BULBES
et lavée de nouveau avec de l'eau, fournit une quantité considérable d'amidon. On tritura une seconde fois le résidu, qui était d'un gris clair, et on en forma une pondre qui ressemblait beaucoup à l'amidon , et par ses propriétés et dans son apparence.
Le liquide dans lequel on avait lavé la pomme de terre était' d'abord laiteux; mais abandonné à lui-même , il déposa une poudre blanche assez pesante, qui était de X amidon. Ce liquide, après avoir été filtré avait une couleur rouge de carmin , et il rougissait les couleurs bleues végétales. En le faisant bouillir, il se sépara un précipité floconneux, en partie blanc et en partie rouge. Ce précipité avait les propriétés de l'albumine. Le résidu évaporé en consistance d'extrait , avait une couleur brunâtre ; il était insoluble dans l'alcool et dans l'éther, mais il se dissolvait dans l'eau ; et c'était, suivant Einbof, une matière mucilagineuse. Il obtint de 100 parties de pommes de terre, ces diverses substances dans les proportions suivantes :
Amidon i5
Matière fibreuse amylacée 7
Albumine 1 , 4
Mucilage à l'état d'un sirop épais. 4
Pour s'assurer de la nature de l'acide qui existe dans le suc des pommes de terre , Einhof sépara ce suc par une légère expression; et pour faciliter la séparation, il les avait d'abord fait geler, et dégeler ensuite. Il ajouta à ce suc de l'eau de chaux en excès, et il fit digérer le précipité dans l'acide sulfurique étendu pour séparer la chaux de l'acide. Il trouva CoD,ient que celui qu'il obtint ainsi , était un mélange d'acide tarta- des acides tar-
■ 1, * • 1 1 1 - * ¥ , ° • • > 1 tarique et
rique et cl acide phosphorique . La sève, ainsi privée de phosphore. son acide, contenait un excès de chaux en combinaison avec le mucilage. Einhof reconnut que cette chaux se saturait peuà-peu d'acide carbonique, lors même que la sève était tenue dans des vases fermés ; que le mucilage acquérait avec le
* Quoique Einhof obtînt de l'acide phosphorique par l'opération décrite dans le texte , il ne s'ensuit pas qu'il existât dans les pommes de terre à l'état libre. Il serait possible qu'il s'y trouvât uni à la chaux, «t que cette combinaison fût tenue en dissolution dans le suc d«s pommes de terre par l'acide tartarique.
3ïO PARTIES DES PLANTES.
temps une saveur sucrée, quand il s'y trouvait une suffisante quantité de chaux; et que lorsqu'on le traitait avec l'alcool , il s'en dissolvait une certaine portion > qui fournissait des cristaux de sucre. 11 en conclut que c'était une Conversion du mucilage eu sucre.
Cendres. Eiuhof obtint de 1820 parties de pommes de terre desséchées , 96 parties de cendres d'un blanc grisâtre , dont 64 parties étaient solubles dans l'eau. Elles étaient principalement composées de carbonate de potasse; mais elles contenaient aussi 10,20 parties d'acide phosphorique, 3,5o parties d'acide sulfurique , et deux parties d'acide hydrochlorique. Les 02 parties insolubles consistaient en terres et en oxides; 30 de ces parties lui fournirent , savoir :
Silice 2.5
Chaux 6.0
Alumine 4-o
Magnésie, avec du manganèse ou
de l'oxide de fer. 7.0
jq.5
Einhof examina diverses espèces de pommes de terre. Il trouva dans toutes les mêmes parties constituantes , mais dont les proportions variaient considérablement. Il n'est pas nécessaire de rapporter ici les résultats de ses expériences , parce que les mêmes variations se présentent , sans doute aussi, dans des pommes de terre de la même espèce. Aci;on 11 est bien connu que lorsqu'on expose les pommes de
6e la gelée sur terre ^ l'actjon c]c \a celée, elles se ramollissent et acquièrent
tes pommes de p ' 1
terre. une saveur sucrée. A cette saveur succède une saveur aigre qui est due au développement rapide d'acide acétique , et la racine entre très-promptement en putréfaction. Il résulte des expériences de Einhof, que le sucre est formé aux dépens du mucilage; car il trouva dans les pommes de terre, devenues sucrées par la gelée, les autres parties constituantes dans leurs proportions ordinaires. Il considère la propriété qu'elles ont de devenir sucrées comme se rapportant aux qualités végétatives de la racine. EhuiiitioQ. Lorsqu'on fait bouillir les pommes de terre, elles perdent de 1 à i,5 pour ioo de leur poids. Le suc, qu'on en peut extraire, a une saveur sucrée. La farine est insoluble, même dans l'eau bouillante , quoique l'amidon de pommes de terre
BULBES. 3ll
soit susceptible de former une dissolution transparente avec l'eau chaude. Ainsi il paraît que , par l'ebullition , l'albumine , la matière fibreuse et l'amidon , se combinent ensemble, et qu'il en résulte u» composé insoluble '.
