Sous-sulfate
* Hassenfratz , Ann. de Chim. XXVIII, 12.
* Braamcamp et Sequiera Oliva, Ann. de Chim. LIV, ii5. ■ Ann. de Chim. LIV, ici5.
* M«-m. Par. 1777.
5 Ann. de Chim. X, 295.
SELS DE MERCURE. Jl5
T. Sulfate de mercure. L'acide sulfurique n'a aucune ac- 7. Snif*te. tion sur le mercure à froid; mais, par l'application de la chaleur , il y a effervescence et émission de gaz acide sulfureux; cestfen effet le moyen dout on se sert ordinairement pour obtenir ce gaz à l'état de pureté. Le mercure s'oxide en même-temps par degrés, et se convertit en une masse blanche , dont la nature diffère suivant les proportions de l'acide sulfurique et du mercure, et le degré de chaleur employé ; mais elle consiste ordinairement dans un mélange de bisulfate et de bi-persulfate. On peut former le sulfate de mercure en faisant bouillir sur ce métal de l'acide sulfurique étendu de son poids égal d'eau. 11 ne se dégage que très-peu de gaz acide sulfureux1. Par une évaporation convenable, ce sel cristallise en petits cristaux prismatiques. Il se dissout sans éprouver de décomposition , dans 5oo parties d eau froide et dans 287 parties d'eau bouillante. Il est inaltérable à l'air, mais la chaleur le décompose. Ses parties constituantes sont, suivant Fourcroy, dans la proportion de
l* ^Cifl,e' , Composition
83 Oxide de mercure.
5 Eau.
Si nous le considérons comme étant un composé de 1 atome acide, 1 atome peroxide et 1 atome eau , ses parties constituantes seront :
Acide sulfurique i5,56
Protoxide de mercure 80,9.5
Eau 5,5i
Les alcalis et l'eau de chaux précipitent le mercure à l'état d'oxide noir, ou plutôt d'un sous-sulfate ; car il retient une petite portion d'acide. L'acide sulfurique s'y combine et le change en sursulfate de mercure s.
Dans la préparation du sulfate, on peut obtenir en même- supenuifau» temps cette dernière variété ; car si en faisant bouillir de l'acide sulfurique sur du mercure, on arrête l'opération avant
1 Bcrtbollet, Mém. de Tlnslit. III, a3o. * Fourcroy, Ann. de Chim, X, 299.
7 l6 DES SELS.
que tout l'acide sulfurique soit évaporé à sîccité , la masse blanche obtenue , après avoir été lavée avec un peu d'eau , est du sursulfate de mercure. Ce sel a une saveur acre, il rougit les couleurs bleues végétales et ne jaunit ^point par son exposition à lair. Comme ii contient des proportions différentes d'acide , suivant la manière dont il a été préparé , sa dissolubilité varie. Lorsque l'excès d'acide s'élève aux o,o83 de son poids, il est soluble dans i$j parties d'eau froide et dans environ 33 parties d'eau bouillante x. Peisui ate. 2. Persu/fate de mercure. En chauffant jusquà l'ébullition un mélange de 3 parties d'acide sulfurique et de 2, parties de mercure , le tout se convertit par degrés en sursulfate. Si Ton continue de chauffer , l'excès d'acide est lentement décomposé ; il se dégage du gaz acide sulfureux ; le mercure se combine avec une dose additionnelle d'oxigène, et il reste du persulfate de mercure. Ce sel cristallise en petits prismes. Sa couleur est d'un blanc sale , lorsqu'il est parfaitement neutre ; mais lorsqu'on l'obtient tout de suite eu masse desséchée , sa couleur est d'un beau blanc , et il contient toujours un excès d'acide. Ce sel est inaltérable à l'air à moins qu'il n'ait retenu un excès d'acide -, car dans ce cas, il est déliquescent. Il consiste , d'après les expériences de MM. Braamcamp et Siquiera-Oliva, en
3 1,8 Acide.
65,8 Peroxide.
4,4 Eau.
