DE LA POTASSE
3. L'hydrate de potasse a une très- grande affinité pour Dmoîution
»■/ r !•• îi'^ i* l*-j duis l'eau.
1 eau. A la température ordinaire de 1 atmosphère, ce liquide peut dissoudre le double de son poids de potasse. La dissolution estVansparente , très dense, et presque d'une consistance oléagineuse. Cest dans cet état qu'on l'emploie ordinairement dans les laboratoires de chimie. Lorsqu'on mêle ensemble quatre parties de potasse en poudre et une partie de neige, le mélange devient liquide en absorbant du calorique. Lowitz faisait usage de ce mélange pour produire un froid artificiel. En évaporant jusqu'à consistance convenable une dissolution aqueuse de potasse , cet alcali cristallise , et la forme de ses cristaux varie selon la manière dont ils ont été produits. Si on les a laissés se former spontanément, ce sont des octaèdres groupés , contenant o,43 d'eau •. Si ces cristaux proviennent dévaporation au feu, ils sont en lames transparentes, très-minces, dune grandeur extraordinaire, qui par l'assemblage d'un nombre prodigieux de lignes se croisant entr'elies, présentent une aggrégation de cellules ou cavités ordinairement si étroitement serrées , qu'on peut renverser le vaisseau sans qu'il s'en écoule une goutte du liquide qu'il contient *.
II. Les soutiens de combustion n'ont aucune action sur Action
la potasse à la température ordinaire de l'atmosphère ; mais de^cSb ùSôn ils agissent sur elle dans de certaines circonstances. s-rla PoUsse-
i. On peut combiner la potasse avec une dose additionnelle d'oxigène, pourvu qu'elle ne contienne pas d'eau-, mais avec l'hydrate on ne peut former ce composé. On obtient le peroxide de potassium en brûlant du potassium dans le gaz oxigène. Il est décomposé et le gaz oxigène s'en sépare, en le dissolvant dans l'eau.
2. Lorsque la potasse, chauffée au rouge, est mise en contact avec de la vapeur de chlore, loxigène de l'alcali est chassé et le chlore prend sa place.
3. La même substitution de l'iode à l'oxigène a lieu lorsqu'on fait passer de l'iode en vapeur sur de la potasse chauffée au rouge.
III. Les combustibles simples produisent sur la potasse des effets très-différens suivant leur nature particulière.
* Suivant Proust , l'hydrate de potasse ne contient que o,3o d'eau. Joorn. de Phvs. LX1X, 266.
-■ Nicholson'i Joura. I, i6{.
Àctica
des
combustibles.
48 BASES S0LIFIABLE5.
i. Le gaz hydrogène ne fait éprouver aucun changement sensible quelconque à la potasse, et autant qu'on a pu s'en assurer, cet alcali ne se combine point avec le carbone, non plus qu'avec le bore ou le silicium.
2. Il paraîtrait, d'après les expériences de Sementini, que le phosphore peut se combiner avec la potasse, et former un phosphure de potasse. 11 l'obtint en faisant une dissolution saturéedepotassedansl;alcool,eten tenant dans ce liquide des bâtons de phosphore tout aussi long-temps qu'ils continuaient de s'y dissoudre. Il se déposait dans la liqueur des écailles brunes et brillantes, qui, suivant Sementini, constituaient le phosphure de potasse. Ces écailles étaient solubles dans l'eau l.
sulfure 3. En triturant ensemble dans un mortier de verre trois
et potage. partfes çje sollfre et une partie de potasse, le soufre prend une couleur verte, le mélange s'échauffe , et il exhale une odeur d'ail. Ce mélange attire par degrés l'humidité de l'air , et il se dissout en totalité dans l'eau 2. Si l'on chauffe dans un creuset deux parties de potasse et une partie de soufre , le mélange se fond , et les deux substances en se combinant forment un sulfure de potasse. On peut préparer aussi ce sulfure avec la potasse du commerce ; car l'acide carbonique s'en sépare sous forme de gaz pendant la combinaison de la potasse et du soufre. Lorsque la fusion du mélange est complète , on le coule sur une plaque de marbre, et dès qu'il s'y est congelé, on le brise en fragmens qu'on renferme aussitôt dans une fiole bien bouchée.