On voit, d'après ces expériences, que les pommes de terre diffèrent essentiellement du froment et de l'orge en ce qu'elles ne contiennent point de gluten. Elles se rapprochent en quelque sorte de la nature du seigle.
2. Ail. C'est la partie bulbeuse de la racine de Yallium x\i. sativum. Cette substance est bien connue et remarquable par son odeur forte et sa saveur particulière. L'ail était trèsrenommé chez les anciens , et comme aliment, et pour son emploi en médecine. Les chimistes l'ont examiné à plusieurs reprises; et en considérant l'état des connaissances chimiques à cet égard , à l'époque où Neumann en fit l'analyse , on jugera qu'elle peut être regardée comme très-exacte a. Cadet analysa depuis cette substance.
L'ail, en se desséchant, perd environ les 0,66 de son poids ; mais cette proportion est sujette sans doute à varier considérablement. Le suc exprimé de l'ail est d'une consistance épaisse, à-peu-près comme le mucilage-, il rougit légèrement les couleurs bleues végétales. Si , après l'avoir étendu d'eau et filtré, ou le fait bouiliir , on voit se former des flocons d'albumine. Le résidu est composé principalement de mucilage , dont l'ail fournit une très-grande proportion , et d'extractif d'une nature un peu acre. En distillant l'ail avec l'eau , il fournit uoe portion d'une huile volatile jaune , d'abord plus légère que l'eau, mais qui devient plus pesante à mesure que la distillation avance. C'est à cette huile contient <jue lail doit ses propriétés les plus remarquables. Sa saveur unehuileàcr,< est trés-âcre , et son odeur forte. Appliquée à la peau , elle produit une irritation à-peu-près égale'à celle qu'y occasionnent les mouebes cantharides •, on pourrait même s'en servir pour faire des vésicatoires. Triturée avecl'oxide de fer, elle donne immédiatement une couleur noire-, mais elle n'agit sur aucun des autres oxides métalliques.
Lorsqu'on traite l'ail par l'alcool, le liquide prend une couleur jaune rougeàtre, et laisse, après évaporation , un
» Gehlen's Journ. VI, 485.
■ Neumann's Chem. p. $v.
3l2 PARTIES DES PLANTES.
extrait brun, très -acre, qui attire l'humidité de l'air.
Autres srtiei ^ ^a distillation, l'ail fournit d'abord un liquide légèrement
concluantes, coloré , et d'une saveur très-âcre ; il passe ensuite une huile
brune épaisse , et une grande quantité d'air inflammable et
d'acide carbonique. Le liquide dans le récipient répand
l'odeur d'ammoniaque lorsqu'on le mêle avec de la chaux.
4o3'20 parties d'ail laissèrent après l'incinération 4896
parties de cendres, ou environ les 0,1 s*5 du poids de l'ail.