Si cette analyse approche de la précision , le sel est un bi-persulfate de mercure. En le supposant composé de a atomes acide, 1 atome peroxide, et 1 atome eau , ses parties constituantes seraient :
Acide sulfurique 26,23
Peroxide de mercure. . 70,82 Eau 2,95
L'eau enlève a ce bi-persulfate, par le lavage , une moitié
1 Foui croy, A nu. de Cbim. X , 298. * Aun. de Chini. LIV, 123.
SELS DE MERCURE. rjij
de l'acide sulfurique , et laisse un persulfate neutre à l'état d'une poudre de belle couleur jaune, anciennement connue sous le nom de turbith minéral. Sa pesanteur spécifique est de 6,444 f*^ est soluble dans 2000 parties d'eau froide, et dans 600 parties d'eau bouillante. La dissolution est sans couleur2.
Crollius, qui prôna les vertus médicinales de ce sel, dont il tint la préparation secrette , semble être celui qui lui donna le nom de turbith minéral. Il essaya, mais sans succès, de modérer par une longue digestion la violence d'action de cette substance. Le procédé de sa préparation fut depuis généralement connu. Kunkel publia, en 1700, dans son Laboratorîum chemicum, une suite d'expériences sur ce sel. Le nom de turbith lui fut donné sans doute à raison de quelque ressemblance qu'on crut lui trouver , soit dans sa couleur , soit dans ses effets avec la racine du tupethum convolvulus^ plante dont on faisait autrefois usage en médecine.
D'après les expériences des chimistes portugais déjà cités, le turbith minéral est composé de
l5,o Acide.
84,7 Peroxide.
o,3 Eau.
En le supposant un composé de 1 atome acide •+« 1 atome peroxide, ses parties constituantes seraient:
Acide sulfurique 15,62
Peroxide 84,38
Turbith minéral.
Ces nombres se rapprochent assez de la précédente analyse pour faire voir que notre notion sur la constitution de ce sel est exacte.
Esp. 7. Àrseniate de mercure. La distillation d'un mélange 7" Area:*t€' d'acide arsenique et de mercure donne de loxide blanc d'arsenic, du mercure, et de Poxide de mercure de couleur jaune. Il reste dans la cornue une masse jaune insoluble
* WatsorTs chemical Essays. V, 68.
* Fourcroy, Ann. deChim.X, 298.
! Ann. de Chim. LIV, ia3.
qui est l'arseniate de mercure. On précipite le même seï sous la forme d'une poudre jaune, en versant de l'acide arsenique dans une dissolution de nitrate ou de sulfate de mercure ■.
Esp. 8. Ckromate de merci e. 0- >btient ce sel par le mélange des dissolutions d'un chromate alcalin, et d'un nitrate mercuriel. 11 est sous la forme d'une poudre insoluble d'une belle couleur pourpre 2.
Esp. g. JSIolybdate de mercure. L'acide molybdique précipite la dissolution nitrique eu mercure en une poudre blanche floconneuse 3; mais cet acide ne produit aucun précipité dans la dissolution du perchlorure de mercure 4.
Esp. 10. Tungstate de mercure. L'acide tungstique forme, avec l'oxide de mercure, une poudre insoluble, qui n'a pas été examinée.
h. Acétate. Esp. ii. Acétate de mercure. L'action de l'acide acétique sur le mercure est peu sensible; mais il dissout ses oxides , et spécialement lorsqu'il est chaud. Par une suite d'expériences sur ces dissolutions, faites pour la première fois avec beaucoup de soin par Margraff, il en obtint un sel en cristaux s«
Avec le protoxide de mercure, l'acide acétique forme un acétate, et avec le peroxide, xmperacétaie. Ce fut Proust qui le premier distingua convenablement ces deux sels l'un de l'autre 6.
1. Acétate de mercure. On peut former ce sel en dissolvant dans 1 acide acétique le précipité produit par un alcali dans la dissolution de nitrate de mercure. A mesure que la dissolution refroidit, l'acétate de mercure cristallise en lames minces brillantes qui ressemblent à l'acide borique. On peut préparer aussi cet acétate en mêlant ensemble des dissolutions de nitrate de mercure et d'acétate de potasse. Il s'y forme aussitôt des cristaux d'acétate de mercure , larges, applatis et d'un blanc argentin. Ce sel a une saveur acre ; il ne se dissout point dans l'alcool, et il exige 600
C filiaux.
1 Bergman II, 3gi.
» Vauquclin.
3 Hatchett.
* Schëelc. I, 247.
* Opusc. 1 , 1 19.
* Journ. de Phys. LVI, 2o5.
fois son poids d'eau pour se dissoudre x. Il noircit dans les liqueurs alcalines. La proportion de ses parties constituantes n'a pas été déterminée. On l'emploie en médecine.
