‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 120 sur 211 · L'éther hydrochlorique · texte numérisé non relu

L'éther hydrochlorique

Nous allons examiner chacuue de ces espèces d'éthers dans les sept sections qui vont suivre.

DE LETIIER S U L FU R 1 QTJ E.

Histoire .

SECTION PREMIÈRE

De l'Ether suîfurique.

On trouve dans la pharmacopée de Valerius Coidus, publiée à Nuremberg vers l'an i54o , la description d'une méthode de préparation de l'éther sulfurique. C'est de là que Conrad Gesner la transcrivit dans son Thésaurus Evonymi de remediis secretis , qui parut en 1 552 , où il donne à cette substance le nom à'oleutn vitrioli dulce1 . Elle paraît avoir été connue, quoique ce ne fut pas dans son état de pureté, de Basile Valenlin et de Paracelse -, mais je n'ai pu en retrouver aucunes traces1 dans les écrits des chimistes publiés jusqu'à la fin du dix-septième siècle , si ce n'est cependaut dans ceux

1 Pour peu qu'on cousidère la formule donnée par Gesner , pour la préparation de cet oleum vitrioli dulce , on se convaincra facilement que cette liqueur différait de celle des acides dulcijtés des modernes , et qu'elle devait être un mélange d1 alcool, déthereX, d'huile douce du vin. Voici le passage de Gesner, tel qu'il a été cité par Hoffman : Recipe vini ardent is acerrirni et ter sublimait , uncias quinque , olei vitrioli austeri tantumdem , misce in veneliano vitro , et pone in cucurbitam parlant angusto orificio, et lato optimo orificium claude, dimitle ita per integrum mensem aut duos. Deindè effuiide in cucurbitam , cui sit immédiate annexum alumbicum, cujus Jiguram subjiciemus , pone deindè in parlant fornacem , ac dimidiam ejus partent cinere obrue, postea opplica recipientem et luto jimcturani claude diligenter , et extraite uncias sex vini ardentis quas infu? disti. Ut vero tutius hocjiat , pone in balneum maria?; sic solum vinuni absque oleo ascendet. Cum extraxeiis autem per balneum infusas uncias sex vini usti , pone id , quod residumn est , in fornacem , ut arcna mediam cucwbilœ partent atlingat, ac novo et vacuo recipiente eoque non magno applicato , luto juncturam diligenter claude. yicccnde dcinde mocfestum ignem t et sensim extraite omnem humiditatcm quœ relicta est in cucurbita , donec nihil huniidi amplius in fundo apparent ; adhibita scmper maxima cura et diligenlia , ut ignem ita modereris, ne ebulliat usque ad alambici canalem. JYam si hune ebullilio attisent , sedare non potes , neque prohibere , quin in recepi 'aculum egrediatur, ac toium oleum perdat ; solet enimfacillime ebullire. Tttm videbis duo conlineriin eo , aqueum videlicet humorem ac pinguem ; segregabis vero unum ab altero statirh , ita ut nihil aqueum in oleo relinqualur, nam aqua Ma oleum corrumpit ; segregatum oleum usui réserva.

» Le oleum vitrioli dulce. de Lemeri, par exemple, est très -différent de celui décrit par Gesner. {Voyez son cours de Chimie, p. 5o2. ) .

DE LITHER SULFURIQUE. 36g

de M. Boyle. 11 paraît en effet évident, d'après différens passages de ses écrits, qu'il avait connaissance de l'éther sulfurique, quoiqu'il n'y en fasse pas une mention particulière1. Mais ce Fut à l'occasion d'un mémoire inséré dans les Transactions philosophiques pour 1700, par un Allemand qui s'appelait Frobenius, mémoire dans lequel se trouvaient exposées ses propriétés les plus remarquables , que l'attention des chimistes se porta, pour la première fois, sur cet intéressant liquide*. Ce fut pour la première fois aussi que, dans ce mémoire de Frobenius, il reçut de lui le nom àïêther. Les chimistes allemauds le distinguèrent long-temps par celui de naphtha. ^

i. L'éther sulfurique se prépare ordinairement de la ma- Préparation. nière suivante 3. Après avoir mis dans une cornue parties égales d'alcool et d'acide sulfurique. on y lute un large récipient qu'il convient d'entourer de glace , ou au-moins d'eau froide. On chauffe ensuite, et dès que le mélange commence à bouillir, l'éther passe, se condense et coule en larges stries le long des parois du récipient. Lorsque la quantité de ce liquide passé dans le récipient s'élève à environ la moitié de l'alcool employé, il faut arrêter l'opération. L'éther, ainsi obtenu, n'est pas parfaitement pur; il contient presque toujours un peu d'acide sulfureux.

