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Conformément aux lois de l'excise actuellement en vigueur en Vngleterre, le droit sur les esprits se perçoit à raison du volume, et sur l'évaluation d'un degré particulier de force, auquel on ramène celle quelconque de tout esprit, au moyen de tables calculées à cet effet. On se sert, pour la vérification de ce degré déterminé de force, d'un hydromètre très peu convenable, inventé par Clark e en iy3o*, auquel depuis on a fait plusieurs changemens et perfectionnemens. L'usage de cet instrument avait consacré une espèce de langage vicieux, qui d'abord adopté par les commerçans, sembla s'être introduit, d'après eux, dans la rédaction des lois de l'excise. On y appelait esprit de preuve, et quelquefois esprit double , un mélange , à volumes égaux, d'alcool et d'eau. L'hydromètre de Clarke consiste dans une boule mince de cuivre, surmontée d'une ti«e unie et déliée. Au-dessous de cette boule est un bouton métallique destiné à maintenir l'insL liaient dans une position perpendiculaire; il est assez léger pour ne pas s'enfoncer dans l'alcool pur; il porte une marque sur le milieu de sa tige, et il est accompagné de petits poids, dont on le charge, pour le mettre d'accord avec les températures différentes du liquide. Parmi ces poids, il en est un, étiqueté preuve, ajusté de manière qu'en le plaçant sur la tige avec celui qui correspond à la température, l'instrument descende dans le liquide jusqu à ce que la marque tracée sur le milieu de la tige se trouve exact ement de niveau avec sa surface.
On voit, par un acte du parlement d'Angleterre, passé en 1762, que la pesanteur spécifique de 1 'esprit de preuve , à la température de 16° centig., devait être de 0,916; mais 1 hydromètre de Clarke , chargé des poids convenables, s'enfonce jusqu'à l'indication de preuve dans des esprits d'une pesanteur spécifique de 0,920, à la même température; cette pesanteur spécifique serait, à cette température, suivant la table ci-dessus deLowitz, de 0,917 pour un mélange, à poids égaux, d'eau et d'alcool pur, densité qui diffère très-peu de celle de la preuve légale. La preuve de Clarke consiste dans 49 parties d'alcool pur et 5i parties d'eau. La presque coïncidence de ces nombres indique une très-grande approximation delà force ré lie de l'esprit. Si Charles Blagden eût fait choix pour son alcool étalon de celui dont la pesanteur spécifique est de 0,800 , il eut trouvé une pesanteur spécifique de l'esprit de preuve,
On trouve la premit re description de cet instrument, Phil. Trans. 17^0, voi. XXXVI, p. 277.
de l'alcool. 3d^
^ui se serait très-peu écartée de celle de Clarke. Mais si, par esprit de preuve, ou devait entendre des volumes égaux d'alcool et d'eau, comme c'était le cas sans doute, alors etlapreuve légale et celle de Clarke s'éloignent beaucoup de la vérité.
La force d'esprits, supérieure à celle de preuve, et qu'on désignait alors par la dénomination d'esprits au-dessus de preuve, se déduit à Ihvdromètre de Clarke, du volume de l'eau à employer pour ramener une quantité donnée de ces esprits à la force de celui de preuve. Ainsi, s'il faut une partie d'eau pour en réduire 20 d'esprit, à la preuve, on dira que cet esprit est d'un à vingt au-dessus de preuve. Il sera de même d'un à i5,à 10, à 5, à 2, etc. , au-dessus de preuve, si cette même quantité d'une partie d'eau est nécessaire pour la réduction à la preuve, de i5, 10, 5 et 2 parties d'esprit, et ainsi de suite.
La force inférieure à celle de preuve, d'un esprit, que dans ce cas on appelait esprit sous preuve, s'évalue par la quantité d'eau qu'il aurait été nécessaire de lui enlever pour rélever à la force de preuve; c'est-à-dire, que si de 20 parties d'un esprit il en fallait retirer une d'eau pour lui donner la force de preuve, cet esprit s'appelait un en vingt sous preuve ; il était d'un en quinze , en dix , en cinq , etc., sous preuve, si cette même quantité d'une partie d'eau devait être soustraite de 1 5, 1 o, 5, etc. , parties de l'esprit.
On trouve, dans la table suivante, l'indication, par l'bydromètre de Clarke, de la pesanteur spécifique d'esprits de forces différentes à la température de 10 centigr. *.
Degrés. Pesanteur spécifiq.
Un en deux. . 0,9644 Un en trois. .
Un en quatre.
Un en cinq. .
Un en six. . .
Un en sept . .
Un en huit . .
Un en neuf. .
Un en dix. . .
Un en quinze.
Un en vingt .
Preuve ....
Degrés. Pesanteur spécifiq.
Un à vingt.
Un à quinze
Un à dix . .
Degrés
de
l'hydroroètr»
Un à neuf .
Un à huit .
de Claike.
Un à sept..
Uu à six . .
Un à cinq . .
Un à quatre .
Un à trois .
Un à deux . .
* Wilson's Tables , p. 16.
On peut voir aussi, pour tous les détails qui précèdent, l'extrait pnr moi, de l'ouvrage de Atkins et compe. Aiuj. de Chim. XL\ III, p. 5.
( D'ote du Traducteur ).
Pour éviter toute confusion dans la perception de l'impôt sur les esprits, on devrait le faire porter sur leur poids, et non sur leur volume. On le prélèverait alors d'une manière suffisamment exacte, soit en effectuant la pesée des esprits , soit en construisant des tables qui donnassent l'indication du poids, d';.près le volume et la pesanteur spécifique.
L'importance du sujet me détermine à donner ici une table de pi us, a laison de son utilité. Cette table présente la pesanteur spécifique, à chaque degré de température, de — 1,1 1 à -4- 26,67 ^egl"és centigrades ( correspondant de 3o à 80 degrés Fahrenheit), d'un mélange de 100 parties de l'alcool étalon de Gilpin, et 60,6486 parties d'eau, en poids. Ce mélange constitue des esprits de 8 pour 100 au-dessus de preuve, suivant l'indication de l'hydromètre de Sykes, ou de 1 à 10 au-dessus de preuve par 1 hydromètre de Clarke.
! Tempérât.
Pesanteur
Temp.
Pesanteur
Temp.
Pesanteur
[degr. csntig.
spécifique.
deg. cent.
spécifique.
deg. cent.
spécifique.
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o,ab
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