1. Peracétate de mercure. Ce sel est le produit de la dissolution du peroxide de mercure dans l'acide acétique. Il ne cristallise point; mais il donne, par l'évaporation à siccité de sa dissolution, une masse jaunâtre qui devient promptement déliquescente. Il se dissout aisément dan> l'alcool; mais dans l'eau, il se divise en deux sels, un suracétate, qui y reste Variété^ en dissolution, à raisou de ce qu il est avec un grand excès d'acide , et un sousperacétate a 1 état d'une poudre jaune insoluble dans ce liquide. En chauffant la dissolution de peroxide de mercure dans l'acide acétique , on obtient quelques cristaux d'acétate , parce qu'alors l'oxigène de l'oxide en est en partie séparé aux dépens de l'acide, dont une portion est décomposée *.
Esp. 12. Benzoate de mercure. L'acide benzoïque forme , 12. Bemoate. avec l'oxide de mercure qu'il dissout, une poudre blanche inaltérable à l'air. Cette poudre ne se dissout pas dans l'eau, et très-peu dans lalcool. A une chaleur médiocre ce sel se sublime , et une forte chaleur le décompose. Il est également décomposé par la chaux, par les acides sulfurique et hydrochlorique, ainsi que par le soufre 3.
Esp. i3. Succinate de mercure. L'acide succinique, mis en digestion avec l'oxide de mercure, le convertit en une masse informe contenant quelques cristaux 7 et qui est soîuble dans l'eau. L'oxide en est précipité par les alcalis et les hydrosulfates 4. Je considère ces cristaux comme étant un bi-succinate de mercure. En versant du succinate d'ammoniaque dans du perchlorure de mercure, il se produit un précipité blanc insoluble, qui est du persuccinate de mercure.
Esp. 14. Oxalate de mercure. Il n'y a aucun effet pro- *♦ 0x*Taî8duit sur le mercure par l'acide oxalique; mais cet acide forme, avec l'oxide du métal qu'il dissout , un oxalate à l'état d'une poudre blanche à peine soluble dans l'eau. Ce sel
1 Braconnot, Ann.de Chim. LXXXVI , 92.
* Proust, Journ. de Phys. LVI , 2o5.
• Trommsdorf, Ann. de Chim. XI, 3 16.
Weuiel's Yei-waudUchaft, p.a^-
noircit très-promptemeut à la lumière. On l'obtient également en précipitant , par l'acide oxalique, une dissolution de sulfate ou de nitrate de mercure \ Klaproth lui reconnut le premier la propriété qu'il a de détoner lorsqu'il est chauffé 2. Elle fut également remarquée depuis par Von Packen 3. La poudre fulminante de Howard consiste en partie dans ce sel.
Esp. i5. Tdellate de mercure. L'acide mellitique versé dans une dissolution de nitrate de mercure, y occasionne un précipité blanc qui se redissout par une addition d'acide nitrique 4.
16. T.irtra:e; Esp. 1 6. T art rate de mercure. Le mercure est inattaquable par 1 acide tartarique; mais son protoxide s'y dissout; il en résulte un sel blanc insoluble , qui jaunit promptement par son exposition à la lumière. On précipite aussi ce sel par l'acide tartarique dans une dissolution de nitrate de mercure.
Esp. 17. Tartrate de potasse et de mercure. Ce sel, que découvrit Monnet, peut être obtenu en faisant bouillir dans l'eau, six parties de tartrate acide de potasse et une partie d'oxide de mercure. Le liquide donne, parl'évaporation, de petits cristaux de tartrate de potasse et de mercure. Thénard s est assuré que le même sel triple peut être formé en mêlant ensemble les dissolutions de tartrate acide de potasse et de nitrate mercuriel. Ce sel est décomposé par les alcalis, les carbonates alcalins, les hydrosulfates, les sulfates et les hvdrochlorates 5.
»8. ciiraie. Esp. 1 8. Citrate de mercure. Vauquelin a fait l'examen
de ce sel. L'acide citrique n'agit point sur le mercure; mais lorsqu'on le met en contact avec le peroxide de ce métal, il se produit une vive effervescence : l'oxide devient blanc et se prend en masse. Le citrate, ainsi formé, a une saveur mercurielle; mais il se dissout à peine dans l'eau. L'acide nitrique le décompose. A la distillation il donne de l'acide acétique, de l'acide carbonique, et le mercure est réduit 6.
