‹ Systeme de chimie. Traduit de l'anglais sur la 5. éd. (de 1817) (volume 3)Chapitre 209 sur 211 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Hem arques générales.

Si nous en excluons les composés combustibles, dont la nature n'a pas été jusqu'à présent suffisamment étudiée , tous les composés primaires, à peu d'exceptions près, peuvent être divisés dans les deux grandes classes d'acides et de bases. Quelques chimistes modernes ont bien, à-la-vérité, considéré les hydrates comme étant aussi des combinaisons salines; mais celte dénomination ne peut leur être appliquée sans donner au sens des termes acide et base une extension telle, qu'en réalité, elle les rendrait inutiles. Car dans les hydrates nous devons considérer Y eau comme faisant quelquefois les fonctions d'un acide, et quelquefois agissant

comme une base; tandis que dans les sels cristallisés, le sulfate de soude par exemple, il serait impossible, sans une inconvenance manifeste, d'appliquer le terme acide ou base à l'eau, il semble donc beaucoup plus convenable de considérer les hvdrates comme une espèce de composés qui diffèrent entièrement des sels1. L'eau peut également s'unir avec des acides des bases et des se/s. Elle ne les prive pas de leurs propriétés caractéristiques, ou ne les neutralise pas , comme le font les bases relativement aux acides. Autant que nous avons pu le reconnaître jusqu'à présent, l'eau est susceptible de se combiner avec d'autres corps dans un plus grand nombre de proportions que des acioYs ou des bases ne pourraient s'y combiner. A-peine a-t-oH trouvé aucun des acides ou aucune des bases unis avec d'autres corps dans une proportion plus grande que celle de l\ atùmes. Mais il est des sels qui ne contiennent pas moins de 06 atomes d'eau. Dans le savon sophistiqué . il existe quelquefois 68 atomes d'eau contre un du savon véritable.

Les sels, les hvdro-sulfates et les savons, sont de véritables composés salins, quoique suffisamment distincts les uns des autres pour mériter une place séparée dans tout classement chimique. Les savons ne cristallisent ni ne prennent de formes régulières. Les hydro-sulfates cristallisent ; mais ils ne peuvent être tenus en contact avec l'atmosphère sans éprouver une série de ebangemens , qui n'ont point été suffisamment examinés. Les hvdro-tellates formeront désormais une suite de corps analogues aux hydro-sulfates. Je présume qu'un examen de ces corps fait avec soin répandrait un grand jour sur les changemens dont les hydro-sulfates sont susceptibles.

Plusieurs des composés secondaires , tels que l'hvdrochlorate de soude, le nitrate de potasse, le sulfate de fer, etc., se trouvent tout formés dans la nature; c'est par l'étude de leurs propriétés que la science de la chimie a commencé; ils fournissaient quelques-uns des réactifs les plus puissans qui aient été employés à la recherche de la composition des corps naturels, tels que l'acide nitrique, l'acide hydrocblorique , l'acide sulfurique, la soude , etc.

Quelques-uns des composés secondaires exercent, à l'é- , a^p*

ii,1 l . . . , . ,. 7. . dis composes

£ard d autres corps, cette activité, cette énergie cl action qui secondaires distinguent les composés primaires; et sous ce rapport, ils aucSimpiej.orp*

offrent une grande ressemblance avec les substances simples. Le soufre, par exemple, est un corps presqu'entierement dépourvu de saveur, et dont l'action, très-faible sur es animaux , paraît être absolument nulle sur les végétaux et les minéraux-, et l'oxigène, qui semble mériter à si juste litre la qualification d'un principe actif, ne manifeste rien ni dans sa saveur, ni dans sa manière d'agir sur les animaux et les végétaux, qui doive lui donner le nom d'acre et caustique; mais l'acide sulfurique, quoique composé de ces deux substances innoffensives , est un des corps les plus actds et les plus corrosifs connus, qui brûle et décompose presque toutes les substances animales et végétales soumises a son influence. La potasse est encore, s'il se peut, plus corrosive; les minéraux, même les plus durs, ne peuvent résister a son action -, mais le sulfate de potasse, qui se compose de 1 union de ces deux corps formidables, n'est pas plus actif que le soufre lui-même. Ce rapport singulier entre les substances simples et les composés secondaires, et la manière îrappante dont ceux-ci contrastent avec les composes primaires, méritent une attention particulière. Nous y trouvons la preuve que l'activité des corps n'est pas en raison de leur état de simplicité, comme on l'avait supposé jusqu'à présent; et quil est quelque cause, indépendante de leur combinaison avec d'autres corps , qui émousse leur énergie.

Plusieurs des corps simples existent ordinairement a 1 état «■«t à i-état , II en est de mème aussi des composes primaires;

^ mais il ne se trouve aucun corps gazeux parmi les composes secondaires, et même le nombre de ceux qui sont liquides est comparativement beaucoup moindre. Ils .ont solides presque tous, et probablement chacun deux est susceptible de prendre cette forme; d'où nous voyons que les corps gazeux ont tous un degré considérable de simplicité. Il en est peu d'entre eux, autant qu'on a pu le recoonai re , qui contienne plus de deux parties composantes , abstraction faite de la lumière et du calorique, ou trois parties composantes en y comprenant ces corps.

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