‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 95 sur 228 · Partie» Suivant les expériences d'Einbof, l'extrait obtenu du ter · texte numérisé non relu

Partie» Suivant les expériences d'Einbof, l'extrait obtenu du ter

constiiuanies. reau a presque les mêmes propriétés que le principe ex tractif. Le terreau qu'il employa était celui du sol d'uue forêt, et il s'était formé de feuilles d'arbres et d'herbes putréfiées. Il était noir, ferme, il ne produisait aucun changement sur les couleurs bleues végétales, et ne contenait pas de plantes non décomposées 3. L'eau dans laquelle on fit bouillir ce terreau, était d'abord sans couleur; mais par son exposition à l'air elle acquit une teinte brunâtre. La substance qu'elle tenait en dissolution avait précisément les mêmes caractères que l'cxtractif.

Braconnot fit aussi des expériences sur le terreau végétal ,

' Recherches , p. i^o.

• Ibid. p. 174.

» Gchlcr/s Journ. VI, 3;3.

il s'assura qu'il ne contenait rien de soluhle dans l'eau. Il se trouva , dans ses autres résultats, d'accord avec Saussure. En faisant bouillir le terreau avec une lessive alcaline, il y en eut une portion dissoute. Le résidu avait exactement l'apparence du charbon déterre '.

Outre ce terreau végétal fertile, Einhof en examina un .Terreau autre d'une nature différente, auquel il a donné le nom de >egeU terreau végétal acide. 11 se trouve dans les près bas et dans les marais \ et les plantes qui y croissent , sont les différentes espèces de carex, de juncus et d'eriophorum. Il forme aussi la partie principale du terreau des situations élevées et des landes, où le sol est couvert de bruyères , ( erlca vuïgaris ). Ce terreau se distingue du précédent en ce qu'il contient une portion notable d'acide pbosphorique et d'acide acétique, qui lui donnent la propriété de rougir les couleurs bleues végétales. L'extractif qu'il contient est principalement insoluble dans l'eau ". Ce terreau végétal acide ressemble beaucoup à la tourbe, et il est probable qu'il se convertit en cette substance; car, comme ce terreau, la tourbe contient une portion d'acide pbosphorique, et probablement aussi d'acide acétique, et une matière extractive qui se dissout facilement dans les alcalis, quoique peu soluble dans l'eau 3.

Einhof a observé, que le terreau végétal acide ne se trouve , Action

. ' ' , o de la chaux Mir

jamais dans ceux des sols où la chaux abonde, et qu'on peut \* terreau. le modifier et le réduire à l'état d'un très-bon terreau, par l'action de la chaux et de la marne. 11 est clair que ces engrais neutralisent les acides, et rendent ainsi l'extractif, et autres substances végétales , susceptibles d'éprouver l'action de l'air , de fournir de l'acide carbonique, et de prendre les différens états convenables pour la nourriture des végétaux. Il est probable qu'ils agissent directement aussi sur la matière végétale, et occasionnent des décompositions favorables à la végétation. De là, l'efficacité de l'emploi de la chaux pour les marais, et pour les terres aigres en général.

11 parait donc ainsi, que les plantes sont alimentées principalement par cette portion de matière végétale qui devient soluble dans l'eau, et qui acquiert les propriétés de Pextrac-

1 Ann. de Chim. LXI, igi.

* Gchlen's Journ. VI, 079.

3 Einhof Gehlen's Joura. if I , f\oo.

animaux,

tif; que la quantité dans le sol, n'en doit être ni trop grande, ni trop petite -, que la partie insoluble du terreau végétal prend peu-à-peu cet état, soiî par l'action de l'atmospbère , soit par celle de terres ou de sels -, que la présence d'un acide, en contrariant ce changement, nuit à la qualité nutritive du terreau végétal; et que la chaux est utile, en partie pour neutraliser l'acide, et en partie pour accélérer la décomposition du terreau végétal.

Engrais Les engrais animaux fournissent probablement des raa-

•»""■"'■ r • 1111 ''III » 1

tenaux semblables au terreau végétal, lis empêchent sans doute la forma' ion d'acides, ou ils les neutralisent lorsqu'ils sont formés. Ils contribuent aussi à la décomposition et à la solubilité de la matière végétale. Les effets remarquables que produisent les engrais animaux sur l'accroissement des végétaux sont bien connus, quoiqu'il nous soit impossible d'indiquer la manière doutées engrais agissent. On a publié sur ce sujet deux séries d'expériences faites avec beaucoup de soin et avec beaucoup d'intelligence. La première, par Einhof et Thaer, consiste dans un examen des excrémens du gros bétail1. La seconde, par Berzelius,a pour objet des recherches sur la matière excrémcnteuse humaine 2. Les résultats de ces recherches ajoutent considérablement à nos connaissances sur les substances animales. J'aurai par conséquent occasion d'en parler dans la suite de cet Ouvrage ; mais comme ils répandent fort peu de jour sur l'emploi de ces matières, comme engrais, il est inutile d'entrer ici dans aucun détail sur les parties constituantes dont ces chimistes les trouvèrent composées.

