Silice
Masse cassante non fondue.
1 Gadolin, Ann. de Chim. XXII, 110. Morreau, ibid. XXXI, 25e* * Kirwan's Min. i5G.
DE L'ACIDE SILICIQUE. I09
la magnésie."
Oc parvient difficilement, et à laide de la plus violente
l'alumine.'
chaleur qu'il soit possible de produire, à fondre un mélange de parties épies de magnésie et de silice ■. A une chaleur inférieure , le mélange est infusible, quelles que soient les proportions des deux terres 3.
Il y a une très-grande affinité entre la silice et l'alumine. Avec Lorsqu'on mêle ensemble des portions égales de dissolutions de potasse silicée et aluminée, il se forme immédiatement une zone brunâtre qui, par l'agitation , s'étend et se délaie dans toute la liqueur , et le mélange prend au bout d'une heure la consistance de gelée3. Si Ton réduit ce mélange en pâte avec de l'eau, et qu'où le fasse sécher, il devient cohérent et acquiert un grand degré de dureté : cette dureté augmente encore lorsque cette pâte a été cuite à i6o° de YVedgewood ; mais il n'y a point de fusion ♦. Achard trouva ce mélange infusible en toutes proportions, à une chaleur qui différait vraisemblablement peu de celle de i5o° de YVedgewood ; mais à une très-forte chaleur, il se convertit en une espèce de verre opaque, ou plutôt d'émail. La porcelaine, la poterie, les briques, les tuiles, et autres substances semblables, consistent principalement dans ce composé. Les mélangesde silice et d'alumine, dansdes proportions diverses, constituent les argiles-, mais il est rare quelles ne contiennent pas quelques autres substances.
Il résulte des expériences de Achard, i.° qu'un mélange de parties égales de chaux , de magnésie et de silice, peut être fondu en un verre de couleur verdàtre, assez dur pour faire feu avec le briquet*, 2 ° que le mélange de ces trois terres ne se fond point, lorsque c'est la magnésie qui y entre en plus grande proportion ; 5s> que le mélange fond rarement, si c'est la silice qui prédomine : la fusion n'a lieu en effet que dans les proportions de trois parties de silice , de deux de chaux, et une de magnésie, qui forment une porcelaine ; 4-° que le mélange est généralement fusible lorsque c'est la chaux qui y entre en plus grande quantité5.
1 Lavomer, Me'm. Par. 1797, p. 5g8.
1 Achard; Me'm. Eeriin. 1780, p. 33.
3 Morveau, Aan. de Chim. XXXI, 24g.
* Kirwan's Miner. 1 , 58.
s Me'm. Berlin. 1780, p. 33 ; et Journ. de Phys. XXIV.
On peut aussi combiner à l'aide de la chaleur, et fondre facilement en une porcelaine de couleur verdâtre, un mélange de silice et d'alumine avec la barite ou la strontiane *.
Les expériences de Kirvan et de Achard nous apprennent que, dans les mélanges de chaux, de silice et d'alumine, lorsque c'est la chaux qui domine, il y a généralement fusion en verre ou en porcelaine , suivant les proportions. Les seules proportions qui rendirent le mélange infusible furent celles de
Chaux.
Silice.
Alumine.
Si la silice est en proportion plus forte, le mélange est souvent fusible en émail ou porcelaine, et peut-être même en verre -, si c'est l'alumine dont la quantité est la plus considérable , on peut souvent obtenir une porcelaine , mais jamais un verre 2.
Avec des mélanges de magnésie, de silice et d'alumine, il n'y a point de fusion à i5o° de Wedgewood lorsque la magnésie est en excès. Lorsque c'est la silice qui est en plus , on peut souvent obtenir une porcelaine ; et trois parties de silice, deux de maguésie, et une d'alumine , forment un verre. Lorsque c'est l'alumine dont la proportion est la plus grande, on ne peut produire autre chose qu'une porcelaine3.
Achard trouva qu'un méiange de parties égales de chaux, de magnésie , de silice et d'alumine se fond en un verre. Ces terres se fondent aussi lorsqu'elles sont mélangées en diverses autres proportions, et spécialement lorsque la silice domine. Poidi On ne peut guère douter que dans ces cas, il ne se forme
desiîic™" Uïle combinaison chimique entre la silice et la terre; et que, dans cette combinaison, la silice n'agisse comme acide, et la terre comme corps alcalin ; mais il n'est pas facile de déterminer les proportions dans lesquelles ces corps se saturent entre eux , parce qu'aucun phénomène n'indique le point de saturation. Peut-être que le moyen le plus sur pour le reconnaître serait celui d'avoir recours aux composés déjà for-
* Kirwan.
» Kirwan'sMin. I, 73.
* Ibid. p. 72.
de l'acidb phosphorique. iîi
mes par la nature; composés que dans leur état de cristallisation, on peut considérer comme des silicates neutres. Deux exemples j que je choisirai parmi beaucoup d'autres, suffiront pour faire voir que le nombre 2, précédemment indiqué pour le poids d'un atome de silice, n'avait pas été pris au hasard.
