‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 53 sur 228 · IV. l · texte numérisé non relu

IV. l

Bdellium:

C«rauBa.

Ipécacuhana.

La résine a des propriétés particulières. Elle est transparente, rougeâtie, excessivement acre, ce qui doit la faire considérer comme un poison violent. Elle est insoluble dans les acalis, mais les acides sulfuricjue et nitrique la dissolvent. Ces propriétés font voir que c'est un principe végétal particulier. La cire a la proprielé de la cire d'abeilles. Le malate de chaux avait été pris par erreur pour de la gomme '.

12. Bdellium, cette gomme-résine , qui nous vient de l'Arabie, est supposée produite par une espèce ftamyris, quoiqu'il n'ait été publié rien de certain sur ce sujet. Elle est en larmes jaunâtres transparentes. Elle se ramollit sous la dent. Sa saveur a un peu d âcreté. Mise sur des charbons ardens , elle devient molle et brûle à la manière d'une résine. Sa pesanteur spécifique est de 1,^71 2. L'alcool dissout environ les 0,60 de sou poids de bdellium ; la partie non dissoute est un mélange de gomme et de cérasine.

Suivant l'analyse de Pelletier, les parties constituantes de cette gomme-résiue, sont:

Résine , 59,0

Gomme 9,2

Cérasine ôo,6

Huile volatile et perte. . . 12

i3. On sait très-peu de chose sur la substance appelée caranna, rangée parmi les gommes-résines. Sa pesanteur spécifique est de 1,124 4. On regarde actuellement la substance extraite du lierre, et connue sous le nom de gummi hederœ, comme une gomme-résine; mais j'ignore si elle a été examinée chimiquement. Sa pesanteur spécifique est de 1,294 5.

i4- On voit par les expériences faites sur l'ipécacuhana, la racine du cep/ic/is ipécacuhana , spécialement par celles du docteur Irvine, que cette substance contient aussi une gomme-résine. La même observation s'applique à plusieurs autres substances végétales employées eu médecine.

• Ann. de Chinu LXVIH, 44-

a Brisson.

» Ann. «le China. LXXX, 3g.

* Brisson.

J Idem.

CAOUTCHOUC. tyi>

C'est un fait qui mérite attention , queles gommes-résines, soumises à la distillation à feu nu, fournissent toutes une portion d'ammoniaque ; ce qui prouve qu'elles contiennent toutes de l'azote. Elles ressemblent, sous ce rapport, a l'extractif.

SECTION XXX

Du caoutchouc*

Ce fut vers le commencement du dix-huitième siècle. „-. ,v qu'on apporta de l'Amérique, comme objet de curiosité, une substance appelée caoutchouc. Cette substance était molle, excessivement élastique , et très-combustible. Les morceaux qui en vinrent en Europe étaient ordinairement sous forme de bouteilles, d'oiseaux, etc. On fait un grand usage de cette substance pour effacer les traces du crayon sur le papier, et c'est par cette raison qu'on l'appelle souvent en Angleterre, indian rubber ( frottoir indien). On ne connaissait encore rien autre chose sur la production de cette substance, si ce n'est qu'on l'obtenait d'an arbre, lorsqu'en 17 35 les académiciens français arrivèrent dans l'Amérique méridionale pour y mesurer un degré du méridien. M. de la Condamine en envoya, l'année d'après, une description à l'académie. Il y exposa qu'il croissait au Brésil, dans la province dEsmeraldas, un arbre appelé par les naturels fflievé, d'où découlait un suc laiteux qui, étant épaissi, était le caoutchouc. Don Pedro Maldonado, qui accompagnait les académicien.': français, trouva le même arbre sur les bords du Maragnon ; mais cet Espagnol mourut peu de temps après, et ses manuscrits ne fuient jamais publiés. M. Fresnau, après de longues et pénibles recherches, découvrit le même arbre à Cayenne. La description qu'il en donna fut lue à l'académie française, en 1701 *.

On sait actuellement qu'il existe au moins deux arbres dans pianle$ l'Amérique méridionale dont on peut obtenir le caoutchouc ; <rji r°ura;siEn' 1 hœvea caoutchouc et le jatropna eLastica^ et il est trèsprobable qu'on le retire aussi d'autres espèces d hœvea et de

* Mém, Par. 1 75i, p. 319.

jatropha. Plusieurs arbres des Indes orientales fournissent également le caoutchouc. Ce sont entre autres, le ficus indica , Yartocarpus integrifolia et Yurceola elastica , plante découverte par M. Howison , et décrite pour la première fois par le docteur Roxburgh * qui lui donna le nom qu'elle porte. On dit que le docteur Benjamin Smith Barton l'a obtenu du suc du similax caduca , qui croît abondamment dans les environs de Philadelphie a. M. Woodcock le trouva dans le suc laiteux de Y asclepias vincetoxicum a.

En faisant une piqûre à l'une quelconque de ces plantes, il en exsude un suc laiteux, qui étant ex posé à l'air, dépose peu-à-peu une substance concrète, et cette substance est le caoutchouc.

Si l'on met du chlore dans ce suc laiteux , le caoutchouc se précipite sur-le-champ , et l'acide perd en même-temps l'odeur qui lui est particulière. Il en résulte que très-probablement la formation du caoutchouc est due à ce que sa base absorbe de l'oxigène 4. Si l'on renferme le suc laiteux dans un vase de verre contenant de l'air atmosphérique, ce suc attire peu-à-peu l'oxigène de l'air, et il se manifeste une pellicule à sa surface 5.

Le caoutchouc fut à-peine connu que cette substance attira l'attention des naturalistes. Ses propriétés singulières annonçaient qu'il serait d'une très-grande utilité dans les arts, si l'on parvenait à trouver le moyen de le préparer de manière à en faire les divers instrumens pour lesquels il paraissait particulièrement convenir. MM. de la Coudamine et Fresnau avaient fait mention de quelques-unes de ses propriétés ; mais Macquer fut le premier chimiste qui entreprit de l'examiner avec soin. Ses expériences furent publiées dans les mémoires de l'académie française pour l'an 1768. Elles répandirent un grand jour sur ce sujet ; cependant Macquer était tombé dans quelques erreurs qui furent relevées par M. Beruiard, qui publia un excellent mémoire sur le caoutchouc dans le 17e vol. du Journal de physique. C'est dans ce mémoire que se trouvaient consignés la plupart des

• Asialic Researches , V, 167. Edition de Londres.

• Phil. Mag. "XL, 66.

3 Ibid. p. ia5.

4 Vonrcrov, Ann. de Cliim. XI, 22Q.

• Ibul.

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