Tel est l'état actuel de nos connaissances relativement à la d" nutrition des plantes, autant que l'aliment leur est fourni par racinw. je so[ ou e[|es végètent. Il est probable que leur nourriture n'est absorbée que par les extrémités des racines-, car Duhamel observa que la partie du sol la plus promptement épuisée, est précisément celle où se trouve le plus grand nombre desextrémités'dc racines'. C'est par cette raison que les racines des plantes s'alongent continuellement. Elles deviennent par ce moyen capables d'aller en quelque sorte à

* Gehlen's Journ. IIF, 276.

• lbul. VI , 509.

s Physique des A rbi es, II, 3^g.

Nourriture ibsorbée parles

extrémité»

la quête de leur nourriture. Les extrémités des racines semblent avoir une organisation particulière, qui leur rend plus facile l'imbibition d'humidité. Si l'on coupe l'extrémité d'une racine , elle ne pousse plus en longueur : par conséquent sonutilité comme racine, est en grande partie détruite. Mais il sort alors de ses côtés des fibres qui en remplissent les fonctions, et qui absorbent la nourriture par leur extrémité. Dans certains cas même, toute une racine périt lorsqu'on en retranche l'extrémité, et il s'en forme une nouvelle à sa place. Le docteur Bell nous apprend que c'est ce qui a lieu avec la jacinthe *.

Les extrémités des racines n'ont aucune ouverture visible, n faut quVf» D'où l'on peut conclure que la nourriture qu'elles absorbent, a/dUtoiutio»-. de quelque manière que cela ait lieu , doit être à l'état de dissolution. Et comme l'eau dans la végétation est d'une nécessité absolue , il est probable que ce liquide est le dissolvant. Et en effet , la matière charbonneuse dans tous les engrais actifs est dans un tel état de combinaison qu'elle est soluble dans l'eau. Tous les sels qu'on suppose faire partie de l'aliment des plantes, sont plus ou moins solubles dans l'eau. Il en est aussi de même de la chaux, soit pure, soit à l'état salin. La magnésie et l'alumine peuvent devenir solubles dans l'eau , à l'aide du gaz acide carbonique ; et Bergman, Macie et Klaproth nous ont fait voir que la silice elle-même peut se dissoudre dans l'eau. On voit donc, que, quoiqu'en général, nous n'ayons pas de notions précises sur les véritables combinaisons dont les plantes s'imbibent immédiatement, toutes les substances qui forment les parties essentielles de cette nourriture peuvent se dissoudre dans l'eau.

SECTION III

Du Mouvement de la Sève.

Puisque la nourriture des plantes est imbibée par leurs racines à l'état fluide , cette nourriture doit exister dans les plantes dans ce même état de fluidité ; et à moins qu'elle

? M?Dch. Mcuv-. II, 412-

n'éprouve des altérations dans sa composition au moment même où elle est absorbée , on doit s'attendre à la trouver dans la plante telle qu'elle a été prise par ses racines. Si par quelque moyen on parvenait à extraire des plantes cette nourriture fluide avant qu'elle ait été altérée par elles, on pourrait l'analyser, et acquérir ainsi des connaissances beaucoup plus exactes sur la nourriture des plantes. Ce moyen, à-la-vérilé, induirait à erreur, si la nourriture s'altérait justement au moment où elle est absorbée par les racines ; mais si l'on considère , que lorsqu'on ente l'un sur l'autre deux arbres de différentes espèces , cbacun d'eux porte son fruit particulier, et produit ses propres substances , on ne peut guère s'empêcher de penser que les grandes altérations au moins , qu'éprouve la nourriture des plantes après lunbibition , n'aient lieu non pas dans les racines , mais dans d'autres parties de la plante. v^ve Si cette conclusion est juste, la nourriture des plantes,

des piautes. apV£s l'absorption par les racines , doit se porter directement à ceux des organes, où elle doit subir des modifications nouvelles , et être rendue propre à l'assimilation aux différentes parties du végétal. Il faut par conséquent qu'il y ait certains sucs montant continuellement des racines des plantes; et ces sucs, si on pouvait les obtenir purs et sans mélange avec les autres sucs ou fluides que la plante doit contenir, et dont la sécrétion et la formation ont été opérées par ces sucs primaires , seraient , à très-peu-près au moins , l'aliment tel qu'il a été imbibé par la plante. Or , pendant la végétation des plantes , il y a effectivement un suc qui monte continuellement de leurs racines. Ce suc a été appelé la sève, le succus communis ou la lymphe des plantes.