Le sulfure dejpotasse ainsi préparé, est d'une couleur brune, qui a de la ressemblance avec celle du foie des animaux, ce qui lui fit donner autrefois le nom de hepar sulfuris « foie de soufre » -, mais par son exposition à l'air le sulfure de potasse devient promptement vert, et passe même au blanc. Il est dur, fragile, et à cassure vitreuse. Sa saveur est acre, caustique et amère. Il laisse des taches brunes sur la peau. Il n'a pas d'autre odeur que celle du soufre sublimé. Lorsqu'on l'expose à une chaleur violente, le soufre se sublime et la potasse reste à l'état de pureté. Ce sulfure verdit les couleurs
* Anuals of Philosophy. VII, 280.
? Fourcroy. II, 2o3.
DE LA POTASSE. ^q
bleues végétales, et il les détruit proinptement. Chauffé avec le charbon, il le dissout et s'v combine \
Les propriétés du sulfure de potasse changent très-promp- Sn,fure tementyar son exposition à l'air, ou lorsqu il est humecté d'eau- ■"**«■■*■*.
sa couleur passedubrim au vert, etilexhalelodeurdugaz acide hydro-suif urique: ce changement est dû à ce qu'il se forme par la décomposition de l'eau, de l'acide hydro-sulfurique qui eo se combinant avec le sulfure, le convertit en un sulfure hydrogéné de pousse, d'un vert brunâtre, et soluble dansl'eau. On peut aussi former le sulfure hydrogéné en faisant bouillir dans leau deux parties de potasse et une partie de soufre. Le sulfure de potasse ne produit aucuu changement sur l'air mais le sulfure hydrogéné eu absorbe peu-à-peu l'oxigène.Si l'on en met dans un vaisseau fermé avec une certaine quantité d'air, il dépouille promptement cette portion d'air de tout son oxigène, et il n'en reste que le gaz azote. C'est à raison de cette propriété du sulfure hydrogéné, que Schéele observa le premier, qu'il crut pouvoir s'en servir comme d'un moyen propre à déterminer k-qtrantité d'oxiçène, dans une portion donnée d'air de l'atmosphère. Le sulfure hydrogéné peut oxider et dissoudre presque tous les métaux. C'est Bertholîet qui le premier a fait remarquer la différence entre ces deux substances 2.
Le sulfure de potasse n'a pas encore été analysé. D'après la théorie il doit être composé de 3 parties en poids de posasse et d'une partie de soufre ou d'un atome de potasse et d'un atome de soufre.
4- La potasse ne se combine avec aucun des métaux, mais elle oxide par degrés quelques-uns de ceux qui ont une forte affinité pour l'oxigène, lorsqu:on les met dans une dissolution de cet alcali dans l'eau, surtout à l'aide de la codeur ; c est ce qui a lieu à l'égard du molybdène, du zinc et du fer! letain est aussi oxidé, mais en très-petite proportion; il parait en être ainsi du manganèse.
La poiasse a la faculté de dissoudre un très-çrand nombre Et des oxides métalliques, et dans quelques cas elle les prive Iears "*"d une dose de leur oxigène. C'est ainsi qu'en mettant de la
x Fourcroy. II , 2o3.
LIXA°o5de"Chim"XXV' 233' V°-V' aussi Proust> Journ' de ph7s<
Action sur Us méiaux
5© BASES SALïFIABLESc
potasse sur de l'oxide rouge de fer, elle le convertit promptement dans l'oxide noir. On ne connaît pas la cause de ce changement. Nous allons présenter ici la liste des oxides métalliques que la potasse dissout :
Plomb1. Zinc.
Etain. Antimoine.
JNickek Tellure.
Arsenic. Tungstène.
Cobalt. Molybdène.
Manganèse.
Mais on n'a apporté jusqu'à-présent aucune attention à l'examen de la nature de ces dissolutions, quelque remarquable et intéressant que soit le sujet , et quoiqu'il puisse faire espérer de répandre un grand jour et sur la nature des alcalis et sur celle des métaux.