‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 203 sur 211 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

JDc6 Savons,

v,C'E,Sf P" leS «Pwiences de Chevrenl qu'on a connu la rentable nature des savons. Ce chimiste a lait voir que les hn.les fixes et le suif consistent, pour chacun de ces corps, en deux substances d,sf,nctes, «uïl a désignées par les nou.s de stera,nectelatae. Les bases salifiables ont la propriété d'à»- ♦ rhii, >!ag. XL,aio. ~~~

rrr,2 DES SAVONS.

térer la composition de ces corps et de les convertir en deux substances acides auxquelles il a donné les dénominations à'acide margarique et & acide oléique. Les savons ne sont autre chose que les combinaisons de ces deux acides avec des bases salifiables '. Les acides margarique et oléique existent ordinairement ensemble dans les savons du commerce. Le poids d'un atome de chacun de ces acides est^ savoir :

Acide margarique $ °t J

Acide oléique 36

de manière que 100 d'acide margarique se combinent avec 18 de potasse et 12 de soude.

ioo d'acide oléique se combinent avec 16,6 de potasse

et 11,1 de soude. 1

Lorsque les bases des savons sont des alcalis, les savons sont solubles dans l'eau et ils peuvent être employés a des objets d'économie domestique. Mais lorsque ce sont les terres ou les oxides métalliques qui forment la base des savons, ces corps sont insolubles dans l'eau , et par conséquent , on ne peut s'en servir comme détersifs. Il convient donc, d'après cela, de traiter séparément de chacune de ces espèces de savons.

Histoire.

SECTION PREMIÈRE

Des Savons alcalins.

Les huiles fixes étant en grand nombre, et toutes , ou presque toutes ces huiles pouvant se combiner avec les alcalis, les terres et les oxides, il est naturel de supposer quil y a autant de genres de savons alcalins qu'il y a d'huiles nxes. Il est certain , en effet , que les savons diffèrent entre eux suivant la nature de l'huile qui entre dans leur composition ; mais ces différences ne sont pas assez importantes pour rager une description particulière. Il suffira donc de diviser les savons alcalins en autant d'espèces qu'il y a d alcalis, et de considérer ceux de ces savons qui ont la même base alcaline , mais qui diffèrent parleur huile, comme des variétés des

mêmes espèces.

Esp. I . Savon de soude ou savon solide. Le mot SAVOX

* On a donné un exposé de ces substances dans un chapitre préédent de ce volume.

SAVONS ALCALINS. 7j3

(sapoy rxTrw) se rencontre, pour la première fois dans les ouvrages de Pline et de Galieu. Il dérive évidemment du vieux mot allemand sepe '. Pline nous apprend que la découverte du savon est due aux Gaulois; qu'ils le faisaient avec des cendres et du suif, et que le savon des Allemands était considéré comme étant le meilleur ".

On peut préparer le savon de la manière suivante. On met Préparât; dans un vaisseau de bois ou cuvier , de la soude du commerce, pulvérisée et bien mélangée avec environ les 0,20 de son poids de chaux arrosée avec une petite quantité d'eau , et passée ainsi immédiatement auparavant à travers un crible. On met sur ce mélange une quantité d'eau beaucoup plus considérable que celle qui suffirait pour qu'il en soit entièrement recouvert, et on la laisse ainsi séjourner sur ce mélange pendant plusieurs heures. La chaux attire l'acide carbonique de la soude, et l'eau devient fortement imprégnée de l'alcali pur. On soutire alors cette eau par le moyen d'un robinet placé à la partie inférieure du cuvier, et cette liqueur s'appelle la première lessive. Sa pesanteur spécifique doit être d'environ 1.200.

0;i verse ensuite une nouvelle quantité d'eau sur le mélange, après avoir fermé le robinet ; et au bout de deux ou trois heures de repos on l'en fait écouler comme la première. Cette eau est la seconde lessive.

On fait de la même manière une troisième lessive.

On peut mettre encore une autre portion d'eau sur le cuvier afin de s'assurer si la soude a été dissoute en totalité; et cette dernière lessive faible est mise à part, pour être emplovée dans les opérations subséquentes à former la première lessive.

On met alors dans la chaudière , avec une portion de la troisième ou plus faible lessive, une quantité d'huile égale en poids à six fois celui de la soude employée. On fait bouillir ce mélange et on l'entretient à ce degré de chaleur en 1 agitant continuellement avec un instrumeut de bois destiné à cet usage. On ajoute successivement au mélange, et par intervalles, le reste de la troisième lessive, et lorsqu'elle est ainsi entièrement consommée, on introduit de la même manière la seconde lessive àms> la chaudière, en continuant d'agi-

1 Beckmans History of inventions. III, a3g. Un mot semblable est encore en usage parmi le peuple en Ecosse. ■ Pline, lib. XVIII, c. 5i.

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