Déiouie C'est au printemps que la sève est la plus abondante.

an printemps, si à cette époque , on l'ait une incision assez profonde à 1 ecorce et à la partie ligneuse de certains arbres , la sève en découle en très-grande quantité. On dit alors que les arbres saignent. On peut par ce moyen se procurer telle quantité de sève qu'on juge convenable. Il n'est pas , àla- vérité, probable qu'on obtienne par cette méthode la sève ascendante dans toute sa pureté ; elle est mêlée sans doute avec les sucs particuliers de la plante : mais moins la végétation a fait de progrès, et plus on doit s'attendre

MOUVEMENT DE LA SEVE. 36j

à la trouver pure , tant parce que les sucs particuliers de la plaute doivent y être en moindre quantité , que parce qu'alors on peut supposer que la quantité de la sève est plus considérable ; d'où il suit que l'on doit, autant que cela est possible , examiner la sève dès le commencement de la saison , et sur-tout avant que les feuilles ne soient développées. Qnoi qu'il ait été fait, ainsi que nous l'avons vu dans le chapitre précédent, nombre d'expériences sur la sève, elles ne sont pas cependant de nature à nous éclairer beaucoup sur la nourriture absorbée par les plantes. La science n'a pas encore fait assez de progrès , pour que les chimistes , même les plus exercés dans l'art de l'analyse, puissent séparer et distinguer de très-petites quantités de matière végétale. Il est même possible , que l'aliment après limbibition soit modifié, et altéré jusqu'à un certain point par les racines. Nous ne pouvons pas dire de quelle manière cela s'opère , car nos connaissances sur la structure vasculaire des racines sont très-bornées. On peut cependant conclure, que cette modification est à-peu-près la même dans la plupart des plantes ; car dans la greffe, chaque plante continue de produire les substances qui lui sont particulières ; ce qui n'arriverait pas, si les substances propres à chacune d'elles n'étaient transmises aux organes digestifs du tout. Il est néanmoins plusieurs circonstances, qui rendent le pouvoir modifiant des racines en quelque sorte probable. Il peut même se faire , que par tel ou tel moyen , les racines rejètent une partie de la nourriture qu'elles ont imbibée , comme excrémentitielle. Quelques physiologistes l'ont pensé, et plusieurs circonstances vieunent à l'appui de cette opinion. On sait que certaines plantes végéteront mal dans les terrains qui en ont déjà produit d'autres ; et il en est dont la végétation dans ces terrains réussit -parfaitement bien. On peut, sans doute, expliquer ces faits par d'autres principes. Si les racines rejètent une matière excrémentitielle, il est beaucoup plus probable que cela arrive à la dernière époque de la végétation; c'est-à-dire, lorsque la nourriture, après la digestion, est appliquée aux usages qu'exigent les racines : mais on ne peut admettre le fait que lorsqu'il aura été constaté par expériences.

M. Knight , à qui la physiologie végétale a de si grandes M™uVLnèDSt0a obligations, a rendu extrêmement probable l'opinion , que ajCendl"l.'ue'î

la sève , en montant , se mêle avec une certaine quantité de matière, déposée préalablement à cet effet dans l'aubier, et facilement préparée à être assimilée aux différens organes végétaux *. Suivant lui , les plantes , une fois parvenues à leur maturité , sont employées pendant la dernière partie de l'été , à préparer de l'aliment pour l'épanouissement des bourgeons et des fleurs dans le printemps suivant. Cette nourriture ainsi préparée est déposée dans l'aubier. Elle continue de rester là pendant l'hiver , et au printemps suivant, elle se mêle avec la sève au moment où elle monte , et porte ainsi la nourriture aux boutons et aux feuilles. M. Knight appuie cette opinion ingénieuse par des expériences et des observations, qui en établissent, je pense, la vérité. C'est un pas très-important de fait dans la physiologie végétale , puisqu'elle nous donne les moyens d'expliquer , d'une manière satisfaisante , beaucoup de faits qui auparavant paraissaient être des anomalies.

M. Knight s'assura, par plusieurs expériences , que la sève augmente en densité à mesure qu'elle monte vers les feuilles. De la sève retirée du sycomore, au mo3ren d'une incision faite à l'arbre à fleur de terre , était de i ,oo4 de pesanteur spécifique , tandis que celle de la sève découlant à la hauteur d'environ 2 met., était de 1,008, et celle à la hauteur d'environ 4 met., était de 1,012. La sève du bouleau était un peu plus légère , mais son augmentation comparative de densité, en raison de la hauteur d'où elle découlait, était la môme. La sève de ces deux arbres était presqu'insipide, lorsqu'on la prenait près de la terre ; mais elle devenait sensiblement sucrée à une certaine hauteur , et de plus en plus , à mesure que la distance à la terre augmentait. Ainsi la quantité de matière végétale semble augmenter daus la sève en raison de ce qu'elle se rapproche des feuilles ; d'où il suit évidemment, que dans son passage, elle se combine avec quelque substance. En comparant l'aubier d'hiver à celui d'été, on eut lieu de considérer, comme probable, que c'est dans l'aubier que cette matière se logeait ; car s'il se fait dans l'aubier en hiver un approvisionnement de nourriture, qui est employée pendant l'été à l'acte de la végétation, il est

* On the slalo in wliich the truc san of trees is denosilcd durinj KTinter. Phil. Traus. 18 '5.

