ann. de China, et de Phys. VIII, 40î-
778 APPEtfDIX.
Du Cyanogène et de l'Acide hy drocy anique .
M. Vauquelin a donné suite , par un travail très - étendu et d'un grand intérêt, à celui très-important de M. Gay- Lussac sur le cyanogène et l'acide hydrocyanique ; sujet sur lequel ce savant avait reconnu lui-même qu'il restait encore des expériences à faire. Celles de M. Vauquelin sur l'une et l'autre de ces substances , peuvent être considérées comme étant l'examen le plus complet de leur manière d'agir sur les oxides métalliques , et des effets qu'elles éprouvent de l'action d'autres corps.
Il résulte de ce travail de M. Vauquelin , que toutes ses expériences, en confirmant les beaux résultats obtenus par M. Gay-Lussac sur la composition du cyanogène et de l'acide hydrocyanique, et en en étendant les conséquences, lui ont fait reconnaître ;
i.° Que le cyanogène , dissous dans l'eau, se convertit, en vertu des élemens de ce liquide qu'il décompose, en acide carbonique , en acide hydrocyanique , en ammoniaque , et dans un acide particulier qu'on pourra appeler acide cyajiique , et en une matière charbonneuse. Ces nouveaux composés s'arrangent entre eux , ainsi qu'il suit : L'ammoniaque sature les acides, d'où résultent des sels ammoniacaux soîubles , et la matière charbonneuse insoluble se dépose ;
2.0 Que l'altération , que portent les alcalis , proprement dils , dans la constitution du cyanogène, est absolument de la même nature que la précédente; c'est-à-dire, qu'il se forme de l'acide hydrocyanique , de l'acide carbonique , vraisemblablement de l'acide cyanique, de la matière charbonneuse et de i'aniiaoniaque, qui alors devient libre à cause de la présence des autres alcalis ; voilà pourquoi , comme la observé M. Gay-Lussac, la dissolution du cyanogène dans un alcali, donne sur-le-champ du bleu de Prusse avec la dissolution acide de fer;
3.° Que les oxides métalliques ordinaires produisent, sur le cyanogène dissous, les mêmes effets que les alcalis, avec des vitesses différentes , suivant l'aflinité que chacun d'eux exerce sur les acides qui se développent ; mais dans ce cas, i! se forme trois sels ou des sels triples, ainsi que la preuve en a clé fournie dans le cours des expériences, à l'article de
l'oxide de fer et de l'oxide de cuivre-, que couscqnemment le cyanogène, semblable, à cet égard, au chlore, ne peut se combiner directement aux oxides métalliques, et qu'il forme un acide hydrogéné et des acides oxigénés , parce qu'il est composé, et que le chlore est simple;
4-° Que le cyanogène peut dissoudre le fer sans qu'il se forme du bleu de Prusse, et sans qu'il y ait dégagement d'hydrogène; ce qui est prouvé par la belle couleur pourpre qiùy fait naître l'infusion de noix de galle; mais, comme dans la portion du fer qui n'est pas dissoute, on trouve du'bleu de Prusse , il n'est pas bien certain que le fer soit dissous
Par le cyanogène; il est plus vraisemblable que c'est par acide cyanique : ainsi, dans ce cas , l'eau aurait été décomposée; il se serait formé de l'acide hydrocyaniquequi se porterait sur le fer , et de l'acide cyanique qui , également uni au fer, le tiendrait en dissolution; peut-être se formet-il aussi de l'ammoniaque et de l'acide carbonique;
5.° Que l'acide hydrocyanique forme directement, soit avec le fer , soit avec son oxide , du bleu de Prusse sans le secours , ni des alcalis, ni des acides -, que, conséquemment , le bleu de Prusse paraît être un hydrocyanate de 1er ;
6.° Que toutes les fois que le cyanure de potasse est en contact avec l'eau , il se produit de l'ammoniaque , qui se combine avec l'acide carbonique qui se forme en mêmetemps ; d'où il suit , qu'une grande quantité de cyanure de potasse ne peut donner qu'une petite quantité d'hydrocyanate, puisqu'une grande partie de cette substance est changée en ammoniaque et en acide carbonique ;
n.° Il paraît aussi que les métaux qui, comme le fer, ont la propriété de décomposer l'eau à la température ordinaire, ne forment que des hydrocyanates; et que ceux qui ne décomposent pas ce fluide , ne forment, au contraire , que des cyanures : au nombre de ces derniers , sont l'argent et le mercure -, cependant il est possible que le cuivre fasse exception*.
* Aun de Cliim. et de Phys. IX, n3.
?8o ÀPPENDIX.
Des EtJiers phosphorique et arsenique.
M. Thomson ne parle de ces deux éthers que pour faire observer qu'on les obtient , d'après les expériences de M. Boullay, en substituant, à l'acide sulfurique, les acides phosphorique et arsenique , et que ces deux éthers ont l'analogie la plus complète avec l'éther sulfurique*. Cependant , il paraît convenable d'entrer ici dans de plus grands détails sur ce sujet.
