CITE
SECTION XXIII
De la Cire.
La surface supérieure des feuilles de beaucoup d'arbres est recouverte d'un vernis qu'on peut séparer et obtenir à J'état de pureté parle procédé suivant.
On fait digérer dans l'eau d'abord, et ensuite dans l'ai- r
cool , les feuilles écrasées, jusqu'à ce que toutes les parties on ^7 qui sont solubles dans ces liquides en soient extraites. On mêle alors le résidu avec six fois son poids d ammoniaque pure liquide. Après un temps suffisant de macération , on décante la dissolution , on la filtre, et on y verse, en la remuant sans discontinuer, de l'acide sulfuiique étendu, jusqu'à ce qu'on en ait ajouté assez pour saturer l'alcali. Le vernis se précipite sous la forme d'une poudre jaune. On le lave bien avec de l'eau , et on le fait fondre à une douce chaleur '.
M. Tingry découvrit le premier que ce vernis avait toutes les propriétés de la cire d'abeilles 2. La cire est par conséquent un produit végétal. Plusieurs plantes la contiennent en si grande quantité qu'on peut l'en extraire avec avantage. Mais occupons-nous d abord des propriétés de la cire d'abeilles , comme l'espèce la plus commune et la plus importante. Hubert a démontre , en opposition à l'opinion généralement reçue , que les abeilles préparent cette substance avec le miel ou le sucre, et que c'est le sucre qui en fournit le plus 3.
i. La cire, lorsqu'elle est pure, est de couleur blan- Propnv • châtre; elle est insipide, et n'a presque point d'odeur. Ilcir est vrai que la cire d'abeilles a une odeur aromatique assez forte; mais elle semble être due en grande partie à des substances étrangères qui s'y trouvent mêlées; car cette odeur disparaît presque complètement lorsqu'on expose pendaut quelque temps la cire à l'air , étendue en rubans minces, Par ce procédé , qu'on appelle blanchiment , la cire perd sa
* Hevmbstndt. Med. etPhys*. Journ. III, 3-a. ■ Encyclop. mi-tliod. Foret/* et bois. I, ioo. 3 Z\lc;iolson's Journ IX , iS~>.
de l'alcool
I2i PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES.
couleur jaune et devient très blanche. La cire, ainsi blanchie, est inaltérable à l'air '.
2. La pesanteur spécifique de la cire qui n'a pas été blanchie varie de 0,9600 a à 0,9660 3, et celle de la cire blanche est de o,82<>3 à 0,9662*.
3. La cire est insoluble dans l'eau, et n'éprouve aucune altération dans ses propriétés , lors même qu'on la gaide sous ce liquide.
4- La cire se ramollit par la chaleur ; et à la température de 6i° centigrades , si elle n'a pas été blanchie, ou à celle de 68° centigr. après le blanchiment5, elle se fond en un fluide transparent et sans couleur, qui reprend sa première forme concrète à mesure que la température diminue. Si l'on pousse la chaleur au-delà du terme de sa fusion , la cire bout et s'évapore; et si l'on chauffe au ronge la vapeur, elle s'enflamme et brûle avec une lumière brillante. C'est celte propriété qui la rend si propre à faire des bougies. Action 5. L'alcnu! agit à-peine à froid sur la cire; mais ce li-
quide bouillant la dissout Ce fait, queNeumann6 avait déjà reconnu, a été vérifié depuis parle docteur Bostock7. Il faut plus de 20 parties d'alcool pour dissoudre 1 partie de cire ; à mesure que la dissolution refroidit , la plus grande partie de la cire se dépose, et le reste peut être précipité par l'eau 8.
6. L'éther a peu d'action à froid sur la cire , mais à l'aide de la chaleur il en prend environ les o,o5 de son poids, et il en abandonne la plus grande partie en se refroidissant 9.
Le docteur John s'assura, qu'en faisant digérer dans une suffisante quantité d'alcool bouillant de la cire d'abeilles ou de la cire du myrica cordifolia, elle se divise en deux substances distinctes. L'alcool bouillant se charge del'une de ces substances, tandis que l'autre y reste sans se dissoudre. Il a donné au premier de ces corps le nom de cerinc, et il a appelé l'autre myricine,
' Jonrn. de Phys. XXXVIII, 56: et Sennebier. Ann. de Chim.