SAVONS MÉTALLIQUES ET EMPLATRES. 78 I
Deyeux est jusqu'à présent le seul chimiste qui ait fixé son attention sur les emplâtres, nous lui devons d'excellentes observations sur la manière de les préparer x.
Les oxides employés jusqtvà-présent pour la confection des oxuie» emplâtres sont ceux de plomb; et parmi ceux-ci, la litharge, ou €m^°7^ le protoxide, est généralement considérée comme convenant le mieux. Mais avec les oxides de plusieurs des autres métaux, tels que le bismuth et le mercure, on peut aussi faire des emplâtres dont l'usage peut être avantageux dans quelques cas. 11 est cependant des oxides métalliques, et notamment ceux du 1er, qui ne sont pas susceptibles de former avec les huiles l'espèce de combinaison qui constitue les emplâtres 2.
On peut faire des emplâtres avec toutes les huiles fixes ; Huila». mais tous ces emplâtres n'ont pas les mêmes propriétés. Avec les huiles siccatives, l'huile de lin, par exemple, ils sont d'une consistance beaucoup plus molle que ne l'est celle des emplâtres à huiles grasses ; mais on peut donner à ces dernières les mêmes propriétés qu'ont les huiles siccatives , en les combinant avec du mucilage. Ainsi, après avoir fait bouillir pendant quelque temps de l'huile d'olive avec de la graine de lin ou de fenu grec, on en forme, avec la litharge, un emplâtre aussi mou que ceux composés d'huile de lin et de ce même oxide de plomb. L'huile d'olive est, suivant Deyeux, celle de toutes dont on doit préférer l'emploi pour la confection des emplâtres.
Il y a trois manières différentes de composer les emplâtres. Formation.
Ce procédé consiste simplement à mêler l'huile avec la »•■* procédé, litharge dans des proportions convenables, et à abandonner pendant très -long -temps le mélange à une température moyenne en le remuant fréquemment. L'oxide perd peu-àpeu sa couleur, il se combine avec l'huile et le mélange acquiert de la consistance. Ce procédé est peu employé, parce qu'il est long et ennuyeux, et que le produit qu'il fournit n'est jamais assez solide pour l'objet auquel on le destine.
Par ce second procédé on se borne à jeter l'oxide dans a «procédé, l'huile lorsqu'elle est bouillante. Les emplâtres qu'on obtient ainsi sont toujours d'une couleur foncée , et ils ont une odeur particulière due à la décomposition d'une portion de l'huile. En opérant de cette manière, il est nécessaire que l'oxide
• Ann. de Chira. XXXIII, 5o. 9 Deyeux, ibid.
£u2 REMARQUES GÉNÉRALES.
soit réduit en poudre fine, et que par l'agitation on en facilite^ autant que possible, la prompte combinaison avec l'huile 3 autrement le métal serait entièrement revivifié à raison de la forte tendance que 1 huile a pour se combiner avec l'oxigèue à une température élevée.
*.• procédé. Le troisième procédé enfin est celui dont en fait le plus fréquent usage, parce qu'il n'est pas susceptible des mêmes inconvéniens que les deux autres. On fait bouillir ensemble J'huile etloxide dans une suffisante quantité d'eau. L'effet de ce liquide, en modérant d'abord la chaleur dans le mélange, jusqu'à ce que l'huile et l'oxide se soient combinés, est d'empêcher la revivification du métal -, et lorsqu'ensuite cette eau s'est dissipée, la température est suffisamment élevée pour que l'emplâtre se forme en une consistance convenable. Les emplâtres, lorsqu'ils sont gardés pendant long-temps, deviennent souvent trop durs pour être employés, sur-tout si en les faisant, on n'a pas employé la proportion convenable d'huile ; mais on remédie facilement à cette défectuosité eu les mettant à létat de fusion avec une petite portion d'huile nouvelle. Les emplâtres, en vieillissant, éprouvent également des changemens dans leur couleur ainsi que dans le plus grand nombre de leurs propriétés, ce qui résulte soit de ce qu'ils ont absorbé de l'oxigène, soit de quelqu'effet de l'action de l'air sur leurs parties composantes.