Cadet obtint de \j2 parties de ces cendres, savoir :
Potasse 33
Sulfate de potasse, mêlé d'hydro-
chlorate de potasse 58
Alumine , 2
Phosphate de chaux 1 5,6
Oxide de fer 1 ,5
Magnésie 9
Cha ux. 1 4
Silice 8
ï4o6 parties d'ail frais lui fournirent
Mucilage 520
Albumine 3j
Matière fibreuse 48
Eau, par estimation ....... 801
i4o6 Oignon. 3. \J Oignon est la racine bulbeuse de Xallium cepd. il n'avait été fait qu'un petit nombre d'expériences sur cette substance par Neumann et par Cadet -, mais Fourcroy et Vauqutliïi en ont publié une analyse très-intéressante , et faite avec beaucoup de soin. L'oignon réduit en pulpe, et soumis ainsi à la presse, donne un suc visqueux un peu opaque , incolore d'abord , mais se colorant par degrés en rose , ce qui est dû à l'huile qu'il contient. Il a une odeur forte, et il rougit les couleurs bleues végétales. Ce suc est précipité par l'acétate de plomb , l'eau de chaux, l'acide oxalique , le nitrate d'argent et la potasse. Lorsqu'on le distille, il fournit un liquide laiteux , légèrement acide, que surnagent quelques gouttes d'huile. 11 contient un peu de soufre dissous dans l'huile; carie chlore lui donne la propriété de précipiter le nitrate de barite ; et lorsque ce liquide est distillé dans un alambic de cm vre , il y a formation de sulfure de cuivre. La
BULBES. 3l3
portion du suc , restée après la distillation , dépose une matière de couleur fauve ayant une forte odeur d'oignon. L'alcool enlève à ce sédiment de l'huile et du soufre , et le résidu paraît avoir des propriétés analogues à celles du gluten; la liqueur d'où ce précipité a été réparé , contient de l'acide phospbonque , du soufre et du gluten.
Le suc d'oignon , gardé à une température de i5 à 200 centigr., n'émet aucun gaz; mais la couleur de ce suc change successivement, elle passe au rouge et au jau::e, et il s'y forme un sédiment fauve. Il est alors converti en vinaigre qui conserve encore l'odeur d'oignon , ce qui prouve que la matière volatile reste sans avoir été décomposée. Ce vinaigre contient une assez grande proportion de manne , qui lui donne la facilité de cristalliser en aiguilles. En examinant le suc récent d'oignon , Fourcroy et Vauquelin ne purent en obtenir de manne, mais seulement une quantité considérable de sucre non cristallisable. Ce sucre, à la chaleur de i5 à u.o degrés centigrades , est décomposé par degrés , et converti eu acide acétique et en manne. La matière de couleur fauve, qui se précipitait pendant l'acétification , consistait en gluten , en huile et en soufre.
Le suc d'oignon est susceptible d'éprouver la fermentation vineuse. Lorsqu'on eut mêlé ensemble 2J4 grammes de ce suc , avec 2 litres d'eau et oo grammes de levure de bière , ce mélange entra dans une vive fermentation, et à la distilla tion, on en obtint environ j3 grammes d'alcool à 4° degrés. D'après les expériences de Lavoisier, la même quantité d'alcool aurait fourni 1 14 grammes de sucre. Fourcroy et Vauquelin trouvèrent de plus , dans le suc d'oignon , du mucilage , du phosphate de chaux et du citrate de chaux \
4. Scille. C'est la racine bulbeuse de la scilla marltima. sdii On l'emploie en médecine comme diurétique et comme vomitif. Vogel ayant soumis cette racine à l'analyse, il reconnut qu'elle devait ses propriétés particulières à une espèce de principe amer qu'il distingua par le nom de scillitine , principe qui a été décrit dans le chapitre précédent. Vogel retira de la scille desséchée les substances suivantes, savoir z :
' Ami. de Chim. LXV, 161.
2 Ibid. LXXXIII, 147.
3l4 PARTIES DES PLANTES.
Gomme 6
Scillitiue 35
Tannin 24
Citrate de chaux ce
Sucre ■ «
Fibre ligneuse 3o
SECTION XII
Des Lichens.
