‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 183 sur 211 · Lorsqu'on plonge une lame de plomb dans des dissolu · texte numérisé non relu

Lorsqu'on plonge une lame de plomb dans des dissolu

pa 7- L'bydrochlorate d'or précipite en couleur pourpre les dissolutions contenant l'étain combiné au minimum d'oxigène.

On distinguait autrefois par l'cpithète jovial les sels d'étain, parce que ce fut par le nom de Jupiter que les alchimistes désignèrent ce métal.

Lsp. i. Nitrate d'étain. L'acide nitrique agit avec une: énergie étonnante sur l'étain, qu'il convertit en «aide avec dégagement considérable de calorique; mais il paraît que cette action de l'acide sur les oxides du métal, a'est que très*

Kitrats.

faible, et c'est par cette raison que l'union qu'il forme avec eux est peu durable. lis s'en séparent dès qu'on essaie de concentrer la dissolution. Les chimistes , qui connaissent depuis long-temps ce fait, ont essayé de diverses manières à rendre ces dissolutions de l'étain dans l'acide nitrique plus permanentes; mais toutes leurs tentatives à cet égard ont élé sans succès.

4rfîon Lorsqu'on verse sur de l'étain de l'acide nitrique d'une pe-

e' aoid£ ."''"'■ santeur spécifique de 1,1 ri, le métal est rapidement dissous avec eflervescence très- vive; il se produit une grande élévation de température, qu'on doit modérer en plongeant dans l'eau froide le vase où se fait le mélange. Dans ce cas, l'oxigène est principalement fourni par l'eau, l'étain n'est combiné qu'au minimum avec ce principe, et par conséquent, la dissolution de couleur jaune qu'on obtient, est réellement un ?iitrate d'étain. Elle prend peu-à-peu de l'opacité, et dépose une poudre blanche qui est un oxide detam au minimum d'oxigène, ainsi que Proust l'a démontré. Cet oxide se sépare en grande quantité de la dissolution, si on la chauffe. Pendant que la dissolution de l'étain s'opère, il se forme de l'ammoniaque, dont l'odeur est rendue sensible par une addition de potasse à la liqueur. On voit donc que, dans cette action de l'acide nitrique sur l'étain , cet acide et l'eau ont été décomposés ; leur oxigène s'est combiné avec l'étain 5 tandis que l'union de l'hydrogène de l'eau avec 1 azote de l'acide a produit de l'ammoniaque. Si on ajoute à la dissolution un peu d'acide nitrique, et qu'on chauffe , l'étain se précipite à l'état de peroxide*.

Lorsqu'on met sur de l'étain de l'acide nitrique d'une pesanteur spécifique de i,25, il se produit une action très-violente , le métal est oxidé au maximum, et il est en totalité séparé du liquide. On voit donc qu'il n'existe pas de pernitrate d'étain , le peroxide de ce métal n'étant pas susceptible d'entrer en combinaison avec l'acide nitrique. En évaporant la liqueur on obtient du nitrate d'ammoniaque. Morveau trouva, qu'eu traitant dans une cornue un mélange de 1 partie d'acide nitrique concentré, et de 1 i partie d'étain, il ne se développait point de gaz, malgré la violence de l'action produite. En examinant le liquide, il reconnut que l'ammoniaque

* Troust, Joum. de Fhys. LI, i;3.

lé s'élevait aux o.;o5 du poids total du mélange '. D'où il suit que pendant l'oxidation . l'acide et l'eau sont décomposés, et en proportions telles que leur hydrogène et azote se combinant H donnent naissance a de l'ammoniaque, tandis que leur oxigène s'unit en totalité avec l'étain.