«évident que l'aubier pendant l'hiver doit être plus dense* et qu'il doit fournir à l'eau plus d'extrait que dans l'été , et c'est ce que M. Knight a vérifié. On abattit , en partie dans le mois de décembre , et en partie dans le mois de mai, des perches de chêne, du même âge, et qui végétaient sur le même sol. On les plaça dans la même situation, et on les fit dessécher au feu pendant sept semaines* La pesanteur spécifique du bois abattu en hiver était dé 0,679 , et celle du bois abattu en été , de 0,60g. Eu pesant l'aubier à part, on reconnut que la pesanteur spécifique de celui abattu en hiver était de o,583, et celle de l'aubier abattu en été, de o,533. Lorsqu'après avoir mêlé iood parties de chacun de ces bois avec 1 86 parties d'eau bouillante^ on les y eut fait macérer pendant 24 heures , l'infusion produite par le bois qui avait été abattu en hiver , avait une couleur beaucoup plus foncée que celle de l'autre. Sa pesanteur spécifique était de 1,002, tandis que celle du bois abattu en été n'était que de 1,001. Ce dépôt de matière nutritive nous explique pourquoi l'aubier des arbres abattus dans l'hiver est beaucoup plus solide et d'un meilleur usage* que celui des arbres qu'on abat dans l'été.

D'après les observatious du docteur Haies, la sève monte avec une très-grande force. Elle découlait avec tant d'impétuosité de l'extrémité d'une branche de vigne coupée dans la saison convenable , qu'elle faisait équilibre à une colonne de mercure de 825 millimètres de hauteur *,

Les naturalistes, qui ont fait de la physiologie végétale leur étude particulière, ont entrepris un grand nombre de recherches pour parvenir à connaître quel est le canal à travers lequel la sève monte, et à découvrir la cause de l'impétuosité de son mouvement -, mais ce travail présente tant de difficultés que nous sommes encore loin d'en voir l'objet complètement rempli.

Ce qu'il y a tle bieu certain c'est que la sève coule des La sève mont*, racines vers la sommité de l'arbre. Car si l'on fait à l'arbre, en saison convenable , un certain nombre d'ouvertures , la sève commence par découler d'abord de celle qui est la plus basse, ensuite de celle qui est immédiatement au-dessus, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'à la fin elle paraisse à l'ouverture

* Veg. Stat. 1, to5.

iy. *4

3yo rÉGÉTATioir.

la plus élevée de toutes. Lorsque Duhamel et Bonnet firent végéter des plantes dans des liqueurs colorées , la matière colorante , qui était déposée dans le bois se montra d'abord à la partie la plus basse de l'arbre; elle monta ensuite par degrés de plus en plus haut jusqu'à ce qu'enfin elle fût arrivée au sommet de l'arbre , et qu'elle eût donné une teinte aux feuilles.

a traver» it II parait certain aussi que la sève monte à travers le bois et non pas à travers 1 ecorce de l'arbre ; car une plante continue de végéter lors même qu'elle est dépouillée d'une grande partie de son écorce; ce qui ne pourrait pas avoir lieu si la sève montait à travers lecorce. Lorsqu'on fait une incision, assez profonde pour pénétrer lecorce et même une partie du bois, et qu'on la prolonge tout autour d'une branche, cette branche n'en continue pas moins de végéter comme s'il ne lui avait rien été fait , pourvu qu'on ait soin d'envelopper la plaie pour la préserver du contact de l'air ; ce qui ne pourrait avoir lieu si la sève montait entre 1 ecorce et le bois. On sait aussi, que dans la saison où les arbres saignent, on n'obtient que très-peu ou point de sève d'un arbre à moins que l'incision ne soit plus profonde que l'épaisseur de lecorce.

Ces conclusions se sont trouvées confirmées par les expériences de Coulomb et de Knight. Coulomb remarqua que la sève ne découlait jamais du peuplier que l'arbre ne fût percé jusque près du centre *. Knight observa que les infusions colorées passent toujours à travers l'aubier, et que quand on coupe l'aubier la plante meurt a. Dans Comme on ne trouve jamais la sève dans le parenchyme,

p" tkû""?* il faut nécessairement qu'elle soit renfermée dans des vaisseaux particuliers; car, s'il n'en était pas ainsi, on l'y apercevrait indubitablement. Or, quels sont ces vaisseaux à travers lesquels la sève monte ?

Grew et Malpighi, les premiers physiciens qui examinèrent la structure des plantes , considérèrent les fibres ligneuses comme étant des tubes à travers lesquels la sève montait, et c'est pour cette raison qu'ils leur donnèrent le nom de vaisseaux lymphatiques. Mais ils ne purent, même a l'aide des meilleurs microscopes , découvrir rien dans ces

• Jonm. dePhys. XLIX , 3çp. » Pliil. Traus, 1801, p. 336.