notoire. Les lichens constituent une classe de plantes, qui diffèrent sous presque tous les rapports, des autres végétaux. Il en est beaucoup parmi eux, qui n'ont pas môme la plus légère apparence de plantes ; mais qui consistent dans des croûtes dures recouvrant les rochers, le bois, les arbres, etc. D'autres ont la forme de feuilles ou de branches ; mais on n'y peut rien apercevoir qui ressemble à des fleurs. Tournefort et Micheli sont les premiers botanistes qui aient fixé le mot de lichen, jusqu'alors vague et mal défini, à un genre particulier de plantes. Linnéé les rangea ensuite parmi les algues, et il en décrivit 8i espèces. Depuis ce temps, les lichens ont été examinés avec beaucoup d'attention par un grand nombre de botanistes, dont l'objet principal était de reconnaître et de décrire leurs parties de fructification, ainsi que de s'assurer des divers changemens qu'ils subissent dans les différentes périodes de leur végétation ; mais il en est très-peu parmi eux qui aient essayé de les analyser, ou d'indiquer les usages auxquels on pourrait les employer. Wdlemet nous a donné une description historique de 41 espèces de lichens, et il est entré dans le détail de leurs usages économiques et médicinaux. Amoreux, dans une dissertation sur ce sujet, a fourni sur ces substances des détails encore plus circonstanciés, en publiant en même-temps l'analyse chimique de quelques-uns des plus remarquables des lichens. Hoflman,qui s'était déjà distingué par sa classification botanique des lichens, publia en 1787 un exposé de leurs propriétés chimiques et économiques, et nous donna l'analyse chimique que Georgi avait faite avec très-grand soin de plusieurs d'entre eux. Wcstring s'occupa particulièrement de l'emploi des lichens dans la teinture -, et dans sept dissertations qiù! publia successivement depuis 1792, jusqu'à 1797,
LICHENS. 3l5
dans les Transactions de Stockholm, il examina presque tous les lichens du Nord, en décrivantes couleurs qu'ils peuvent fournir, etla manière de les obtenir. C'est à ces écrivains, ainsi qu'à Georgi, que nous devons la connaissance du petit nombre de faits publiés jusqu'ici sur la composition et les propriétés chimiques des lichens.
Les lichens sont très-nombreux , ils se trouvent dans tous les pays et dans tous les climats. Les botanistes en ont décrit beaucoup plus de 200 espèces, comme étaut indigènes de l'Angleterre.
Les expériences de Georgi, professeur de chimie a Pé- Certains tersbourg, nous apprennent que les lichens farinaceus, glau-llC enusecnT"e"' eus, etpbysodes, forment avec l'eau un mucilage, qui four- de'a6«>nime. rit par l'évaporation.une gomme aussi transparente et insipide que la gomme arabique. Le lichen pnlmonarius produit aussi une gomme, mais dont la saveur est un peu amère. L'on extrait ainsi de ces lichens les 0,126 de leur poids de gomme. Ils communiquent à l'alcool une couleur verte et une saveur amère '. Amoreux, qui répéta ces expériences, obtint du lichen pnimonarius une gomme rongeàtre, beaucoup moins transparente que la gomme arabique. Ce lichen donna à l'alcool une couleur jaune. 11 est probable qu'il avait examiné une espèce différente de celle que Georgi avait analysée, ou s'il n'en était pas ainsi, les lichens devaient être d'âges bien différens.
Àmoreux trouva, que lorsqu'on faisait macérer dans l'eau le lichen prunastri , ses branches devenaient transparentes comme une membrane animale, et qu'elles adhéraient fortement au papier. Dans cet état, il est insipide, mais friable comme le céleri. Il obtint de la gomme en abondance du lichen islandicus , et de tous les lichens à larges feuilles qu'il examina. Il parvint à extraire de la gomme du lichen fraxineus, du lichen caninus et du lichen caperatus. Celui-ci donna une couleur jaune citrique à 1 ammoniaque 3.
En faisant bouillir dans l'eau, les lichens physodes, hirtus, lichens emfarinaceus et pulmonarius, Georgi trouva qu'ils fournissaient plo>aun,e°trQe un mucilage jaunâtre presque insipide, et qu'on pouvait
' Expériences de Georgi, cite'es par Amoreux, dans ses Recherches «L Expériences sur les divers Lichens , p. 9.}. 3 liid. p gS.