J.sp. 2 Carbonate d'étain. On n'a pas reconnu jusqu'à 2. carbonate. présent que 1 acide carbonique fût susceptible d'union avec les oxides d'étain. Bergman essaya, sans pouvoir v réussir, de former cette combinaison, et il trouva que le poids de ces oxides, précipités par des carbonates alcalins de leur dissolution dans les acides, augmentait à peine d'une manière sensible*. Proust ne réussit pas mieux dans les tentatives qu'il fîr pour combiner ces corps avec l'acide carbonique 3.

Esp. 3. Borate d'étain. L'acide borique s:e produit aucun effet sur l'étain; mais le borax précipite lhydrochlarate détain en une poudre blanche insoluble dans l'eau. Ce sel, soumis à l'action d'une forte chaleur, se fond en une scorie opaque 4.

Esp. 4- Phosphate d'étain. L'action de l'acide pbospho- 4. Fhosphat». rique sur l'étain est à peiue sensible , si ce n'est lorsqu'on expose un mélange de cet acide vitreux avec le métal a l'action dune forte chaleur. Dans ce cas , l'acide est en partie décomposé, il se forme un phosphure par la combinaison de son phosphore avec une portion de l'étain , et un phosphate, par l'union de létain oxidé par son- oxigène avec la portion de l'acide non décomposée5. Les phosphates alcalins précipitent aussi ce sel de la dissolution de Fhvdrochlorate d'étain; et il peut être produit en mettant en digestion de l'oxide d étain dans l'acide phosphorique. Le phosphate d'étain est insoluble dans l'eau. L'étain ne précipite pas îe cuivre de sa dissolution dans l'acide hvdrochlorique. Le phosphate d'étain, lorsqu'il est chauffé, se fond en ufl Verre 6.

Esp. 5. Sulfate d'étain. Lorsqu'on plonge un cylindre 5- Suifct*.

1 Enryc. méthod. chim. I , 632,

* Opusc. II . 329.

5 Journ de Phys. LI , 167.

■* WcmePs Verwaticlt^chaft. p. 25^.

5 Pelletier, Ann. de (.liim. XIII. 116.

6 Wen/el's Yer-wandischafl, p. :->.

6j6 DES SELS.

d'étain dans de l'acide sulfurique , on s'aperçoit à peine, pendant quelque temps, qu'il se produise aucune action; mais le métal est converti par degrés à sa surface en flocons blancs qui s'en détachent et tombent au fond de la liqueur , où ils restent à l'état d'une poudre blanche. 11 s élève en mêmetemps des bulles d'acide sulfureux qui se dégagent. Les propriétés des composés que l'acide sulfurique forme avec létain, n'ont pas été examinées avec beaucoup d'attention. Kunkel, Wallérius et Monnet, qui se sont le plus occupés de l'action de cet acide sur le métal, ont essayé d'en opérer la dissolution à l'aide de la chaleur. Dans ce cas, l'acide est décomposé, il y a émission de gaz acide sulfureux, et même développement de soufre, si la chaleur est continuée pendant assez long-temps. Le métal est oxidé au maximum, et le pcrsulfate obtenu n'est pas susceptible de cristalliser ; mais par l'évaporation il se prend en gelée; et en ajoutant de l'eau à la dissolution, le sel se précipite à l'état d'une poudre blanche.

Mais si l'action de l'acide s'exerce à froid, ou si l'étain cou biné avec un maximum d'oxigène est dissous dans l'acide sulfurique, il se forme, dans l'une ou dans l'autre de ces circonstances, un sulfate d'étain, qui donne, par l'évaporation, des cristaux en aiguilles fines, ainsi que Monnet l'observa il y a long-temps. La méthode la plus simple à employer pour la préparation de ce sel, est celle indiquée par Berihoiiet fils; elle consiste à verser de l'acide sulfurique concentré dans un hydrochlorate d'étain peu étendu d'eau; il se forme un précipité blanc floconneux, qui est le sulfate d etaîn. Il peut se redissoudre dans l'eau, et en évaporant lentement la dissolution , on obtient des cristaux prismatiques très- minées. Les alcalis décomposent en partie ce sel en lui enlevant une portion de son acide, et le font passer ainsi à l'état d'un sous-sulfate d'étain *.