MOUVEMENT DE LA SÈVE. Zjl

fibres qui eût l'apparence d'un tube; et les observateurs qui leur ont succédé n'ont pas été plus heureux. Ainsi la conjecture de Grew et de Malpighi, relativement à la nature et à l'usage de ces fibres, reste entièrement dénuée de preuves. Duhamel est même parvenu à la détruire entièrement; car il trouva que ces fibres ligneuses étaient divisibles en fibres plus petites, et celles-ci en d'autres fibres qui en renfermaient de plus petites encore, et il ne put trouver de bornes à cette subdivision , même à l'aide des meilleurs microscopes *. Or, en admettant que ces libres soient des vaisseaux, il n'est guère possible, d'après cela, de supposer que la sève passe réellement à travers des tubes dont les diamètres sont pour ainsi dire infiniment petits. Il y a, cependant, dans les plantes, des vaisseaux qu'on y peut découvrir aisément au moyen d'un petit microscope , et souvent même à la vue. Grew et Malpighi les virent distinctement , et ils en donnèrent la description. Ces vaisseaux consistent dans une fibre entortillée en forme de tire -bouchon. Si , après avoir enveloppé un petit cylindre de bois, d'un fil d'archal trèsmince , de manière que les contours du fil se touchent entre eux, on dégage entièrement du fil le cylindre de bois, le fil ainsi contourné donnera une idée assez juste de ces vaisseaux. Si l'on prend les deux extrémités du fil ainsi tortillé, on pourra facilement le tirer en une très-grande longueur. De même aussi, en saisissant les deux extrémités de ces vaisseaux, on peut les allonger considérablement. Grew et Malpighi trouvant toujours ces vaisseaux vides , ils eu conclurent qu'ils servaient à la circulation de l'air à travers la plante, et ils leur donnèrent par cette raison le nom de trachées^ terme usité pour désigner, dans les animaux la trachée artère , ou le conduit de la respiration. Ces trachées n'existent point dans l'écorce ; mais Hedwig a fait voir quelles sont beaucoup plus nombreuses dans le bois qu'on ne se l'était imagine, et qu'elles sont de diamètres très-diiférens ; Reichel a même démontré qu'elles pénètrent dans les plus petites branches et s'étendent à travers chaque feuille. Il nous a fait voir, aussi, qu'elles contiennent de la sève ; et Hedwig a prouvé, que l'opinion généralement reçue qu'il n'y entrait que de l'air, avait son origine dans cette circonstance, que les

* Phys. des Arbres , I, 57.

plus grosses trachées, auxquelles seules on avait fait atten* tion , perdent leur sève aussitôt qu'on les coupe ; et que par conséquent, elles doivent paraître vides, à moins qu'on ne les examine au moment même où on les sépare '. N'est-il donc pas alors probable , d'après les découvertes de ce célèbre physiologiste, que les trachées sont en réalité les vaisseaux de la sève des plantes? En effet, il semble être établi par les expériences et de Reichel et de Hedwig, que si l'on ne considère que leur structure, on peut donner le nom de trachées à presque tous les vaisseaux des plantes. Mais que les vaisseaux de la sève ressemblent ou non aux trachées dans leur structure, ce dont on s'est bien positivement assuré, c'est que la sève monte dans des vaiseaux, que ces vaisseaux sont situés dans le bois, et principalement dans l'aubier. C'est par cette raison que M. Knight leur donne le nom de vaisseaux aubierreux.

son ascension ^als W^lc est la puissance qui fait monter la sève dans les vaisseaux? et qui non-seulement la fait monter, mais qui lui imprime un mouvement d'ascension dont le docteur Haies a fait voir que la force était capable de vaincre une pression perpendiculaire de i3 mètres d'eau2? Attribuée Grew attribua ce phénomène à la légèreté de la sève , qui,

à sa légèreté, suivant lui , entrait dans la plante à l'état d'une vapeur trèslégère. Mais cette opinion n'est pas admissible. Malpighi supposa que l'ascension de la sève était due à la contraction

*<» 7e"ï™n~ et à la dilatation de l'air contenu dans les vaisseaux où il circule. Mais quand bien même les trachées ne seraient que des vaisseaux aériens , la sève , dans cette hypothèse , ne pourrait monter , que lorsqu'il s'opère un changement de température ; ce qui est contraire au fait. Et même en écartant toute objection de cette nature, on ne pourrait, par cette hypothèse, expliquer la circulation de la sève, qu'autant qu'on supposerait les vaisseaux séveux pourvus de soupapes. Or, les expériences de Haies et de Duhamel font voir, qu'il n'est pas possible qu'il y en existe ; car les branches s'imbibent d'humidité presqu'égalemeut par l'une et l'autre extrémité ; et par conséquent la sève se meut avec la même facilité de bas en haut et de haut en bas, ce qui ne pourrait pas-

' Fundamcnt. hist. nat. muscov. frondes, part. 1, p. 54- ■ Vcgct Slat. I, 107.

avoir lieu s'il existait des soupapes dans les vaisseaux. 11 est en outre connu , par beaucoup d'expériences , qu'on peut convertir les racines d'un arbre en branches , et les branches en racines , en couvrant les branches avec de la terre , et en exposant les racines à l'air*. Or, cela serait impossible si les vaisseaux de la sève étaient pourvus de soupapes. Les mêmes observations renversent l'hypothèse de de la Hire 7 qui n'est autre chose que celle de Malpighi , exprimée peutêtre avec plus de précision , et avec un plus grand étalage de connaissances mécaniques. Ainsi que Borelli, il plaça la force ascendante de la sève dans le parenchyme ; mais s'il avait raisonné avec quelqu'attention ses propres expériences, elles lui auraient suffi pour lui faire reconnaître l'imperfection de sa théorie.

