SAVONS MÉTALLIQUES
maïs il ne paraît pas qu'on s'en soit encore servi pour Tua ou l'autre objet.
i. Sav ■: de mercure. C'est le produit du mélange d'une dissolution du savon ordinaire et da pcrehlorure de mercure. La liqueur devient laiteuse , et le savon de mercure s'y précipite peu-à-peu. Ce savon , de nature visqueuse , se dessèche difficilement. 11 perd sa blancheur à l'air pour y prendre la
ileur d'ardoise, qui devient de plus en plus foncée, et spécialement par son exposition au soleil ou à la chaleur. 11 se dissout 1res facilement dans l'huile, mais peu dans l'alcool. Lorsqu'il est chauffé, il se ramollit et se liquéfié aisément*.
2. Savon de zinc. En mêlant ensemble des dissolutions de sulfate de zinc et de savon ordinaire, on obtient ce composé, qui est de couleur blanche tirant sur le jaune. Il se dessèche promptement, et devient friable3.
3. Sivjti de cobalt. Ce savon, que produit le mélange du nirrate de cobalt et du savon ordinaire , est de couleur plombée. Il se dessèche difficilement quoiqu'il y ait peu de liaison dans sa composition.
Berthollet observa que vers la fin de l'effet de la précipitation , il se dépose quelques grumeaux de couleur verte, qui ont beaucoup plus de consistance que le savon de cobalt, il les considéra comme étant un savon do nickel , métal qui se trouve généralement mêlé avec le cobalt3.
4- Savon d'ètain. On le forme en ajoutant de la soude ordinaire à une dissolution d'étaiu dans l'acide hydro-chloronitrique. Ce savon est blanc -, la chaleur ne le met pas à l'état de fusion comme les autres savons métalliques, mais elle le décompose 4.
0. Savon de fer. Il se fait avec le sulfate de fer er le savon ordinaire. Il est d'un brun rougeâtre , ayant de la ténacité et se fondant aisément. Lorsqu'on l'éfend sur du bois, il Fimbibe et se dessèche ; il se dissout facilement dans Phuile, et principalement dans celle de térébenthine. Berthollet le propose comme vernis 5.
6. Savon de cuivre. C'est du sulfate de cuivre qu'on mêle avec du savon ordinaire pour former celui de ce métal. Il est de couleur verte : au toucher, il ressemble à de la résine; il se dessèche et devient cassant. L'alcool chaud rend sa cou-
i Berthollet, Mém. Par. i"8o, ou îficholson's Journ. I, t?"- " Ibid. * Ibid. ' * Ibul. * lùid.
^8o DES SAVONS.
leur plus foncée ; mais il l'attaque à peine. L'étber le dissout, le liquéfie , et donne de l'intensité à sa couleur en la rendant beaucoup plus belle. Il est très-soluble dans les huiles, qu'il colore dune nuance de vert agréable x.
y. Savon de plomb. Avec l'acétate de ce métal et le savon ordinaire , on compose ce savon métallique. 11 est blanc , avant de la ténacité et beaucoup d'adhérence lorsqu'il est chauffé. Il acquiert de la transparence par sa fusion -, et sa couleur prend une légère teinte de jaune, si la chaleur est augmentée*.
8. S n> on d'argent. On se sert de nitrate d'argent pour la formation de ce savon; il est blanc d'abord; mais il devient rougeàtre par son exposition à l'air. Lorsqu'il est à l'état de fusion, sa surface devient irisée d'une manière brillante; au-dessous, il est noir3.
9. Savon d'or. Ce savon , que produit le mélange de celui ordinaire avecl'hydrochlorate d'or, est d'abord blanc et d'une consistance de crème. Il prend, par degrés, une couleur pourpre foncée, et adhère à la peau de manière à y laisser des taches difficiles à effacer 4.
10. Savon de manganèse. On le forme avec le sulfate de manganèse. Ce savon, de couleur blanche d'abord, en prend une rougeàtre à l'air, ce qui provient évidemment de ce qu'il absorbe de l'oxigèue. il se dessèche promptement en une substance dure, cassante, et devient, en se liquéfiant, d'un
brun noirâtre 5.
//. Emplâtres.
Pro rïété$. Les emplâtres sont des combinaisons des huiles avec des oxides métalliques. Ils sont destinés à êtreétendus sur de la peau ou de la toile , et à être appliqués ainsi sur des ulcères, etc. Ces corps doivent être solides; mais cependant il ne faut pas qu ils soient, ni trop durs pour refuser de s'étendre facilement et également, ni trop mous pour couler en huile par l'effet de la chaleur de la partie du corps qu'ils couvrent. L'objet principal de leur emploi étant d'être appliqués sur la peau, on ne peut s'en servir avec avantage qu'autant que leur consistance permet de les ramollir aisément, de les pétrir par la chaleur ces mains et de les faire adhérer fermement a la peau; mais pouvant en être retirés sans laisser aucune tache.
' "Borthollet, Mém. Par. 1780, ou "Nicholson's Journ. I, 170. » lbid. 3 Ibid. « Ibid. f Ibid.