6. Sulfite Esp. 6. Sulfite cC étain. Dans le cours de leurs expériences sur les combinaisons que l'acide sulfureux est susceptible de former, Fourcroy et Vauquelin ont eu occasion d'examiner l'action de cet acide sur l'étain. Ils ont reconnu qu'en plongeant une lame d'étain dans de l'acide sulfureux liquide, il prend une couleur jaunâtre , qui passe ensuite au

* Statique cbim. II , lfi\*

SELS D'ÉTAiy. 677

noir; et il sV précipite une poudre noire qui est un sulfure d'étain. Dans ce cas, une portion de l'acide est décomposée; Pérain qut lui enlève son oxigène est en partie oxidé, il se combine avec le reste de l'acide, et se précipite en pa; tie à l'état de sulfure combiné avec le soufre de l'acide décomposé. Il reste en dissolution de l'hyposulfite d'étain; car il se précipite du soude par une addition d'acide suliurique à la dissolution x.

Esp. 7. Arseniate d'étain. Lorsqu'on fait digérer à chaud l'étain dans l'acide arsenique, ce métal s'oxide lentement en se combinant avec i'oxigène de l'acide, et la dissolution finit par se prendre en une masse gélatineuse. L'acide arsenique enlève l'étain à l'acide acétique, et les arsenÎRfes alcalins précipitent l'hydrochlorate d'étain en une poudre insoluble qui est l'arseniate d'étain. Ce sel n'a pas encore été examiné2.

EbP. 8. Acétate d'étain. L'acide acétique n'agit que très- Action

1 \ir • * < r • 1 il l'iil du viuaig-e ïui»

lentement sur lefaiu, même a laide de la chaleur. Il ne ies vaisseaux l'oxide et ne le dissout qu'en petite proportion. Vauquelm a fait dernièrement des expériences dont l'objet était de connaître l'action spontanée de cet acide à l'état de vinaigre sur les vaisseaux d'étain. Comme c'est ordinairement dans des vases de ce métal qu'on le mesure, que létain s y trouve toujours allié avec un peu de plomb, et que tous les sels de plomb sont des poisons, il était de la plus grande importance de s'assurer si le vinaigre attaque le vaisseau, et dans ce cas, si son action ne s'exerce que sur l'étain, ou si elle s'étend au plomb ; car alors le vinaigre serait converti en poison. Le résultat de ces recherches de Vauqnelin, fut qu'une petite portion d'étain était dissoute par le vinaigre, et que ce liquide attaquait aussi le plomb lorsque sa proportion dans l'alliage excédait celle d'un sixième: mais que cette action ne s'exerçait qu'aux seuls points du vaisseau qui se trouvaient être en même- temps en contact avec le vinaigre et avec l'air3.

Lorsqu'on fait bouillir l'acide acétique sur de létain, le inétal se dissout par degrés en se combinant avec l'oxigèse -aux dépens de l'eau. La dissolution prend une couleur blan-

* Fourrroy. VI, 3o.

» Schéele. I, 180.

3 Ann. <le Chim. XXXII . 343.

Sj& I>ES SELS,

châtre et donne par l'évaporation de petits cristaux. Ce fait, que Lémerv annonça le premier, fut révoqué en doute y ff Monnet, Westendorf et Wenzel, qui ne purent jamais obtenir de cette dissolution d'acétate détaiu qu'une masse gommeuse-, mais Morveau en établit la vérité en faisant produire à cette d^solution , par son évaporation spontanée, des cristaux d acétate d'étain !. Il est facile de rendre compte de ia différence des résultats qu'obtinrent ces chimistes. Les cristaux étaient indubitablement V acétate d'étain, et la masse gommeuse le peraçétate de ce métal. Le mode le plus simple de préparation de l'acétate d'étain consiste à mêler ensemble des dissolutions d'hydrocblorate d'étain et d'acétate de plomb.

g. Benzo^te. >SP> g# Benzoate d'étain. L'acide benznïque ne dissout ni l'étain ni son oxide; mais en ajoutant du benzoate de potasse à une dissolution d'étain dans l'acide hydro-chloro-nitrique, il s'y précipite un benzoate d'étain. Ce sel est soluble daus l'eau a l'aide de la chaleur, mais inattaquable par l'alcool, et susceptible d'être facilement décomposé par l'action de la chaleur 3.