Schéele et Lavoisier avaient tenté en vain de former de léther avec de l'acide phosphorique et de l'alcool , et MM. les académiciens de Dijon n'avaient pas eu plus de succès en distillant de l'acide du phosphore avec de l'alcool. M. Boudet fils semblait, à-la- vérité, avoir réussi, long -temps après, à former de l'éther en distillant un mélange de parties égales d'acide phosphorique très-concentré , et d'alcool à 38°; mais cet élher n'était pas assez pur ni en assez grande quantité pour en pouvoir reconnaître les propriétés , et les comparer à celles des autres éthers connus. On peut donc considérer , qu'il restait encore incertain si l'acide phosphorique avait réellement la facultéde convertir l'alcool en éther.
Ce fut alors que M. Boullay, cherchant, par divers essais, à réunir les circonstances essentielles qui lui semblaient devoir assurer le succès de la préparation de l'éther phosphorique , parvint , au moyen d'un appareil imaginé par lui à cet effet, à l'obtenir dans un grand état de pureté.
L'appareil particulier de M. Boullay consistait dans un entonnoir de cristal , dont la queue se liait avec un vase en forme de poire , terminé lui - même à sa partie inférieure par un tube. L'eutonnoir, dont la tige se trouve former le col du vase , est percée d'une tubulure transversale qui reçoit un robinet de cristal, au moyen duquel on établit, ou l'on intercepte à volonté la communication entre l'entonnoir et le vase. Au sommet du tube qui forme la partie inférieure de ce vase est adapté un robinet semblable à celui qui en traverse le col. Lorsqu'on veut que l'extrémité inférieure de l'appareil arrive au fond d'une cornue, ou des-
Vol. II delà traduction, p. 3^6,
cende à travers un liquide , on y ajuste un tube plus ou moins long, suivant la profondeur à laquelle on a l'intention d'atteindre. Pour faire écouler, par le tube inférieur, le fluide contenu dans le vase , on ouvre l'orifice supérieur, et la pression de l'atmosphère produit l'écoulement, que l'on règle à volonté en ouvrant le robinet inférieur : au-lieu de robinets de cristal , on peut les avoir en platine , garnis d'écrous de la même matière.
Pour la préparation de l'éther phosphorique , M. Boullay adaptait cet appareil à une cornue tubulée, placée sur un bain de sable, dans laquelle il avait rais de l'acide phosphorique pur, en consistance de miel. A cette cornue était joint un ballon à deux tubulures, dont une portait un tube plongeant dans un flacon rempli de chaux, et de là, un autre tube se rendant dans la cuve hydro-pneumatique; à la tubulure inférieure , était luté un petit flacon pour recueillir les produits et les séparer à mesure qu'ils se présenteraient. Le tube inférieur du vase portant l'entonnoir, plongeait dans l'acide phosphorique. La température de cet acide étant élevée à environ 120 degrés centigrades, M. Boullay y introduisait, à l'aide des robinets , et par petites quantités à-la-fois, de l'alcool , eu poids égal à l'acide phosphorique. Aussitôt que l'alcool se trouvait en contact avec cet acide chaud, il entrait eu une violente ébullition. 11 y avait développement de fumée, le mélange prenait une couleur brune. Des stries abondantes coulaient sur les parois des vases, et il passait un gaz dans la cuve pneumato-chimique. L'alcool étant entièrement introduit, on continuait de chauffer jusqu'à ce que ce mélange fût réduit à siccité. En rectifiant ensuite les premiers produits sur du chlorure de sodium desséché à la température d'environ 6o° centigrades, ils fournissaient, dans la proportion des 0,1 2 de l'alcool employé, de l'éther phosphorique très-pur. C'est avec cet appareil, disposé de la même manière, que M. Boullay obtint depuis l'éther arsenique, avec cette différence dans le procédé , que l'acide arsenique pur mis dans la cornue, doit être dissous dans la moitié de son poids d'eau distillée, porté ensuite à la température capable de faire bouillir la dissolution , et qu'il est nécessaire de rectifier à plusieurs reprises le produit obtenu.
M. Boullay a donc prouvé le premier, par cette formation des éthers phosphorique et arsenique, que ces deux acides
très-concentrés et chauds, pouvaient transformer, l'alcool en étliers parfaits du premier genre. Cette découverte, en donnant les moyens de reconnaître que. les éîhers phosphorique et arsenique ressemblent parfaitement àl'éther sulfurique , a présenté réellement un fait intéressant pour la science, en répandant une nouvelle lumière sur la théorie de l'éthérification. Il se peut d'ailleurs que l'ingénieux appareil, imaginé par M. Boullay pour produire ces éthers , soit par la suite utilement employé à d'autres usages*.