Le minéral appelé sommité ou néphéline , qui se trouve ordinairement parmi les productions volcaniques cristallisées en prismes hexaèdres réguliers, est composé, suivant Vauquelin, de 49 alumine -H 46 silice. Or 49 \ |6 '. ! 2,1 25 J 1,994, de sorte que si ce minéral est formé de 1 atome silice -+. 1 atome alumine, le poids d'un atome de silice sera 1.994* Il est un autre minéral appelé Schaaîstein , pierre calcaire testacée , qui ne s'est encore rencontré jusqu'à présent que dans le Bauuat de Tameswar. Il est à cassure imparfaitement lamelleuse et translucide. D'après l'analyse que Klaproth a faite de ce minéral , il consiste en 5o silice -I- 4^ chaux ; or 45 * 5o * • 3,625 * 4*°3 ; d'où il suit que le schaaîstein est un bisilicate de chaux, ou un composé de 2 atomes silice »-H 1 atome chaux; alors le poids d'un atome de silice sera 2,01 5. Or le terme moyen de 1 .994 et 2,01 5 . est 2,oo45 : ainsi ces deux minéraux donnent 2 pour le poids d'un atome de silice.
SECTION VI
De l' Acide phosphorique.
1. 1. Le moyen le plus simple et le plus économique de se procurer l'acide phosphorique, est celui qui consiste a laisser le phosphore se résoudre lentement en une liqueur acide par sa combustion spontanée dans l'atmosphère. Après avoir mêlé avec de l'acide nitrique la liqueur produite, et lavoir laissée ainsi en digestion pendant quelque temps, il faut l'évaporer à siccité pour en chasser l'excès d'acide nitrique qu'elle contient. Le résidu sec de cette opération est l'acide phosphorique combiné avec une portion d eau et à l'état d:hydrate.
2. L'acide phosphorique ainsi obtenu a l'aspect du verre. 11 Propriété*. est quelquefois transparent; mais le plus ordinairement, il a jusqu'à un certain point une apparence laiteuse II rougit les
Préparation.
couleurs bleues végétales ; il n'a point d'odeur ; sa saveur est très-acide; mais il ne détruit pas le tissu des corps organisés. Exposé à l'air , il attire promptement l'humidité, et s'y résout en un liquide épais de consistance oléagineuse. C'est dans cet état qu'il se trouve le plus ordinairement dans les laboratoires de chimie; en le chauffant dans un creuset de platine > son eau s'évapore peu-à-peu , et le laisse à l'état d'une gelée transparente. Si on continue la chaleur, il entre en ébuliition et se boursouffle; ce qui provient de ce qu'alors les dernières parties d'eau qu'il avait retenues s'en séparent en enlevant avec elles une petite portion d'acide. A une chaleur rouge, il passe à l'état de fonte tranquille , et de liquide transparent; il prend en refroidissant, la forme vitreuse, et devient semblable au cristal le plus pur. Il est connu dans cet état sons le nom de verre phosphorique. Ce verre n'est autre chose que de l'acide phosphorique, privé d'une portion de son eau. lia une saveur acide, il est soluble dans l'eau, et déliquescent à l'air; chauffé au rouge, il s'évapore en une fumée blanche très-abondante, à moins que levaporation ne soit empêchée par la présence d'une base.
La pesanteur spécifique de cet acide est de 2,687 l°rs~ qu'il est sec \ de 2,85 16 dans son état de verre2, et de 1,417 lorsqu'il est en déliquescence 3.
Action 3. L'acide phosphorique est très-soiuble dans l'eau. Lorsqu'il
est à 1 état de flocons blancs, sa dissolution dans ce liquide a lieu avec un sifflement semblable à celui d'un fer rouge qu'on y plonge; elle est beaucoup plus lente lorsqu'il est à l'état de verre. La combinaison de cet acide avec l'eau produit beaucoup moins de calorique dégagé, que celle de ce même liquide avec l'acide sulfurique. Le mélange, à parties égales, d'acide phosphorique obtenu par déliquescence, et d'eau distillée, ne produit qu'une élévation d'un demi-degré environ du thermomètre centigrade, ainsi que l'a observé M. Sage. Lavoisier le fit monter de 70 centig., en mêlant de l'acide phosphorique concentré, en consistance de sirop, avec une quantité égale d eau; et avec cet acide aussi épais que de la térébenthine, l'élévation fut de 10 à ^o° 4.
1 "Bergman'* Sciographia , p. 20. Traduction anglaise.
a Hassenfratz, Arm. de Chim. XXVIIi, II.
3 Enrvcl. méthod. chim. I, aai,
* Keir's Diction ary.
Qk l'eau
DE LACIDE PHOSPHORIQUE. I î 3
II. On n'a point encore reconnu aux soutiens simples de combustion , d'action sur l'acide phosphorique.
III. Parmi les combustibles simples acidifiantes, l'effet de Des