1 Bergman. I , 266.
a Weslrumb'sKl. Ph. Chim. Abb. 1 , 328.
3 De Sale Acid. Tartari. 1779.
4 Klaproth's Beitraee. III , i3i.
5 Ann. de Chim. XXXVIII, 36.
* Fourcroy. VII, 209.
SELS DE MERCURE. ^2t
Esp. 19. Rheiïmate de mercure. Si nous en croyons Henderson, l'acide rheiïmique agit facilement sur le mercure à l'état métallique, et il le dissout. Le sel cristallise en prismes avant quelque ressemblance avec les cristaux d'acide oxalique. Ils sont eclataus et incolores comme l'eau. Ces cristaux ne s'altèrent point par leur exposition à la lumière solaire. L'oxide de mercure peut être précipité sous la forme d'une poudre jaune r.
Ces faits, ainsi établis, méritent d'être vérifiés. S'ils sont reconnus exacts , ils suffiront pour nous démontrer la nature particulière de l'acide rheiimique; mais ils sont tellement contrairesà toute analogie, que nous ne pouvons les admettre tant qu'ils n'auront pas été pleinement confirmés.
Esp. 20 et 2 I . Saccho-Iactate et malate de mercure. Les acides saccho-lactique et malique précipitent en Liane la dissolution de nitrate de mercure 2.
Esp. 22. Lactate de mercure. L'acide lactiaue dissout l'un 22. Lact*»?, et l'autre des oxides de mercure. Avec le protoxide , il forme une matière d'un jaune clair, qui devieut blanc, par des dissolutions et évaporations répétées. Ce sel contient un excès d'acide, il est déliquescent à l'air, et se dissout en partie dans l'alcool; mais en même-temps, le sel est décomposé. Avec le peroxide . l'acide produit un sel rouge ,gommeux, déliquescent. Lorsqu'il est exposé dans un lieu chaud et humide, il dépose une poudre légère , demi-cristalline, que Berzelius conjecture être un acétate de mercure 3.
Esp. 23. Zumate de mercure. L'acide zumique dissoute. Zumats, facilement le protoxide de mercure à l'aide de la chaleur. La dissolution donne, lorsqu'elle est évaporée, des cristaux aiguillés de zumate de mercure , qui se dissolvent aisément dans l'eau. Ce sel, exposé à la chaleur, fond dans son eau de cristallisation; il se boursouffle alors, prend une couleur olive, et se décompose en répandant une odeur d'acide acétique. 11 reste des globules de mercure mêlés avec du charbon. La dissolution de ce sel, versée dans une dissolution d'acétate de potasse , y occasionne un précipité de cristaux d'acétate de mercure 4.
« Annals of Philosophy. VIII, 253.
» Schcele. II, 80 • et CrelTs Anuals. II, 11. Erg. Trans.
' Berzelius , Djurk'emien II , 438.
« Braconnot , Aon. de Ghira. LXXXVI, 91,
Telles sont les propriétés des sels de mercure, autant que ces sels ont élé examinés. Ils sont en plus grand nombre, que les sels de tout autre genre , insolubles dans l'eau. On peut facilement déterminer leur composition en les considérant comme formés de 1 atome d'oxide de mercure et de i atome de chacun des acides. Le poids d'un atome de protoxide do mercure est 26, et celui du peroxide 27. Le poids des différens acides a été établi dans un chapitre précédent de ce volume.
On a introduit l'usage en médecine des sels mercuriels. Quelques-uns, comme le turbith minéral, sont employés avec avantage dans la peinture. Ces sels méritent bien d'être examinés avec plus de soin qu'ils ne l'ont été jusqu'à présent.
SECTION XXIV
Sels d'argent.
L'argent résiste à l'action du plus grand nombre des acides, dmt quelques-uns seulement sont capables de l'oxider. L'acide nitrique étant celui de tous qui le dissout avec plus de facilité, le nitrate d'argent est le sel de ce métal que nous connaissions le mieux. La plupart des autres acides par lesquels il peut être attaqué, forment avec lui des composés qui sont h. peine solubles dans l'eau.
On peut aisément reconnaître les sels d'argent par les caractères suivans :
Caractère». i. Ils se réduisent au chalumeau sur le charbon et fournissent un globule d'argent;
2. Le ferrocyanafe de potasse précipite en blanc la dissolution d'un sel d'argent.