3l6 PARTIES DES PLANTES.
manger les lichens ainsi traités en y ajoutant du sel. Ils donnèrent tous par l'alcool une certaine portion de résine ; mais ils ne coramuniqj.èrent aucuue saveur à l'eau dans laquelle on les avait fait bouillir. Par l'incinération, ces lichens fournirent un peu de potasse , de chaux et de silice , maison n'y trouva point de sulfates ni d'hydrocbJoraes. À la distillation, ils donnèrent une eau acidulé, et une huile jauoe ou noirâtre plus pesante que l'eau.
Telles sont les expériences incomplètes faites jusqu'à présent pour parvenir à reconnaître les parties constituantes d'un petit nombre de lichens. L'un d'eux, cependant, le lichen islandicus a été soumis, par Berzelius, à une analyse rigoureuse et intéressante. Il obtint de 100 parties de ce lichen les partiels constituantes qui suivent, savoir :
Sirop 3,6
Bitartrate de potasse ~\
ïartrate de chaux et phosphate v 1,9
de chaux, en petites quantités. )
Principe amer 3
Cire verte 1,6
Gomme 3,y
Matière colorante extraclive.. . 7,0
Fécule du lichen 44, 6
Matière insoluble amylacée... 36,6
Berzelius examina ensuite le lichen plicatus, le lichen barbatus, le lichen fastigiatus , et le lichen fraxineus. Il reconnut que tous ces lichens étaient caractérisés par la présence d'une espèce d'amidon qui manifeste plusieurs propriétés particulières 2.
Je vais parler maintenant des lichens qui sont les plus remarquables par la matière colorante qu'ils fournissent. faille I# Lichen roccella. Ce lichen, qui fournit à la teinture
une substance connue sous le nom dorseille, est très-commun dans les îles Canaries. Mais on en trouve aussi en France , et sur les côtes méridionales de l'Angleterre. Si l'on en croit Tournefort, cette matière colorante fut connue des anciens, qui s'en servaient pour obtenir la couleur qu'ils appelaient
' Ann de Chim. XC , 271.
» Afhandliugar, III, 33i.
LICHENS. 3lJ>
pourpre cfAmorgos. Quoi qu'il en puisse être, la découverte de la propriété colorante du lichen roccella est due au hasard. Elle fut faite en i3oo par un négociant de Florence, qui avait remarqué que l'urine ku donnait une belle couleur violette. Depuis ce temps cette substance devint un objet de commerce, et on la prépara pendant long-temps à Florence. On met le lichen , réduit en poudre, dans une cuve avec de l'urine et de la chaux vive, et on a soin de remuer régulièrement, en ajoutant de nouvelles quantités d'urine et de chaux jusqu'à ce qu'il ait acquis sa couleur. On ajoute également d'autres substances ; mais on a fait voir que celles dont nous faisons ici mention, sont les seules essentielles. Hellot avait reconnu, qu'en traitant les lichens par la chaux et par l'ammoniaque, leur matière colorante se développait, s'ils en contenaient -, et Westring a simplifié l'opération en substituant à l'ammoniaque l'hydrochlorate de cet alcali.
L'orseille ainsi préparée est employée au besoin pour aviver d'autres couleurs ; mais celle qu'elle fournit est loin d'être fixe. On s'en sert pour colorer l'alcool dans les thermomètres. Nollet a observé que cette teinture perdait entièrement sa couleur lorsqu'on la privait du contact de l'air, mais que cette couleur se rétablissait par l'admission de l'air. Les chimistes n'ont pas encore déterminé la nature de cette matière colorante de l'orseille.
2. Lichen parellus. On extrait de ce lichen une matière colorante qu'on appelle orseille d'Auvergne, parce que cette plante est très-abondante dans les montagnes de ce pays, ainsi que dans d'autres parties de la France. On la trouve aussi très-communément en Angleterre. On lui fait subir à-peu-près la même préparation qu'au lichen roccella, et le produit qu'il donne porte le même nom, et sert aux mêmes usages , mais il n'est pas aussi recherché. Il est évident qu'il y a de l'analogie entre la matière colorante des deux plantes.
3. Lichen pertusus. Westring traita ce lichen par la Autres îichew chaux et par l'hydrochlorate d'ammoniaque, et il en obtint quidonnentder une matière colorante brune. coioraot«
4- Lichen ventosus. Ce lichen feignait la laine en une couleur brune, qui résista à l'action des alcalis.