L'acide hydrochlorique les précipite souvent en blanc
5. Avec l'acide gallique, ou l'infusion de noix de galle , le précipité est jaune orange.
6. Une lame de cuivre plongée dans la dissolution d'un sel mercuriel, en précipite peu-a-peu le mercure coulant.
Il v a deux oxides de mercure , et la plupart des acides semblent capables de se combiner avec l'un et l'autre de ces oxides ; d'où il suit que chaque espèce peut se diviser en deux sous espèces, proto-sels ou sels du protoxide, et per-sels ou sels du peroxide ; et comme beaucoup de ces sous-espèces peuvent exister à l'état de sous-sels ou de sur-sels , il en résulte une autre suite de variétés encore plus nombreuse.
Les oxides de mercure sont précipités de leurs dissolutions dans les acides par la plupart des alcalis et des terres alcalines, mais dans des états différens. Proust a fait voir que si c'est la chaux qu'on emploie , une portion de l'acide est retenue, et le précipité se combine avec environ le 0,01 de son poids d& chaux. Lorsque c'est l'ammoniaque, Bayen s'est assuré que le précipité retient une portion considérable de cet alcali; mais les expériences de Berthollet nous apprennent que les alcalis fixes précipitent un sous-sel de mercure^ui ne retient rien du corps précipitant. i. Nitrate. Esp. i. Nitrate de mercure. L'action de l'acide nitrique sur le mercure a été connue depuis long-temps des chimistes ; elle a même été décrite très en détail par les alchimistes. Mais ce fut Bergman qui fît connaître le premier les différens composés que cet acide forme avec les oxides »!." mercure*. Ces composés sont au nombre de deux, savoir: ^— - -~—» ».^— — — — ^**.*
* OpuSC. 1 , 102.
le nitrate et le pernitrate : dans ce dernier , le mercure est oxidé au maximum. Ces oxides peuvent exister, l'un et l'autre, avec un excès de base et un excès d'acide -, de sorte qu'il n'y a pas moirîs de six variétés de nitrate de mercure.
1. Nitrate de mercure. Lorsqu'on verse de l'acide nitri- Action de que sur du mercure, il y a effervescence, et dégagement de $icJe mwcoï deutoxide d'azote. Le métal s'oxide par degrés; et à mesure qu'il est ainsi oxidé , il se dissout dans la portion de l'acide non décomposée. L'acide nitrique peut dissoudre à froid le mercure dans presque la proportion d'un poids de ce méial égal au sien. Cette dissolution est sans couleur, très-pesante, et d'une excessive causticité. Elle fait sur la peau des taches noires qui ne disparaissent qu'avec l'épiderme, et elle produit cette même coloration indélébile sur presque toutes les substances animales. Elle donne, par son évaporation spontanée, des cristaux transpareus, formés de deux pvramides tétraèdres appliquées base à base , ayant leurs sommets et les quatre angles solides à leurs bases, tronqués. Cette dissolution ne précipite point par l'eau, et les cristaux de nitrate de mercure se dissolvent sans se décomposer; mais si Ton fait bouillir de l'acide nitrique sur du mercure, jusqu'à ce que cet acide refuse d'en prendre davantage , la première portion du métal est oxidée aux dépens de l'acide. 11 se dégage du deutoxide d'azote, et il se forme du pernitrate; la seconde portion est oxidée aux dépens de l'oxide, il n'y a aucun dégagement, et cette portion est en presque totalité à l'état de nitrate -, mais alors l'acide tenant en dissolution une beaucoup plus grande proportion d'oxide que dans le premier cas , si on y ajoute de l'eau, le sel se divise immédiatement en deux portions. La première contenant un excès de base, et vanété» qui est un sous-nitrate de mercure, se précipite à l'état d'une de mtrats* poudre blanche insoluble ; la seconde , qui est avec excès d'acide, et à l'état d'un sur-nitrate de mercure, reste en dissolution *.
M. Zaboada a fait voir qu'eu dissolvant du mercure à froid dans l'acide nitrique étendu, les cristaux , qui se forment spontanément dans la dissolution , en supposant qu'il y
? Bertuollet, Mém. de l'Institut. III, a33.
yi2 DES SELS.
reste du mercure coulant que l'acide n'a pu dissoudre j sont du nitrate pur de mercure '.
En faisant passer un courant de gaz acide hydro-sulfurique à travers une dissolution de nitrate de mercure, l'oxide est peu à-peu réduit et le métal se sépare à l'état de combinaison avec le soufre. L'hydi ochlorate d'étain mêlé avec une dissolution de nitrate de mercure en précipite la base à 1 état de mercure coulant a.
Le nitrate de mercure mis sur des charbons ardeus détone faiblement en répandant une flamme vive et blanche. Lorsqu'on le mêle avec un peu de phosphore, et qu'on frappe le mélange sur une enclume avec un marteau chaud, il détone avec violence, et le mercure est réduit3.
