‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 2)Chapitre 94 sur 228 · s Hydrochlorate de soude · texte numérisé non relu

s Hydrochlorate de soude

' Acétate de chaux o

o ( Gomme 26

( Sucre 34

NUTRITION DES PLANTES. 35g

Ces expériences réussirent à-peu-près également avec d'autres plantes, telles que la mentha piperita , et le sapin d'Ecosse. Quand on retranchait les racines , les plantes absorbaient indistinctement toutes les dissolutions. En examinant les plantes , on trouva que les sels absorbés n'avaient éprouvé aucune altération*.

On voit donc que les plantes n'absorbent pas les corps salins indistinctement. Saussure suppose que la différence dépend du degré de fluidité de la dissolution , plutôt que d'aucune faculté d'affinité dans la racine. Mais s'il en était ainsi, il serait difficile d'expliquer pourquoi la proportion d'eau absorbée serait beaucoup plus considérable que celle du sel qu'elle tient en dissolution.

5. L'eau , l'acide carbonique , l'oxigène , et peut-être aussi Néceuit*

I7, . . * ' ° •il • oel'engraif

es terres et les sels, constituent une partie de la nourriture pour î accrois.

des plantes; mais il est évident que leur nourriture n'est pas "JuSt»»?* fournie en totalité par ces substances. Il est bien connu, que lorsqu'on fait produire successivement des végétaux au même terrain, il finit par s'épuiser ou devenir stérile. Pour empêcher que cela n'arrive, les cultivateurs sont obligés de garnir tous les ans leurs terres d'une certaine quantité d'engrais. Sans cet engrais, ou quelque chose d'équivalent, les végétaux ne pourraient profiter ou donner des semences parfaites. L'eau, l'air, les terres et les sels ne les empêcheraient pas de périr. Giobert fit un mélange des quatre terres, la silice, l'alumine , la chaux et la magnésie , dans les proportions convenables pour constituer un sol fertile ; et après les avoir humectées avec de l'eau , il y planta plusieurs végétaux-, mais il ne s'en développa bien aucun que lorsque le mélange eût été arrosé avec de l'eau de fumier. Lampadius planta différens végétaux dans des compartimens de sou jardin, dont chacun était rempli de l'une des terres pures, et il les arrosa avec le liquide qui découlait d'un fumier. Ils prirent tous leur accroissement, malgré la diversité du sol; et chacun d'eux contenait les parties terreuses constituantes ordinaires des plantes, quoique ces parties constituantes n'existassent pas dans le sol.

Ce ne sont pas les terres qui constituent un sol fertile, mais ce sont les débris des substances animales et végétales ,

* Saussure, Recherche», p. 2^7 et ad.

36o VÉGÉTATION.

et la proportion qui peut en être tenue en dissolution dans l'eau. Il paraît , d'après les expériences de Hassenfratz, que les substances employées comme engrais produisent leur effet en raison de leur degré de putréfaction. Celles qui sont à cet égard les plus avancées agissent le plus promptement, et par conséquent perdent le plus vite aussi leur efficacité. Hassenfratz ayant garni d'engrais deux pièces de la même espèce de sol, l'une avec un mélange de fumier et de paille à un haut degré de putréfaction, l'autre avec le même mélange nouvellement fait , et la paille presque fraîche , il observa que, pendant la première année, les plantes, qui végétèrent sur le sol où était l'engrais en putréfaction , produisirent une récolte beaucoup plus abondante que l'autre; mais la seconde année ( sans qu'il eût mis de nouvel engrais dans l'une ni dans l'autre terre ) , ce fut le sol où était le fumier non encore pourri, qui donna la meilleure récolte. La troisième année, ce fut encore ce dernier sol qui eut l'avantage , après quoi les deux sols parurent être l'un et l'autre également épuisés l. Il est évident que le fumier bien pourri avait agi le premier, et que le premier aussi il perdit son effet. Il résulte de ces essais , que le carbone n'agit comme engrais que lorsqu'il est dans un état particulier de combinaison; et que cet état, quel qu'il soit, est évidemment produit par la putréfaction. Une autre expérience du même chimiste rend cette vérité encore plus frappante. Il laissa séjourner pendant huit à dix mois des copeaux et des éclats de bois dans un lieu humide jusqu'à ce qu'ils eussent éprouvé un commencement de putréfaction , il les fit ensuite transporter et répandre sur des terres comme engrais. Les deux premières années , ces terres ne produisirent pas plus que des terres semblables qui n'avaient pas été fumées. La troisième année, la production fut plus abondante , la quatrième davantage encore, et la cinquième, les terres furent à leur maximum de fertilité; après quoi cette fertilité diminua sensiblement jusqu'à la neuvième année, où l'engrais fut entièrement consommé \ Dans cet essai , l'effet de l'engrais dépendait évidemment de ses progrès en putréfaction.

v^éua? Lorsqu'on laisse les végétaux se putréfier en plein air, ils

• Ann. de Cliim. XIV, .>.