Lsp. 10. S'iccinate d'étain. L'acide succinique dissout, à l'a de de la chaleur, l'oxide d'étain. La dissolution évaporée' donne des cristaux fins, larges et transparens. Le plomb, le fer, ni le zinc ne produisent aucune espèce de changement dans la dissolution de ce sel 3.

^.Çtatys, Esp. il. Oxalate d'étain. L'acide oxalique, aidé de la chaleur, attaque l'étain. Le métal noircit d'abord et se recouvre ensuite d'une croûte blauche d'oxide. La dissolution, d'une saveur austère, donne, par une évaporation lente, des cristaux prismatiques; mais lorsqu'elle est évaporée rapidement par une forte chaleur, elle laisse pour résidu une masse çrai ressemble à de la corne 4.

?. 12. Tartrate d'étain. Le feartfate d'étain n'a jamais été examiné par les chimistes. L'acide tartarique dissout l'oxide d'étain mais il n a point d'action sur le métal.

Esrs i3. Rhcùmate d'étain. Ce sel cristallise en pyramides à cinq faces tronquées 5.

1 Fncycl. tncthod. cliim. I, a3.

'J Trommsdorf, Arm. de Chim. XI, 3i5.

3 Wenzel's \ envandstchaft , p. 2.}i.

• Bergman. I , afo,

' Heuderson, Annals of Philosophy. VIII. 2:

Esp. ï-4- Tartrate de potasse et d'étain. On peut former ce sel triple en faisant bouillir ensemble dans l'eau du tartrate acidç de potasse et de l'oxide d'etain. Ce s-1 est trèssoluble, et par conséquent, sa dissolution cristallise ditûcilenieut; ni les alcalis, ni les carbonates ne la précipitent ■■

Esp. i5. Nitrate ammoniaco d'étain. Le peroxide détain est insoluble dans l'acide nitrique; mais la dissolution s'opère lorsqu'on le traite avec cet acide et de l'ammoniaque. S'il arrive souvent qu'on obtienne un sel d'étain par l'action de l'acide nitrique sur ce métal, (-'est qu'en le traitant avec cet acide , il se forme du nitrate d'ammoniaque qui en facilite la dissolution*.

SECTION XXI

Sels de cuivre,

La propriété que le cuivre a d'absorber aisément Toxigène, facilite, eu général, la formation des sels de ce métal ; par conséquent , leur examen présente beaucoup moins de difficulté que celui de plusieurs des genres déjà traités. C'est par cette raison sans doute que quelques-uns de ces sels sont depuis si long-temps connus, et aussi généralement employés. Les alcbimistes, et les plus anciens cbimistes , les distinguèrent par la dénomination de sels de Vénus, parce que Vénus était le terme dont ils se servaient pour désigner le cuivre.

On peut distinguer les sels cuivreux par les propriétés suivantes,

1. Ils sont presque tous solubles dans l'eau, ou du-moins caraciè ils le deviennent par l'addition d'un acide. Cette dissolution

est bleue on verte , ou bien elle devient de cette couleur , après avoir été pendant quelque temps exposée à l'air.

2. Lorsqu'on y verse de l'ammoniaque , elle prend une couleur bleue foncée.

6. Le ferrocyanate de potasse précipite en rouge toute dissolution cuivreuse.

* Thénard, Aim. de Chim. XXXVIII, 35.

■ Ibid. XLII, 218.

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