2. Pernitrate de mercure. Lorsqu'on l'ait dissoudre du mercure dans l'acide nitrique à l'aide de la chaleur . l'acide agit avec beaucoup plus d'énergie; il se dégage une beaucoup plus grande quantité de deutoxide d azote, et le métal se combine avec une proportion plus considérable d'oxigène ; et si on continue de chauffer , la dissolution finit par se prendre en une masse cristalline colorée eu jaune. Dans cette dissolution, l'acide est combiné avec le mercure oxidé àpeu-près au maximum. Elle est plus acre que la première dissolution ; et dès qu'on 1 étend d'eau, il s'y manifeste un précipité, qui est le sel avec un grand excès de base. Ce précipité est blanc si c'est de l'eau froide qu'on a ajoutée à la dissolution, il est jaune ou jaune grisâtre, si l'eau employée était chaude. Ce sel peut, ainsi que le nitrate, se trouver dans les deux états de sur-pernitrate et de sous-pernitrate. Le précipité jaune , produit par l'eau chaude , est dans le fait un souspernitrate. Les cristaux rougissent toujoursles couleurs bleues , et contiennent par conséquent un excès d'acide.
On a donné le nom de turbith nitreux au précipité jaune, obtenu de ce sel par l'eau chaude.ll est composé, suivant l'analyse de MM. Braamcamp, et Siquîera Oliva, de
1 2 Acide.
88 Peroxide.
ioo*
1 Journ. de Plus. LX , 386.
* Zaboada . ibia.
'■> Brugn ' bi m. XXVII, ~,\.
■* Aun. dt Chim. L1Y, i25.
SELS DE MERCURE. 7l3
"Si nous le supposons formé de i atome acide -H 2 atomes peroxide, sa composition sera:
Acide nitrique 10
Peroxide qo
En faisant passer à travers une dissolution de pernitrate de mercure un courant de eaz acide hvdro-sulfnrique. le sel se convertit par degrés en nitrate, et se précipite a letat d'une poudre blanche, qui est une combinaison de nitrate de mercure et de soufre. L'hvdrochlorate d"étain réduit également la base à l'état de protoxide qui se combine, lorsqu il a été aiusi formé, avec l'acide de l'hvdrochlorate détain; d'où il suit qu'on peut obtenir du protochlorure de mercure, en sublimant le mélange x.
Esp. 2. Carbonate de mercure. Le mercure n'est point «• CaAoaate attaquable par l'acide carbonique ; mais on peut opérer la combinaison de cet acide avec foxide du métal, en précipitant une dissolution de nitrate de mercure par un carbonate alcalin. Ce précipité est une poudre blanche composée, suivant Bergman, de
90,9 Mercure.
9, 1 Oxigène et acide.
Esp. 3. Borate de mercure. L'acide borique n'exerce & Borate aucune action sur le mercure; mais lorsqu'à la dissolution nitrique de ce métal on ajoute une dissolution de borate de soude, elle y produit un précipité de borate de mercure, à l'état pulvérulent, de couleur jaune. C'est Monnet qui l'a décrit ie premier. Sa pesanteur spécifique est de 2,266 3.
Esp. 4- Phosphate de mercure. L'acide phosphorique n'a- 4 FLcspUie. git point sur le mercure; mais il se combine avec son oxide et forme ainsi du phosphate de mercure. La manière la plus convenable d'opérer cette union , consiste à mêler ensemble des dissolutions de nitrate de mercure et de phosphate de soude. Il se produit sur-le-champ un précipité blanc pulvé-
1 Zaboadn , Journ dePhys.LX, 58o.
a Bergman. II, 891.
* Hassenfratz, Ann, de Chim. XXVIII, 12*
7l4 DES SELS.
rulent qui est le phosphate de mercure. L'emploi de ce sel a été dernièrement introduit en médecine, et il semble être aussi convenablement applicable que les autres préparations mercurieïles. Lorsqu'on le frotte dans l'obscurité , il est phosphorescent; et à la distillation, il donne du phosphore ainsi que les autres phosphates métalliques. Sa pesanteur spécifique est de ^gS35 l. Ce sel est bien réellement un perphosphate de mercure. Ses parties constituantes sont , suivant Braamcamp et Siquiera-Oliva:
28,5 Acide.
71,5 Peroxide.
Esp. 5. Pkosphite de mercure. MM. Braamcamp et Siquiera-Oliva nous ont fait voir que l'acide phosphoreux décompose tous les oxides et tous les sels de mercure, dont il sépare la base à l'état métallique-, et par conséquent, il n'est pas probable que le phosphite de mercure puisse exister 3.
Sulfate. Esp. 6. Sulfate de mercure. L'action de l'acide sulfurique sur le mercure n'avait été observée par les chimistes qu'à une époque où la science était encore dans son enfance. Lavoisier fut le premier qui donna, en 1777*, l'explication des phénomènes qu'elle présente; mais c'est à Fourcroy, qui examina en 1791, avec la plus grande précision, les différens composés qui en résultent, que nous devons la connaissance de leur nature et de leurs propriétés5. L'acide sulfurique se combine, ainsi que d'autres acides, avec deux oxides de mercure, et forme un sulfate et un persulfate. Chacun de ces sels est susceptible de se combiner avec un excès d'acide et de base ; de sorte qu'il n'existe pas moin^ de cinq variétés de mercure sulfaté, savoir :
Variétés. 1. Sulfate. 4- Persulfate