On appelle rectification de l'éther la séparation de ce liquide d'avec l'acide sulfureux qui y est mêlé. La méthode dont ou se sert ordinairement à cet effet, et je peux ajouter la meilleure , est celle de Woulf. Dans un flacon, aux trois quarts plein du liquide éthéré impur, on ajoute un peu d'eau et une portion de chaux éteinte. On agite fortement le flacon, et on ne le débouche qu'après lavoir tenu pendant quelque temps dans l'eau. Si l'odeur d'acide sulfureux n'a pas entièrement disparu, on ajoute un peu plus de chaux, et on agite

1 Shaw's, Boyle. I, 53o; et 1 , 269. On y de'crit en détail la préparation de l'éther, et quelques-unes de ses propriétés les plus remarquable?.

» Phil. Trans. XXXVI , 283. Ce mémoire n'est guère autre cho.se qu'une rapsodie dans le style des alchimistes. Il se termine par une note de M. Godfrey (Hankwitz^, préparateur de M. Boyle, faisant mention d'expériences faites autrefois sur ce liquide par M. Boyle et sir Isaac Newton

' Le procédé de Frobenius a été publié, pour la première fois , dans les Trans. Phil. Vol. XLI.

de nouveau. On continue ainsi jusqu'à ce que l'odeur soit entièrement détruite. On décante alors la liqueur éthérC: dans une cornue, et on la distille1.

Cependant l'éther, lors même qu'on en a séparé ainsi tout l'acide sulfureux qui pouvait s'y trouver mêlé , n'est pas encore parfaitement pur. Il y reste un peu d'alcool , dont étaient imprégnées les premières portions du liquide passé à la distillation du mélange d'acide sulfurique et d'alcool ; et, en effet, l'éther ordinaire est un mélange d'éther et d'alcool. On parvient à débarrasser l'étber de ce dernier liquide en le mêlant avec de l'eau , et en distillant à une très-douce chaleur. Mais M. Lowitz, après avoir observé que cette méthode ne réussit pas complètement, indique le procédé à l'aide duquel il se procura de l'éther beaucoup plus pur qu'on ne l'avait obtenu jusqu'alors par tout autre moyen. Dans 16 parties d'éther d'une pesanteur spécifique de 0,770 à la température de 160 centig., il projetait du sel de tartre, tartrate acide de potasse, desséché et en poudre , jusqu'à ce que les dernières portions ne fussent plus mouillées par la liqueur. Après avoir laissé le mélange en digestion , il en retirait l'éther. Sa pesanteur spécifique n'était plus que de 0,746. Il avait été ainsi dépouillé de l'eau qu'il contenait. Pour eu séparer l'alcool, il ajoutait, de la même manière, du chlorure de calcium en poudre au liquide, tant qu'il en pouvait dissoudre. Par 1g repos, ce mélange se séparait en deux portions, dont l'une, qui était l'alcool tenant le sel en dissolution, occupait la partie inférieure du vaisseau, et l'autre, qui était l'éther, surnageait. Cette portion de liqueur à la surface , étant séparée de celle qui était au-dessous, sa pesanteur spécifique se trouvait réduite à celle de o,632, à la température de 160 centig. Cet éther était donc beaucoup plus pur qu'aucun de ceux déjà décrits par les chimistes, puisqu'on n'avait jamais pu s'en procurer d'une densité moindre que celle de 0,725*. L'éther, ainsi préparé, contient un peu du sel employé, dont on le dépouille entièrement par la distillation ; mais alors sa pesanteur spécifique augmente ; ce qui paraît provenir de ce que la portion la plus pure de l'éther passe à l'état de fluide élastique. Théodore de Saussure purifiait l'éther à-peu-près

« Proust , Ann. de Cbim. XLII, -256.

* Lo-wiu , Crell's Ann. 1.796. I r 4a9*

Page 1