‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 144 sur 211 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Des Sels,

L'application du mot sel fut originairement restreinte DéfiniiiuM au sel commun, substance qui a été connue et d'un usage habituel dès les premiers âges. Les chimistes remployèrent

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depuis dans une acception tellement générale et étendue, que tout corps sapide, facilement fusible, soluble dans l'eau, et non combustible , a été appelé sel.

Les plus anciens chimistes considérèrent les sels comme une classe de corps intermédiaires, entre les terres et l'eau. Il s'éleva de grandes discussions sur l'objet de déterminer quels corps devaient être compris dans cette classe , et ceux qu'il convenait d'en exclure. On se trouva d'accord pour y ranger les acides et les alcalis; mais la difficulté restait relativement aux terres et aux métaux : car plusieurs des terres possèdent toutes les propriétés attribuées aux sels , et les métaux sont susceptibles d'entrer dans des combinaisons qui ont des propriétés salines.

Néanmoins, dans la suite des temps, le terme selïul exclusivement restreint à la désignation de trois classes de corps; les acides , les alcalis et les composés que forment les acides avec les alcalis, les terres et les oxides métalliques. Les sels des deux premières de ces classes furent particulièrement distingués par la dénomination de sels simples ; et ceux de la troisième furent appelés sels composés ou neutres. Cette dernière dénomination dérivait originairement de l'opinion où furent pendant long-temps les chimistes , que les acides et les alcalis, dont les sels de cette espèce sont composés, étaient d'une nature contraire, et que leurs actions se contrebalançaient entre elles; de manière que les composés qui en résultaient, n'avaient plus, ni les propriétés des acides, ni celles des alcalis, mais des propriétés intermédiaires entre celles de ces deux espèces de corps.

L'application du mot W a été, depuis, plus restreinte encore par les chimistes , qui ont tacitement et tout-à-fait exclus les acides et les alcalis de la classe des sels. Ce nom ne se donne plus à présent qu'aux composés formés par la combinaison des acides avec les alcalis , les terres et les oxides métalliques *.

Aucune autre partie de la chimie n'a été cultivée avec plus de zèle et d'attention que celle des sels , et spécialement

* On confond souvent ensemble les termes sel et sel neutre. Nous réservons, dans cet ouvrage, Pépithète neutre, à ceux des sels seule ment clans la composition desquels il n'y a excès, ni d'acide , ni de basf.

dans ces oo dernières années. Pendant ce temps, le nombre des substances salines s'est considérablement accru , et les propriétés de beaucoup d'entre elles ont été déterminées avec précision. On est cependant bien loin encore d'avoir complété l'examen de cette classe de corps, si importante et si variée.

Les chimistes sont convenus de faire dériver la dénomi- Nombre nation des sels, des acides qu'ils contiennent, et d appeler base du sel, la terre, l'alcali ou l'oxide métallique combiné avec cet acide. Ainsi le sel commun étant un composé d'acide hvdrochlorique et de soude, on le nomme un hydrochlorate, et la soude s'appelle la base de ce sel. Or, depuis que le nombre des acides est de 52, et celui des bases de 3o, au-moins, il paraîtrait, au premier aperçu, qu'il y a iSo'o sels; mais il est plusieurs acides qui peuvent se combiner avec deux bases à-la-fois, comme c'est le cas avec l'acide tartarique qui s'unit en même-temps à la potasse et à la soude. De semblables combinaisons, qu'on appelle sels triples , au^men- sdi trI?Iestent considérablement le nombre des sels. Quelques sels aussi sont susceptibles de prendre une dose additionnelle de leur acide, comme d'autres le sont de se combiner avec une nouvelle quantité de leur base. Les chimistes français désignent la première sorte de combinaisons, en ajoutant, au nom ordinaire du sel, l'expression avec excès d'acide, ou en le faisant précéder du terme acidulé. Ils expriment la seconde sorte de combinaisons, en indiquant que le sel y est avec excès de base. Cette méthode a le mérite de la précision ; mais elle a le défaut d'être trop longue. Celle proposée par le docteur Pearson , également exacte, paraît beaucoup plus convenable sous tous les rapports *.

Cette méthode consiste à faire précéder le nom ordinaire s«r-ser« du sel de la préposition sur, comme indication dun excès d'acide, et de la préposition sous, comme annonçant un excès de base. Ainsi la dénomination de sulfate de potasse, qui nous présente le sel dans son état de neutralisation parfaite sans aucun excès, ni d'acide sulfurique ni de potasse, deviendrait celie de sur-sulfate de potasse pour le même sel avec excès d'acide, et de sous-sulfate de potasse pour ce

* Pearson's Translation on the Clicmical I^omenctature , p. 5-2,

et souj-jcIs.

