‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 19 sur 211 · On ne connaît point l'action du bore et du silicium · texte numérisé non relu

On ne connaît point l'action du bore et du silicium

4- Le phosphore n'a aucune action à froid sur le gaz ammoniac; mais lorsqu'on fait passer ce gaz à travers du phosphore dans un tube de porcelaine chauffé au rouge, il est décomposé , et il y a formation de gaz hydrogène phosphore.

5. Le gaz ammoniac se combine avec le soufre à l'état sulfure, de vapeur, et forme ainsi un sulfure qui décompose l'eau, et devient sulfure hydrogéné d'ammoniaque , anciennement appelé liqueur fumante de Boy le , du nom de ce chimiste ,

qui en parla le premier ~. On se procure ordinairement ce sulfure par la distillation d'un mélange de 5 parties d'hydrochlorate d'ammoniaque , 5 parties de soufre , et de 6 parties de chaux vive. G'est'un liquide d'une couleur rouge ou plutôt orangé foncé, qui exhale une odeur fétide à raison d'un excès d'ammoniaque qu'il contient. Ce fut Berthollet qui le premier en ht connaître la nature 3.

6. En chauffant le potassium ou le sodium dans le gaz ammoniac , le métal est converti en une matière d'un vert olive entièrement dépourvue d'éclat métallique ; une portion du gaz ammoniac est absorbée, et il se dégage une quantité d'hydrogène exactement égale à celle que donne avec l'eau la quantité du potassium ou du sodium employée. Lorsqu'on expose à la chaleur la matière verte olivâtre , il s'en dégage les trois cinquièmes de l'ammoniaque absorbée, dont les deux cinquièmes à l'état de gaz ammoniac , et le cinquième restant à l'état de gaz hydrogène et azote. Humphry Davy ayant fortement chauffé, dans un tube de platine, la matière verte olivâtre, en obtint la presque totalité de l'ammoniaque absorbée, quoique pour les trois cinquièmes environ à l'état de gaz hydrogène et azote. La matière verte olivâtre, mise en contact avec l'eau, se convertit en potasse ou en

1 Schéele. II, i83; et Clouet, Ann, de Chim, XI , 3o. a tihaw's Boyle. II , 78.

3 Aun. de Chim. XXV, *33

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soude et en gaz ammoniac, et la quantité du gaz est précisément égale à celle que le métal avait absorbée. En traitant la matière verte olivâtre à chaud avec un métal, on obtient un alliage de potassium ou de sodium.

C'est à MM. Gay-Lussac et Thénard , et à Davy*que nous sommes redevables de ces faits intéressans. Ils prouvent, ce me semble, que le potassium et le sodium ont la propriété de décomposer l'ammoniaque en se combinant avec son azote, et en mettant son hydrogène en liberté : l'azoture formé paraîtrait susceptible d'absorber une portion de l'ammoniaque non décomposée, et de s'y unir. Cet azoture, étant mis en contact avec l'eau, ce liquide est décomposé; son oxigène convertit le potassium en potasse, et son hydrogène transforme l'azote en ammoniaque.

Il est une circonstance cependant qui ne se concilie point avec cette explication simple des phénomènes. L'eau est un composé de deux volumes d'hydrogène et à' un volume d'oxigène , tandis que l'ammoniaque est formée de trois volumes d'hydrogène et d'un volume d'azote. Or, puisque le potassium dégage de l'ammoniaque exactement autant d'bydrogène que de l'eau , il est évident qu'il ne doit enlever à l'ammoniaque que deux volumes seulement d'hydrogène; de sorte qu'il doit rester un volume d'hydrogène et un volume d'azote pour entrer en combinaison avec le potassium. Quelle est la nature de cette substance, composée de i atome azote ■4- i atome hydrogène ? c'est ce qu'il ne nous est pas possible de dire, puisque cette substance n'a jamais été obtenue séparément; mais ce qui paraît évidemment résulter des phénomènes , c'est que cette substance inconnue est bien celle qui se combine avec le potassium, et non l'azote pur. De$ métaux, y. L'ammoniaque ne paraît susceptible de combinaison avec aucun des métaux ; mais elle en convertit quelques-uns enoxides, et alors elle les dissout. L'oxidation résulte évidemment de la décomposition d'une partie de l'eau avec laquelle l'ammoniaque est combinée ; car il y a émission de gaz hydrogène pendant que la dissolution s'opère. Le cuivre et le zinc sont oxidés par l'action de l'ammoniaque , qui agit aussi , quoique superficiellement seulement , sur l'étain et le fer. Cette substance attaque à peine aucun des autres métaux.

* Recherches physico-chimiques. Iy 337.

de l'ammoniaque. 07

L'ammoniaque liquide peut dissoudre les oxides dargent , Dîssout de cuivre, de fer, détain, de nickel , de zinc , de bismuth et de ^SS^L cobalt *; lorsqu'on la met en digestion sur les oxides de mercure, de plomb ou de manganèse , elle est décomposée; il se forme de l'eau par l'union de L'hydrogène de l'ammoniaque et de Poxigènc des oxides, et le gazazote se dégage3. Si la chaleur appliquée est considérable , il se forme en même-temps de lacide nitrique et de l'eau 3.

Plusieurs autres oxides sont aussi en partie désoxidés lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque à leurs dissolutions dans les acides. La dissolution ammoniacale du peroxide de cui\ re est d'une belle couleur bleue, et susceptible, suivant Sage, de cristalliser. Lorsqu'on la chauffe, l'ammoniaque en est en partie séparée et en partie décomposée par la combinaison de son hydrogène avec l'oxigène de l'oxide.

IV. L'ammoniaque se combine facilement avec les oxides d'or, d'argent, et de platine; elle forme avec eux des composés connus sous les noms d or fulminant , d'argent fulminant et de platine fulminant, parce qu'étant chauffés ou frottés, ils font explosion avec une grande violence. L'ammoniaque forme des composés semblables avec l'oxide rouge, peroxide, de mercure.

Pour préparer l'or fulminant , on fait dissoudre l'or dans Or fulminant l'acide hydro-chloro-nitrique étendu de trois fois son poids d'eau, on verse dans cette dissolution de l'ammoniaque pure, peu-à-peu, et jusqu'à ce qu'elle n'y opère plus de précipité, en ayant soin cependant de ne pas en mettre en trop grand excès, car alors le précipité serait en partie redissous. On lave avecdel'eau distillée ce précipité qui est de couleur jaune, on le fait sécher lentement sur du papier à filtrer, on le met ensuite dans une fiole, qu'il convient de ne pas fermer avec un bouchon de liège, à l'effet de prévenir les accidens, mais dont il faut se borner à recouvrir l'ouverture d'un morceau de linge, ou d'une feuille de papier. Ce précipité est l'or fulminant. 11 est composé de 5 parties d'oxide jaune d'or, et

1 Elle dissout le protoxide de fer lorsqu'on l'ajoute avec excès , mais seulement en petites quantités. Elle ne dissout point le peroxidede fer, non plus , suivant The'nard, que le peroxide de cobalt.

1 Schéele.

» Milner, Phil. Tran&. Fourcroy. V, 355.

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fulniirujt.

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