» Ibid. p. 58.

NUTRITION DES PLANTES. 36l

se convertissent en une substance noire grossière , connue sous le nom de terreau végétal. Les plantes croissent avec vigueur dans ce terreau. C'est la substance qui rend si fertiles les terres nouvellement cultivées en Amérique, etc.; lorsque le terreau est exposé à l'air dans le cours de la culture des terres, il se dissipe et se détruit pen-à-peu , et les terres sont alors appauvries. Ce terreau végétai, est donc évi-' demment Tune des grandes sources de la nutrition des plantes. Il mérite par conséquent d'être particulièrement examiné.

On doit à Saussure, ainsi qu'à Einhof , la description dese» ProPiié.<?.. ses propriétés et de ses parties constituantes. Saussure employa dans ses expériences du terreau végétal pur, qu'il s'était procuré sur des troncs d'arbres et sur des rochers élevés , où il n'était modifié par aucune matière animale. En le passant à travers un tamis, il en sépara les débris de végétaux non décomposés qui s'y trouvaient mêlés*. En distil-

gram' Jant i o,b"o de terreau de bois de chêne, il obtint les produits

suivans; tandis que la même quantité de bon bois de chêne

non décomposé, lui fournit les mêmes parties constituantes

dans les proportions indiquées ici.

Terreau. Chêne.

Gaz hydrogène carboné. 2456 cent. cub. 2298 cent cub.

Acide carbonique 6j5 5^5

Eau , tenant en dissolution de l'acétate d'am- gr. gr.

moniaque a,Hi 4,24

Huile empyreumatique. o,53o °,6So

Charbon 2,703 2,20a

Cendres 0,424 0,27

On obtint à-peu-près les mêmes résultats en faisant des expériences semblables sur d'autres végétaux, et sur le terreau quïls fournissent par leur destruction. Il en résulte, qu'à poids égaux, le terreau contient plus de charbon que les végétaux desquels il provient. Il fournit aussi plus d'ammoniaque, et par conséquent il contient plus d'azote.

Les acides ont peu d'action sur le terreau. L'alcool lui enlève une certaine quantité d'extractif et de résine. Les alcalis fixes le dissolvent presque complètement ; et il se dégage de l'ammoniaque pendant Ja dissolution. Les acides en préci-

* Recherches sur la Végétation , p. 162.

pitent une petite portion d'une poudre brune combustible. L'eau dissout une portion d'extraetif; mais la quantité en est très -petite, spécialement dans le terreau de sols fertiles, ioooo parties d'eau, abandonnées pendant cinq jours sur du terreau de gazon, ne se trouvèrent avoir dissous que 26 parties d'extrait; et la même quantité d'eau, laissée sur le sol d'un champ qui avait fourni une belle récolte de froment , n'avait dissous que quatre parties. Il paraît, d'après les expériences de Saussure, qu'un terreau, qui par dts décoctions successives, avait abandonné à l'eau bouillante les 0,09 de son poids d'extrait, ne produisit pas un aussi bon effet sur des fèves, qu'un autre terreau qui ne contenait que la moitié de cette quantité de matière soluble. Mais lorsque le terreau est entièrement dépouillé par l'eau bouillante de sa partie soluble, bien qu'il conserve encore la même apparence , il n'est plus aussi propre à alimenter les plantes que le terreau qui n'a pas été ainsi épuisé '.

L'extrait ainsi obtenu du terreau par Saussure n'était pas déliquescent à l'air. A 1a distillation, il fournissait du carbonate d'ammoniaque. Il n'altérait point les couleurs bleues végétales. Réduit en consistance de sirop, il avait une saveur sucrée; il précipitait par sou exposition à l'air, et se troublait lorsqu'on le mêlait avec de l'eau de chaux, avec du carbonate de potasse, et avec la plupart des dissolutions métalliques. L'alcool n'en peut dissoudre qu'une portion, et cette portion est très déliquescente 2.

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