La plupart des naturalistes ont attribué le mouvement de la sève à \ attraction capillaire; car il est inutile de faire mention de ceux qui , comme Perrault , ont eu recours à la fermentation , ou au poids de l'atmosphère , pour expliquer ce phénomène.

Il existe une attraction entre beaucoup de corps solides et a ratiraciioi liquides, en vertu de laquelle, si ces corps solides prennent taPllla,rela forme de petits tubes , le liquide entre dans leur intérieur, et s'y élève à une certaine hauteur. Mais cette attraction n'est sensible que lorsque le diamètre du tube est très-petit, d'où elle a reçu le nom d'attraction capillaire. On sait qu'il existe une attraction de ce genre entre les fibres végétales et les liquides aqueux ; car ces liquides montent à travers la matière végétale morte. Il est donc très-probable , que la nourriture des plantes entre dans les racines à l'aide de l'attraction capillaire , qui s'exerce entre les vaisseaux de la sève et le liquide imbibé. Mais de ce que cette espèce d'attraction explique parfaitement pourquoi l'humidité entre dans l'ouverture des vaisseaux séveux , s'ensuit-il qu'elle suffise , ainsi que quelques-uns l'ont supposé, pour rendre également rai-

* M. Knight a fait voir que les racines renversées ne prennent pas leur accroissement à beaucoup près aussi bien que clans leur position naturelle. Il prouve même jusqu'à un certain point, que les vaisseaux del'écorce sont pourvus de soupapes , ou de quelque chose d'équivalent. Mais rien ne démontre que ce soit le cas des vaisseaux de la sève. On the Motion of the Sap of trees. Fhil. Trans. 1804.

son du mouvement d'ascension de la sève , et surtout de la grande force avec laquelle elle monte?

Les physiciens ont fait peu de recherches sur la nature et les lois de l'attraction capillaire Mais ce qu'on en sait suffit pour nous fournir les moyens de décider cetfe question. Elle consiste dans une certaine attraction entre les particules du liquide et celles du tube. Il a été démontré que son effet ne s'étend pas , ou au moins qu'il n'est pas sensible , à une distance plus grande que celle des o,025 d'un millimètre. Il a été aussi démontré , que ce n'est pas en vertu de l'attraction capillaire de tout le tube que l'eau monte, mais seulement par celle d'un petit filament ; et Clairaut a fait voir que ce filament est situé à l'extrémité la plus inférieure du tube*. Ce filament attire le liquide avec une certaine force ; et si cette force est plus grande que celle de cohésion entre les particules du liquide , il entre en partie dans le tube , et continue d'y entrer ainsi , jusqu'à ce que la quantité au-dessus du filament attirant du tube , soit justement égale , par son poids ? à l'excès de la force de l'attraction capillaire entre le tube et le liquide sur la force de cohésion des particules du liquide. Par conséquent, la quantité d'eau montée dans le tube est à-peu-près la mesure de cet excès -, car le filament attractif est probablement très-petit.

On a démontré, que les hauteurs auxquelles les liquides s'élèvent dans les tubes capillaires, sont en raison inverse du diamètre du tube; et par conséquent, plus le diamètre du tube est petit, et plus grande est l'élévation du liquide dans le tube. Mais comme les particules del'eau ne sont pas infiniment petites , toutes les fois que le diamètre du tube est diminué au-delà d'une certaine dimension , feau ne peut y monter,parce qu'alors ses particules sont plus grosses que l'ouverture du tube. L'élévation de l'eau dans les tubes capillaires doit donc avoir une limite : si les tubes capillaires dépassent une certaine longueur , quelque petite que puisse être leur ouverture intérieure , l'eau ne s'élèvera pas jusqu'à leur extrémité

L'action sur l'eau, autant qu'elle peut être mesurée par son *ffet, de tous les autres filamens dont le tube est compose, est nulle; cardiaque particule d'eau dans le tube ( excepte' celles attirées par le filament le plus inférieur) est attirée du haut en bas et du bas en haut par le même nombre «le filamens; ce qui est exao tcmenlla même chose que si ellcn'était. pas attirée du tout.

MOUVEMENT DE LA SEYE. 3j*

supérieure , ou même elle n'y entrera pas du tout. Nous n'avons aucune méthode pour déterminer la hauteur précise à laquelle l'eau pourrait s'élever dans un tube capillaire, dont le creux serait justement assez large pour n'admettre qu'une seule molécule d'eau. On ne connaît donc pas la limite de la hauteur à laquelle l'eau peut être élevée par l'attraction capillaire. -Mais toutes les fois que le creux du tube est diminué au-delà d'un certain point , la quantité d'eau qui y entre est trop peu considérable pour être sensible. On peut aisément déterminer la hauteur que l'eau ne peut excéder dans les tubes capillaires avant que cela n'arrive ; et si l'on fait le calcul, on trouvera que cette hauteur n'approche même pas de la longueur des vaisseaux de la sève dans beaucoup de plantes. Mais, en outre, on voit dans un grand nombre de plantes de très-longs vaisseaux séveux, d'un diamètre trop grand pour qu'un liquide puisse s'y élever seulement de trois décimètres par l'attraction capillaire, et cependant la sève y monte à de très-grandes élévations.