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même sel avec excès de base *. Ces trois sortes différentes de sels doivent encore augmenter très-considérablement le nombre des composés salins, et quoique ce nombre ne soit pas bien exactement connu, parce qu'il en reste encore beaucoup qui n'ont pas été examinés par les chimistes , il est cependant probable qu'il n'est pas au-dessous de 2,000. Quelle idée ne peut-on pas se faire de notre avancement rapide dans cette branche de la chimie, si on se rappelle qu'il y a 5o ans, il n'y avait pas plus de 3o sels qui fussent bien connus?

De ces 2000 sels cependant, il en est beaucoup qu'on peut considérer comme étant encore inconnus , parce qu'on s'est borné jusqu'ici à les former sans les avoir examinés. Parmi ceux connus , il en est un très-grand nombre , dont on n'a encore fait aucun usage, et qui, par conséquent, ne comportent pas une description particulière. ar«menci*ture. Les différens genres des sels se désignant par les noms de leurs acides, il est évident qu il doit y en avoir autant que d'acides. Les terminaisons des noms de ces genres varient selon la nature de l'acide qui les constitue. Elles sont en ate, pour les genres de sels dont les acides contiennent l'oxigène au maximum, et en ite, pour ceux dont l'acide n'est pas saturé de ce principe. Ainsi les sels qui contiennent l'acide sulfurique s'appellent sulfates , et on nomme sulfites ceux qui ont l'acide sulfureux pour acide. Cette distinction est de quelqu'importance, parce que les sels diffèrent beaucoup dans leurs propriétés, selon que leur acide est, ou non, saturé d'oxigène. Les sels en ites sont rarement permanens ; exposés à l'air, ils en absorbent ordinairement l'oxigène, et se convertissent ainsi en sels ates.

On distingue chaque espèce particulière de sel , en ajoutant à sa dénomination de genre le nom de sa base. Ainsi le sel composé d'acide sulfurique et de soude , s'appelle sulfate de soude. On désigne les sels triples en faisant suivre leur nom de genre de ceux de l'une et de l'autre de leurs deux bases, réunis par des tirets. Ainsi le sel composé d'acide tartarique, de potasse et de soude, se nomme tartrate de

* Dans la plupart des cas, l'acide dans le sur-sel est juste le double de l'acide dans le sel neutre. Il est donc plus convenable de l'indiquer, en le taisant précéder de la svllable li ; ainsi \e sulfate de pntasse est le sel neutre • bisulfate de pntasse est ce qu'on appelle ovdiDaircnient mr-s'.lfate ou udfale acidulé.

sels d'ammoniaque. 447

potasse et de soude. Quelquefois aussi les sels triples s'indiquent en plaçant devant leur nom générique celui de l'une des base$, l'acide faisant fonction d'adjectif; ainsi, par exemple, la soude hydrockloratée de rhodium est lia sel triple composé d'acide hydrochlorique, de soude, et d'oxide de rhodium. Par fois le nom de la base qui précède celui du genre est un peu altéré, comme sulfate ammonlo de magnésie ( sulfate de magnésie et d 'ammoniaque ), sulfate ferrugineux de zinc (sulfate de zinc et de fer). Ce mode de dénomination des sels triples est plus simple ; mais il n'est pas toujours facile de l'employer.

Jusqu'à l'époque du perfectionnement introduit dans la ciissi&catio*; nomenclature chimique, par Morveau, en 1781, les chimistes étaient dans l'usage de rapporter les genres des sels aux bases, et d'en distinguer les espèces par les acides. Ce savant changea totalement la méthode en faisant dériver des acides les nouveaux termes génériques des sels. Lavoisier, Berthollet et Fourcroy, qui avaient donné leur assentiment à ces ingénieuses corrections de Morveau, se réunirent àlui en 1787, pour fonder de concert une nouvelle nomenclature chimique, qui est aujourd'hui universellement adoptée. Mais après avoir considéré ce sujet avec la plus grande attention, je pense que le mode de classement des sels , d'après les bases, présente beaucoup d'avantages, et ces avantages sont tels, qu'ils me déterminent à l'adopter dans cet ouvrage. Je diviserai donc ce chapitre en 02 sections, dont chacune aura pour objet les sels formés par la combinaison de chaque base aci« dihable avec les différens acides.

SECTION PREMIÈRE

Sels d'Ammoniaque»

1 . Les sels d'ammoniaque sont , avec un très-petit nombre propri*t&, d'exceptions, tous solubles dans l'eau.

2. Lorsqu'on mêle de la potasse ou de la chaux vive, avec un sel ammoniacal, il s'exhale une ndmr d'ammoniaque.

o. Si à un sel ammoniacal, dissous darks l'eau, ou ajoute un peu d'un sel contenant de la magnésie , et qu'on verse

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