I. POTASSE
I. Ainsi que nous l'avons déjà exposé * , la potasse obtenue Découverte par combustion, des fougères ou du bois, est à l'état de d/facauLU combinaison avec l'acide carbonique : on lui enlève cet acide la cau*"cltcen la traitant avec de la chaux vive, et alors elle est rendue caustique. Les chimistes cherchèrent pendant longtemps à reconnaître quelle pouvait être la cause de ce changement d'état que la chaux faisait éprouver à la potasse. Suivant quelques-uns , cette terre la dégageait d'une certaine quantité de mucilage dont elle était enveloppée ; d'autres pensaient qu'elle la rendait plus active en la divisant. Enfin, en 1766 , le docteur Black prouva, par l'analyse la plus ingénieuse et la plus satisfaisante, que h potasse, considérée jusqu'alors comme une substance simple , était réellement un composé consistant en potasse et en acide carbonique ; que cet acide était séparé de la potasse par la chaux , et que
I énergie de la potasse augmentait en devenant plus simple.
Tandis que le docteur Black s'occupait de cet objet en Ecosse , M. Mever faisait en Allemagne les mêmes recherches ; mais il en avait tiré des conclusions très-différentes, dans ses essais sur la chaux , qui parurent en i j64- En versant dans de l'eau de chaux une dissolution de potasse {carbonate de potasse) , il obtenait un précipité qu'il trouva être de la même nature que la pierre à chaux : l'alcali avait donc enlevé à la chaux sa causticité , il l'avait dépouillée de ses propriétés actives, et ces propriétés, il les avait acquises lui-même. 11 en conclut que la causticité de la chaux était due à un acide particulier avec lequel elle s'était combinée pendant sa calcination. L'alcali enlevait à la chaux cet acide , pour lequel , par conséquent, son affinité était plus forte. Il donna à cet acide le nom d'acidum pi??gue ou causticum-y c'était, suivant lui, un mixte subtil élastique , analogue au soufre , se rapprochant de très-près delà nature du feu , et composé effectivement d'un principe acide et de feu.
II était expansible, compressible, volatil, astringent, capable de pénétrer tous les vaisseaux , et la cause de la causticité dans la chaux, les alcalis et les métaux. Cette théorie était extrêmement ingénieuse, et appuyée de faits nouveaux
* Voy. Vol. I , p. 358.