Si l'on disait que les vaisseaux séveux des plantes diminuent en diamètre à mesure qu'ils s'étendent en hauteur ; et qu'en vertu de cette conformation , ils agissent précisément comme un nombre indéfini de tubes capillaires , placés l'un sur l'autre , le tube inférieur servant de réservoir au tube supérieur : je répondrais , que la sève peut monter par ce moyen à une hauteur considérable ; mais non pas certainement en plus grande quantité que si le vaisseau séveux était dans sa totalité exactement de la même ouverture qu'à son extrémité supérieure; caria quantité de sève montée doit dépendre de l'ouverture de l'extrémité supérieure, puisqu'il faut qu'elle passe toute par cette extrémité.

Mais de plus , si le mouvement de la sève n'avait lieu dans les vaisseaux des plantes que par attraction capillaire , loin de pouvoir sortir à lextrémité d'une branche, avec une force capable de vaincre la pression dune colonne d'eau de i3 métrés de hauteur , elle n'en découlerait pas du tout ; et il serait impossible, dans ce cas , que rien de semblable à la trausudation des arbres put jamais avoir lieu.

Si l'on prend un tube capillaire , d'une ouverture telle qu'un liquide puisse s'y élever à la hauteur de i5o millimètres . et si , après que le liquide est monté à son plus haut degré d'élévation , on vient a le rompre à yj millimètres delà

base , iï ne s'écoulera rien du liquide de la moitié inférieure. Le tube , ainsi raccourci , continue à-la-vérité d'être plein, mais il ne s'en échappe pas une seule particule du liquide ; et en effet , comment cela serait-il possible? Le filament , à l'extrémité supérieure du tube , doit certainement avoir une aussi forte attraction pour le liquide que le filament à l'extrémité inférieure. Comme une partie du liquide est dans la sphère de son attraction , et qu'il n'y a aucune partie du tube au-dessus pour contrebalancer cette attraction , il faut nécessairement qui! attire le liquide qui est le plus près de lui , et cela avec une force assez grande pour contrebalancer l'attraction du filament le plus bas , quelque grande que nous la supposions. Il en résulte que rien de liquide n'est forcé de monter , et que par conséquent rien ne peut sortir hors du tube. Or, puisque la sève découle de l'extrémité supérieure des, vaisseaux séveux des plantes, il est évident qu'elle n'y monte pas purement par son attraction capillaire , mais bien par quelque autre cause.

{1 est donc impossible d'expliquer le mouvement de la sève dans les plantes par aucun principe quelconque chimique ou mécanique; et celui qui l'attribue à ces principes ne s'est pas formé une idée claire ou exacte du sujet. Ou sait à-la-vérité <jue la chaleur est un agent -, car le docteur Walker trouva que l'ascension de la sève est sensiblement provoquée par la chaleur, et que, lorsqu'elle avait commencé à découler de plusieurs incisions, le froid l'empêchait de se répandre par les orifices supérieurs , tandis qu'elle continuait encore de découler par les ouvertures plus basses*. Mais cet effet ne peut être dû à la force dilatante de la chaleur-, car, à moins que les vaisseaux séveux des plantes ne fussent pourvus de soupapes, la dilatation retarderait plutôt qu'elle n'accélérerait le mouvement ascendant de la sève.

Il faut donc attribuer cet effet à quelqu'autre cause ; les vaisseaux eux- mêmes doivent certainement agir. Beaucoup de naturalistes ont senti la nécessité de cette action , et ils ont en conséquence rapporté ce mouvement de la sève de bas eu haut à K irritabilité. Mais Saussure est le premier qui ait donné des notions précises sur la manière dont il est probable que les vaisseaux agissent. Il suppose que la sève entre

EtUnpb, Tratis. I.

\a% vaisseau^

doivent te contracter

MOUVEMENT DE LA SÈVE. 3yj

dans les orifices ouverts des vaisseaux à l'extrémité des racines ; que ces orifices se contractent alors , et poussent ainsi la sève en haut -, que cette contraction suit par degrés la sève, et la fait monter de cette manière depuis les extrémités de la racine jusqu'à la sommité de la plante. Dans cet intervalle , les orifices reçoivent de nouveau de la sève, qui est portée de même vers le haut1. Que ce soit précisément de cette manière ou non que la contraction agit, c'est ce qu'il nous est impossible jusqu'à présent de savoir; mais on ne peut guère révoquer en doute que la contraction n'ait lieu. Les agens ne ressemblent pas précisément aux muscles des animaux ; parce que le tube dans sa totalité , quelque mutilé ou tronqué qu'il soit, conserve sa faculté contractile, et parce que la contraction se fait avec une égale facilité dans tous les sens2. Il est évident, cependant , que ces agens doivent être de la même espèce. Peut-être la structure particulière des vaisseaux les rend-elle propres à cette fonction ? et peut-être les anneaux se contractent-ils successivement dans leur diamètre? L'action des agens qui opèrent la contraction , quels qu'ils soient, paraît être provoquée par quelque stimulant que la sève leur communique. Celte faculté d'être mis en action est connue en physiologie sous le nom à' irritabilité ; et il est suffisamment prouvé que les plantes en sont douées. On sait que différentes parties de plantes sont en mouvement lorsque certaines substances agissent sur elles. C'est ainsi que les fleurs de beaucoup de plantes s'épanouissent au lever du soleil, et se referment à la nuit, Linnée nous a donné une liste de ces plantes. Desfontaines a fait voir que lçs étamines et les anthères de beaucoup de plantes manifestent des mouvemens distincts s. Le docteur Smith a observé , que les étamines des épines-vinettes sont mises en mouvement par le

* Encycl. méth. Phys. végét. p. 267.

» M. Knight croit que la sève reçoit son mouvement par la contraction et l'expansion de ce que les charpentiers appellent la veine jirsenti'e du bois , entre les lames de laquelle les vaisseaux passent. (Pb.il. Trans. 1801, p. 344- ) On entend par la veine argentée, ces fibres minces longitudinales , partant de la moelle en divergeant dans tous les sens, et composées des vaisseaux lymphatiques de Grew •et Malpighi. JV ne vois pas comment la contraction de ces lames pourrait forcer la sève à traverser les vaisseaux séveux, dépourvus comme ils le sout de soupapes , à moins que ce ne soit une contraction parfaitement semblable à celle que Saussure supposait avoiï }ieu dans les vaisseaux séveux. ' Mém. Par. 1 ;8j.

378 VÉGÈTATIOÎT.

toucher'. Roth s'est assuré que les feuilles du drosera Ion* glfolia et Totundifolia ont la même propriété. Coulomb , aussi , qui a adopté l'opinion que le mouvement de la sève dans les plantes est produit par la contraction des vaisseaux, a même fait nombre d'expériences pour démontrer cette contraction. Mais, dans le fait , il est facile à chacun de s'en convaincre d'une manière décisive, en coupant simplement une plante , Xcuphorbia peplis , par exemple , en deux endroits différens , de manière à séparer une portion de la tige du reste , on a la preuve complète de la contractilité effective des vaisseaux. Car quiconque fera l'expérience, reconnaîtra que le suc laiteux de la plante découle si complètement des deux bouts , qu'en coupant ensuite la portion de la tige dans le milieu, il n'y a plus aucune apparence de suc. Or, il est impossible que ces phénomènes aient lieu sans une contraction des vaisseaux: car les vaisseaux , dans cette partie de la tige qui a été détachée , ne peuvent pas avoir été plus que •pleins : et leur diamètre est si pelit , que l'attraction capillaire serait plus que suffisante pour retenir tout ce qu'ils contiennent , et par conséquent, il ne s'en écoulerait rien. Puisque , donc , toute la liqueur en sort , il faut qu'elle en soit chassée par force, et par conséquent les vaisseaux doivent se contracter.

Il paraît aussi , d'après les expériences de Coulomb et de Saussure, que les vaisseaux se contractent par l'excitation de divers stimulans. Le docteur Smith Barton a fait une observation qui semble le prouver. Il trouva que les plantes qui végétaient dans l'eau prenaient leur accroissement avec beaucoup plus de vigueur lorsqu'on ajoutait à l'eau une certaine quantité de camphre *.

SECTION IV

Des Fonctions des Feuilles.

Suc particulier ^L a été bien reconnu que la sève monte dans les feuilles , ,fo r"éi. qu'elle v subit certaines altérations , et qu'elle est convertie

Eîr les ienilles. l J „ 11 1 *

en un autre iluide quon appelle le succus propnus „ suc particulier ou vraie sève. Ce fluide, comme le sang dan£>

• Phil. Trans. LXXVIII.

» Ann. de Chim. XXIII, 63.

les animaux , est employé ensuite à former les diverses substauces qu'on trouve dans les plantes. Or , les changemens que la sève éprouve dans les feuilles , si toutefois nous pouvons les saisir , doivent répandre beaucoup de lumière sur la nature de la végétation. Ces altérations ont lieu en partie pendant le jour, et en partie pendant la nuit. Et comme les fonctions que les feuilles remplissent dans le jour sont très-différentes de celles qu'elles exercent pendant la nuit, il sera plus convenable de les considérer séparément.

I. A peine la sève est-elle arrivée aux feuilles, qu'elle une partie d« s'échappe en grande partie par évaporation. trawpire.

i. La quantité qui transude ainsi, est très-sensiblement s» quantité-. proportionnelle à l'humidité imbibée. M. Woodward trouva

gram.

qu'une branche de menthe, qui pesait 1,74s, avait

gram.

imbibé dans l'espace de 77 jours i65,63o d'eau, et cependant son poids ne s'était accru que de 971 milli-

gram.

grammes; par conséquent, il s'en était dégagé 164,659. Ce naturaliste fit la même expérience sur d'autres plantes ; et la table qui suit en fait voir le résultat *.

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